| La Vraie Réligion Chrétienne 654 Les œuvres de la charité qui sont faites par le chrétien, et celles qui sont faites par le païen, se présentent semblables dans la forme externe ; car l’un, de même que l’autre, fait à l’égard du concitoyen les biens de la civilité et de la moralité, qui en partie sont semblables aux biens de la charité à l’égard du prochain ; et même ils peuvent, l’un comme l’autre, donner aux pauvres, secourir les indigents, et entendre les instructions dans les temples ; mais qui est-ce qui peut par là juger si ces biens externes sont semblables dans la forme interne, ou si ces biens naturels sont aussi spirituels? Sur ce point, on ne peut conclure que d’après la foi, car la foi les qualifie ; en effet, la foi fait que Dieu est dans ces biens et les conjoint avec lui dans l’homme interne, d’où il arrive que les biens naturels deviennent intérieurement spirituels. Qu’il en soit ainsi, on peut le voir plus pleinement dans le Chapitre sur la Foi, où sont démontrées les propositions suivantes : La Foi ne vit pas avant d’avoir été conjointe à la charité. La charité devient spirituelle par la foi, et la foi devient spirituelle par la charité. La foi sans la chanté, parce qu'elle n’est pas spirituelle, n'est point la foi ; et la chanté sans la foi, parce qu'elle ne vit pas, n’est point la charité. La foi et la charité s’appliquent et se conjoignent mutuellement et réciproquement. Le Seigneur, la Charité et la Foi font un, comme la vie, la volonté l’entendement; et, s'ils sont divisés, chacun est perdu, comme une perle réduite en poudre.
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