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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 250. 

Et ouvre la porte, signifie la réception de tout cœur, ou par la vie : on le voit par la signification d'ouvrir la porte, en ce que c'est admettre, car la porte signifie l'admission, N° 208 ci-dessus ; mais ici ouvrir la porte signifie la réception de cœur ou par la vie, car il est ajouté immédiatement «et j'entrerai chez lui. » Il est dit «si quelqu'un ouvre la porte, » comme si l'homme ouvrait, lorsque cependant c'est le Seigneur Lui-même qui ouvre, selon ce qui vient d'être dit et montré, N° 248 ; mais il est dit ainsi, parce qu'il semble ainsi à l'homme d'après le libre qui lui a été donné par le Seigneur ; et en outre, dans le sens littéral de la Parole, plusieurs choses ont été dites selon les apparences, mais ces apparences sont dépouillées dans le Ciel où est le sens interne ou spirituel de la Parole : le sens littéral de la Parole dans beaucoup de passages est selon les apparences, afin qu'il serve de base au sens spirituel, autrement il n'y aurait pas de base ou de fondement pour ce sens : que dans la Parole plusieurs choses aient été dites selon les apparences, c'est ce qui devient évident par cela seul qu'il est dit, dans la Parole, que le mal vient de Dieu, et que Dieu se livre à l'emportement, à la colère, à la vengeance, et autres choses semblables, lorsque cependant Dieu ne fait de mal à personne, ne se met pas en colère et ne se venge pas, car il est le Bien même et l'Amour même ; mais comme cela semble ainsi quand l'homme fait le mal et est puni, cela est par conséquent exprimé ainsi dans le sens de la lettre, mais toujours est-il que cela est entendu autrement dans le sens spirituel de la Parole; il en est de même de cette locution, si l'homme ouvre la porte. De plus, il va être expliqué ce qui est entendu par ouvrir la porte, lorsqu'il est dit, comme ici, que c'est l'homme qui ouvre : Le Seigneur est toujours présent avec le bien et le vrai chez l'homme, et s'efforce d'ouvrir son mental spirituel, qui est la porte que le Seigneur veut ouvrir, et de le gratifier de l'amour céleste et de la foi, car il dit, je me tiens à la porte et je heurte; mais cet effort ou cette perpétuelle volonté du Seigneur n'est pas aperçu par l'homme, car l'homme s'imagine qu'il fait le bien par lui-même, et que cet effort ou cette volonté est en lui ; il suffit alors qu'il reconnaisse d'après la doctrine de l'Église que tout bien vient de Dieu, et qu'il n'en vient aucun de l'homme ; si cela n'est pas aperçu par l'homme, c'est aussi afin qu'il y ait de la part de l'homme réception, et par la réception appropriation, car autrement l'homme ne peut être réformé : on voit donc clairement combien se trompent ceux qui sont dans la doctrine de la foi seule, en ce qu'ils disent et croient que la foi sauve et non le bien de la vie, ou que l'homme est justifié par la foi seule, en excluant ainsi l'application à recevoir ; ils savent, cependant, que l'homme doit s'examiner, voir et reconnaître ses maux, non-seulement ceux des œuvres, mais aussi les maux des pensées et des intentions, et qu'ensuite il doit s'en abstenir et les fuir, et mener une nouvelle vie qui doit être la vie du bien, et que s'il n'agit pas ainsi il n'y a pour lui aucune rémission, mais qu'il y a damnation : c'est là ce que disent les Docteurs et les Prélats quand ils prêchent d'après la Parole, et c'est ce qu'ils enseignent à quiconque s'approche de la Sainte Cène ; ils l'enseignent alors comme d'après la foi ; mais dès qu'ils reviennent et portent leurs regards vers leur doctrine de la Justification par la foi seule, alors ils ne croient plus ces choses, disant que tous sont conduits du mal au bien par Dieu après avoir reçu la foi ; et, pour lier les principes du faux avec les vrais, quelques-uns disent qu'après avoir été