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| Divine Pro 199 199. L'homme, il est vrai, peut réfléchir sur le plaisir de son affection externe, quand ce plaisir fait comme un avec le plaisir d'un sens du corps, mais toujours est-il qu'il ne réfléchit pas que ce plaisir vient du plaisir de son affection dans la pensée. Par exemple, quand un débauché voit une prostituée, la vue de son œil étincelle du feu de la lasciveté, et d'après cela il sent le plaisir dans son corps, mais cependant il ne sent pas le plaisir de son affection ou de sa convoitise dans la pensée, sinon quelque désir ardent en union avec le corps; il en est de même d'un voleur dans une forêt, lorsqu'il voit des voyageurs; et d'un pirate en mer, lorsqu'il voit des navires; et il en est de même des autres: que ces plaisirs gouvernent les pensées de l’homme, et que les pensées sans eux ne soient rien, cela est Evident; mais l'homme croit que ce sont seulement des pensées, lorsque cependant les pensées ne sont que les affections composées dans des formes par l'amour de sa vie, afin qu'elles se montrent dans la lumière; car toute affection est dans la chaleur, et toute pensée est dans la lumière. Ce sont là les affections externes de la pensée qui, il est vrai, se manifestent dans la sensation du corps, mais rarement dans la pensée du mental. Quant aux affections internes de la pensée, d'après lesquelles existent les affections externes, elles ne se manifestent jamais devant l'homme: l'homme n'en sait pas davantage sur ces affections, qu'un voyageur qui dort dans une voiture n'en sait sur le chemin qu'il parcourt; pas davantage qu'on ne sent le mouvement de rotation de la terre. Maintenant, puisque l’homme ne sait rien des choses qui se passent dans les intérieurs de son mental, lesquelles sont si infinies, qu'elles ne peuvent être déterminées par des nombres, et cependant ces choses externes peu nombreuses qui parviennent à la vue de la pensée sont produites par les intérieurs, et le Seigneur seul gouverne les intérieurs par sa Divine Providence, et gouverne conjointement avec l'homme ces externes peu nombreux, comment alors quelqu'un peut-il dire que sa propre prudence fait tout. Si tu voyais à découvert seulement une idée de la pensée, tu verrais plus de merveilles que la langue n'en peut exprimer. Que dans les intérieurs du mental de l'homme il y ait des choses si infinies qu'elles ne peuvent être déterminées par des nombres, cela est Evident par les choses infinies dans le corps, desquelles il ne parvient à la vue et au sens rien qu'une seule action très-simple, à laquelle cependant concourent des milliers de fibres motrices ou musculaires, des milliers de fibres nerveuses, des milliers de vaisseaux sanguins, des milliers de choses du poumon qui doit coopérer dans toute action, des milliers de choses dans les cerveaux et dans l'épine dorsale, et beaucoup plus encore dans l'homme spirituel, qui est le mental humain, dont toutes les choses sont les formes des affections, et par suite les formes des perceptions et des pensées. L'âme, qui dispose les intérieurs, ne dispose-t-elle pas aussi les actions d'après les intérieurs? L'âme de l'homme n'est autre chose que l'amour de sa volonté, et par suite l'amour de son entendement; tel est cet amour, tel est l'homme tout entier; et il devient tel selon la disposition dans les externes, dans lesquels l'homme est en même temps avec le Seigneur: si donc il attribue toutes choses à lui-même et à la nature, l'âme devient l'amour de soi; mais s'il attribue toutes choses au Seigneur, l'âme devient l'amour du Seigneur; cet amour-ci est l'amour céleste, et cet amour-là est l'amour infernal. |
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