| Apocalypse Expliquée 193. Je viendrai sur toi comme un voleur, signifie le temps imprévu de la mort, quand seront enlevées toutes les connaissances acquises d'après la Parole, qui n'ont pas atteint la vie spirituelle : on le voit par la signification de venir comme un voleur, quand ils s'agit de ceux qui ne veillent pas, c'est-à-dire, qui n'acquièrent pas pour eux la vie spirituelle, en ce que c'est qu'ils seront dépouillés de toutes les connaissances acquises d'après la Parole, qui n'ont pas atteint la vie spirituelle : si ces mêmes paroles signifient aussi le temps imprévu de la mort, c'est parce que la mort vient inopinément, et que l'homme après la mort reste cependant pour l'éternité dans l'état de cette vie qu'il s'est faite dans le monde, aussi doit-il veiller. Comme il est peu de personnes qui sachent qu'on est dépouillé de toutes les connaissances acquises d'après la Parole, qui n'ont pas atteint la vie spirituelle, il faut dire par conséquent comment cela arrive : Toutes les choses qui sont dans l'esprit de l'homme demeurent chez lui pour l'éternité, mais celles qui ne sont pas dans l'esprit de l'homme sont dissipées après la mort, quand l'homme devient esprit ; dans l'esprit de l'homme demeurent celles que l'homme a pensées d'après lui-même, par conséquent celles qu'il a pensées d'après son amour, quand il a été seul livré à lui-même, car alors son esprit pense d'après soi et non d'après les choses qui, dans la mémoire de son corps, ne font pas un avec son amour : il y a deux états de l'homme, l'un quand il pense d'après son esprit, et l'autre quand il pense d'après la mémoire de son corps ; si ces deux états ne font pas un, l'homme peut penser d'une manière avec lui-même, et penser et parler d'une manière différente avec les autres ; soit pour exemple un Prédicateur qui s'aime lui et le monde par dessus toutes choses, et qui fait si peu de cas du Divin qu'il le nie dans son cœur, et machine par conséquent des maux de tout genre de compagnie avec les astucieux et les fourbes du monde; celui-là cependant, quand il parle avec d'autres, surtout quand il prêche, peut s'exprimer avec une sorte de zèle pour le Divin et pour les Divins Vrais, et bien plus, penser de même dans ces moments-là ; mais cet état est l'état de sa pensée d'après la mémoire du corps ; que cet état soit séparé de l'état de la pensée d'après l'esprit, cela est évident, car livré seul à lui-même il pense l'opposé ; c'est ce dernier état qui reste chez l'homme après la mort, mais l'autre ne reste pas, parce qu'il appartient à son corps et non à son esprit ; aussi quand ce prédicateur devient esprit, ce qui arrive lorsqu'il meurt, toutes les pensées qu'il s'était acquises d'après la Parole, lesquelles ne concordent pas avec la vie de l'amour de son esprit, il les rejette loin de lui : mais il en est autrement de ceux qui, lorsqu'ils ont été livrés seuls à eux-mêmes, pensent convenablement au Divin, à la Parole et aux vrais de l'Église d'après la Parole, et qui les aiment jusqu'à la vie, c'est-à-dire, jusqu'à vouloir y conformer leur vie ; leurs pensées dans l'esprit font un avec leurs pensées d'après la mémoire du corps, par conséquent un avec les connaissances du vrai et du bien qu'ils ont d'après la Parole ; et autant elles font un, autant ces connaissances acquièrent une vie spirituelle, car elles sont par le Seigneur élevées de l'homme Externe ou naturel dans l'homme Interne ou spirituel, et constituent sa vie, par conséquent son entendement et sa volonté ; les vrais là sont des vrais qui vivent, parce qu'ils sont Divins, et par suite l'homme y vit d'après ces vrais. Que la chose se passe ainsi, c'est ce qu'il m'a été donné de savoir par de nombreuses expériences, qui, si je les rapportais toutes, rempliraient comme on dit des volumes ; voir quelques détails dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 491 à 498, 499 à 511 ; et ci-dessus, N° 114. D'après cela on peut maintenant voir ce qui est entendu, dans le sens spirituel, par «je viendrai sur toi comme un voleur, » à savoir, qu'après la mort seront enlevées toutes les connaissances acquises d'après la Parole, qui n'ont pas atteint la vie spirituelle : la même chose est aussi entendue par ces paroles dans l'Apocalypse : « Voici, je viens comme un voleur ; heureux celui qui veille et garde ses vêtements, afin que nu il ne marche point! » — XVI. 15 ; — il est dit comme un voleur, parce que les maux et les faux du mal dans l'homme naturel enlèvent et rejettent les connaissances