| Apocalypse Expliquée 1029. Comme dans ce Chapitre et dans le suivant il s'agit de la Babylonie, c'est pourquoi, avant l'Explication décès Chapitres, il sera dit ce qui est entendu en général et en particulier par la Babylonie, quelle elle est dans son commencement, et quelle elle devient dans la suite par degrés. Par la Babylonie, ou par Babel des dieux, de disposer toutes choses à leur gré; bien plus, il fut aperçu qu'ils méprisaient le Seigneur, et même le rejetaient, s'il ne leur donnait pas pouvoir de faire toutes choses selon leur caprice, et s'il ne consentait pas à tout ce qu'ils décidaient; il fut aussi aperçu qu'ils auraient voulu, sous quelque prétexte, transférer en eux son Divin pouvoir, s'ils eussent osé, car ils craignaient, en agissant ainsi, d'être précipités dans l'enfer : par là il fut montré comment la Babylonie commence, et comment elle finit. De là aussi il fut donné de conclure que, quand la domination devient le lin, et que les choses saintes de l'Eglise deviennent les moyens, le culte de Dieu est changé sous divers prétextes en culte des hommes, de sorte qu'eux-mêmes sont des dieux en fait, et que le Seigneur est Dieu, non en fait, c'est-à-dire, pour la forme. Maintenant, comme la domination par les choses saintes de l'Église sur les âmes des hommes, sur le Ciel et sur le Seigneur Lui-Même, est intérieurement profane, il s'ensuit qu'elle est infernale; car les diables qui sont dans l'enfer ne désirent rien plus que de dominer sur le Ciel et sur le Seigneur Lui-Même, et même ils entreprennent d'y parvenir sous divers prétextes, mais dès qu'ils se mettent à l'entreprendre, ils sont engloutis par l'enfer. Puisque, dans le Monde, ceux qui ont renversé le Seigneur de dessus le trône de son Royaume, et s'y sont placés, sont de semblables diables en leur cœur, il est évident que par la suite des temps l'Église a été dévastée par eux quant à tout bien et quant à tout vrai; c'est là sa [in. Qu'ils soient des diables, on le voit par les mêmes dans le Monde spirituel : Ceux qui, dans le Monde, ont exercé le Divin pouvoir du Seigneur parlent très-saintement du Seigneur après la mort, et ils lui rendent un culte avec toute sorte de dévotion externe; mais quand leurs intérieurs sont inspectés, cardans le Monde spirituel les intérieurs peuvent être dévoilés et inspectés, il est donné de voir qu'ils sont profanes, parce que ce sont des intérieurs athées, dans lesquels il y a une astuce diabolique; de là il était évident que les choses saintes externes leur servaient de moyens pour la fin, qui était la domination : un jour il s'éleva entre des esprits cette question : Si quelque diable dans l'enfer pourrait agir de même; c'est pourquoi, il en fut appelé un d'entre les plus mauvais, et il lui fut dit qu'il recevrait la domination sur un grand nombre, s'il pouvait adorer saintement le Seigneur, et reconnaître son Divin égal au Divin du Père, et en même temps remplir toutes les formalités du culte; dès que celui-ci entendit parler de domination sur un grand nombre, il disposa ses intérieurs à l'astuce, et ses extérieurs à la sainteté, et il adora le Seigneur plus saintement que beaucoup d'Anges, s'emportant contre tous ceux qui ne l'adoraient pas; mais dès qu'il remarqua que la domination ne lui était pas donnée, il s'enflamma contre le Seigneur Lui-Même, et il nia, non-seulement son Divin et le Divin dd Père, mais encore il les couvrit d'opprobres l'un et l'autre; car c'était un Athée. Que telle soit la Babylonie d'aujourd'hui, cela est évident en ce que, sous le prétexte des clefs données à Pierre, ils ont transféré en eux tout le Divin pouvoir du Seigneur, en ce qu'ils ont fermé le Divin Vrai au peuple en lui enlevant la Parole, et en ce qu'ils ont attribué aux décrets du Pape une sainteté égale à la sainteté de la Parole, et môme supérieure en fait; puis, en ce qu'ils enseignent peu la crainte et le culte de Dieu, si toutefois ils les enseignent, mais la crainte et le culte d'eux-mêmes, et aussi le culte des saints en vue d'eux-mêmes : de là il est évident que la Babylonie à sa fin est une Église vaine et vide de tout bien de l'amour envers Dieu et de tout bien de l'amour à l'égard du prochain, et par conséquent de tout vrai; par suite, ce n'est plus une Église, mais c'est une idolâtrie, et par là différant peu des Gentilisme des Anciens qui adoraient les Baals, Astaroth, Béelzébub, et plusieurs autres, et cependant avaient des temples, des fêtes à époques fixes, des autels, des sacrifices, des fumigations, des libations, et autres choses semblables, que possédait l'Église Juive. Ces détails sur la Babylonie à son commencement et à sa fin ont été donnés, afin qu'on sache d'où vient que Babel dans la Parole est tantôt élevée jusqu'au Ciel, et tantôt abaissée jusqu'en enfer. Que telle soit