| La Vraie Réligion Chrétienne 356 I. L'HOMME PEUT S'ACQUERIR LA Foi : ceci a été montré ci-dessus dans le troisième Lemme, N° 343 à 348, et l'on y a vu que la Foi dans son essence est la vérité, et que chacun peut acquérir des Vérités d'après la Parole, et qu'autant quelqu'un en acquiert et les aime, autant il initie la foi en lui : à cela il sera ajouté que si l'homme ne pouvait pas s'acquérir la foi, toutes les choses qui ont été commandées dans la Parole sur la foi seraient vaines; en effet, on y lit, que la volonté du Père est qu'on croie au Fils, et que celui qui croit en Lui a la Vie éternelle, et que celui qui ne croit point ne verra point la vie: on y lit aussi, que Jésus enverra le Paraclet, qui accusera le Monde dépêché, parce qu'ils n'ont pas cru en Lui; outre plusieurs autres passages qui ont été rapportés ci-dessus, N° 337, 338 : de plus, tous les Apôtres ont prêché la Foi, et c'était la Foi au Seigneur Dieu Sauveur Jésus-Christ. A quoi bon toutes ces recommandations, si l'homme restait les bras pendants, comme une image taillée avec articulations mobiles, et attendait l'influx, et qu'alors les articulations, sans qu'elles pussent s'appliquera recevoir l'influx, fussent intérieurement excitées à quelque chose n'appartenant pas à la foi ? en effet, voici ce qu'enseigne l'orthodoxie d'aujourd'hui dans le Monde Chrétien séparé des Catholiques-Romains : « L'homme quant au bien est entièrement corrompu et mort, au point que dans la nature de l'homme, depuis la chute, il ne demeure ou ne reste avant la régénération pas même une étincelle de forces spirituelles, par lesquelles il puisse par lui-même être préparé à la grâce de Dieu, ou la saisir quand elle lui est offerte, ou être de lui-même ou par lui-même susceptible de cette grâce, ou, en fait de choses spirituelles, comprendre, croire, embrasser, penser, vouloir, commencer, achever, agir, opérer, coopérer, ou s'appliquer ou s'accommoder à la grâce, ou faire quelque chose pour sa conversion soit pour le tout, pour la moitié ou pour la plus petite partie. L'homme dans les choses spirituelles, qui regardent le salut de l'âme, est comme la statue de sel de la femme de Loth, et semblable à une souche et à une pierre privées de vie, qui n'ont l'usage ni des yeux, ni de la bouche, ni d'aucun sens. Néanmoins il a la puissance de locomotion, ou il peut gouverner ses membres externes, aller dans les Assemblées publiques, et entendre la Parole et l'Évangile. » Ce passage est dans le Livre de l'Église des Évangéliques, appelée FORMULE DE CONCORDE, Édition de Leipsik, 1756, pag. 656, 608, 661, 662, 663, 671, 672, 673 : c'est sur ce Livre, et ainsi sur cette foi, que jurent les Prêtres, quand ils sont inaugurés. Les Réformés ont une semblable Foi. Mais quel est l'homme doué de raison, et ayant une religion, qui ne rejetterait avec mépris ces dogmes comme absurdes et ridicules? Car il dirait en lui-même : S'il en était ainsi, à quoi servirait alors la Parole, à quoi serviraient la Religion, le Sacerdoce el la Prédication, sinon à quelque chose d'inutile ou à produire des sons vains? Parle de ces dogmes à quelque païen doué de jugement que tu voudrais convertir ; dis-lui que tel il doit être quant à la conversion el à la foi, ne regarderait-il pas le Christianisme comme quelqu'un regarde un vase vide? Car ôte à un homme toute puissance de croire comme par soi, serait-il alors lui-même autre chose? Mais ce sujet recevra une lumière plus claire dans le Chapitre sur LE LIBRE ARBITRE.
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