du vrai et du bien-qui ont été tirées de la Parole, car ce qui n'est pas aimé est rejeté : chez l'homme il y a ou l'amour du mal et du faux qui provient du mal, ou l'amour du bien et du vrai qui procède du bien ; ces deux amours sont opposés l'un à l'autre ; c'est pourquoi celui qui est dans l'un ne peut être dans l'autre, car personne ne peut servir deux seigneurs, sans aimer l'un et sans haïr l'autre, — Matth. VI. 24. —Puisque les maux et par suite les faux pénètrent de l'intérieur, et percent pour ainsi dire la paroi qui est entre l'état de la pensée de l'homme d'après l'esprit et l'état de sa pensée d'après le corps, et rejettent les connaissances du vrai et du bien qui habitent extérieurement chez l'homme, c'est pour cela que ce sont eux qui sont entendus par les voleurs, et aussi dans les passages suivants ; dans Matthieu : « Amassez-vous des trésors, non pas sur la terre, mais dans le Ciel, où les voleurs ne percent ni ne volent. » — VI. 19, 20 ; — les trésors sont les connaissances du vrai et du bien ; les amasser dans le Ciel, c'est dans l'homme spirituel, car celui-ci est dans le Ciel : que les trésors soient les connaissances du vrai et du bien, on le voit, Nos 1694, 4508, 10227 ; et que l'homme Interne spirituel soit dans le Ciel, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 36 à 50. Dans le Même : « Veillez donc, car vous ne savez à quelle heure votre Seigneur doit venir : sachez ceci, que si le Père de famille connaissait à quelle heure le Voleur doit venir, il veillerait certainement, et ne laisserait point percer sa maison. » — XXIV. 42, 43 ; — par là il est entendu que si l'homme savait l'heure de sa mort, il se préparerait, il est vrai, mais par la crainte de l'enfer et non par l'amour du vrai et du bien, et tout ce que l'homme fait par crainte ne reste pas chez lui; il ne reste chez lui que ce qu'il fait par amour, c'est pour cela qu'il doit se préparer continuellement ; voir la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 143,168. Dans Obadie : «Si des voleurs viennent chez toi, si des brigands de nuit ; comment seras-tu saccagé ! ne voleront-ils pas ce qui leur sera suffisant ? » — Vers. 5 ; — ici aussi les faux et les maux sont appelés voleurs, et sont dits voler; les faux sont appelés voleurs, et les maux brigands de nuit ; il est dit de nuit parce que la nuit signifie l'état quand il n'y a ni amour ni foi. Dans Joël : « Dans la ville ils se répandront, sur la muraille ils courront, dans les maisons ils monteront, par les fenêtres ils entreront comme le voleur. » — II. 9; — il s'agit là de la vastation de l'Église par les faux qui proviennent du mal ; la ville et la muraille signifient les choses qui appartiennent à la doctrine ; les maisons et les fenêtres, les choses appartenant au mental qui reçoit ; les maisons, la partie du mental qui est appelée volonté, où est le bien ; et les fenêtres, la partie du mental qui est appelée entendement, où est le vrai ; que la ville, dans la Parole soit la Doctrine, on le voit, Nos 402, 2449, 2712, 2943, 3216, 4492, 4493 ; voir aussi que la muraille est le vrai de la doctrine, lequel protège, N° 6419 ; que la maison est la partie du mental qui est appelée volonté, où est le bien, Nos 2231, 2233, 2559, 3128, 5023, 6690, 7353, 7910, 7929, 9150; et que les fenêtres sont la partie du mental qui est appelée entendement, où est le vrai, Nos 655, 658, 3391 ; par là on voit ce qui est signifié par courir sur la muraille, monter dans les maisons, et entrer par les fenêtres comme le voleur. Dans Hosée : « J'ai guéri Israël, alors a été dévoilée l'iniquité d'Éphraïm, et les maux de Samarie, parce qu'ils ont fait le mensonge; et le voleur vient, et la troupe se répand au dehors. » — VII. 1 ; — l'iniquité d'Éphraïm signifie les faux de l'entendement, et les maux de Samarie les maux de la volonté ; faire le mensonge, c'est penser et vouloir le faux d'après le mal ; le voleur est le faux qui enlève et dissipe le vrai, et la troupe qui se répand est le mal qui rejette le bien : qu'Éphraïm soit l'intellectuel des choses qui appartiennent à l'Église, on le voit, Nos 3969, 5354, 6222, 6234, 6238, 6267, 6296 ; voir aussi que le mensonge est le faux d'après le mal, Nos 8908, 9248 ; que la troupe est le bien qui rejette le mal, et dans le sens opposé le mal qui rejette le bien, Nos 3934, 3935,6404, 6405. Ces passages ont été rapportés, afin qu'on sache ce qui est signifié dans la Parole par le Voleur, à savoir, que c'est le faux qui dévaste, c'est-à-dire, le