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| Divine Pro 294 294. Il a été dit ci-dessus, N° 289, que quand quelques-uns eurent été convaincus que personne ne pense par soi-même, mais pense d'après d'autres, et que ces autres ne pensent pas non plus par eux-mêmes, mais que tous pensent d'après l'influx procédant du Seigneur par le Ciel, ils dirent dans leur admiration, qu'ainsi on n'est pas en faute quand on fait le mal; puis aussi, qu'ainsi il semble que le mal vienne du Seigneur; et, en outre, qu'ils ne comprenaient pas comment le Seigneur seul peut faire que tous pensent de tant de manières différentes. Maintenant, comme ces trois sentiments ne peuvent pas ne pas influer dans les pensées chez ceux qui pensent seulement aux effets par les effets, et non aux effets par les causes, il est nécessaire de s'en emparer et de les dévoiler d'après les causes. premierement. Qu'ainsi on ne serait pas en faute quand on fait le mal: en effet, si tout ce que l'homme pense vient des autres par influx, il semble que la faute est chez ceux de qui vient l'influx; mais néanmoins la faute elle-même est chez celui qui le reçoit, car il le reçoit comme sien; il ne sait pas non plus autre chose, et il ne veut pas savoir autre chose: en effet, chacun veut être soi, et être conduit par soi-même, surtout penser et vouloir par soi-même; car c'est là le libre même, qui apparaît comme le propre dans lequel est chaque homme; c'est pourquoi, s'il savait que ce qu'il pense et veut vient d'un autre par influx, il se regarderait comme enchaîné et captif, n'étant plus maitre de lui-même, et ainsi périrait tout plaisir de sa vie, et enfin l’humain même. Que cela soit ainsi, je l'ai vu très-souvent confirmé; il fut donné à quelques esprits de percevoir et de sentir qu'ils étaient conduits par d'autres, alors ils se mirent tellement en colère, qu'ils étaient comme hors d'eux-mêmes, et ils dirent qu'ils préféraient être tenus enchaînés dans l'enfer, plutôt que de ne pas avoir la faculté de penser comme ils veulent et de vouloir comme ils pensent: ne pas avoir cette faculté, ils appelaient cela être enchaîné quant à la vie même, ce qui est plus dur et plus intolérable que d'être enchaîné quant au corps; ne pas avoir la faculté de parler et de faire comme on pense et comme on veut, ils n'appelaient pas cela être enchaîné, parce que le plaisir de la vie civile et de la vie morale, qui consiste à parler et à faire, y met un frein, et en même temps l'adoucit pour ainsi dire. Maintenant, puisque l'homme ne veut pas savoir qu'il est conduit par d'autres à penser, mais veut penser par lui même, et même croit penser ainsi, il s'ensuit qu'il est lui-même en faute, et qu'il ne peut rejeter de lui la faute, tant qu'il aime à penser ce qu'il pense; mais s'il ne l'aime pas, il rompt son lien avec ceux de qui lui viennent ses pensées; cela a lieu quand il sait que c'est un mal, et qu'en conséquence il veut le fuir et y renoncer; alors aussi il est, par le Seigneur, retiré de la société qui est dans ce mal, et transféré dans une société ou ce mal n'est pas; mais s'il sait que c'est un mal et ne le fuit pas, la faute alors lui est imputée, et il devient coupable de ce mal. Tout ce donc que l'homme croit faire d'après lui-même, est dit être fait d'après l'homme, et non d'après le Seigneur. Secondement. Qu'ainsi il semble que le mal vienne du Seigneur. Ce point peut être regardé comme résolu d'après ce qui a été montré ci-dessus, N° 288, à savoir, que le bien qui influe du Seigneur est changé en mal, et le vrai en faux dans l'enfer: mais qui est-ce qui ne peut voir que le mal et le faux ne viennent pas du bien et du vrai, par conséquent du Seigneur, mais qu'ils viennent du sujet et de l'objet récipient, qui est dans le mal et dans le faux, et qui pervertit et change le bien et le vrai, comme il a été pleinement montré ci-dessus, N° 292? Quant à l'origine du mal et du faux chez l'homme, il en a été traité plusieurs fois dans ce qui précède. Il a aussi été fait une expérience, dans le Monde spirituel, avec ceux qui ont cru que le Seigneur pouvait chez les méchants éloigner les maux, et mettre les biens à la place des maux, et ainsi transférer tout l'enfer dans le Ciel, et les sauver tous; mais que cela soit impossible, on le verra à la fin de ce Traité, lorsqu'il sera question de la salvation en un moment, et de la Miséricorde immédiate. troisiemement. Qu'ils ne comprenaient pas comment le Seigneur seul peut faire que tous pensent de tant de manières différentes. Le Divin Amour du Seigneur est Infini, et sa Divine Sagesse est Infinie; or, les Infinis de l'amour et les Infinis de la sagesse précèdent du Seigneur, et ils influent chez tous dans le Ciel, et par suite chez tous dans l'enfer, et de l'un et de l'autre chez tous dans le Monde; nul ne peut donc manquer de penser et de vouloir, car les infinis sont infiniment toutes choses. Ces infinis, qui précèdent du Seigneur, influent non-seulement universellement, mais aussi très-singulièrement, car le Divin est universel d'après les très-singuliers, et ce sont les Divins très-singuliers qui sont appelés l'Universel, comme il a été montré ci-dessus; et un Divin très-singulier est infini aussi. D'après ces explications, on peut voir que le Seigneur Seul fait que chacun pense et veut selon sa qualité et selon les lois de la Divine Providence. Que toutes les choses qui sont dans le Seigneur, et qui procèdent du Seigneur, soient Infinies, cela a été montré ci-dessus, Nos 46 à 69; et aussi dans le Traité sur le divin amour et la divine sagesse, Nos 17 à 22. |
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