justifié par la foi, on est aussi conduit par Dieu à s'examiner, à confesser ses péchés devant Dieu, à s'en abstenir, et de même pour le reste : toutefois, cela ne se fait chez aucun de ceux qui croient la justification par la foi seule, mais c'est ce qui arrive chez ceux qui mènent la vie de la charité ; par cette vie chacun est conjoint au Ciel, mais par la foi seule personne n'y est conjoint ; celui qui est conjoint au Ciel par la vie de la charité est conduit par le Seigneur à voir ses maux, tant les maux de la pensée que ceux de la volonté ; par le bien l'homme voit les maux, parce que les maux sont opposés au bien ; mais celui qui croit être sauvé par la foi seule, dit dans son cœur : « J'ai la foi, puisque je crois les choses qui sont dites; rien ne me damne, j'ai été justifié; » et celui qui croit ainsi ne peut nullement être conduit par le Seigneur à s'examiner et à se repentir des maux ; ainsi ils enseignent les vrais devant le peuple, qui par suite croit que vivre bien et croire bien, c'est ce qu'on entend par être justifié par la foi, et il ne pénètre pas plus profondément dans les arcanes de leur doctrine ; ce sont ceux-ci qui sont sauvés, mais ceux-là sont damnés : qu'ils soient damnés, c'est ce qu'ils peuvent voir eux-mêmes, s'ils veulent; en effet, ils croient d'après la doctrine que les biens de la vie, qui sont les œuvres, ne font rien pour le salut, mais que c'est la foi seule qui sauve; et cependant les œuvres consistent à s'abstenir des maux et à mener une nouvelle vie ; et si on ne fait pas cela, il y a damnation. Que ce soit là ce qu'enseignent les Prédications qui ne sont pas tirées des arcanes de leur doctrine, et aussi les prières reçues dans l'Église, on peut le voir par celles qu'on lit devant tout le peuple qui s'approche de l'autel pour jouir du Sacrement de la Cène ; je vais les rapporter ici dans la langue dans laquelle elles sont écrites, (la langue anglaise.) —. « Le chemin et les moyens pour être reçus  comme dignes participants à la Sainte Table, c'est, première ment, que chacun de vous examine les actions et les habitudes  de sa Vie selon la règle des commandements de Dieu ; et quelles que soient celles dans lesquelles il découvre avoir failli par volonté, par parole ou par action, qu'il déplore sa nature vicieuse et en fasse la confession devant Dieu Tout-Puissant, avec la ferme résolution d'amender sa vie; et s'il découvre que ses offenses soient non-seulement contre Dieu, mais aussi contre le prochain, alors il doit se réconcilier avec lui, étant prêt à faire restitution et satisfaction, selon tout son pouvoir, pour tout dommage ou tort fait à autrui, et étant pareillement prêt à pardonner aux autres qui l'ont offensé, comme il désire obtenir de Dieu le pardon de ses offenses ; car autrement la réception de la Sainte Communion ne ferait qu'aggraver sa condamnation. En conséquence, si quelqu'un de vous est un blasphémateur de Dieu, médisant et se moquant de sa Parole, ou s'il est adultère ou coupable de malice ou d'envie, ou de quelque autre énorme crime, qu'il se repente de ses péchés; sinon, qu'il n'approche point de cette Sainte Table; de peur qu'après la réception de ce saint Sacrement, le diable n'entre en lui, comme il est entré dans Judas, et ne le remplisse de toute iniquité, et ne cause, à la fois la destruction et de son corps et de son âme.