Babel, on peut pleinement le voir par ses descriptions et par ses représentations dans les Prophètes, et surtout dans Daniel. D'abord, par la statue du roi Nébuchadnessar, dans Daniel : « Le roi Nébuchadnessar vit en songe une statue dressée vis-à-vis de lui; de cette statue la tête (était) d'or bon; sa poitrine et ses bras, d'argent; son ventre et ses cuisses, d'airain; ses jambes, de fer; ses pieds, en partie de fer et en partir d'argile. Ensuite fut détachée une Pierre, non par des mains, et elle frappa la statue sur ses pieds, qui étaient de fer et d'argile, et elle les brisa, et alors ensemble furent brisés le fer, l'argile, l'airain, l'argent et l'or, et ils devinrent comme la paille des aires en été, en sorte qu'aussi tes emporta le vent; et aucun lieu ne fut trouvé pour eux. Mais la Pierre, qui avait frappé la statue devint un Rocher grand. » — II. 31 à 35; — d'après l'interprétation de ce songe par Daniel, il est évident que l'état de l'Église, qui devient une Babylonie, est décrit la depuis son commencement jusqu’à sa fin ; que ce soit la Babylonie qui est décrite, c'est parce que le Roi de Babel vit ces choses dans un songe, et parce qu'il vit la statue vis-à-vis de lui; puis il est dit ouvertement par Daniel au Roi : « Toi, tu en es la tête, qui est d'or, » — Vers. 38 : — les états successifs de cette Église, jusqu'au dernier, ont été décrits par la Tête, la Poitrine, les Bras, le Ventre, les Cuisses, les Jambes et les Pieds de cette statue; puis, par l'Or, l'Argent, l'Airain, le Fer et l'Argile, dont se composait la statue depuis le sommet jusqu'au bas; d'après cela, il est évident que cette Eglise dans son commencement était pleine de sagesse d'après le bien de l'amour envers le Seigneur, car la tête, qui est le sommet, signifie la sagesse, et l'or le bien de l'amour envers le Seigneur : que le dernier état de cette Église serait sans aucun bien de l'amour et sans au-;une sagesse, cela est signifié en ce que les doigts de ses pieds liaient en partie de fer et en partie d'argile, car Daniel interprète ainsi ces choses : « Quant à ce que tu as vu le fer mêlé avec l'argile de potier, (c'est qu') ils se mêleront par semence d'homme, mais ils n'auront point de cohérence l'un avec l'autre, de même que le fer ne se mêle point avec l'argile. » — Vers. 43; — la semence d'homme signifie le Divin Vrai, ainsi ; Vrai de la Parole, et il ne se fait pas de cohérence par ce vrai, parce qu'à la fin de l'Église il est falsifié par l'application au culte es hommes. La destruction de cette Église est décrite en ce qu'une pierre brisa toutes les parties de la statue; par la Pierre est signifié le Divin Vrai, et par le Rocher en lequel devint la Pierre est signifié le Seigneur quant à ce vrai; la destruction de l'Église est le jugement dernier. La Nouvelle Église qui alors sera instaurée par Seigneur est décrite par ces paroles : « Le Dieu des Cieux fera surgir un Royaume, qui pour les siècles ne périra point; et Son Royaume à un peuple autre ne sera point livré; il brisera et consumera tous ces Royaumes, mais Lui subsistera pour les siècles. » — Vers. 44; — par le Royaume, ici et ailleurs dans la Parole, est signifiée l'Église; elle est pareillement signifiée par l'Homme, en la forme duquel était la statue. L'Église qui dans la suite devient Babylonie est aussi décrite par l'Arbre que le roi Nébuchadnessar vit en songe, dans Daniel : « Voyant je fus, et voici, un Arbre au milieu de la terre, et sa hauteur, grande; l'arbre croissait et robuste il devint, de sorte que sa hauteur atteignait jusqu'au ciel, et il se faisait voir jusqu'au bout de toute la terre; sa feuille, belle; et sa fleur, nombreuse; sous lui, de l'ombre avait la bête du champ, et dans ses branches habitaient les oiseaux du ciel, et de lui se nourrissait toute chair. Mais voici, vigilant et saint qui du Ciel descendit, criant avec force, et disant : Abattez l'arbre, et coupez ses branches, et dispersez sa fleur; que s'enfuie la bête de dessous lui, et les oiseaux d'entre ses branches; mais la souche de ses racines, en terre laissez-la; et dans un lien de fer et d'airain, dans l'herbe du champ et dans la rosée des deux qu'il soit trempé, et qu'avec la bête soit sa part dans le gramen de la terre; son cœur, au lieu (de cœur) d'homme ils changeront, et un cœur de bête lui sera donné, tandis que sept temps passeront sur lui, jusqu'à ce que les vivants aient connu que Seigneur est le Très-Haut sur le Royaume de l'homme. » — IV. 7 à 14 ; — que le roi Nébuchadnessar, par conséquent Babel, soit entendu par cet arbre et par toutes les choses de l'arbre, cela est déclaré ouvertement, Vers. 17, 18, 19: et qu'il soit arrivé au roi les choses qui avaient été entendues, à savoir, qu'il fut chassé d'entre les hommes, qu'il habita avec la bête du champ, qu'il