| La Vraie Réligion Chrétienne 500 De la Toute-Puissance Divine non-comprise il suit comme vrai, que, sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles donné aux hommes, Dieu pourrait les amener tous sur le globe entier en un seul jour à croire en Lui ; ceux qui ne comprennent pas la Toute-Puissance Divine peuvent croire, ou qu’il n’y a pas d’ordre, ou que Dieu peut agir également contre l’ordre et selon l’ordre, et cependant sans l’ordre aucune Création n’a été possible; le principal de l’ordre est que l’homme soit l’image de Dieu, qu’en conséquence il soit perfectionné par l’amour et la sagesse, et devienne ainsi de plus en plus cette image; Dieu opère cela continuellement chez l’homme, mais ce serait en vain sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles par lequel l'homme peut se tourner vers Dieu et se conjoindre réciproquement à Lui, parce qu’il y aurait impossibilité ; car il y a un ordre, d’après lequel et selon lequel a été créé le Monde entier avec toutes et chacune des choses qui le composent ; et comme toute la création a été faite d’après et selon cet ordre, Dieu pour cette raison est appelé l’Ordre même ; c’est pourquoi soit qu’on dise agir contre l’Ordre Divin, soit qu’on dise agir contre Dieu, c’est la même chose; bien plus, Dieu Lui-Même ne peut agir contre son Ordre Divin, puisque ce serait agir contre Lui-Même ; c’est pourquoi il conduit chaque homme selon l’ordre, qui est Lui-Même, et dans cet ordre ceux qui s’égarent et qui s’en échappent, et vers cet ordre ceux qui résistent. Si l’homme pouvait être créé sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles, qu’y aurait-il alors de plus facile au Dieu Tout-Puissant, que d’amener tous les hommes sur le Globe entier à croire au Seigneur ? Ne pourrait-il pas mettre cette foi chez chaque homme, tant immédiatement que médiatement ? Immédiatement, par sa puissance absolue et par son irrésistible opération, qui est continuelle, pour que l’homme soit sauvé ; ou médiatement, par les tourments jetés dans sa conscience, par les bouleversements léthifères du corps, et par les fortes menaces de la mort, s’il ne reçoit pas cette foi ; et en outre par l’ouverture de l’enfer, et par la présence de diables tenant dans leurs mains des torches effrayantes, ou par l’évocation de morts qu’il a connus, se présentant à lui sous l’image de spectres terrible ? Mais à cela il sera répondu par les paroles d’Abraham au riche dans l’enfer : « Si Moïse et les Prophètes ils n’écoutent point lors même que quelqu'un des morts ressusciterait, ils ne seront pas non plus persuadés. » — Luc, XVI, 31.
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