—Jugez-vous donc vous-mêmes, de manière à ne point appeler sur vous le jugement du Seigneur; repentez- vous sincèrement de vos péchés passés ; ayez une foi vive et ferme en Christ, votre Sauveur ; amendez votre vie, et soyez à l'égard de tous les hommes dans une parfaite charité. — Vous donc qui vous repentez sincèrement et sérieusement de vos péchés, et qui êtes dans l'amour et la charité à l'égard de votre prochain, et résolus à vivre d'une vie nouvelle en suivant les commandements de Dieu et marchant désormais dans ses saintes voies, approchez-vous avec foi, et recevez ce saint Sacrement pour votre consolation, en faisant à Dieu Tout-Puissant votre humble confession. » — Par ces prières on peut donc voir que les Docteurs et les Prélats de l'Église savent et ne savent point, que le chemin qui conduit au Ciel est ce chemin-là, et non le chemin de la foi sans celui-là ; ils le savent quand devant le peuple ils prient et prêchent selon ce qui vient d'être rapporté, mais ils ne le savent point quand ils enseignent d'après leur doctrine ; ils appellent ce chemin-là Religions pratique, et celui-ci Religion Chrétienne ; mais ils croient que celui-ci est pour les sages, et celui-là pour les simples : toutefois, je puis affirmer que ceux qui vivent selon la Doctrine de la foi seule et de la justification par cette foi, n'ont absolument aucune foi spirituelle, et qu'après leur vie dans le monde ils vont dans la damnation ; mais que ceux qui vivent selon la Doctrine rapportée dans ces prières ont la foi spirituelle, et qu'après la vie dans le monde ils vont dans le Ciel ; cela est même entièrement conforme à la Foi reçue dans toute la Chrétienté et nommée Foi Athanasienne, dans laquelle on lit ces paroles sur le Seigneur : « A son avènement » tout homme aura à rendre compte de ses propres œuvres; et ceux qui en ont fait de bonnes entreront dans la vie éternelle, et » ceux qui en ont fait de mauvaises s'en iront au feu qui ne s'éteint point : c'est là la foi Catholique. » — Que cela soit parfaitement conforme à la Parole, c'est ce qu'on voit par les passages qui suivent : « Le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père avec ses Anges, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. » — Matin. XVI. 27. — « Ceux qui auront fait de bonnes choses sortiront pour une résurrection de vie, et ceux qui en auront fait de mauvaises, pour une résurrection de condamnation. » —Jean, V. 28, 29. — « Heureux les morts qui dans le Seigneur meurent; oui, dit l'esprit, afin qu'ils se reposent de leurs travaux; leurs œuvres les suivent. » —Apoc. XIV. 13.— « Je donnerai à chacun de vous selon ses œuvres. » — Apoc. II. 23. — « Je vis les morts, petits et grands, se tenant devant Dieu, et des livres furent ouverts; et furent jugés les morts sur les choses qui étaient écrites dans les livres, selon leurs œuvres; et donna la mer ceux qui en elle étaient morts, et la mort et l'enfer donnèrent ceux qui en eux étaient morts, et ils furent jugés chacun selon ses œuvres. »— Apoc. XX. 12, 13. — « Voici, je viens, et ma récompense avec Moi, pour donner à chacun selon ses œuvres. » — Apoc. XXII. 12.- Dans ce qui a été écrit aux sept Églises, il est dit à chacune : Je connais tes Œuvres ; ainsi, « A l'Ange de l'Église d'Éphèse écris : Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite : Je connais tes œuvres. » — Apoc. II. 1, 2. –« A l'Ange de l'Église des Smyrnéens écris : Voici ce que dit le Premier et le Dernier: Je connais tes œuvres. » — Apoc. II. 8, 9. — « A l'Ange de l'Église dans Pergame écris : Voici ce que dit celui qui a l'épée : Je connais tes œuvres. » —Vers. 12,13.—« A l'Ange de l'Église dans Thyatire écris : Voici ce que dit le Fils de Dieu : Je connais les œuvres et ta charité. » — Vers. 18, 19. — « A l'Ange de l'Église dans Sardes écris : Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu : Je connais tes œuvres. » — Chap. III. 1. — « A l'Ange de l'Église dans Philadelphie écris : Voici ce que dit le Saint et le Véritable : Je connais les œuvres. » —Vers. 7, 8. — « A l'Ange de l'Eglise des Laodicéens écris : Voici ce que dit l'Amen, le Témoin fidèle et véritable : Je connais tes œuvres. » —Vers. 14, 15. — Dans Jérémie : « Rends-leur selon leur œuvre, et selon le fait de leurs mains. » — XXV. 14.— Dans le Même : « Jéhovah dont les yeux sont ouverts sur tous les chemins des hommes, pour donner à chacun selon ses chemins, et selon le fruit de ses œuvres. »— XXXII. 