| Apocalypse Expliquée 152. Qui a ses yeux comme une flamme de feu, signifie la Divine Providence d'après son Divin amour, et aussi la Divine sagesse et la Divine intelligence, communiquées à ceux qui sont dans l'amour et par suite dans la foi envers lui: que les yeux comme une flamme de feu, quand il s'agit du Seigneur, signifient sa Divine Providence d'après son Divin amour, on le voit ci-dessus, N° 68; s'ils signifient aussi la Divine sagesse et la Divine intelligence, communiquées à ceux qui sont dans l'amour et par suite dans la foi envers Lui, c'est parce que les yeux, dans la Parole, quand il s'agit des hommes, signifient l'entendement du vrai, et que l'entendement du vrai est l'intelligence et la sagesse; de là, quand il s'agit du Seigneur, les yeux signifient la Divine sagesse et la Divine intelligence qui procèdent de Lui, et ce qui procède du Seigneur est communiqué aux Anges et aux hommes qui sont dans l'amour et par suite dans la foi envers lui ; et même toute sagesse et toute intelligence, que possèdent les Anges et les hommes, ne leur appartiennent pas, mais elles appartiennent au Seigneur chez eux ; c'est même ce qui est connu dans l'Église, car on sait que tout bien qui appartient à l'amour, et tout vrai qui appartient à la foi, viennent de Dieu et nullement de l'homme; or les vrais intérieurement vus et reconnus constituent l'intelligence, et ces vrais, conjointement avec les biens intérieurement perçus et par suite vus, constituent la sagesse ; il résulte donc de là que « avoir les yeux comme une flamme de feu, » signifie aussi la Divine sagesse et la Divine intelligence du Seigneur, communiquées à ceux qui sont dans les biens de l'amour et par suite dans la foi envers Lui. Si les yeux signifient l'entendement, c'est parce que toute vue des yeux chez les hommes et chez les Anges provient de l'entendement; que toute vue des yeux en provienne, c'est ce qui semble comme un paradoxe à ceux qui ne connaissent pas les causes intérieures des choses, causes d'après lesquelles les effets sont fixés dans le corps; ceux qui ne les connaissent pas ne peuvent faire autrement que de croire que l'œil voit par lui-même, que l'oreille entend par elle-même, que la langue savoure par elle-même, et que le corps sent par lui-même, lorsque cependant la vie intérieure de l'homme, laquelle est la vie de son esprit, vie qui est la vie de son entendement et de. sa volonté, ou de sa pensée et de son affection, sent par les organes du , corps les choses qui sont dans le monde, et ainsi les perçoit naturellement; le corps entier avec tous ses sensoria est seulement l'instrument de son âme ou de son esprit; c'est là aussi la cause pour laquelle, lorsque l'esprit de l'homme est séparé d'avec le corps, le corps ne sent absolument rien, tandis que l'esprit sent ensuite comme auparavant : que l'esprit de l'homme, après la séparation d'avec le corps, voie, entende, sente, comme auparavant dans le corps, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 461 à 469; voir, en outre, sur la correspondance de l'entendement avec la vue de l'œil, dans les ARCANES CELESTES, N°s 4403 à 4421, 4523 à 4534. Chez les bêtes, leur vie intérieure, qui est nommée aussi leur âme, sent pareillement par les organes externes de leur corps, mais avec la différence que ce n'est pas rationnellement comme l'homme, ni par conséquent d'après un entendement et une volonté tels que sont ceux de l'homme; voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 108, et dans le TRAITE DU JUGEMENT DERNIER, N° 25. C'est donc de là que l'Œil, dans la Parole, signifie l'Entendement du vrai, ou l'Intelligence et la Sagesse, comme on peut le voir par les passages suivants; dans Ésaïe : « Dis à ce peuple : Entendez en entendant, mais ne comprenez point ; et voyez en voyant, mais ne connaissez point. Engraisse le cœur de ce peuple, et ses oreilles appesantis, et ses yeux enduis, de peur que peut-être il ne voie de ses yeux. »— VI. 9, 10. Jean, XII. 40; — enduire ses yeux de peur que peut-être il ne voie de ses yeux, c'est obscurcir l'entendement de peur qu'il ne comprenne. Dans le Même: « Jéhovah a répandu sur vous un esprit d'assoupissement, et il a fermé vos yeux, les prophètes, et vos têtes, les voyants il a couverts. » — XXIX. 10; — il a fermé les yeux, les prophètes, et les têtes, et les voyants il a couvert, c'est l'entendement du vrai; les prophètes aussi sont ceux qui enseignent les vrais; ils sont aussi nommés « têtes, » parce que la tête signifie l'intelligence, et ils sont encore nommés « voyants, » d'après la révélation du Divin Vrai chez eux. Dans le Même : « Les yeux de ceux qui voient ne cligneront point, et les oreilles de ceux qui entendent écouteront. » — XXXII. 