| Apocalypse Expliquée 1133. Et au loin se tenant à cause de la crainte de son tourment, signifie tandis qu'ils sont dans les externes d'après l'appréhension des peines infernales : on le voit par la signification de au loin se tenant, en ce que c'est être dans les externes, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification de la crainte du tourment, en ce que c'est l'appréhension à cause des peines infernales, car le tourment signifie ces peines, Si se tenir au loin signifie être dans les externes, c'est parce que l'homme est en soi quand il est dans les internes, car là réside son amour, par conséquent sa vie même; les internes de l'homme sont les choses qui appartiennent à son esprit, et qui dans la Parole sont entendues par les ' choses proches; les externes donc, parce qu'ils sont éloignés des internes, sont entendues par les choses éloignées, ici, par se tenir au loin : et même tout homme méchant, tandis qu'il est dans les externes, n'est pas semblable à lui-même, tel qu'il est dans les internes; alors, non-seulement il parle et fait autrement, mais encore il pense et veut autrement; car sa pensée et sa volonté sont alors pour qu'il apparaisse homme civil, moral, et aussi comme homme spirituel, et cela, in cause de la loi et des peines qu'elle inflige, ou à cause de la réputation, et par suite à came de l'honneur et du lucre, ainsi par la crainte de perdre ces avantages; qu'alors il soit loin de lui-même, cela est évident en ce que, quand il revient de ses externes dans ses internes, ce qui arrive lorsqu'il est seul, il pense et veut tout autrement, et il parle aussi tout autrement avec ceux qui sont semblables à lui : de là il est évident que se tenir au loin signifie dans le sens spirituel être dans les externes. Si l'homme méchant se met ou vient des internes dans les citernes, la principale raison c'est la crainte; c'est pourquoi, lorsqu'il voit les peines et les tourments de ses compagnons, la crainte ferme ses internes, et quand ils sont fermés, il est dans les externes, et il y reste, tant que la peine est présente au mental (animus); mais toujours est-il que son interne n'est point corrigé par les peines, il reste néanmoins comme auparavant; c'est pourquoi, dès que la crainte de la peine se retire, il revient dans ses maux qui sont intérieurement chez lui, et qui appartiennent à son esprit, ei par suite à sa vie. Ceci peut être illustré par l'expérience d'après le Monde spirituel : L'esprit méchant y est contraint par les peines à ne point dire de mal et à ne point faire de mal, et il reste tel tant qu'il est dans un lieu où la peine est présente à son mental (animus), mais dès que la crainte de la peine se retire, il est méchant tomme auparavant. Il en est de même dans le Monde; les voleurs, les brigands et les autres scélérats, tant qu'ils sont dans une ville, où tous sont tenus dans des biens par la loi et par les peines qu'elle inflige, ne volent point et ne commettent point de brigandages; mais dès qu'ils viennent dans des forêts ou dans des lieux où ils ne craignent point les peines de la loi, ou lorsqu'ils peuvent violer la loi par des fourberies, et en détourner les peines, ils viennent dans leurs internes et commettent des scélératesses. D'après cela, il est évident que les externes sont distants des internes, et se tiennent comme au loin : c'est de là que, dans la Parole, par loin il est signifié l'Externe, ou ce qui a été éloigné de l'Interne, comme dans les passages suivants; dans Ésaïe : « Écoutez, vous qui êtes loin, ce que j'ai fait; et connaissez, vous qui êtes près, ma force. »— XXXIII. 13; là, par ceux qui sont loin sont entendues les nations, parce qu'elles sont éloignées des vrais internes; et par ceux qui sont près il est entendu ceux qui sont de l'Église, et d'après la Parole dans les vrais. Dans le Même : « Amène mes fils de loin, et mes filles de l'extrémité de la terre. » —XLIIL 6; — là aussi, par les fils et par les filles sont entendues les nations; parce qu'elles sont éloignées des vrais et des biens, qui sont les internes de l'Église, elles sont appelées fils de loin et filles de l'extrémité de la terre; par les fils sont entendus ceux qui sont dans les vrais, et par les filles ceux qui sont dans les biens; l'extrémité de la terre signifie les derniers de l'Église. Dans le Même : « Écoutez-Moi, îles, et peuples de loin. Voici, à Toi de loin ils viendront ; et voici, ceux-là du septentrion et de l'occident. » — XL1X. 1, 12; par les îles et par les peuples de loin, et par du septentrion et de l'occident, sont pareillement signifiées les nations chez lesquelles l'Église serait instaurée. Dans Jérémie : « Annonce dans les îles au loin. » — XXXI. 10 ; — pareillement. Dans Zacharie : « Ceux qui sont au loin viendront et bâtiront le Temple de Jéhovah. VI. 15; — ceux qui sont au loin, ici aussi, sont les nations, et le Temple qu'ils bâtiront est l'Église. Dans Jérémie : « Suis-je Dieu de près, Moi, et non Dieu de loin? » — XXIII. 