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| Divine Pro 308 308. Presque tout le monde croit que l'homme pense et veut par lui-même, et par suite parle et agit par lui-même; qui peut croire autrement, lorsque c'est d'après lui-même qu'il croit, puisque l'apparence que cela est ainsi est si forte, qu'il n'y a pas de différence entre elle et penser, vouloir, parler et agir réellement par soi-même, ce qui cependant n'est pas possible? Dans la sagesse angelique sur le divin amour et la divine sagesse, il a été démontré qu'il y a une vie unique, et que les hommes sont des récipients de la vie; puis aussi, que la volonté de l'homme est le réceptacle de l'amour, et l'entendement de l'homme le réceptacle de la sagesse, amour et sagesse qui tous deux constituent cette vie unique. Il a aussi été démontré que c'est d'après la création, et par suite d'après l’action continuelle de la Divine Providence, que cette vie apparaît dans l’homme avec la même ressemblance que si elle lui appartenait, et par conséquent lui était propre, mais que c'est une apparence pour cette fin que l'homme puisse être un réeceptacle. Il a encore été démontré, ci-dessus Nos 288 à 294, que nul homme ne pense par soi-même, mais qu'on pense d'après d'autres, et que ces autres ne pensent pas non plus par eux-mêmes, mais que tous pensent d'après le Seigneur, ainsi le méchant aussi bien que le bon; puis aussi, que cela est connu dans le monde chrétien, surtout chez ceux qui non-seulement disent, mais même croient que tout bien et tout vrai viennent du Seigneur, et aussi toute sagesse, par conséquent la foi et la charité; et que tout mal et tout faux viennent du diable ou de l'enfer. De toutes ces propositions on ne peut conclure autre chose, sinon que tout ce que l'homme pense et veut vient par influx, et que, puisque tout langage découle de la pensée comme l'effet découle de sa cause, et qu'il en est de même de toute action à l'égard de la volonté, tout ce que l'homme dit et fait vient aussi par influx, quoique d'une manière dérivative ou médiate. Que tout ce que l'homme voit, entend, odore, goûte et sent vienne par influx, on ne peut le nier, pourquoi n'en serait-il pas de même de ce que l’homme pense et veut? Est-ce qu'il peut y avoir d'autre différence, sinon que dans les organes des sens externes ou du corps influent des choses qui sont dans le monde naturel, et que dans les substances organiques des sens internes ou du mental influent des choses qui sont dans le monde spirituel; que par conséquent de même que les organes des sens externes ou du corps sont les réceptacles des objets naturels, de même les substances organiques des sens internes ou du mental sont les réceptacles des objets spirituels? Puisque tel est Mal de l’homme, qu'est-ce alors que son propre? Son propre ne consiste pas en ce qu'il est tel ou tel réceptacle, parce que ce propre n'est autre chose que sa qualité quant à la réception, mais n'est point le propre de la vie; car par le propre personne n'entend autre chose que de vivre par soi, et par conséquent de penser et de vouloir par soi; mais que ce propre ne soit pas chez l’homme, et que même il ne puisse exister chez aucun homme, c'est là conséquence de ce qui a été dit plus haut. |
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