mangea de l'herbe comme les bœufs, jusqu'à ce que sept temps fussent passés, on le voit par les Vers. 29, 30, 31, de ce Chapitre; que ces choses lui soient arrivées à cause de l'amour de soi et du faste de sa domination, on le voit par ses propres paroles : « N'est-ce pas là Babel la grande, que moi j'ai bâtie pour maison de royauté, par la force de ma valeur, et pour la gloire de mon honneur. » — Vers. 27; et plus tard, lorsqu'il fut rétabli : « Moi, Nébuchadnessar, j'honore le Roi des Cieux, dont toutes les œuvres (sont) vérité, et les chemins, jugement; et ceux qui marchent dans l'orgueil il peut humilier, » — Vers. 34 ; — par cet état de Nébuchadnessar est décrit l'état, après la mort, de ceux qui s'élèvent comme des dieux sur toutes les choses de l'Église, en ce qu'ils sont dépouillés de l'homme, c'est-à-dire, en ce que quant à l'entendement ils ne sont plus comme des hommes ; en ce qu'ils deviennent des bêtes, et mangent de l'herbe comme les bœufs, et que leur poil croît comme des plumes d'aigles, et leurs ongles comme ceux des oiseaux, ce qui signifie qu'ils sont entièrement sensuels, qu'au lieu de l'intelligence ils ont la fatuité, et au lieu de la sagesse la folie; manger de l'herbe, avoir le poil comme des plumes d'aigles, et les ongles comme ceux des oiseaux, signifie devenir sensuel. Les états successifs de l'Église, qui enfin devient Babylonie, sont aussi décrits par les quatre bêtes qui montèrent de la mer, dans Daniel : « Et quatre Bêtes montèrent de la mer; la première comme un Lion, mais des ailes d'aigle elle avait, et furent arrachées ses ailes, et elle fut soulevée de terre, et sur les pieds comme un homme elle se dressa, et un cœur d'homme lui fut donné. Ensuite une autre bête seconde, semblable à un Ours, et sur un côté elle se dressa, trois côtes dans sa bouche entre ses dents; en outre, on lui disait ainsi : Lève-toi, mange de la chair beaucoup. Après cela, voici, une autre, comme un Léopard, laquelle, avait quatre ailes comme d'oiseau, sur son dos; et elle avait quatre têtes, et domination lui fut donnée. Après cela, une quatrième Bête, terrible et formidable, et robuste extrêmement, et ayant des dents de fer grandes, qui mangea et broya, et le reste avec ses pieds foula. » — VII. 3 à 7 ; — que par ces bêtes aient aussi été décrits les états successifs de l'Église depuis le premier jusqu'au dernier, on le voit ci-dessus, Nos 316, 556, 650, 780, 781 : que dans le premier état ils aient été dans les vrais, et par suite dans l'intelligence, cela est signifié par le Lion, qui avait des ailes d'aigle, et qui ensuite apparut comme un homme, à qui un cœur d'homme fut donné. Que dans le dernier état ils soient d'après le mal dans des faux de tout genre, cela est signifié par la quatrième Bête, qui était terrible, et qui mangea, broya, et le reste avec ses pieds foula; sur cette Bête, plusieurs autres choses sont dites, — Vers. 23, 24, 25. — Qu'alors cette Église, qui est devenue Babylonie, sera détruite, et qu'il sera instauré une Nouvelle Église qui adorera le Seigneur, cela est entendu dans ce Chapitre par ces paroles : « Voyant je fus, et voici, avec les nuées des Cieux comme un Fils de l'homme; et à Lui fut donné domination, gloire et royaume; et tous les peuples, nations et langues Le serviront; sa domination, domination éternelle qui ne passera point, et son Royaume, (royaume) qui ne périra point. Et le Royaume et la domination et la majesté des royaumes sous tous les Cieux, seront donnés au peuple des saints très-hauts; son royaume, royaume éternel; et toutes les dominations L'adoreront et Lui obéiront. » — Vers. 13, 14, 27; — par le Fils de l'homme il est entendu le Seigneur quant au Divin Humain et quant à la Parole; que par Lui doive être instaurée une Église qui l'adorera, cela est entendu par « à Lui fut donné domination, gloire et royaume; sa domination, domination éternelle qui ne passera point; » et l'Église qu'il doit instaurer est entendue par le royaume donné au peuple des saints. Que cela doive arriver quand l'Église est devenue Babylonie, c'est-à-dire, est tellement dévastée, qu'il n'y reste plus aucun bien ni aucun vrai, c'est parce qu'alors c'est sa fin, ainsi quand il n'y a plus là aucune Église : cette, fin est entendue par la fin de la Babylonie, non pas que leur culte idolâtrique dans le Monde doive être détruit avec eux, car ce culte idolâtrique dans le Monde doive être détruit avec eux, car ce culte restera, cependant non comme culte d'une Église quelconque, mais comme culte de paganisme; c'est pourquoi aussi les mêmes après la mort viennent parmi les païens, et non plus parmi les Chrétiens. Toutefois, il est formé par le Seigneur une Nouvelle Église de ceux qui ont adoré, non pas le Pape, ni les saints, ni des images taillées, mais le Seigneur. L'idolâtrie