| Apocalypse Expliquée 1045. Ayant en sa main une coupe d'or pleine d'abominations et d'impureté de sa scortation, signifie la doctrine d'après les biens et les vrais profanés : on le voit par la signification de la coupe, en ce que c'est le faux d'après l'enfer, car par la coupe il est signifié la môme chose que par le vin, et par le vin le vrai d'après le Ciel, et dans le sens opposé le faux d'après l'enfer ; voir Nos 887, 960, 1022; et comme la coupe signifie le vrai ou le faux, et que la doctrine d'une Église quelconque appartient ou au vrai ou au faux, car dans la doctrine est contenu tout vrai ou tout faux de l'Église, c'est pour cela que par la coupe est signifiée aussi la doctrine, et par une coupe d'or la doctrine du faux d'après le mal; pareillement, dans Jérémie : « Coupe d'or, Babel, dans la main de Jéhovah, enivrant toute la terre.» — LI. 7; — il est dit une coupe d'or d'après la même raison pour laquelle la femme est dite revêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles, à savoir, d'après l'apparence dans les externes, lorsque cependant dans les internes c'est une coupe pleine d'abominations et d'impureté; car c'est comme ce que le Seigneur dit des externes et des internes chez les Scribes et les Pharisiens : « Malheur à vous, Scribes et Pharisiens, qui nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais en dedans ils sont pleins de rapine et d'intempérance! Et semblables vous vous faites à des sépulcres blanchis, qui au dehors, il est vrai, apparaissent beaux, mais qui au dedans sont pleins d'os de mort et de toute impureté. »—Matin. XXIII. 25, 26, 27; — par la signification des abominations, en ce que ce sont les profanations du bien, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de l'impureté de la scortation, en ce que c'est la profanation du vrai, car la scortation signifie la falsification du vrai, comme ci-dessus; de là l'impureté de la scortation signifie la profanation. Quant à ce qui concerne les profanations, qui sont signifiées par les abominations, elles sont les perversions des choses saintes de l'Église, ainsi les changements de ses biens en maux et de ses vrais en faux ; elles sont dites abominations, parce que les Anges les ont en abomination, car en tant qu'elles ont été des choses saintes de l'Église, elles montent dans le Ciel d'après les biens et les vrais dérivés de la Parole, mais en tant qu'elles ont été appliquées aux maux, et par conséquent profanées, elles portent avec elles l'infernal, qui est caché en dedans; c'est pourquoi, elles sont senties comme des choses mortes, dans lesquelles il y avait eu une âme vivante; de là vient que le Ciel les a en abomination et les déteste. Que de telles choses soient entendues dans la Parole par les abominations, on le voit clairement par le recensement des abominations de Jérusalem, dans Ézéchiel; par exemple, « qu'elle a pris de ses vêlements, qui lui avaient été donnés, et s'en est fait des hauts lieux bigarrés et a commis scortation sur eux. Que de l'or et de l'argent, qui lui avaient été donnés, elle s'est fait des images de mâle, avec lesquelles elle a aussi commis scortation. Qu'elle leur a donné en odeur de repos l'huile, le parfum, le pain, la fine farine et le miel, qui lui avaient été donnés. Qu'ils ont sacrifié leurs fils et leurs filles. Qu'elle a commis scortation d'abord en Egypte, et ensuite avec les fils d'Aschur, et enfin avec les Chaldéens; outre plusieurs autres choses, qui y sont appelées abominations. » —XVI. 2 à 63 ; —par toutes ces choses sont signifiées les profanations de la Parole, de l'Église et du culte. Pareillement dans d'autres passages, dans lesquels des abominations sont énumérées, ou dans lesquels il en est parlé; par exemple, —Ésaïe, VII. 9, 10. Jérém. XXXII. 35. Ézéch. V. 11. VII. 19, 20. VIII. 6 à 18. XI. 21. XIV. 6. XX. 7, 8. Deutér. VIL 25, 26. XII. 81. XVIII. 9,10. Matth. XXIV. 15. Marc, XIII. 14. Dan. IX. 27. XL 31; — et ailleurs.
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