faux qui enlève et détruit le vrai. Il a été montré, ci-dessus, qu'après la mort sont enlevées toutes les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole, qui n'ont pas acquis une vie spirituelle, enlevées par conséquent à ceux qui par les connaissances d'après la Parole ne sont pas devenus spirituels : la même chose a été aussi signifiée par plusieurs passages dans les Historiques de la Parole, ce que néanmoins personne ne peut voir, à moins qu'on ne sache le sens spirituel de la Parole: cela a été signifié en ce que les fils d'Israël reçurent l'ordre d'emprunter aux Égyptiens de l'or, de l'argent et des vêtements, et ainsi de les leur enlever par une sorte de vol ; il en est parlé ainsi dans Moïse : « Il leur fut ordonné d'emprunter aux Égyptiens des vases d'or et des vases d'argent et des vêtements : et Jéhovah leur fit trouver grâce aux yeux des Egyptiens, pour qu'ils les leur prêtassent, de sorte qu'ils les enlevèrent aux Égyptiens.» — Exod. XII. 35, 36; — par les Égyptiens ont été représentés ceux qui sont purement naturels, et possèdent cependant de nombreuses connaissances; par les fils d'Israël, ceux qui sont spirituels; par les vases d'or et d'argent, et aussi par les vêtements, sont signifiées les connaissances du vrai et du bien que les spirituels appliquent au bien, mais que les naturels appliquent au mal et par conséquent détruisent. Semblable chose a été signifiée en ce qu'il fut ordonné de livrer les Nations à la destruction, et en même temps de brûler ou de saccager tout ce qui était chez elles, ainsi qu'on le voit ça et là dans le Livre de Josué, et dans les Livres de Samuel et des Rois; en effet, les Nations de la terre de Canaan représentaient ceux qui sont dans les maux et dans les faux, et les fils d'Israël ceux qui sont dans les vrais et dans les biens. Que les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole seraient enlevées à ceux qui ne se sont pas acquis une vie spirituelle, cela est aussi entendu dans les Paraboles du Seigneur sur les talents et les mines donnés à des serviteurs pour les faire valoir et en tirer profit, et sur le serviteur qui ne les fit pas valoir et n'en tira aucun profit ; il est parlé ainsi de ce serviteur dans ces Paraboles : « Le Seigneur dit à celui qui avait caché son talent dans la terre : Méchant serviteur et paresseux, il te fallait remettre mon argent aux banquiers; et, en revenant, j’aurais retiré ce qui est à moi avec intérêt; ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents; car à chacun qui a, il sera donné, et il aura abondamment ; mais à celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera ôté ; et jetez le serviteur inutile dans les ténèbres de dehors. »— Matth. XXV. 14 à 31. — Et ailleurs : « Celui qui avait reçu une seule mine vint, en disant : Seigneur, voici ta mine que j'ai tenue enveloppée dans un linge ; le Seigneur dit : Pourquoi n'as-tu point donné mon argent à la banque; et Moi, à mon retour, avec intérêt je l'aurais recueilli. Et il dit : Otez-lui la mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines; je vous dis : A chacun qui a, il sera donné; mais à celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera ôté. »— Luc, XIX. 13 à 25 ; — là, les talents, les mines et l'argent monnoyé, signifient les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole ; les faire valoir, en tirer du profit, les donner aux banquiers ou à la banque, signifie acquérir pour soi la vie spirituelle et l'intelligence par ces connaissances ; les cacher dans la terre et dans un linge, signifie les tenir seulement dans la mémoire de l'homme naturel ; il est donc dit de ceux-ci, que les choses qu'ils ont leur seront ôtées, suivant ce qui a été exposé au commencement de cet Article. C'est ce qui arrive, dans l'autre vie, à tous ceux qui se sont acquis des connaissances d'après la Parole, et les ont confiées non à la vie mais seulement à la mémoire ; celui qui a seulement dans sa mémoire des connaissances d'après la Parole, en eût-il par miliers, et qui ne les a pas confiées à sa vie, demeure toujours naturel comme auparavant. Confier à la vie les connaissances qui ont été tirées de la Parole, c'est penser d'après ces connaissances, quand livré seul à soi-même on pense d'après son esprit, et aussi les vouloir et les faire, car c'est là aimer les vrais parce qu'ils sont des vrais ; et ce sont ceux-ci qui deviennent spirituels par les connaissances d'après la Parole.
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