Babylonienne est décrite dans Daniel par « la haute statue que le Roi Nébuchadnessar dressa, et au sujet de laquelle il rendit cet édit, que tous se prosterneraient et l'adoreraient, et que ceux qui ne le feraient pas seraient jetés au milieu de la fournaise embrasée. » — III. 1 à 7. —Cette idolâtrie est aussi décrite, dans le Même, par « le statut que Darius le Mède établit, que personne n'adresserait de prière à aucun Dieu, ni à aucun homme, sinon au Roi; et que celui qui, dans l'intervalle de trente jours, adresserait quelque prière à un Dieu ou à un homme serait jeté dans la fosse des lions. » — VI. 8, 9, 10; — par ces choses est décrite Babel ou la Babylonie quant à la domination sur les choses saintes, et quant à l'usurpation du pouvoir Divin; et leur destruction est décrite en ce que tous ceux qui avaient conseillé à Darius d'établir ce statut furent jetés dans la fosse des lions et dévorés. Babel est encore décrite, dans Daniel, « en ce que le Roi Beltschassar, avec ses magnats, ses épouses et ses concubines, but le vin dans les vases d'or et d'argent que Nébuchadnessar son père avait tirés du Temple de Jérusalem, et qu'en même temps ils louèrent les dieux d'or et d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre, et qu'alors une écriture lui apparut sur la muraille; après quoi le roi cette nuit-là fut tué. » — V. 1 à 30; — par ces choses était représentée et par suite signifiée la profanation des choses saintes de l'Église par ceux qui sont de la Babylonie, et qui étendent leur domination jusque sur le Ciel, car il est dit : « Au-dessus du Seigneur des Cieux tu t'es élevé, lorsque tu as fait apporter les vases de sa maison devant toi,» — Vers. 23; — par ces passages dans Daniel on peut voir que par la Babylonie ou par Babel, dans la Parole, il est entendu l'amour de la domination sur le globe terrestre, puis sur le Ciel et sur le Seigneur Lui-Même, et que l'Église du Seigneur devient successivement une Babylonie, et qu'à mesure qu'elle devient Babylonie, elle est dévastée quant à tout bien de l'amour et à tout vrai de la foi, et que cela est sa fin, à savoir, qu'elle n'est plus Église; et lorsqu'elle n'est plus Église, elle est mise au nombre des nations idolâtres, excepté ceux qui adorent le Seigneur, tiennent la Parole pour sainte, et admettent l'instruction d'après la Parole. Babel ou la Babylonie est décrite aussi, dans Ésaïe: « Jéhovah aura compassion de Jacob, et il choisira de nouveau Israël, pour les placer sur leur terre. Et il arrivera, au jour que Jéhovah te fera reposer de ta douleur, que tu prononceras cette parabole sur le roi de Babel, et diras : Comment a cessé l'exacteur, a cessé le désir de l'or! Jéhovah a brisé le bâton des impies, la verge de ceux qui dominaient; de là se repose, tranquille est toute la terre; ils ont éclaté en acclamation; même les chênes se réjouissent à cause de toi, les cèdres du Liban; depuis que tu as succombé, point n'est monté de coupeur sur nous. L'enfer d'en bas s'est ébranlé à cause de toi, en venant au-devant de toi; il a excité à cause de toi les Réphaïm, tous les puissants de la terre; il a fait lever de leurs trônes tous les rois des, nations; tous ils répondent et te disent : Toi aussi, tu as été affaibli comme nous! à nous tu es devenu semblable! Dans l'enfer a été précipitée ta magnificence, le tumulte de tes nablions; sous toi est étendu le ver, et ce qui te couvre, c'est la vermine. Comment es-tu tombé du Ciel, Lucifer, fils de l'aurore, as-tu été abattu à terre, as-tu été affaibli au-dessous des nations? Cependant, toi, tu avais dit dans ton cœur : Au-dessus des étoiles du ciel j'élèverai mon trône, et je m'assiérai en la montagne de convention, dans les côtés du Septentrion; je monterai au-dessus des hauts lieux de la nuée, je deviendrai semblable au Très-Haut. Cependant vers l'enfer tu as été précipité, vers les côtés de la fosse. Ceux qui te voient te considèrent : Est-ce là cet homme qui ébranlait la terre, qui faisait trembler les royaumes, qui a réduit le globe en désert, et en a détruit les villes? Toi, tu as été rejeté de ton sépulcre, comme un rejeton abominable, un vêtement de tués, transpercés par l'épée, qui descendent vers les pierres de la fosse, comme un cadavre foulé aux pieds. Tu ne seras point réuni avec eux dans le sépulcre, car ta terre tu as perdu, ton peuple tu as tué; nommée ne sera point à éternité la semence des malfaisants. Préparez pour ses fils la tuerie, à cause de l'iniquité de leurs pères; que point ils ne se relèvent et ne possèdent la terre; et que soient remplies, les faces de la terre, de villes. Car je me lèverai contre eux, parole de Jéhovah Sébaoth, et je retrancherai à, Babel nom et reste, et fils et petit-fils. Je la réduirai en héritage du canard, et en étangs d'eaux, et je la balaierai