| Apocalypse Expliquée 130. Et à l'Ange de l'Eglise dans Pergame écris, signifie pour souvenir à ceux qui, au dedans de l'Eglise, sont dans les tentations : on le voit par la signification d’écrire, en ce que c'est pour souvenir, N° 8620; par la signification de l'Ange, en ce qu'il est le récipient du Divin Vrai, et dans le sens suprême, le Divin Vrai même procédant du Seigneur, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification de l’Église dans Pergame, en ce que ce sont ceux qui, au dedans de l'Église, sont dans les tentations ; que ce soient eux qui sont entendus par l'Église dans Pergame, on le voit d'après les choses qui ont été écrites à cette Église et qui suivent ; ce n'est point d'autre part qu'on peut savoir ce qui est signifié par chacune des sept Églises; car, ainsi qu'il a été montré précédemment, ce n'est point quelque Église dans Éphèse, dans Smyrne, dans Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée, qui est entendue; mais ce sont tous ceux qui sont de l'Église du Seigneur, et chaque Église signifie quelque chose qui fait l'Église chez l'homme; et comme les premières choses de l'Église sont les connaissances du vrai et du bien, et l'affection spirituelle du vrai, c'est pour cela qu'il en a d'abord été question, à savoir, dans ce qui a été écrit à l'Ange de l'Église d'Éphèse et à l'Ange de l'Église de Smyrne, des connaissances du bien et du vrai à l'Ange de l'Église d'Éphèse, et de l'affection spirituelle du vrai à l'Ange de l'Église de Smyrne : et comme personne ne peut être imbu des connaissances du vrai et du bien quant à la vie, ni persister dans l'affection spirituelle du vrai, à moins de subir des tentations, c'est pour cela que maintenant il s'agit des tentations dans ce qui est écrit à l'Ange de l'Église dans Pergame : on voit par là dans quel ordre se suivent les choses qui sont enseignées sous les noms des sept Églises. S'il est dit : Écris à l'Ange de l'Église, et non pas à l'Église, c'est parce que l'Ange signifie le Divin Vrai qui fait l'Église, car le Divin Vrai enseigne comment l'homme doit vivre pour devenir Église : que dans la Parole, dans son sens spirituel, par l'Ange il soit entendu non pas quelque Ange, mais dans le sens suprême le Divin Vrai procédant du Seigneur, et dans le sens respectif celui qui reçoit ce vrai, c'est ce qu'on peut voir en ce que tous les Anges sont des récipients du Divin Vrai procédant du Seigneur, et qu'aucun Ange n'est Ange par soi-même, et que autant un Ange reçoit ce vrai, autant il est Ange; car les Anges savent et perçoivent, plus que les hommes, que tout bien de l'amour et tout vrai de la foi viennent non pas d'eux-mêmes, mais du Seigneur; et comme le bien de l'amour et le vrai de la foi constituent leur sagesse et leur intelligence, et que celles-ci constituent l'Ange tout entier, c'est pour cela qu'ils connaissent et disent qu'ils sont seulement des récipients du Divin qui procède du Seigneur, et qu'ainsi ils sont Anges dans le degré où ils reçoivent ce Divin ; de là vient qu'ils veulent que par les Anges il soit entendu des Anges spirituellement, c'est-à-dire, des Divins Vrais, en faisant abstraction des personnes. Par le Divin Vrai il est entendu en même temps le Divin Bien, puisque, unis l'un à l'autre, ils procèdent du Seigneur; voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 13, 140. Maintenant, comme le Divin Vrai procédant du Seigneur fait l'Ange, c'est pour cela que, dans le sens suprême de la Parole, par l'Ange il est entendu le Seigneur Lui-Même, comme dans Ésaïe : « L'Ange des faces de Jéhovah les a délivrés, à cause de son amour et à cause de sa clémence; Lui les a rachetés et les a pris, et il les a portés tous les jours d'éternité. » — LXIII. 