| La Vraie Réligion Chrétienne 494 Mais il faut qu’on sache bien, que les choses Spirituelles de la Parole et de l’Église que l’homme puise d’après l’amour, et que l’Entendement confirme, restent chez l’homme, mais non de même les choses civiles et politiques, parce que les choses spirituelles montent dans la région suprême du mental, et s’y forment ; cela vient de ce que là est l’entrée du Seigneur avec les Divins vrais et les Divins biens chez l’homme, et pour ainsi dire le temple dans lequel il réside ; mais les choses civiles et politiques, parce qu’elles appartiennent au Monde, occupent les inférieurs du mental, et quelques-unes y sont comme de petits bâtiments au dehors du temple, et d’autres comme les parvis par lesquels il faut entrer. Si les choses spirituelles de l’Église habitent dans la région suprême du mental, c’est aussi parce qu’elles sont les propres de l’âme, et regardent sa vie éternelle, et que l’âme est dans les suprêmes, et n’a pas pour sa nourriture d’autres aliments que des choses spirituelles ; c’est pourquoi le Seigneur se nomme le Pain, car il dit : « Moi je suis le Pain vivant, qui du Ciel est descendu ; si quelqu'un mange de ce Pain il vivra éternellement. » —Jean, VI, 51 ; — Dans cette région réside aussi l’amour de l’homme, amour qui fait sa béatitude après sa mort, et là aussi principalement réside son Libre Arbitre dans les choses spirituelles, et de celui-ci descend toute Liberté que l’homme possède dans les choses naturelles ; et comme son origine est là, elle communique cela à tous les Libres Arbitres dans les choses naturelles, et par eux l’amour régnant dans les suprêmes prend tout ce qui lui convient ; c’est une communication comme celle de la veine d’une source avec les eaux qui en proviennent, et comme le prolifique même de la semence avec toutes et chacune des parties de l’arbre, surtout avec les fruits dans lesquels il se renouvelle. Mais si quelqu’un nie le Libre Arbitre dans les choses spirituelles et par suite le rejette, celui-là se fait une autre source, et il y ouvre une veine, et change la Liberté spirituelle en une Liberté purement naturelle, et enfin en une Liberté infernale; cette Liberté devient aussi comme le prolifique de la semence, lequel aussi passe librement par le tronc et les branches dans les fruits qui, d’après leur source, sont pourris en dedans.
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