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| Apocalypse Expliquée 1150. Et cinnamome, et parfums, signifie le culte d'après l'amour céleste, culte qui a été profané : on le voit par la signification du cinnamome, en ce qu'il est le bien de l'amour céleste, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification du parfum ou de la senteur, en ce que c'est le vrai de l'amour céleste, vrai qui, parce qu'il vient du bien de l'amour céleste, est le bien de la sagesse. Que ce soit le culte d'après l'amour céleste, c'est parce que dans ce Verset sont énumérées les choses qui appartiennent au culte, tandis que dans le Verset précédent ont été énumérées celles qui appartiennent à la doctrine; que les choses qui appartiennent au culte soient signifiées ici, on peut le constater d'après ce qui suit, et le voir en ce que tant d'espèces sont énumérées, ce qui n'eût pas été fait, si par elles il n'était pas décrit que toutes les choses du culte, depuis les premières jusqu'aux dernières, ont été profanées. La doctrine et le culte sont distingués par cela, que la doctrine enseigne comment Dieu doit être adoré, et comment l'homme doit vivre pour qu'il se retire de l'enfer et s'approche du Ciel; mais le culte met cela à exécution, car le culte est tant oral qu'actuel. Si le cinnamome signifie l'amour céleste, c'est parce qu'il est l'aromate le plus exquis, et qu'avec lui mêlé à d'autres aromates était préparée l'huile d'onction de sainteté ; voir Exod. XXX. 23, 24; or, par l'huile d'onction de sainteté était signifié le Divin Amour, et par les aromates, qui étaient la myrrhe excellente, le cinnamome aromatique, le roseau odoriférant et la casse, était signifiée la Divine Sagesse; ces aromates, mêlés avec l'huile d'olive, signifiaient la Divine Sagesse unie au Divin Amour du Seigneur; si par ces aromates il a été signifié la Divine Sagesse, c'est parce que par l'odeur est signifiée la perception, et que la perception appartient à la sagesse : comme cela était signifié par l'huile d'onction, voilà pourquoi par cette huile étaient sanctifiées toutes les choses qui servaient au culte, comme l'Autel, la Tente de Convention, l'Arche avec le Propitiatoire et les Chérubins, puis les habits de sainteté d'Aharon, et aussi Aharon lui-même : De là il est évident que le cinnamome signifie le bien céleste, et que les parfums ou senteurs signifient des choses qui procèdent de ce bien, lesquelles se réfèrent toutes au vrai, et le vrai dans sa forme est la sagesse; ce vrai, parce qu'il tire son essence du bien de l'amour céleste, est appelé bien de la sagesse. Que le culte d'après cet amour ait été profané, on le voit par ce qui a été précédemment dit de la profanation de toutes les choses de la doctrine; et quand toutes les choses de la doctrine ont été profanées, toutes celles du culte ont aussi été profanées, car le culte vient de la doctrine, et est selon la doctrine. — Continuation sur la Foi Athanasienne : Une quatrième Loi de la Divine Providence est, Que l'Entendement et la Volonté ne soient contraints en aucune manière, parce que tout ce qui a été contraint par un autre enlève le libre; mais que l'homme lui-même se contraigne, car se contraindre soi-même, c'est agir d'après le libre. Le Libre de l'homme appartient à sa volonté; d'après la volonté il est dans la pensée de l'entendement, et par cette pensée il est dans le langage de la bouche et dans l'action du corps : en effet, lorsque l'homme, d'après le libre, veut quelque chose, il dit : « Je veux penser cela, je veux dire cela, et je veux faire cela. » En outre, d'après le libre de la volonté l'homme a la faculté de penser, de parler et de faire; la volonté donne cette faculté» parce que c'est le libre. Puisque le libre appartient à la volonté de l'homme, il appartient aussi à son amour; rien autre chose chez l'homme ne constitue le libre, que l'amour qui appartient à sa volonté; et cela, parce que l'amour est la vie de l'homme; car l'homme est tel qu'est son amour; ce qui procède de l'amour de sa volonté procède donc de sa vie. D'après cela, il est évident que le libre appartient à la volonté de l'homme, appartient à son amour et appartient à sa vie, que par conséquent il fait un avec son propre, avec sa nature et avec son caractère. Maintenant, comme le Seigneur veut que tout ce qui vient de Lui à l'homme soit approprié à l'homme comme lui appartenant, car autrement l'homme n'aurait point en lui le réciproque par lequel se fait la conjonction, c'est pour cela qu'une Loi de la Divine Providence est, que l'entendement et la volonté de l'homme ne soient contraints en aucune manière par un autre; quel est, en effet, l'homme qui ne puisse penser et vouloir le mal et le bien contre les lois et avec les lois, contre le roi et avec le roi, et même contre Dieu et avec Dieu? mais il ne lui est pas permis de dire et de faire tout ce qu'il pense et veut; il y a des craintes qui contraignent les externes, mais elles ne contraignent point les internés; et cela, parce que tes externes doivent être réformés par les internes, et non les internes par les externes, car l'interne influe dans l'externe, et l'externe n'influe pas dans l'interne : les internes, en outre, appartiennent à l'esprit de l'homme, et les externes appartiennent à son corps, et comme l'esprit de l'homme doit être réformé, c'est pour cela qu'il n'est pas contraint. Il y a des craintes qui contraignent les internes ou l'esprit de l'homme, mais elles ne sont autres? que des craintes qui influent du Monde spirituel; ce sont d'une part les craintes des peines de l'Enfer, et de l'autre la crainte de ne pas être agréable à Dieu; mais la crainte des peines de l'Enfer est l'externe de la pensée et de la volonté, tandis que la crainte de ne pas être agréable à Dieu est l'interne de la pensée et de la volonté, et c'est une crainte sainte qui s'ajoute et se conjoint à l'amour avec lequel enfin elle fait une seule essence; s'est comme lorsqu'on aime quelqu'un que, par amour, on craint d'offenser.
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