19.—Dans Hosée : « Je ferai la visite sur ses chemins, et ses œuvres je lui rétribuerai. » — IV. 9. — Dans Zacharie : « Jéhovah agit avec nous selon nos chemins, selon nos œuvres. »—I. 6. — En outre aussi dans les passages suivants ; dans Jean : « Si ces choses vous savez, heureux vous êtes pourvu que vous les fassiez. »- XIII. 17. — Dans Luc : « Pourquoi M'appelez-vous Seigneur, et ne faites-yods point ce que je dis? » — VI. 46. — Dans Matthieu : « Celui qui FAIT et enseigne sera appelé grand dans le Royaume des cieux. » —V. 19; — dans le Même : « Tout arbre qui ne porte pas du fruit bon sera coupé et jeté au feu : non pas quiconque Me dit, Seigneur, entrera dans le Royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Celui qui entend mes paroles et les fait, je le comparerai à un homme prudent ; mais celui qui entend mes paroles et ne les FAIT point, je le comparerai à un homme insensé. » — VII. 19 à 27. — Dans le Même : « Celui qui dans la bonne terre a été ensemencé, c'est celui qui entend la Parole et comprend, et qui porte du fruit et FAIT. » — XIII. 23. — Dans Marc : « Ceux qui sur la bonne terre ont été ensemencés, sont ceux qui entendent la Parole et la reçoivent, et qui PORTENT DU FRUIT. » — IV. 20. — Dans Luc : « La semence qui est tombée dans la bonne terre, ce sont ceux qui d'un cœur simple et bon entendent la Parole, la retiennent et FONT DU FRUIT. » —VIII. 15; — lorsque le Seigneur disait ces choses, il s'écriait en disant : « Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende. »—Matth. XIII. 9, Marc, III. 9. Luc, VIII. 8. — Dans Matthieu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme; c'est là le premier et le grand commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent la Loi et les Prophètes.» — XXII. 37 à 40 ; — la Loi et les Prophètes, c'est la Parole dans tout le complexe. Qu'aimer le Seigneur Dieu, ce soit faire ses paroles ou ses préceptes, Lui-Même l'enseigne dans Jean : « Celui qui M'aime garde mes paroles, et mon Père l'aimera, et vers lui nous viendrons, et demeure chez lui nous ferons ; mais celui qui ne M'aime pas, mes paroles ne garde pas. » — XIV. 21, 23, 24 ; — et aussi dans Matthieu : « Le Seigneur a dit aux boucs qui étaient à gauche, qu'ils iraient dans le feu éternel, et aux brebis quittaient à droite, qu'elles iraient dans la vie éternelle. » — XXV. 31 à 46 ; — que les boucs soient ceux qui ne font pas les biens de la charité, et les brebis ceux qui les font, cela est évident par les paroles de ce passage ; les uns et les autres dirent qu'ils ne savaient pas que faire du bien au prochain, c'était en faire au Seigneur ; mais on est instruit, sinon auparavant, du moins au jour du jugement, que faire le bien, c'est aimer le Seigneur. Par les cinq vierges insensées, qui n'avaient point d'huile dans leurs lampes, sont entendus aussi ceux qui sont dans la foi et non dans le bien de la charité ; et par les cinq vierges prudentes, qui avaient de l'huile dans leurs lampes, sont entendus ceux qui sont aussi dans le bien de la charité; car la lampe signifie la foi, et l'huile le bien de la charité; il est dit de celles-ci qu'elles furent admises, mais quand celles-là dirent : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous; elles reçurent pour réponse : « En vérité, je vous dis : Je ne vous connais point. » — Matth. XXV. 1 à 12. — Qu'au dernier temps de l'Église il n'y aurait aucune foi au Seigneur, parce qu'il n'y aurait aucune charité, c'est ce qui a été signifié, en ce que « Pierre a renié trois fois le Seigneur, avant que le coq eût chanté. » — Matth. XXVI. 34, 69 à 74. — La même chose a été signifiée par les paroles que le Seigneur a dites à Pierre, quand Pierre vit Jean qui suivait le Seigneur : « Que t'importe à toi (Pierre)? Toi (Jean), suis-Moi. » Car Pierre