avec des balais de destruction. Et je briserai Aschur dans ma terre, et sur mes montagnes je le foulerai. » — XIV. 1 à 25; — toutes ces choses ont été dites de Babel, et non pas d'un certain diable, créé ange de lumière, et précipité en enfer après qu'il fut devenu rebelle, et appelé Lucifer fils de l'aurore d'après son primitif état : que Babel soit décrite ici, on le voit par le Vers, 4 et par le Vers. 22 de ce Chapitre, où le roi de Babel et Babel sont nommés, car il est dit « tu prononceras cette parabole sur le roi de Babel; » et ensuite, «je retrancherai à Babel nom et reste; » il faut qu'on sache que, dans la Parole, par le Roi il est signifié la même chose que par son Royaume : si Babel est appelée Lucifer fils de l'aurore, c'est parce que, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, Babel dans le commencement est une Église qui est dans un zèle pour le Seigneur, pour le bien de l'amour et pour les vrais de la foi, quoique en dedans du zèle de ses pasteurs soit caché le feu de dominer par les choses saintes de l'Église sur tous ceux qu'ils peuvent subjuguer; de là vient que Babel est appelée Lucifer fils de l'aurore; c'est aussi pour cela que son roi est appelé « le roi des rois, en la main de qui toutes choses ont été données, » et appelé aussi « la tête de la statue, qui était d'or, » —Dan. II. 37, 38; —puis aussi « Arbre au milieu de la terre, grand de hauteur, » — Dan. IV. 7, 19. — Babel au commencement a aussi été entendue par « le lion qui avait des ailes d'aigle, et qui ensuite apparut comme un homme, et à qui un cœur d'homme fut donné, » — VII. 4; — et elle est appelée « ornement des royaumes, et honneur de la magnificence des Chaldéens,» — Ésaïe, XIII. 19 ; — et il est fait mention d'elle « parmi ceux qui connaissent Jéhovah, » — ps. LXXXVII. 4 ; — comme, maintenant, par Babel au commencement il est signifié une telle Église, c'est pour cela qu'ici le Roi de Babel est appelé Lucifer fils de l'aurore, Lucifer à cause de la lumière du vrai alors, et fils de l'aurore à cause du commencement de la lumière ou du jour, car l'Aurore est l'Église à son commencement; mais toujours est-il que dans ce Chapitre cette Église est décrite quant à son état à sa fin, lorsque Babylone fut devenue une prostituée; cet état existe quand il ne reste plus aucun bien de l'amour ni aucun vrai de la foi; c'est cet état qui est entendu par sa destruction et sa condamnation à l'enfer; leur destruction dans le Monde consiste seulement en ce que, après la mort, il y a l'enfer pour ceux qui se sont arrogés le pouvoir Divin et l'ont exercé, et qui pour cette fin ont tenu les peuples de la terre dans une obscurité épaisse ou l'aveuglement, et dans un culte idolâtrique, surtout en détournant les hommes du culte du Seigneur. Comme ce sont là les choses qui sont décrites dans ce Chapitre, je vais expliquer en peu de mots celles qui viennent d'en être rapportées : « Jéhovah aura compassion de Jacob, et il choisira de nouveau Israël, pour les placer sur leur terre, » signifie la Nouvelle Église qui doit être instaurée par le Seigneur après la fin de la Babylonie : « en ce jour-là, tu prononceras cette parabole sur le roi de Babel, et diras : Comment a cessé l'exacteur, a cessé le désir de l'or! » signifie la délivrance de la captivité et de la servitude spirituelles, dans laquelle avaient été ceux qui étaient sous sa domination : « Jéhovah a brisé le bâton des impies, la verge de ceux qui dominaient, » signifie qu'ils n'auront plus aucun pouvoir par les vrais d'après le bien, parce qu'ils sont dans de purs faux d'après le mal; cette impuissance existe pour eux dans le Monde spirituel : « de là se repose, tranquille est toute la terre; ils ont éclaté en acclamation ; même les chênes se réjouissent à cause de toi, les cèdres du Liban ; depuis que tu as succombé, point n'est monté de coupeur sur nous, » signifie que ceux qui sont dansées connaissances du bien et du vrai ne sont plus infestés par eux, la terre est la Nouvelle Église qui sera tranquille à l'égard d'eux, les chênes et les cèdres du Liban sont les connaissances du bien et du vrai dans le sens externe et dans le sens interne; point n'est monté de coupeur sur eux, c'est qu'il n'y aura plus infestation : « l'enfer d'en bas s'est ébranlé à cause de toi, en venant au-devant de toi; il a excité à cause de toi les Réphaïm, tous les puissants de la terre; il a fait lever de leurs trônes tous les rois des nations, » signifie le plaisir de la vengeance de ceux qui sont dans l'enfer : « tous ils répondent et te disent : Toi aussi, tu as été affaibli comme nous! À nous tu es devenu semblable! dans l'enfer a été précipitée ta magnificence, le tumulte de tes nablions, » signifie ce plaisir, parce qu'il est devenu semblable à eux, et est pareillement dans les