3;—les yeux de ceux qui voient, c'est-à-dire, de ceux qui comprennent les vrais. Dans le Même : « Celui qui ferme ses yeux pour ne point voir le mal. Tes yeux verront le Roi dans sa beauté. » —XXXIII. 15,17 ;—fermer les yeux pour ne point voir le mal, c'est ne point admettre le mal dans sa pensée; les yeux verront le roi dans sa beauté, c'est-à-dire qu'ils comprendront le vrai dans sa lumière avec charme, car là par le roi il est entendu non pas un roi, mais le vrai ; voir ci-dessus, N° 31, Dans Jérémie : « Écoutez ceci, peuple insensé, qui n'a point de cœur, dont les yeux ne voient point, et dont les oreilles n'entendent point. » —V. 2l. Ezéch., XII. 2.—Dans les Lamentations : « Elle est tombée, la Couronne de notre tête; à cause de cela notre cœur est devenu languissant, et à cause de cela nos yeux ont été obscurcis. » — V. 17; — la couronne de la tête est la sagesse, voir ci-dessus, N° 126; le cœur languissant est la volonté du bien qui n'existe plus; que le cœur soit la volonté et l'amour, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 95 ; les yeux sont l'entendement du vrai; ils sont dits obscurcis, lorsque le vrai n'est plus compris. Dans Zacharie : « Châtiment du pasteur qui abandonne le troupeau ; l'épée sur son œil droit, et son œil droit s'obscurcissant s'obscurcira. » — XI. 17; — l'épée sur l'œil droit, et l'œil droit s'obscurcissant s'obscurcira, signifie que tout vrai sera détruit dans l'entendement par le faux ; que l'épée soit la destruction du vrai par le faux, on le voit ci-dessus, N° 131. Dans le Même : « Plaie dont Jéhovah frappera tous les peuples qui combattront contre Jérusalem ; leurs yeux se sécheront dans leurs trous. » —XIV. 12; — les peuples qui combattront contre Jérusalem sont ceux qui combattront contre l'Église; Jérusalem est l'Église; leurs yeux se sécheront signifie que l'intelligence périra, car ils combattent d'après les faux contre les vrais. Dans Zacharie : « Je frapperai de stupeur tout cheval, et d'aveuglement tout cheval des peuples.» —XII. 4; — il s'agit là de la vastation de l'Église; par le cheval est signifié l'intellectuel, aussi est-ce l'entendement qui est signifié par le cheval frappé de stupeur et d'aveuglement; que le cheval signifie l'intellectuel, on le voit dans l'Opuscule sur LE CHEVAL BLANC, Nos 1 à 5. Dans David : « Exauce-moi, Jéhovah! Mon Dieu, éclaire mes yeux de peur que peut-être je ne m'endorme (du sommeil) de la mort.» — Ps. XIII. 4; —éclairer les yeux, c'est éclairer l'entendement. Dans Moïse :« Tu ne recevras point de présent, parce que le présent aveugle les yeux des sages. » — Deutér., XVI. 19 ; — aveugler les yeux des sages, c'est faire qu'ils ne voient point ou ne comprennent point le vrai. Dans Matthieu : « La lampe du corps est l'œil; si l'œil est simple, tout le corps sera éclairé; si ton œil est mauvais, tout ton corps sera ténébreux ; si donc la lumière est ténèbres, combien grandes les ténèbres. »—VI. 22, 23. Luc, XI. 34;—ici, par l'œil il est entendu non pas l'œil, mais l'entendement; par l'œil simple, l'entendement du vrai ; par l'œil mauvais, l'entendement du faux ; les ténèbres sont les faux; tout le corps, c'est tout l'esprit ; car l'Esprit est tout entier tel qu'est sa volonté et par suite son entendement; s'il a l'entendement du vrai d'après la volonté du bien, il est un Ange de lumière; mais s'il a l'entendement du faux, il est un Esprit de ténèbres : par ces paroles est décrite la réformation de l'homme par l'entendement du vrai ; de là il est évident que celui qui sait ce que signifie l'œil, peut connaître l'arcane de ces paroles ; que l'homme soit réformé par les vrais dans l'entendement, on le voit ci-dessus, Nos 112, 126. Dans Matthieu : « Si ton œil droit est pour toi un sujet de chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car bon est pour toi d'entrer borgne dans la vie plutôt que, ayant deux yeux, d'être jeté dans la géhenne du feu. » — V. 29, XVIII. 