| Apocalypse Expliquée 112. Et à l'Ange de l'Église des Smyrnéens écris, signifie pour souvenir à ceux qui, au dedans de l'Église, veulent comprendre la Parole et ne la comprennent pas encore, et sont par suite encore peu dans les connaissances du vrai et du bien, qu'ils désirent cependant de cœur : on le voit par la signification d’écrire, en ce que c'est pour souvenir, comme ci-dessus, N° 95 ; et par la signification de l'Ange de l'Église des Smyrnéens, en ce que ce sont ceux qui, au dedans de l'Église, veulent comprendre la Parole et ne la comprennent pas encore, et qui par suite sont peu dans les connaissances du vrai et du bien, qu'ils désirent cependant de cœur ; que ce soient eux qui sont entendus par l'Ange de l'Église des Smyrnéens, on le voit d'après les choses qui ont été écrites à cet Ange et qui suivent ; car on ne peut savoir ce qui est entendu par l'Ange de chaque Église que d'après ce qui lui est écrit dans le sens interne. Par les choses écrites à l'Ange de l'Église d'Éphèse, dont il vient d'être question, ont été décrits ceux qui sont dans les connaissances du vrai et du bien, et non en même temps ou pas encore dans la vie selon ces connaissances ; ici maintenant sont décrits ceux qui sont dans les connaissances du vrai et du bien et en même temps dans la vie selon ces connaissances ; ceux-ci sont donc ceux qui sont dans l'affection du vrai d'origine spirituelle, tandis que ceux-là sont ceux qui sont dans l'affection du vrai d'origine naturelle : les affections du vrai sont en général de deux origines, à savoir, d'origine naturelle et d'origine spirituelle; ceux qui sont dans l'affection du vrai d'origine naturelle tournent leurs regards principalement sur eux-mêmes et sur le monde, et sont par conséquent naturels ; mais ceux qui sont dans l'affection du vrai d'origine spirituelle regardent principalement le Seigneur et le Ciel, et sont par conséquent spirituels ; l'affection ou l'amour de l'homme regarde en bas ou regarde en haut; ceux qui tournent leurs regards sur eux-mêmes et sur le monde regardent en bas, mais ceux qui regardent le Seigneur et le Ciel regardent en haut; les intérieurs de l'homme, qui appartiennent à son mental, regardent en actualité du côté où est son amour ou son affection, car l'amour les détermine ; et telle est la détermination des intérieurs de l'homme, qui appartiennent à son mental, tel l'homme après la mort demeure éternellement : regarder en bas ou en haut, c'est regarder d'après l'amour par l'entendement, ainsi par les choses qui forment et font l'entendement, et ces choses sont les connaissances du vrai et du bien. Si à l'égard de ceux qui, au dedans de l'Église, sont dans les connaissances du vrai et du bien, et non en même temps ou pas encore dans la vie selon ces connaissances, par conséquent à l'égard de ceux qui sont dans l'affection du vrai d'origine naturelle, il a été écrit à l'Ange de l'Église d'Éphèse, et si maintenant il est écrit à l'Ange de l'Église des Smyrnéens à l'égard de ceux qui sont dans les connaissances du vrai et du bien et en même temps dans la vie selon ces connaissances, par conséquent à l'égard de ceux qui sont dans l'affection du vrai d'origine spirituelle, c'est parce que ce point-là est le premier de l'Église, et que ce point-ci est le second ; en effet, personne ne peut être introduit dans l'Église ni être formé pour le Ciel, si ce n'est par les connaissances tirées de la Parole; sans elles l'homme ne sait pas le chemin qui conduit au Ciel, et sans elles le Seigneur ne peut habiter chez lui ; que sans les connaissances du vrai et du bien tirées de la Parole personne ne sache rien touchant le Seigneur, le Ciel Angélique, la charité et la foi, cela peut être notoire ; et ce que l'homme ne sait pas, il ne peut le penser, ni le vouloir non plus, et par conséquent ni le croire