| Apocalypse Expliquée 160. Qui se dit prophétesse, d'enseigner et de séduire mes serviteurs, signifie que de là provient la doctrine de tous les faux : on le voit par la signification de prophète, en ce que c'est celui qui enseigne les vrais ; et, en faisant abstraction de la personne, la doctrine du vrai, Nos 2534, 7269 ; de là, dans le sens opposé, par prophète il est entendu ceux qui enseignent les faux ; et, en faisant abstraction des personnes, la doctrine des faux ; il en est de même ici par prophétesse; comme ici prophétesse signifie celui qui enseigne les faux, et la doctrine de tous les faux, c'est pour cela qu'il est ajouté d'enseigner et de séduire les serviteurs du Seigneur ; il est dit enseigner et séduire, parce que enseigner s'applique aux vrais et aux faux, et séduire aux biens et aux maux, et parce que, dans la Parole, sont appelés serviteurs du Seigneur ceux qui sont dans les vrais, et ministres ceux qui sont dans le bien; voir ci-dessus, N° 155. Il est dit d'Izabel qu'elle se dit prophétesse, non qu'Izabel épouse d'Achab se soit dite prophétesse, mais parce qu'elle signifie le plaisir de l'amour de soi et du monde, et que ce plaisir enseigne et séduit ceux qui sont dans les vrais; chacun, en effet, quand il pense d'après soi, pense d'après son amour, et par suite s'imbibe de faux, ce qui est enseigner et séduire. Au sujet d'Izabel, on lit, dans la Parole, qu'Achab Roi des Israélites prit pour épouse Izabel fille du Roi des Sidoniens, et qu'il s'en alla et servit Baal, et lui éleva un autel dans Samarie, et fit un bocage,— I Rois, XVI. 31, 32, 33 ; — qu'Izabel tua les prophètes de Jéhovah, — 1 Rois, XVIII. 4, 13 ; — et qu'elle voulut même tuer Élie, — XIX. 1, 2, et suiv.; —qu'elle enleva à Naboth sa vigne par fraude, en présentant de faux témoins, et qu'elle le fit mourir, — XXI. 6, 7, et suiv.; — que par suite il fut prédit par Élie que des chiens la mangeraient. — I Rois, XXI. 23. II Rois, IX. 10;—et qu'ensuite, par l'ordre de Jéhu, elle fut jetée par la fenêtre, et qu'une partie de son sang fut répandue sur la muraille et sur les chevaux qui la foulèrent aux pieds. — II Rois, IX. 32, 33, 34.— Par toutes ces choses était représentée la perversion de l'Église d'après le plaisir de l'amour de soi et du monde et d'après les maux et les faux qui en surgissent, car tous les Historiques de la Parole, de même que les Prophétiques, sont des représentatifs de choses analogues qui appartiennent à l'Église; Baal qu'elle servit, et auquel elle éleva un Autel, signifie le culte d'après les maux de l'amour de soi et du monde ; le bocage qu'elle fit signifie le culte d'après les faux qui proviennent des maux ; le meurtre des prophètes de Jéhovah signifie la destruction de l'Église quant à ses vrais ; son intention de tuer même Élie signifie qu'elle voulait annihiler la Parole, car Élie la représentait ; la vigne, qu'elle enleva à Naboth par de faux témoins, signifie la falsification du vrai et l'adultération du bien ; le prophétique d'Élie, à savoir, que des chiens la mangeraient, signifie l'impureté et la profanation ; Izabel jetée par la fenêtre, et son sang répandu sur la muraille et sur les chevaux qui la foulèrent aux pieds, signifient le sort de ceux qui sont tels ; ce que devient le sort de ceux-ci, on peut le voir par chacune des choses qui sont là dans le sens interne. Par ces explications il devient évident que par « la femme Izabel qui se dit prophétesse, » il n'est entendu d'autre Izabel qu'Izabel épouse d'Achab, de laquelle il est parlé dans la Parole, et que par elles sont décrits ceux qui sont dans la doctrine de tous les faux d'après les plaisirs des amours de soi et du monde.
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