9. - Dans Moïse : « Que l'Ange qui m'a délivré de tout mal les bénisse. » -Gen., XLVIII. 16. — Dans le Même : « Moi, j'envoie un Ange devant toi, pour te préserver dans le chemin; garde-toi de ses faces, parce que mon Nom est au milieu de Lui. » —Exod., XXIII. 20 à 23.—Comme le Seigneur quant au Divin Vrai est nommé Ange, c'est aussi pour cela que par les Anges, dans le sens spirituel, sont entendus les Divins vrais; par exemple, dans les passages suivants : « Le Fils de l'homme enverra ses Anges, qui enlèveront de son Royaume tous les sujets de chute. A la consommation du siècle, les Anges sortiront et sépareront les méchants du milieu des justes. » —Matth., XIII. 41, 49. — A la consommation du siècle, le Fils de l'homme enverra ses Anges avec une grande voix de trompette, et il rassemblera ses élus des quatre vents. » —Matth., XXIV. 31.- « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les saints Anges avec lui, alors il s'assiéra sur le trône de sa gloire. » — Matth., XXV. 31. — « Jésus dit : Désormais vous verrez le Ciel s'ouvrir, et les Anges de Dieu montant et descendant sur le Fils de l'homme. » — Jean, I. 52 ;- dans ces passages par les Anges il est entendu, dans le sens spirituel, les Divins Vrais, et non les Anges; ainsi, dans les passages précédents, où il est dit qu'à la consommation du siècle les Anges enlèveront tous les sujets de chute, et sépareront les méchants du milieu des justes ; qu'ils rassembleront les élus des quatre vents avec une grande voix de trompette; et que le Fils de l'homme s'assiéra avec les Anges sur le trône de sa gloire, il est entendu, non pas que les Anges feront cela avec le Seigneur, mais que le Seigneur seul le fera par ses Divins Vrais, puisque les Anges n'ont par eux-mêmes aucune puissance, mais que toute puissance est au Seigneur par son Divin Vrai ; voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N°s 230 à 233 : la même chose est entendue, en ce que l'on verra les Anges de Dieu montant et descendant sur le Fils de l'homme, à savoir, que les Divins Vrais étaient en Lui et procédaient de Lui, Ailleurs aussi, par les Anges il est entendu les Divins Vrais qui procèdent du Seigneur, par conséquent le Seigneur quant aux Divins Vrais; par exemple, lorsqu'il est dit « que sept trompettes ont été données à sept Anges, et que ces Anges ont sonné de la trompette; » — Apoc. VIII. 2, 6, 7, 8, 10, 12, 13. IX. 1, 13, 14; — il est dit que des trompettes ont été données aux Anges, et qu'ils en ont sonné, parce que les trompettes et le son des trompettes signifient le Divin Vrai qui doit être révélé; voir ci-dessus, N° 55. Des choses semblables sont encore entendues par « les Anges combattant contre le Dragon. » — Apoc. XII. 7, 9; — par « l'Ange volant dans le milieu du Ciel, ayant l'Évangile éternel. » — Apoc. XIV. 6; — par « les sept Anges versant les sept coupes. » —: Apoc. XVI. 1, 2, 3, 4, 8, 10,12 ; — par « les douze Anges sur les douze portes de la Nouvelle Jérusalem. » — Apoc. XXI. 12 ; — que cela soit ainsi, on le verra aussi dans la suite. Que par les Anges il soit entendu les Divins Vrais qui procèdent du Seigneur, cela est bien évident dans David ; « Jéhovah fait de ses Anges des Vents, et de ses Ministres un Feu flamboyant. » — Ps. CIV. 4 ; —ce qui signifie le Divin Vrai et le Divin Bien, car le Vent de Jéhovah dans la Parole signifie le Divin Vrai, et son Feu le Divin Bien, comme on peut le voir par les explications qui ont été données dans les ARCANES CELESTES; par exemple, que le Vent des narines de Jéhovah est le Divin Vrai, N° 8286; que les quatre Vents sont toutes les choses du vrai et du bien, Nos 3708, 9642, 9668; que par suite respirer signifie, dans la Parole, l'état de la vie de la foi, N° 9281 ; d'où l'on voit clairement ce qui est