ni l'aimer, d'où il est évident que c'est par les connaissances que l'homme apprend le chemin qui conduit au Ciel : que sans les connaissances du vrai et du bien tirées de la Parole le Seigneur ne puisse être présent ni conduire l'homme, cela aussi est notoire, car pour celui qui ne sait rien touchant le Seigneur, le Ciel, la charité et la foi, son mental spirituel, qui est le mental supérieur et qui doit voir par la lumière du ciel, est vide, et il n'a en soi rien qui provienne du Divin; et cependant le Seigneur ne peut être chez l'homme que dans ce qui est sien chez l'homme, c'est-à-dire, dans ce qui vient de Lui-Même ; c'est pour cela qu'il a été dit que le Seigneur ne peut habiter chez l'homme, si celui-ci n'est pas dans les connaissances du vrai et du bien tirées de la Parole, ni dans la vie selon ces connaissances. De ce qui précède il résulte, comme en un sommaire, que l'homme naturel ne peut jamais devenir spirituel sans les connaissances du vrai et du bien tirées de la Parole. Si par l'Ange de l'Église des Smyrnéens il est entendu ceux qui, au dedans de l'Église, veulent comprendre la Parole et ne la comprennent pas encore, et qui par conséquent sont encore peu dans les connaissances du vrai et du bien que cependant ils désirent, c'est parce que ceux-là sont dans l'affection spirituelle du vrai, et que ceux qui sont dans l'affection spirituelle du vrai sont aussi dans la vie de la charité; car de là leur vient l'affection spirituelle, l'homme ne tire pas le spirituel d'autre part que de la charité ; ceux qui sont dans cette affection étudient la Parole, et n'ont pas de plus grand désir que de la comprendre ; et comme elle contient des choses innombrables qu'ils ne comprennent pas, puisque la Parole dans son sein est spirituelle, et renferme des Arcanes à l'infini, c'est pour cela que l'homme, tant qu'il vit encore dans le monde et voit alors d'après l'homme naturel, peut être quelque peu dans les connaissances du vrai et du bien, mais seulement dans les connaissances communes, dans lesquelles toutefois peuvent être implantées des choses innombrables quand il vient dans le monde spirituel ou le Ciel. l'homme qui est dans l'affection du vrai d'origine spirituelle sait beaucoup plus de choses qu'il n'en connaît, car les connaissances communes, qui sont chez lui, sont comme des vases qui peuvent être remplis d'un grand nombre de choses, et elles sont aussi en actualité remplies, quand il vient dans le Ciel ; qu'il en soit ainsi, on peut le voir seulement en ce que tous les Anges qui sont dans le Ciel viennent du genre humain, et cependant ils ont une telle sagesse, qu'elle est décrite par des choses qu'on ne peut ni énoncer ni comprendre, ainsi que cela est connu : que les Anges du ciel ne viennent pas d'autre part que du Genre Humain, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 311 à 317 ; et dans l'Opuscule du JUGEMENT DERNIER, Nos 14 à 22. C'est cette manière d'être rempli d'intelligence et de sagesse qui est entendue par les paroles du Seigneur, dans Luc: « Une mesure bonne, pressée, et secouée et se répandant par dessus, sera donnée dans votre sein. » — VI. 38. — Dans Matthieu : « On donnera à celui qui a pour qu'il ait plus abondamment. » — XIII. 12. XXV. 29 ; —et dans Luc : « Le Seigneur dit au serviteur qui, avec la mine qu'il lui avait donnée, avait acquis dix mines : Parce que dans une très petite chose, fidèle tu as été, pouvoir tu auras sur dix villes. » — XIX. 46, 17 ; — là, par dix il est entendu beaucoup et le plein, et par villes l'intelligence et la sagesse : que dix signifie beaucoup et le plein, on le voit, Nos 1988, 3107, 4638 ; et que les villes signifient ce qui appartient à l'intelligence et à la sagesse, on le voit, Nos 2449, 2712, 2943, 3216, 3584, 4492, 4493, 5297
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