| Apocalypse Expliquée 1210. Disant : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, signifie le culte du Seigneur par ceux qui sont dans les vrais : on le voit par la signification de louer Dieu, en ce que c'est le confesser et lui rendre un culte, ainsi qu'il va être montré; et par la signification des serviteurs de Dieu, en ce que ce sont ceux qui sont dans les vrais par le Seigneur, Nos 6,409. Dans la Parole, il est dit en beaucoup de passages louer Dieu, et par là il est signifié Le confesser de cœur et de bouche, par conséquent aussi lui rendre un culte; par louer Dieu, il est signifié la même chose que par Halléluiah, parce que Halléluiah signifie louez Dieu; que ce soit une parole de joie et d'allégresse dans les confessions et dans le culte de Dieu, cela a déjà été dit. Si par louer Dieu il est signifié le confesser et lui rendre un culte, c'est parce que le Seigneur ne veut pas être loué ni être glorifié par aucun amour de lui-même, mais il veut l'être par amour de l'homme, car l'homme ne peut faire autrement que de louer et de glorifier le Seigneur, ou lui donner gloire et honneur, quand il reconnaît de cœur qu'il n'y a en lui rien du bien, et que par lui-même il ne peut rien, et vice versa, que tout bien vient du Seigneur, et que le Seigneur peut tout; quand l'homme est dans cette reconnaissance, il éloigne son propre, qui appartient à l'amour de soi, et il ouvre toutes les choses de son mental, et ainsi il donne au Divin le moyen d'influer avec le bien et avec puissance : c'est de là qu'il est nécessaire que l'homme soit dans l'humiliation devant le Seigneur, et c'est de là que l'humiliation ne vient d'autre part que de la reconnaissance de soi-même et de la reconnaissance du Seigneur, selon lesquelles se fait la réception. Que donner louange à Dieu et louer Dieu, ce soit le confesser, et d'après la confession de cœur Lui rendre un culte, on le voit par plusieurs passages dans la Parole; par exemple,—Matth. XXI. 16. Luc, II. 13, 14, 20. V. 25, 26. Vil. 16. XIII. 13. XVIII. 43. XIX. 28 à 41. XXIV. 52,53; —puis aussi,—ps. CXLVIII. 1, 2,3, 4, 5r 7,13; — et ailleurs. — Continuation : V. D'après le spirituel, par ces forces existent les végétaux et aussi les animaux, tant ceux qui apparaissent dans le Ciel que ceux qui sont dans le Monde : s'il existe des végétaux et des animaux dans le Ciel, c'est parce que ces forces sont dans le spirituel dans ses maxima et dans ses minima, dans ses premiers et dans ses derniers, ainsi dans le spirituel tant dans le Ciel que dans le Monde; ses premiers sont dans les Cieux, ses derniers sont dans le Monde : il y a, en effet, des degrés des spirituels, et chaque degré est distinct de l'autre, et le degré antérieur ou supérieur est plus parfait que le degré postérieur ou inférieur : c'est ce dont on peut avoir la preuve d'après la lumière et la chaleur dans les Cieux, et d'après la sagesse que les Anges acquièrent par cette lumière et par cette chaleur; dans le Ciel suprême ou troisième Ciel, la lumière par son éclat enflammé est si resplendissante, qu'elle surpasse des milliers de fois la lumière de midi dans le Monde; dans le Ciel moyen ou second Ciel, la lumière est moins brillante, mais néanmoins elle surpasse des centaines de fois la lumière de midi dans le Monde; dans le dernier ou premier Ciel, la lumière est semblable à la lumière de midi dans le Monde. Il y a aussi des degrés de la chaleur, qui là est l'amour; et selon ces degrés les Anges ont la sagesse, l'intelligence et la science : tout spirituel appartient à la lumière et à la chaleur qui procèdent du Seigneur comme Soleil, et la sagesse et l'intelligence viennent de cette lumière et de cette chaleur. Il y a aussi sous les Cieux, ou dans la nature, un même nombre de degrés des spirituels; ce sont les degrés inférieurs des spirituels, comme on peut le voir d'après le mental naturel de l'homme, et d'après sa rationalité et sa sensualité ; les hommes rationnels sont dans le premier degré de ce mental, les sensuels dans le dernier, et quelques-uns dans le degré moyen; or, toute pensée et toute affection du mental nature! sont spirituelles. Ces trois forces, qui sont la force d'agir, la force de créer et la force de former, sont dans le spirituel en chacun de ses degrés, mais avec une différence de perfection ; toutefois, comme il n'existe rien qui n'ait son dernier, dans lequel il est terminé et subsiste, il en est aussi de même du spirituel; son dernier est dans le globe terrestre, dans ses terres et dans ses eaux; et le spirituel d'après ce dernier produit les végétaux de tout genre, depuis l'arbre jusqu'au gazon, dans lesquels le spirituel qui y reste se manifeste seulement en une certaine ressemblance avec les animaux, ressemblance dont il a été traité ci-dessus.
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