23; — signifie que le Seigneur est Dieu pour ceux qui sont au dedans de l'Église, et aussi pour ceux qui sont hors de l'Église ; puis aussi, pour ceux qui sont dans les vrais internes, et pour ceux qui sont dans les vrais externes. Dans David : « Dieu, assurance de tous les bouts de la terre, et de la mer au loin. » — ps. LXV. 6; les bouts de la terre et la mer au loin signifient les derniers de l'Église. Dans le sens opposé, par loin est signifié le mal, parce que le mal est dans l'homme externe; en effet, tous ceux qui sont dans les maux et par suite dans les faux sont hommes externes; ceux-ci sont entendus par les nations et les peuples de loin et de l'extrémité de la terre, dans les passages suivants; dans Ésaïe : « Les nations de loin et de l'extrémité de la terre. »—V. 26. Dans le Même: « Les peuples qui viennent d'une terre éloignée, de l'extrémité de la terre. » — XIII. 5. — Dans Jérémie : « Les nations qui viennent d'une terre éloignée contre Jérusalem. » — IV. 16. — Dans le Même : « J'amènerai sur la maison d'Israël une nation de loin. » — V. 15 : — comme par Babel il est signifié le mal de tout genre et la profanation du bien, c'est pour cela qu'elle est appelée « Terre de loin,» — Ësaïe, XXXIX. 3. — Que ceux qui sont au loin signifient ceux qui sont dans les externes de l'Église, on peut aussi le voir d'après ceux qui, dans le Monde spirituel, sont dans les externes, et d'après ceux qui sont dans les internes; ceux-là sont dans le septentrion, ainsi sont éloignés selon les degrés de réception du vrai et du bien. Que par proche il soit entendu l'interne, on le voit ci-dessus, N° 16. — Continuation sur la Foi Athanasienne, et sur le Seigneur : Puisque Dieu est Infini, il est aussi Tout-Puissant; car la Toute-Puissance est la Puissance Infinie. La Toute-Puissance de Dieu se montre avec éclat dans l'Univers, qui est le Ciel visible et le Globe habitable, ouvrages magnifiques d'un Créateur Tout-Puissant; elle se montre pareillement dans toutes les choses qui sont dans le Ciel visible et sur le Globe habitable; leur création et leur entretien attestent qu'elles sont par la Divine Toute-Puissance; et leur ordre et le rapport mutuel des fins depuis la première jusqu'à la dernière attestent qu'elles sont par la Divine Sagesse. La Toute-Puissance de Dieu se montre aussi avec éclat dans le Ciel qui est au-dessus ou au dedans de notre Ciel visible, et dans le Globe qui, là, est habité par les Anges comme le nôtre l'est par les hommes; il y a là des témoignages étonnants de la Divine Toute-Puissance, et comme ils m'ont .été montrés et révélés, ils m'est permis de les rapporter : II y a là tous les hommes qui sont morts depuis la première création du Monde, lesquels, depuis leur mort, sont hommes aussi quant à la forme, mais sont esprits quant à l'essence. Les esprits sont des affections qui appartiennent à l'amour, et ainsi sont aussi des pensées ; les esprits du Ciel, des affections de l'amour du bien, et les esprits de l'enfer, des affections de l'amour du mal : les affections bonnes, lesquelles sont les Anges, habitent sur un globe qui est appelé Ciel; et les affections mauvaises, lesquelles sont les esprits infernaux, habitent profondément au-dessous d'eux; le globe est un, mais divisé comme en des étendues,, l'une au-dessous de l'autre; il y a six Étendues; dans la suprême habitent les Anges du troisième Ciel, sous eux les Anges du second Ciel, et sous ceux-ci les Anges du premier; au-dessous de ces Anges, habitent les esprits du premier Enfer, sous eux les esprits du second Enfer, et sous ceux-ci les esprits du troisième : tout a été disposé avec tant d'ordre, que les affections mauvaises, qui sont les esprits de l'Enfer, sont tenues dans les liens par les affections bonnes, qui sont les Anges du Ciel, les esprits de l'Enfer le plus bas par les Anges du Ciel suprême, les esprits de l'Enfer moyen par les Anges du Ciel moyen, et les esprits du premier Enfer par les Anges du premier Ciel; d'après une telle opposition, les affections sont tenues en équilibre comme dans des plateaux de balance. De tels deux et de tels Enfers sont innombrables, distingués en des compagnies et des sociétés selon les genres et les espèces de toutes les affections; et ces affections sont en ordre et en connexion selon leurs affinités plus proches et plus éloignées : de môme dans les Cieux, et de même dans les Enfers : cet ordre et cette connexion des affections sont connus du Seigneur seul, et l'ordination d'affections aussi variées qu'il y a eu d'hommes depuis la première création, et qu'il doit y en avoir dans l'avenir, appartient à une Sagesse Infinie, et en même temps à une Puissance Infinie. Que la Divine Puissance soit Infinie, ou qu'elle soit la Toute-Puissance, on le voit là d'une manière bien manifeste, en ce que les Anges du Ciel et les diables de l'Enfer n'ont pas la moindre puissance par eux-mêmes ; s'ils avaient la moindre puissance par eux-mêmes, le Ciel tomberait, l'Enfer deviendrait un chaos, et avec eux périrait tout homme.
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