| Apocalypse Expliquée 1179. Réjouis-toi à cause d'elle, Ciel; et (vous) saints Apôtres et Prophètes, signifie la joie du cœur dans le Ciel et dans l'Église chez ceux qui sont d'après la Parole dans la sagesse et dans l'intelligence : on le voit par la signification de ne réjouir, en ce que c'est la joie du cœur; par la signification du Ciel, en ce que c'est non-seulement le Ciel, mais aussi l'Eglise, puisque l'Église est le Ciel du Seigneur dans les terres; par la signification des Apôtres, en ce que ce sont ceux qui enseignent d'après la Parole, Nos 100, 333, par suite ceux qui sont dans la sagesse; et par la signification des Prophètes, en ce que ce sont ceux qui sont dans la doctrine du vrai d'après la Parole, et abstractivement les doctrines elles-mêmes, N° 624, par suite ceux qui sont dans l'intelligence; car ceux qui sont dans la doctrine d'après la Parole sont appelés intelligents, mais ceux qui enseignent la Parole sont appelés sages. D'après ces significations, il est évident que par « réjouis-toi à cause elle, Ciel ; et (vous) saints Apôtres et Prophètes, » il est signifié la joie du cœur dans le Ciel et dans l'Église chez ceux qui sont dans la sagesse et dans l'intelligence. Si cela suit maintenant, c'est parce qu'avant le Jugement dernier, ou avant que les Babyloniens eussent été jetés dans l'Enfer, et qu'ainsi le Monde des esprits en eût été délivré, il y avait interception de la lumière d'après laquelle les Anges ont la sagesse et l'intelligence; si cette lumière a été interceptée, et.si par là les Anges ont été un peu couverts d'ombre, c'était à cause de la conjonction des Babyloniens avec les Anges du dernier Ciel ; il en fut autrement quand ils eurent été précipités : sur ce sujet, voir ce qui a été rapporté dans l'Opuscule du jugement dernier, d'après les choses vues et entendues. — Continuation : Le Seigneur cependant pourvoit à ce que l'homme puisse être réformé et sauvé par ces choses, que par suite il fuit choses de sa religion. Sur tout le Globe terrestre, où il y a une Religion, il y a deux (Êtres) qui la constituent, ces deux êtres sont Dieu et l'homme, car il faut qu'il y ait conjonction ; et la conjonction est faite par deux choses, par le bien de l'Amour et par le vrai de la Foi; le bien de l'Amour vient de Dieu immédiatement, le vrai de la Foi vient aussi de Dieu, mais médiatement ; le bien de l'Amour est ce par quoi Dieu conduit l'homme, et le vrai de la Foi est ce par quoi l'homme est conduit : cela est la même chose que ce qui a été dit précédemment : le Vrai de la Foi apparaît à l'homme comme sien, parce qu'il vient par les choses qu'il s'acquiert lui-même comme par soi. Dieu donc se conjoint à l'homme par le bien de l'Amour, et l'homme se conjoint à Dieu comme par lui-même par le vrai de la Foi. Telle étant la conjonction, c'est pour cela que le Seigneur se compare à un Fiancé et à un Époux, et compare l'Église à une Fiancée et à une Épouse. Le Seigneur influe continuellement avec la plénitude du bien de l'Amour, cependant il ne peut être conjoint à l'homme dans la plénitude du vrai de la Foi, mais il est seulement conjoint dans le vrai qui est chez l'homme, et ce vrai varie : il peut être donné plus pleinement chez ceux qui sont où il y a la Parole, mais moins pleinement chez ceux qui sont où il n'y a pas la Parole ; néanmoins chez ceux-ci et chez ceux-là la plénitude varie selon la science, et en même temps selon la vie conforme à la science; de là vient qu'il peut y avoir plénitude plus grande chez ceux qui n'ont pas la Parole que chez ceux qui ont la Parole. La conjonction de Dieu avec l'homme, et la conjonction de l'homme avec Dieu, sont enseignées dans les deux Tables, qui ont été écrites du doigt de Dieu, et qui sont appelées Tables de l'alliance, Témoignage et Loi ; dans l'une de ces Tables est Dieu, dans l'autre est l'homme : ces Tables sont chez toutes les nations qui ont une Religion; d'après la Première Table, elles savent qu'il faut reconnaître un Dieu, qu'il faut le sanctifier et qu'il faut l'adorer ; d'après la Seconde Table, elles savent qu'il ne faut voler ni ouvertement ni clandestinement par artifice; qu'il ne faut point commettre adultère; qu'il ne faut point tuer à main armée, ni par haine; qu'il ne faut point porter de faux témoignages devant le juge, ni devant le Monde, et qu'il ne faut point non plus vouloir ces choses. L'homme, d'après sa Table, connaît les maux qu'il doit fuir, et selon qu'il les connaît et qu'il les fuit comme par lui-même Dieu se conjoint l'homme, et lui donne d'après sa Table de Le reconnaître, de Le sanctifier et de L'adorer; et il lui donne aussi de ne point vouloir les maux, et il lui donne encore de connaître les vrais plus amplement selon qu'il ne veut point les maux. Ainsi ces deux Tables se conjoignent chez l'homme, la Table de Dieu est placée sur la Table de l'homme, et elles sont mises comme une seule Table dans l'Arche, sur laquelle il y a le Propitiatoire, qui est le Seigneur, et sur le Propitiatoire deux Chérubins, qui sont la Parole et les choses tirées de la Parole, dans laquelle le Seigneur parle avec l'homme, comme il a parlé avec Moïse et Aharon entre les Chérubins. Maintenant, puisque la conjonction du Seigneur avec l'homme, et de l'homme avec le Seigneur, se fait par ces préceptes, il est évident que quiconque les connaît et y conforme sa vie, non-seulement d'après la Loi civile et morale, mais aussi d'après la Loi Divine, est sauvé; qu'ainsi chacun est sauvé dans sa Religion, qu'il soit Chrétien, ou Mahométan, ou Gentil. Et, qui plus est, l'homme qui, par Religion, vil conformément à ces préceptes, bien que dans le Monde il ne sache rien du Seigneur, ni rien de plus de la Parole, est néanmoins quant à son esprit dans un état à vouloir devenir sage; c'est pourquoi, après la mort, cet homme est instruit par les Anges, et il reconnaît le Seigneur, reçoit les vrais selon l'affection, et devient Ange. Quiconque est tel, est comme l'homme qui meurt enfant, car celui-ci est conduit par le Seigneur, et les Anges font son éducation. Ceux qui n'ont eu aucun culte, en raison de leur ignorance, parce qu'ils étaient nés dans un lieu où il n'y en avait pas, sont aussi, après la mort, instruits comme les enfants, et reçoivent, selon leur vie civile et morale, des moyens de salvation : j'ai vu de tels hommes, et d'abord ils m'apparurent comme n'étant pas hommes, et plus tard je les ai vus comme hommes, et je les ai entendus parler sainement d'après les préceptes du Décalogue; instruire de tels esprits, c'est la joie intime des Anges. D'après ces explications, on voit maintenant que le Seigneur pourvoit à ce que tout homme puisse être sauvé.
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