| Apocalypse Expliquée 159. C'est que tu permets à la femme Jézabel, signifie le plaisir de l'amour de soi et du monde : on le voit d'après la signification de la femme Jézabel, en ce qu'elle est l'Église entièrement pervertie; car la femme, dans la Parole, signifie l'Église, ainsi qu'il a été montré, Nos 252, 253, 749, 770, 6014, 7337, 8994; ici, l'Église pervertie; et comme toute perversion de l'Église existe par ces deux amours, à savoir, l'amour de soi et l'amour du monde, Jézabel signifie par conséquent le plaisir de ces amours : l'Église dans laquelle règnent ces amours est appelée la femme Jézabel, parce que Izabel épouse d'Achab représentait, dans la Parole, le plaisir de ces amours, et d'après cela la perversion de l'Église; car toutes les choses qui ont été écrites dans la Parole, même dans la Parole Historique, sont des représentatifs de choses semblables qui concernent l'Église; voir LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 249 à 266. Si toute perversion de l'Église existe par ces deux amours, quand ils règnent sur les amours célestes, c'est parce que ces deux amours sont absolument opposés aux deux amours qui font le Ciel et l'Église, à savoir, l'Amour envers le Seigneur et l'amour à l'égard du prochain, et que par ces deux amours existent tous les maux et par suite tous les faux ; qu'il en soit ainsi, on le voit dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 59, 61, 65 à 83; et dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 252, 396, 399, 400, 486, 551 à 565, 566 à 575. Qu'izabel épouse d'Achab ait représenté ces choses qui ont été dites, on le verra dans ce qui va suivre ; ici d'abord il sera dit quelque chose sur les plaisirs des amours : Chaque homme est tel qu'est son amour, et tout plaisir de sa vie vient de son amour; en effet, tout ce qui favorise son amour, il le perçoit comme un plaisir, et tout ce qui contrarie son amour, il le perçoit comme un déplaisir; c'est pourquoi, soit que l'on dise que l'homme est tel qu'est son amour, soit que l'on dise que l'homme est tel qu'est le plaisir de sa vie, c'est la même chose : ceux donc qui sont des amours de soi et du monde, c'est-à-dire, chez lesquels ces amours régnent, n'ont pas d'autre plaisir de la vie, ou d'autre vie, qu'une vie infernale; car ces amours, ou les plaisirs de la vie qui proviennent de ces amours, et qui sont continuels, tournent toutes leurs pensées et toutes leurs intentions vers eux-mêmes et vers le monde, et autant ils les tournent vers eux et vers le monde, autant ils les plongent dans le propre de l'homme, qui lui vient de l'héréditaire, ainsi en même temps dans les maux de tout genre ; et autant les pensées et les intentions de l'homme sont tournées vers son propre héréditaire, qui en soi n'est que le mal, autant elles sont détournées du Ciel ; car les intérieurs de l'homme, qui appartiennent à son mental, c'est-à-dire, à sa pensée et à son intention, ou à son entendement et à sa volonté, sont en actualité tournés vers ses amours, en bas, c'est-à-dire, vers lui-même, où régnent l'amour de soi et les plaisirs de cet amour, et en dehors, c'est-à-dire, du ciel vers le monde, où régnent l'amour du monde et les plaisirs de cet amour : mais il en est tout autrement, quand l'homme aime Dieu par dessus toutes choses et le prochain comme soi-même, alors le Seigneur tourne vers Soi les intérieurs qui appartiennent au mental de l'homme, ou à sa pensée et à son intention, par conséquent il les détourne du propre de l'homme et les élève, et cela, sans que l'homme en sache rien : de là vient qu'après sa séparation d'avec le corps, l'esprit de l'homme, qui est l'homme même, est en actualité tourné vers son amour, parce que cet amour fait le plaisir de sa vie, c'est-à-dire, fait sa vie ; que tous les esprits soient en actualité tournés vers leurs amours, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 17, 123, 142, 143, 144, 145, 151, 153, 272, 510, 548, 552, 561 ; et ci-dessus, N°41. Ceci peut recevoir quelque illustration, en ce que les moindres parties du corps se tournent toutes vers le centre commun de notre globe, qu'on nomme centre des graves, et qu'il résulte de là que les hommes, en quelqu'endroit qu'ils soient, même ceux qui sont tournés en sens opposé et qu'on nomme antipodes, se tiennent sur les pieds : toutefois, ce centre des graves est seulement le centre des graves dans la nature; mais il existe un autre centre des graves dans le monde spirituel; celui-ci est déterminé chez l'homme d'après l'amour dans lequel il est; en bas, si son amour est infernal, et en haut si son amour est céleste ; et où est déterminé l'amour de l'homme, là aussi sont déterminées ses pensées et ses intentions, car elles sont dans le monde spirituel, et sont mises en action par les forces qui y sont. D'après ces considérations on peut donc voir que la perversion de l'Église, qui est signifiée par la femme Jézabel, provient chez les hommes uniquement des amours de soi et du monde, puisque ces amours tournent en bas les intérieurs de l'homme, qui appartiennent à son mental, et par conséquent les détournent du Ciel. Il est dit la perversion de l'Église chez les hommes, parce que l'Église est dans l'homme, comme le Ciel est dans l'Ange ; toute Église est constituée par ceux qui sont de l'Église, et non par les autres, quoique nés où est l'Église ; c'est ce qui peut être clairement connu, en ce que l'amour et la foi font l'Église, et que l'amour et la foi doivent être dans l'homme, l'Église aussi par conséquent doit y être : que le Ciel soit dans l'Ange et l'Église dans l'homme, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N°s 33, 53, 54, 57, 454; et dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N°s 232, 233, 241, 245, 246.
|