faux du mal : « comment es-tu tombé du Ciel, Lucifer, fils de l'aurore, as-tu été abattu à terre, as-tu été affaibli au-dessous des nations, » signifie la moquerie de ce qu'il est devenu tel, quoiqu'au commencement il eût été clans le Ciel, parce qu'il était dans le bien de l'amour et dans les vrais de la foi; ces choses ont été dites par ceux qui sont dans l'enfer, parce que pour ceux qui sont là rien n'est plus agréable que d'arracher quelqu'un du Ciel, et de le perdre par les faux du mal : « cependant, toi, tu avais dit dans ton cœur : Au-dessus des étoiles du ciel j'élèverai mon trône, et je m'assiérai en la montagne de convention, dans les côtés du septentrion; je monterai au-dessus des hauts lieux de la nuée, je deviendrai semblable au Très-Haut ; » ce sont aussi des paroles de moquerie sur le faste de leur domination, en ce qu'ils retendent jusque sur le Ciel, et s'arrogent le pouvoir Divin, et ainsi soumettent à leur arbitre toutes les choses du Ciel et toutes celles de l'Église, dans le but d'être honorés et adorés comme des dieux; la montagne de convention aux côtés du septentrion, c'est où l'on monte dans les Cieux ; au-dessus des étoiles et au-dessus des hauts lieux de la nuée, c'est sur le Divin Vrai; les étoiles sont les connaissances du bien et du vrai; les hauts lieux de la nuée sont les vrais intérieurs de la Parole : « cependant vers l'enfer lu as été précipité, vers les côtés de la fosse; ceux qui te voient te considèrent : Est-ce là cet homme qui ébranlait la terre, qui faisait trembler les royaumes, qui a réduit le globe en désert, et en a détruit les villes? » c'est la continuation de la moquerie par ceux qui sont dans l'enfer, et aussi de la vanité qu'ils tirent de ce qu'il a été précipité du Ciel; les côtés de la fosse, ce sont dans l'enfer les lieux où il n'y a que les faux du mal ; par la terre, les royaumes et le globe il est signifié l'Église, et par les villes les doctrinaux ; « toi, tu as été rejeté de ton sépulcre, comme un rejeton abominable, un vêtement de tués, transpercés par l'épée, qui descendent vers les pierres de la fosse, comme un cadavre foulé aux pieds, » signifie l'état de leur damnation ; le vêtement de tués, transpercés par l'épée, et le cadavre foulé aux pieds, signifient la damnation de la profanation du vrai: « tu ne seras point réuni avec eux dans le sépulcre, car ta terre tu as perdu, ton peuple tu as tué; nommée ne sera point à éternité la semence des malfaisants, » signifie une damnation plus grave que pour tous les autres, parce qu'il avait étouffé toutes les choses de l'Église : « préparez pour ses fils la tuerie, à cause de l'iniquité de leurs pères; que point ils ne se relèvent et ne possèdent la terre, et que soient remplies, les faces de la terre, de villes, « signifie leur destruction à éternité : « je retrancherai à Babel nom et reste, r>t fils et petit-fils, » signifie la destruction totale, parce qu'ils n'ont plus rien du bien ni rien du vrai : « je la réduirai en héritage du canard, et en étangs d'eaux, et je la balaierai avec des balais de destruction, » signifie le faux infernal par la destruction du vrai : « je briserai Aschur dans ma terre, et sur mes montagnes je le foulerai, » signifie que dans la Nouvelle Église il n'existera aucun raisonnement d'après les faux contre les vrais et les biens. En outre, les choses qui sont dans ce Chapitre ont été expliquées avec plus de détails dans d'autres passages de ce Livre; voir, par exemple, Nos 223, 304, 315, 331, 386, 405, 539, 589, 594, 608, 659, 687, 697, 724, 727, 730, 741, 768, 811. Dans le Même : « Ainsi sera Babel, ornement, des royaumes et honneur de la magnificence des Chaldéens, comme la subversion de Dieu, Sodome et Gomorrhe; elle ne sera point habitée à éternité, et l'on n'y demeurera point à génération et génération, de sorte que l'Arabe ne s'y arrêtera point, et les bergers n'y parqueront point; mais là coucheront les ziim, et remplies seront leurs maisons d'ochim, et là habiteront les filles de la chouette, et les satyres y sauteront : et même répondront les iim dans ses palais, et les dragons dans ses palais de délices. Proche est son temps, et il viendra, et ses jours ne seront point prolongés. » — XIII. 19 à 22; — dans tout ce Chapitre, il s'agit de la dévastation totale de toutes les choses du bien et de toutes les choses du vrai de l'Église chez ceux qui sont de la Babylonie; par « ainsi sera Babel, » il est entendu la grande ville appelée Babel, mais par elle dans le sens spirituel il est entendu l'Église qui est devenue Babylonie : Babel est appelée « ornement des royaumes et honneur de la magnificence des Chaldéens, » d'après la sagesse de cette Église à son commencement, ainsi qu'il a été précédemment dit; mais, en général, par Babel ou la Babylonie il est entendu