| Apocalypse Expliquée 1112. Et que s'est souvenu Dieu de ses injustices, signifie que les faux d'après les maux les ont séparés du Seigneur: on le voit par la signification de se souvenir, quand il s'agit de Dieu, en ce que c'est Le séparer de soi, ainsi qu'il va être montré; et par la signification des injustices, en ce que ce sont les faux d'après le mal, car le juste est le vrai par le bien, de là l'injuste est le faux par le mal; que le juste soit le vrai par le bien, c'est parce que le juste civil n'est autre chose que le vrai civil, qui appartient à la loi, et l'équitable civil est le bien qui appartient aussi à la loi, parce que de même que la loi veut le juste, de même elle veut l'équitable; car de même que tout vrai doit procéder du bien, de même tout juste doit procéder de l'équitable; puis aussi, de même que tout vrai appartient au bien, de même tout juste appartient à l'équitable, et vice versa; ils ne peuvent être séparés, car s'ils sont séparés, l'équitable n'est pas l'équitable, et le juste ainsi nommé n'est pas le juste; de même le bien et le vrai ne peuvent être séparés, car s'ils sont séparés, le bien n'est pas le bien et le vrai n'est pas le vrai; ces explications sont données, afin qu'on sache qu'ici par les injustices sont signifiés les faux d'après le mal. Si par « s'est souvenu Dieu de ses injustices, » il est signifié que les faux du mal les ont séparés du Seigneur, c'est parce que par les paroles précédentes, « ont atteint ses péchés jusqu'au Ciel, » il est signifié que leurs maux ont fermé le Ciel; car lorsque le Ciel est fermé à l'homme, le Seigneur est séparé; en effet, lorsque cela est signifié par les paroles précédentes, il en résulte que ceci est signifié par celles qui suivent; mais il faut toujours entendre que le Seigneur ne se sépare pas d'eux, mais qu'eux se séparent du Seigneur, car le Seigneur regarde chacun par la face et non par l'occiput; de là les Anges du Ciel ont continuellement le Seigneur devant la face, et cela, de quelque côté qu'ils se tournent, tandis que les mauvais esprits détournent leur face du Seigneur, et tournent leur occiput vers lui, ainsi ils se séparent du Seigneur : ce sont les faux d'après les maux chez eux qui opèrent cela : que les Anges dans le Ciel se tournent ainsi vers le Seigneur, et que les esprits dans l'enfer se détournent ainsi du Seigneur, on le voit dans le Traité du ciel et de l'enfer, Nos 17, 123,142,143,144, 145, 151, 251, 272, 548, 552, 561. — Continuation sur la Foi Athanasienne et sur le Seigneur : II a été dit qu'il n'y a pas de Divin qui soit Un par Soi, mais que le Divin est Trine, et que ce Trine est un seul Dieu en Essence et en Personne : on demande maintenant quel Trine Dieu a eu avant que le Seigneur eût pris l'Humain et l'eût fait Divin dans le Monde : Alors Dieu était pareillement Homme, et il avait le Divin, le Divin Humain et le Divin Procédant, ou le Divin Être, le Divin Exister et le Divin Procéder; car, ainsi qu'il a été dit, Dieu ne peut être sans un Trine; mais le Divin Humain n'était pas alors Divin jusqu'aux derniers; les derniers sont les choses qui sont appelées Chair et Os; ceux-ci aussi ont été faits Divins par le Seigneur lorsqu'il était dans le Monde; cela fut un accessoire; et cela maintenant est le Divin Humain appartenant à Dieu. Ceci peut être illustré par cette comparaison : Tout Ange est homme ; il a une âme, il a un corps et il a un procédant; mais toujours est-il qu'ainsi il n'est pas un homme parfait, car il n'a ni la chair ni les os, comme l'homme dans le Monde. Que le Seigneur ait fait Divin son Humain jusqu'à ses derniers, qui sont appelés Chair et Os, c'est ce qu'il manifeste Lui-Même à ses Disciples, qui en voyant le Seigneur croyaient voir un esprit, lorsqu'il leur dit : « Voyez mes mains et mes pieds, car c'est Moi-Même; touchez-Moi et voyez, car un esprit chair et os n'a point, comme vous Me voyez avoir. » — Luc, XXIV. 39; — de là il suit maintenant que Dieu est Homme plus que les Anges. La comparaison a été faite avec l'Ange et avec l'homme, mais cependant il faut entendre que Dieu est la vie en Soi-Même, mais l'Ange n'est pas la vie en soi-même, car il est un récipient de la vie. Que quant à l'un et à l'autre, le Divin et le Divin Humain, le Seigneur soit la vie en Soi-Même, c'est ce qu'il enseigne Lui-Même dans Jean : « De même que le Père a la vie en Soi-Même, de même il a donné au Fils d'avoir la vie en Soi-Même. » — V. 26; — là, par le Père, le Seigneur entend le Divin en Soi ; car il dit ailleurs que le Père est en Lui, et que le Père et Lui sont un.
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