disait de Jean : « Celui-ci, qu'est-ce? » — Jean, XXI. 21, 22 ; — en effet, Pierre, dans le sens représentatif, signifie la Foi, et Jean le Bien de la charité; et parce que Jean signifiait le Bien de la charité, c'est pour cela que « ce disciple se reposa sur le sein du Seigneur. » — Jean. XXI. 20. — Que ce soit ce Bien qui constitue l'Église, c'est ce que signifient les paroles que le Seigneur adressa de la croix à Jean : « Jésus voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils ; puis, il dit au disciple : Voilà ta mère; et dès cette heure-là ce disciple la prit chez lui. » — Jean, XIX. 26, 27 ; — là, par mère et par femme est entendue l'Église, et par Jean le bien de la charité ; ces paroles signifient donc que l'Église sera ou est le bien de la charité ; mais on en peut voir une plus ample explication aux endroits cités dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 122 ; outre cela, voir qu'il n'y a pas de foi là où il n'y a pas de charité, dans l'Opuscule du JUGEMENT DERNIER, Nos 33 à 39 ; que l'homme devient après la mort tel qu'a été sa vie dans le monde, et non tel qu'a été sa foi, dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos  470 à 484 ; et ce que c'est que la Charité dans son essence, et la Foi dans son essence, dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 84 à 122. — Qu'on examine maintenant, d'après ce qui vient d'être rapporté, si avoir la foi est autre chose que vivre de la foi, et si vivre de la foi n'est pas non-seulement savoir et penser mais encore vouloir et faire, car la foi n'est pas dans l'homme lorsqu'elle est seulement dans son savoir et dans son penser, mais elle est en lui, lorsqu'elle est aussi dans son vouloir et dans son faire ; la foi dans l'homme est la foi de la vie, tandis que la foi qui n'est pas encore dans l'homme est la foi de la mémoire et de la pensée provenant de la mémoire ; la foi de la vie est entendue par croire en Dieu ; mais croire les choses qui sont de Dieu, et ne pas croire en Dieu, c'est une foi historique qui ne sauve point ; quel est le vrai prêtre et le bon pasteur, qui ne veuille que les hommes vivent bien, et qui ne sache que la foi des connaissances parce qu'un autre a dit, n'est pas la foi de la vie, mais est une foi historique ? la foi de la vie est la foi de la charité, car la charité est la vie. Mais bien qu'il est soit ainsi, je prévois cependant que ceux qui se sont confirmés dans la Doctrine de la foi seule et de la justification par cette foi, ne s'en retireront pas, par la raison qu'ils lient les faux aux vrais; ils enseignent, en effet, les vrais quand ils parlent d'après la Parole, mais ils enseignent les faux quand ils parlent d'après la Doctrine, et par suite ils confondent ces choses en ce qu'ils disent que les fruits de la foi sont les biens de la vie, et qu'ils sont des conséquences de la foi, et que cependant les biens de la vie ne font rien pour le salut, mais que la foi seule l'opère ; aussi ils conjoignent et séparent ; et lorsqu'ils consignent ils enseignent les vrais, mais devant le peuple, qui ne sait pas qu'ils pensent autrement, et qu'ils disent cela par la nécessité où ils sont de mettre leur Doctrine en cohérence avec la Parole ; mais lorsqu'ils séparent, ils enseignent les faux, car ils disent que ce qui sauve, c'est la foi, et non les biens de la charité qui sont les œuvres, ne sachant pas alors que la charité et la foi font un, et que la charité consiste à agir bien, et la foi à croire bien, et qu'il est impossible de croire bien si l'on n'agit pas bien, qu'ainsi la foi est nulle sans la charité ; la charité est l'être et l'âme de la foi, la foi seule est donc une foi sans âme, par conséquent une foi morte ; et comme cette foi n'est pas la foi, il en résulte que la justification par cette foi est une chose de néant.



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