signifié par cela que « Jéhovah souffla dans les narines d'Adam. » — Gen., II. 7 ;- par cela que « le Seigneur souffla sur ses disciples. » —Jean, XX. 22 ; -- et par ces paroles : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends la voix, mais tu ne sais d'où il vient. » Jean-, III. 8; — voir au sujet de ces passages, Nos 96, 97, 9229, 9281; et, en outre, Nos 1119, 3886, 3887, 3889, 3892, 3893 : que le Feu flamboyant soit le Divin Amour et par suite le Divin Bien, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 133 à 140, 567, 568, et ci-dessus, N° 68. Que l'Ange signifie le Divin Vrai procédant du Seigneur, cela est bien évident par ces paroles dans l'Apocalypse : « Il mesura la muraille de la Nouvelle Jérusalem, cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme, qui est (une mesure) d'Ange. » — XXI. 17 ; - que la muraille de Jérusalem ne soit point une mesure d'Ange, chacun peut le voir ; mais qu'elle désigne tous les vrais qui protègent, lesquels sont entendus là par l'Ange, cela est évident par la signification de la muraille de Jérusalem, et par la signification
du nombre cent quarante-quatre ; que la muraille signifie tous les vrais qui protègent, on le voit N°6419; puis aussi, que le nombre cent quarante-quatre signifie toutes les choses du vrai dans le complexe, N° 7973 ; que la mesure signifie la qualité de la chose quant au vrai et au bien, Nos 3104, 9603, 10262 ; on voit aussi ces choses expliquées quant au sens spirituel dans l'Opuscule de LA NOUVELLE JERUSALEM ET DE SA DOCTRINE, N° 1. Comme, dans la Parole, les Anges signifient les Divins Vrais, c'est pour cela que les hommes par lesquels sont prononcés les Divins Vrais, sont quelque fois, dans la Parole, appelés Anges, comme dans Malachie : « Les lèvres du prêtre doivent garder la science, et la loi on recherchera de sa bouche, parce que, Ange de Jéhovah, lui. » —II. 7 ; — le prêtre est appelé Ange de Jéhovah parce qu'il enseigne le Divin Vrai, non pas qu'il soit un Ange de Jéhovah, mais l'Ange de Jéhovah est le Divin Vrai qu'il enseigne; il est même connu dans l'Église que personne n'a de soi-même le Divin Vrai ; dans ce passage les Lèvres aussi signifient la Doctrine du vrai, et la Loi le Divin Vrai même; que les Lèvres signifient la Doctrine du Vrai, on le voit, Nos 1286,1288 ; et que la Loi signifie le Divin Vrai même, on le voit, N°s 3382, 7463. C'est aussi de là que Jean-Baptiste est appelé Ange : « Jésus dit : C'est celui de qui il a été écrit : Voici, j'envoie mon Ange devant ta face, qui préparera ton chemin devant Toi. » — Luc, VII. 27 ; — si Jean- Baptiste a été appelé Ange, c'est parce que par lui dans le sens spirituel est signifiée la Parole, qui est le Divin Vrai, de même que par Élie, voir Nos 7643, 9372; et ce qui est signifié par la personne est entendu dans la Parole, voir Nos 665, 1097, 1361, 3147, 3670, 3881, 4208, 4281, 4288, 4292, 4307, 4500, 6304, 7048, 7439, 8588, 8788, 8806, 9229. Il est dit que dans la Parole, dans son sens spirituel, par les Anges il est entendu les Divins vrais procédant du Seigneur, car ces vrais font les Anges, et que lorsqu'ils les prononcent, c'est par le Seigneur et non par eux-mêmes qu'ils les prononcent; que cela soit ainsi, les Anges non-seulement le savent, mais même ils le perçoivent; l'homme qui croit que rien de ce qui appartient à la foi ne vient de lui-même, mais que tout procède de Dieu, le sait aussi mais ne le perçoit pas: croire que rien de ce qui appartient à la foi ne vient de l'homme, mais que tout procède de Dieu, c'est croire que rien du vrai, qui a la vie, ne vient de l'homme, mais que tout vrai procède de Dieu, car le vrai appartient à la foi, et la foi appartient au vrai.
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