| Apocalypse Expliquée 1194. Et de tous les tués sur la terre, signifie par suite tous les faux et tous les maux par lesquels ont péri ceux qui étaient de l'Église : on le voit par la signification des tués, en ce que ce sont ceux qui ont péri par les faux et par les maux, Nos 315, 366, et en ce que tuer c'est priver les autres de leurs vrais et de leurs biens, Nos 547, 572 ; et par la signification de la terre, en ce qu'elle est l'Église, ainsi qu'il a été dit un grand nombre de fois ; de là, par le sang de tous les tués sur la terre est signifiée la violence faite à tout vrai et à tout bien par les faux et par les maux, par lesquels ont péri ceux qui étaient de l'Église. — Continuation : Puisque l'homme a été créé pour remplir des usages, et que c'est là aimer le prochain, tous ceux qui viennent dans le Ciel, quels qu'ils soient, doivent donc faire des usages; c'est en raison des usages, et de l'amour des usages, qu'ils ont tout plaisir et toute béatitude; la joie céleste ne vient pas d'autre part; celui qui croit qu'elle consiste dans l'oisiveté se trompe beaucoup. Et même, aucun oisif n'est toléré dans l'Enfer ; ceux qui l'habitent sont dans des prisons et soumis à un juge, qui impose aux prisonniers les travaux qu'ils doivent faire chaque jour ; ceux qui ne les font pas ne reçoivent ni nourriture ni vêtements, ils restent affamés et nus ; ils sont ainsi forcés de travailler : la différence consiste en ce que dans l'Enfer on fait des usages par crainte, tandis que dans le Ciel on les fait par amour, et que c'est l'amour, et non la crainte, qui procure la joie. Mais néanmoins il est donné d'entremêler les travaux par différentes œuvres faites de compagnie avec d'autres ; ce sont là des récréations, et pas conséquent aussi des usages. Il m'a été donné de voir beaucoup de choses dans le Ciel, d'en voir beaucoup dans le Monde, et beaucoup dans le corps humain, et en même temps d'en examiner les usages; et il m'a été révélé que tout, dans ces choses, tant ce qui est grand que ce qui est petit, a été créé d'après l'usage, dans l'usage et pour l'usage, et que la partie dans laquelle cesse le dernier, qui est pour l'usage, est séparée comme nuisible, et est rejetée comme condamnée.
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