l'Église dans laquelle tous les biens de l'amour ont été détruits et enfin profanés, et par la Chaldée l'Église dans laquelle tous les vrais de la foi ont été détruits et enfin profanés; de là vient qu'elle est appelée « la subversion de Dieu, Sodome et Gomorrhe; » Sodome aussi signifie la destruction de tout bien par l'amour de soi, et Gomorrhe la destruction de tout vrai par suite : « elle ne sera point habitée à éternité, et l'on n'y demeurera point à génération et génération, » signifie sa destruction à éternité; ne point être habitée à éternité concerne la destruction du bien, et ne point y demeurer à génération et génération concerne la destruction du vrai ; car ceux qui détruisent le bien et le vrai, et embrassent ensuite à leur place le mal et le faux, ne peuvent pas être réformés; il en est autrement de ceux qui sont dans les maux et dans les faux, et n'ont pas détruit le bien et le vrai, comme sont les gentils qui ignorent le bien et le vrai : « l'Arabe ne s'y arrêtera point, et les bergers n'y parqueront point, » signifie que l'Église deviendra un tel désert; l'Arabe est celui qui vit dans le désert, mais comme il n'y a pas là de moisson ou de fruit, il ne s'y arrête point; il en est de même du troupeau des bergers, quand il n'y a pas de pâturage : « là coucheront les ziim, et remplies seront leurs maisons d'ochim, » signifie les faux et les maux infernaux qui sont chez eux; les ziim sont les faux infernaux, et les ochim sont les maux infernaux, la maison est le mental de ceux qui sont tels ; « là habiteront les filles de la chouette, et les satyres y sauteront, » signifie que là il y aura les vrais falsifiés et les biens adultérés; les vrais falsifiés sont les filles de la chouette, et les biens adultérés sont les satyres; sauter, c'est la joie provenant d'un amour corrompu qui a adultéré le bien de l'amour : « les iim répondront dans ses palais, et les dragons dans ses palais de délices, » signifie ces biens adultérés et ces vrais falsifiés dans leurs doctrines. Babel est pareillement décrite dans d'autres passages, dans les Prophètes ; par exemple, dans Jérémie : « Épée ! contre Babel; épée! contre ses trésors, pour qu'ils soient pitiés; sécheresse sur ses eaux, pour qu'elles tarissent, parce que, terre d'images taillées, elle; et de choses horribles ils se glorifient; c'est pourquoi y habiteront les ziim avec les iim, et en elle habiteront les filles de la chouette; elle ne sera point habitée à éternité, et l'on n'y demeurera point à génération et génération; comme la subversion de Dieu, Sodome et Gomorrhe, et leurs voisines, il n'y habitera point d'homme, et il n'y demeurera point de fils d'homme. » — L. 37 à 40, —Dans le Même : « Fuyez du milieu de Babel, et sauvez, chacun son âme, de peur que vous ne soyez retranchés à cause de son iniquité. Coupe d'or, Babel, dans la main de Jéhovah, enivrant toute la terre; de, non vin ont bu les nations; c'est pourquoi elles sont folles, les nations : soudain elle est tombée, Babel, et elle a été brisée. Me voici contre toi, montagne qui détruis, dit Jéhovah, qui détruis toute la terre; et j'étendrai ma main contre toi, de telle sorte que je le déroulerai d'entre les rochers, et je te réduirai en montagne de combustion : et l'on ne prendra point de toi la pierre pour l'angle. Babel sera en monceaux, habitacle de dragons, stupeur et sifflement, et point d'habitant. » — LI. 6, 7, 8, 25, 26, 37. — Dans Ésaïe : « Maintenant, écoute ceci, Babel, (toi), celle qui est assise en sécurité, qui dit en son cœur : Moi, et point d'autre comme moi, je ne m'assiérai point veuve, et je ne connaîtrai point la privation d'enfants : or, viendront sur toi ces deux choses en un moment dans un même jour, la privation d'enfants et le veuvage; pleinement elles viendront sur toi, à cause de la multitude de tes prestiges, et à cause de la grandeur de tes enchantements; car tu t'es confiée dans ta malice, tu as dit : Personne qui me voie; ta sagesse et ta science, cela t'a séduite, lorsque tu as dit dans ton cœur : Moi, et point d'autre comme moi : c'est pourquoi, il viendra sur toi un mal que tu ne sauras pas conjurer, et il tombera sur toi une calamité que tu ne pourras pas expier; et il viendra sur toi tout à coup une dévastation, tu ne le sauras pas. » — XLVII. 8, 9, 10, 11 : — ainsi est décrite la destruction de Babel, non-seulement dans ces passages, mais encore dans tout le Chapitre XLVII dans Ésaïe, et dans tout le Chapitre L et tout le Chapitre LI dans Jérémie ; puis Chap. XXI. 8, 9, dans Ésaïe; ps. CXXXVI. 1, 8, 9, dans David. L'adultération du bien et la falsification du vrai par les Juifs sont aussi décrites par leurs scortations en Egypte, et ensuite avec les fils d'Aschur, et enfin avec les fils de Babel et avec les Chaldéens, —Ézéch. XIX. 1 à la fin. XXIII. 