| La Vraie Réligion Chrétienne 431 Les dettes domestiques de la charité sont celles du mari à l'égard de l'épouse, et de l'épouse à l'égard du mari ; du père et de la mère à l'égard des enfants, et des enfants à l'égard du père et de la mère ; du maître et de la maîtresse à l'égard des domestiques des deux sexes, et de ceux-ci à l'égard du maître et de la maîtresse ; ces dettes, parce qu'elles concernent l'éducation et L’Administration dans la maison, sont si nombreuses qu'il faudrait un volume pour les énumérer. Chaque homme est porté à acquitter ces dettes par un autre amour que celui qui le porte à acquitter les dettes de sa fonction ; la dette du Mari à l'égard de l'Épouse, et de l'Épouse à l'égard du Mari, est acquitté d'après l'Amour conjugal et selon cet amour ; celle du Père et de la Mère à l'égard des enfants, d'après un Amour insisté en chacun, amour qui est nommé Storge ; celle des Enfants à l'égard des Parents, d'après et selon un autre amour, qui se conjoint étroitement avec l'obéissance provenant de la dette. Les dettes du maître et de la maîtresse à l'égard des domestiques des deux sexes tiennent de l'amour de commander, et cet amour est selon l'état du mental de chacun. Toutefois, l'Amour conjugal et l'amour à l'égard des enfants, avec leurs dettes et les exercices de ces dettes, ne produisent point l'amour à l'égard du prochain, comme les exercices des dettes dans les fonctions ; car l'Amour nommé Storge existe également chez les méchants comme chez les bons, et est parfois plus fort chez les méchants il existe aussi chez les bêtes et chez les oiseaux, chez lesquels aucunes charité ne peut être formée ; qu'il soit chez les ours, les tigres et les serpents, de même que chez les brebis et les chèvres, et chez les hiboux de même que chez les colombes, cela est notoire. Quanta ce qui concerne spécialement les Dettes des parents à l'égard des enfants, ces dettes intérieurement sont autres chez ceux qui sont dans la Charité, et autres chez ceux qui ne sont pas dans la Charité ; mais extérieurement elles paraissent semblables ; chez ceux qui sont dans la Charité, cet amour est conjoint avec l'amour à l'égard du prochain et avec l'amour envers Dieu, car ils aiment leurs enfants selon leurs mœurs, leurs vertus, leurs études et leurs talents à servir le public : mais chez ceux qui ne sont pas dans la Charité, il n'y a pas conjonction de la Charité avec l'amour nommé Storge, c'est pourquoi plusieurs d'entre eux aiment leurs Enfants, même ceux qui sont méchants, immoraux, astucieux, plus que ceux qui sont bons, moraux et prudents, ainsi ceux qui sont inutiles au public plus que ceux qui sont utiles.
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