| La Vraie Réligion Chrétienne 482 Que l’homme n’aurait aucun libre arbitre dans les choses civiles, morales et naturelles, s’il n’avait pas un libre arbitre dans les choses spirituelles, on le voit en ce que les choses spirituelles, qui sont appelées Théologiques, résident dans la suprême région du mental de l’homme, comme l’âme dans le corps ; si elles résident là, c’est parce que là est la porte par laquelle le Seigneur entre dans l’homme ; sous elles sont les choses civiles, morales et naturelles, qui dans l’homme reçoivent toute leur vie des spirituelles qui sont au dessus ; et comme la vie influe du Seigneur par les suprêmes, et que la vie de l’homme est de pouvoir librement penser, vouloir, et par suite parler et faire, il s’ensuit que c’est de là et non d’autre part qu’il y a libre arbitre dans les choses politiques et naturelles ; d’après cette Liberté spirituelle l’homme a la perception du bien et du vrai, du juste et du droit dans les choses civiles, perception qui est l’entendement même dans son essence. Le libre arbitre de l’homme dans les choses spirituelles est, pour employer une comparaison, comme dans le poumon l’air qui, selon tous les changements de la pensée, est attiré, retenu et renvoyé, sans quoi l’homme serait dans un état pire que celui qui souffre d'un cauchemar, d’une angine ou d’un asthme. Il est aussi comme le sang dans le cœur ; si le sang commençait à manquer, le cœur d’abord palpiterait, et après des convulsions de toutes sortes il cesserait de battre. Ce serait aussi comme un corps mis en mouvement, qui continue à se mouvoir tant que dure en lui l'effort, mais qui s’arrête en même temps que l’effort cesse ; il en est aussi de même du libre arbitre dans lequel est la volonté de l’homme ; l’un et l’autre, en même temps le libre arbitre et la volonté, peuvent dans l’homme être appelés l’effort vif, car la volonté cessant l’action cesse, et le libre arbitre cessant la volonté cesse. Si la liberté spirituelle était ôtée à l’homme, ce serait encore par comparaison comme si l’on ôtait les roues à une machine, les ailes à un moulin à vent, et les voiles à un navire ; et même il en serait de cet homme comme d’un homme qui rend le souffle quand il meurt; car la vie de l’esprit de l’homme consiste en son libre arbitre dans les choses spirituelles. Les Anges gémissent, quand seulement il est dit que ce Libre Arbitre est nié aujourd’hui par beaucoup de Ministres de l’Église, et ils nomment cela délire sur délire.
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