| Apocalypse Expliquée 1096. Et il cria avec force d'une voix grande, signifie une manifestation devant le Ciel et dans l'Église, d'après la joie du cœur : on le voit par la signification de crier, en ce que c'est manifester, à savoir, que le Jugement dernier a été fait sur Babylone, car il est dit aussitôt : « Elle est tombée ! elle est tombée! Babylone la grande; » par la signification de avec force, en ce que c'est avec puissance devant le Ciel et dans l'Église, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de la voix grande, en. ce que c'est la joie du cœur, car par cette joie, la voix devient grande; la joie du cœur venait de ce qu'après le Jugement dernier sur ceux qui sont entendus par la prostituée ou Babylone, il y eut puissance et lumière pour le Divin Vrai qui procède du Seigneur, selon ce qui a été dit dans un Article précédent; si la voix grande signifie la joie du cœur, c'est parce que toute voix grande, avec laquelle on crie, a lieu d'après une affection, et est plus intense selon l'affection ou le degré de l'amour; si avec force signifie dans le Ciel et dans la terre, c'est parce que la force signifie la puissance, et que c'était alors la puissance de manifester ces choses devant le Ciel et devant le Monde; qu'alors il y ait eu puissance, on le voit, N° 1093. — Continuation sur la Foi Athanasienne : La première et la principale pensée qui ouvre le Ciel à l'homme, c'est la pensée sur Dieu; et cela, parce que Dieu est le tout du Ciel, au point que, soit qu'on dise le Ciel, soit qu'on dise Dieu, c'est la même chose; les Divins, qui font que les Anges dont se compose le Ciel sont Anges, étant pris ensemble, sont Dieu ; de là vient que la pensée sur Dieu est de toutes les pensées la première et la principale qui ouvre le Ciel à l'homme, car elle est la tête et le sommaire de toutes les vérités et de tous les amours célestes et spirituels. Mais il y a la pensée de la lumière, et il y a la pensée de l'amour; la pensée de la lumière seule est la connaissance que Dieu existe, connaissance qui semble être une reconnaissance, mais qui cependant n'en est pas une. Par la pensée de la lumière, il y a pour l'homme présence dans le Ciel, mais non conjonction avec le Ciel; car la lumière seule de la pensée ne conjoint pas, mais place l'homme en présence du Seigneur et des Anges; en effet, cette lumière est comme la lumière de l'hiver, dans laquelle l'homme voit aussi clairement que dans la lumière de l'été, et cependant cette lumière ne se conjoint pas à la terre, ni à aucun arbre, ni à aucun arbrisseau, ni aux fleurs, ni au gazon; dans chaque homme a été mise la faculté de penser sur Dieu et de comprendre aussi les choses qui sont de Dieu, d'après la lumière du Ciel; mais la seule pensée de cette lumière, qui est une pensée intellectuelle, constitue seulement sa présence devant le Seigneur et devant les Anges, comme il a été dit. Quand l'homme est seulement dans la pensée intellectuelle sur Dieu et sur les choses qui sont de Dieu, il apparaît de loin aux Anges comme une statue d'ivoire ou de marbre, qui peut marcher et rendre des sous, mais dans la face et le son de laquelle il n'y a pas encore de vie ; il apparaît aussi aux Anges, par comparaison, comme au temps de l'hiver apparaît un arbre avec ses branches nues sans feuilles, duquel cependant on conserve l'espoir qu'il se couvrira de feuilles et ensuite de fruits, lorsque la chaleur se joindra à la lumière, comme il arrive dans la saison du printemps. De même que la pensée sur Dieu ouvre principalement le Ciel, de même la pensée contre Dieu ferme principalement le Ciel.
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