1 à la fin ; — et par la scortation en Egypte est signifiée la falsification du vrai d'après l'homme naturel, laquelle se fait par des illusions, des apparences et des scientifiques; par leur scortation avec les fils d'Aschur est signifiée la falsification du vrai d'après l'homme rationnel, laquelle se fait par des raisonnements et par des sophismes provenant d'illusions, d'apparences et de scientifiques; par leur scortation avec les fils de Babel et avec les Chaldéens il est signifié l'adultération du bien et la profanation du vrai. Quand donc les fils d'Israël se furent entièrement détachés des statuts, qui étaient les représentatifs des spirituels de l'Église, par lesquels ils avaient communication avec le Ciel, ils furent tous mis alors entre les mains du roi d'Assyrie, car il n'y avait plus chez eux aucune Église représentative, ni par suite aucune communication avec le Ciel : sur leurs prévarications et sur leur transmigration par le roi d'Assyrie dans ses villes, et aussi dans Babel, voir II Rois, XVII, 1 à la fin. La même chose arriva aux Juifs, après que ceux-ci eurent adultéré et profané tous les statuts, tous les jugements et toutes les lois, qui représentaient le bien de l'amour et le vrai de la foi, de sorte qu'il ne restait plus rien du bien et du vrai, et quand par suite leur Église fut devenue une Babylonie, ils furent mis alors entre les mains de Nébuchadnessar, roi de Babel, non-seulement leurs rois, et leurs princes, et tout le peuple, mais aussi tous les trésors de la maison de Jéhovah, et ensuite tous ses vases d'or, et en outre le Temple lui-même fut brûlé, — II Rois, XXIV, 1 à 20. XXV. 1 à 26; et de plus, Ésaïe, XIII. 17, 18. XXXIX. 6, 7, Jérém. XX. 4, 5. XXI. 4 à 10. XXV. 1 à 12. XXVII. 6à 22. XXVIII. 1 à 16. XXIX. à 21. XXXII. 1 à 7. XXXIV. 1 à 7, 18 à 22. XXXV. 11. XXXVIII. 17 à 23. XXXIX. 2 à 18. XLI. 1 à 12. LII. 1 à la fin. — Leurs transgressions furent, qu'ils avaient l'empli de sang innocent Jérusalem, — II Rois, XXIV. 4; — qu'ils avaient offert des parfums à Baal, et des libations à d'autres dieux ; qu'ils avaient mis des abominations dans la maison de Jéhovah, bâti des hauts lieux à Baal, dans la vallée de Hinnom, livré leurs fils et leurs filles à Molech, — Jérém. XXXII. 29 à 35 ;— toutes choses par lesquelles était signifiée la profanation des choses saintes de l'Église, telle qu'est la profanation signifiée aussi par Babel ; c'est pourquoi, afin que la terre, par laquelle était signifiée l'Église, ne fût plus profanée par eux, et aussi afin que Babel revêtît pleinement par suite sa représentation, il leur fut dit par Jérémie de se livrer eux-mêmes entre les mains du roi de Babel, et que ceux qui ne se livreraient pas, mais resteraient dans la terre, mourraient par l’épée, par la famine et par la peste, — Jérém. XXV, 1 à 11, - Mais comme le Seigneur devait naître dans cette nation, et se manifester là où était alors l'Église et où était sa Parole, c'est pour cela que cette nation, après une captivité de soixante-dix ans, fut ramenée de Babel, et que le Temple fut rebâti; mais néanmoins il ne resta chez eux d'autre Église qu'une Église semblable à celle qui est appelée Babylonie, comme on peut le voir par plusieurs choses que le Seigneur a dites de cette Nation, et par la manière dont ils Le reçurent; c'est pourquoi, Jérusalem fut de nouveau détruite, et le Temple fut consumé par le feu. En général, il faut savoir que toute Église au commencement est comme une vierge, mais que par le progrès du temps elle devient une prostituée, car elle entre par degrés dans la vie du mal, et, par suite elle embrasse la doctrine du faux, à mesure que par degrés elle commence à s'aimer et à aimer le Monde; et alors d'Église elle devient ou Babylonie ou Philistée, Babylonie chez ceux qui s'aiment par dessus toutes choses, et Philistée chez ceux qui aiment le Monde par-dessus toutes choses; car de même que s'accroissent ces deux amours, de même les hommes de l'Église adultèrent et falsifient les biens et les vrais de la Parole, ce qui est de vierge devenir prostituée. Que la première Église après le déluge serait aussi devenue Babylonie, si le Seigneur par la dispersion de leur religion n'en eût empêché la tentative, cela est représenté et signifié par la tour qui devait monter jusqu'au ciel, que les descendants de Noach avaient commencé de bâtir; voir Gen. XL 1 à 9, et l'explication qui en est donnée dans les arcanes célestes, N°s 1283 à 1328. Après avoir montré, d'après la Parole, ce qui est signifié en général et en particulier par Babel ou la Babylonie, nous pouvons, disposés que nous sommes, passer à l'explication des choses qui ont été prédites dans ce Chapitre, et dans le Chapitre suivant, sur la Babylonie et sur sa destruction.
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