9. Marc, IX. 47; — là aussi, par l'œil il est entendu non pas l'œil, mais l'entendement qui pense, et par l'œil droit qui est un sujet de chute, l'entendement qui pense le mal; l'arracher et le jeter, c'est ne pas admettre une telle pensée, mais la rejeter; le borgne est l'entendement qui ne pense pas le mal, mais qui pense seulement le vrai; l'entendement, en effet, peut penser le vrai; s'il pense le mal, c'est d'après la volonté du mal; s'il est dit l'œil droit, c'est parce que cet œil signifie l'entendement du bien, et l'œil gauche l'entendement du vrai, voir Nos 44:10, 6923. Dans Ésaïe : «Et entendront en ce jour-là les sourds les paroles du Livre, et (délivrés) de l'obscurité et des ténèbres les yeux des aveugles verront.»—XXIX. 18.—Dans le Même : «Alors seront ouverts les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds. » —XXXV. 5, 6. —Dans le Même : « Je te donnerai pour lumière des nations, afin d'ouvrir les yeux aveugles, de tirer de la prison l'enchaîné, et de la maison de réclusion ceux qui sont assis dans les ténèbres. » —XLII. 7, —Dans le Même : « Fais sortir le peuple aveugle, qui a des yeux; et les sourds, qui ont des oreilles. » —XLIII. 8 ; — ouvrir les yeux des aveugles, c'est instruire ceux qui ignorent encore les vrais, et cependant les désirent, par conséquent c'est instruire les nations. Les guérisons des aveugles par le Seigneur signifient la même chose.— Matth., IX. 27, 28, 29. XX. 30 à 34. XXI. 14. Marc, VIII. 23, 25. Luc, XVIII. 35 à 43. Jean, IX, 1 à 21 ;—car tous les Miracles du Seigneur enveloppaient de semblables choses qui appartiennent à l'Église et au Ciel; c'est de là qu'ils étaient Divins, voir Nos 7337, 8364, 9031. Comme l'Œil signifiait l'entendement, c'est pour cela qu'il avait été statué chez les fils d'Israël, « que l'aveugle, ou celui qui avait une suffusion dans l'œil, d'entre la semence d'Aharon, ne s'approcherait point pour offrir un sacrifice, et n'entrerait point au dedans du voile. » —Lévit., XXI. 17 à 23 ;— « qu'une bête aveugle ne serait point offerte en sacrifice. » —Lévit., XXII. 22. Malach., I. 8. —De là vient aussi qu'au nombre des malédictions était « la fièvre qui consume les yeux. » — Lévit., XXVI. 16.—D'après ces explications, on peut maintenant savoir ce qui est signifié par les yeux du Fils de Dieu, qui sont comme une flamme de feu, c'est-à-dire, que c'est la Divine sagesse et la Divine intelligence, communiquées à ceux qui sont dans l'amour et par suite dans la foi envers le Seigneur : que sa Divine Providence soit aussi signifiée, on le voit d'après ce qui a été montré ci-dessus, N° 68: il faut y ajouter ce qui est dit des Chérubins dans Ézéchiel, et des quatre animaux autour du Trône dans l'Apocalypse, par lesquels est encore signifiée la Divine Providence du Seigneur, et spécialement la Garde pour qu'on ne s'approche du Seigneur que par le bien ; dans Ézéchiel : «Je vis, et voici, quatre Roues auprès des Chérubins; toute leur Chair et leurs Dos, et leurs Mains, et leurs Ailes, et les Roues, étaient pleins d'Yeux tout autour. » —X. 9,12.—Et dans l'Apocalypse : «Autour du Trône quatre Animaux pleins d'Yeux devant et derrière; chaque Animal avait des ailes à l'entour, et au dedans elles étaient pleines d'Yeux. » — IV. 6, 8; — ces quatre Animaux aussi étaient des Chérubins, car leur description est presque semblable à celle des Chérubins dans Ézéchiel : il leur est attribué un si grand nombre d'yeux, parce que la Divine Providence du Seigneur, qui est signifiée par les Chérubins, consiste à tout gouverner dans les Cieux et dans les Terres, d'après la Divine sagesse; le Seigneur, en effet, d'après la Divine Providence voit tout, dispose tout, et pourvoit à tout. Que les Chérubins signifient la Divine Providence du Seigneur, et spécialement la Garde pour qu'on ne s'approche du Seigneur que par le bien, on le voit, Nos 9277, 9509, 9673.
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