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Divine Pro 136 136. III. Personne n'est reformé par Les menaces, ni par les châtiments, parce qu'ils contraignent. On sait que l'externe ne peut pas contraindre l'interne, mais que l'interne peut contraindre l'externe; puis, l'on sait que l'interne refuse la contrainte de la part de l'externe à un tel point qu'il se détourne: et l'on sait aussi que les plaisirs externes attirent l'interne au consentement et à l'amour: on peut même savoir qu'il y a un interne contraint et un interne libre. Mais toutes ces choses, quoiqu'elles soient connues, doivent cependant être illustrées; car il y a un grand nombre de choses qui, dès qu'on les entend, sont aussitôt perçues comme vraies, parce qu'elles le sont, et sont par suite affirmées; mais si elles ne sont pas en même temps confirmées par des raisons, elles peuvent être infirmées par des argumentations provenant d'illusions, et enfin être niées; les choses donc qui viennent d'être présentées comme connues, vont être reprises et confirmées rationnellement premièrement: L'externe ne peut pas contraindre l'interne, mais l'interne peut contraindre L'externe. Qui est-ce qui peut être contraint à croire et à aimer? Un homme ne peut pas plus être contraint à croire, qu'il ne peut être contraint à penser qu'une chose est ainsi, quand il pense qu'elle n'est pas ainsi; et un homme ne peut pas plus être contraint à aimer, qu'il ne peut être contraint à vouloir ce qu'il ne veut pas; la foi aussi appartient à la pensée, et l'amour appartient à la volonté: toutefois, l'interne peut être contraint par l'externe à ne point parler mal contre les lois du royaume, les bonnes mœurs et les choses saintes de l’Eglise; l'interne peut y être contraint par des menaces et par des peines, et même il y est contraint et doit y être contraint; mais cet interne n'est pas l'interne proprement humain, c'est l'interne que l’homme a de commun avec les bêtes, qui, elles aussi, peuvent être contraintes; l'interne humain réside au-dessus de cet interne animal: ici il est entendu l'interne humain, qui ne peut pas être contraint. Secondement: L'interne refuse la contrainte de la part de l'externe à un tel point qu'il se détourne. Cela vient de ce que l'interne veut être dans le libre, et aime le libre; car le libre appartient à l'amour ou à la vie de l'homme, comme il a été montré ci-dessus; lors donc que le libre se sent contraint, il se retire pour ainsi dire en lui-même et se détourne, et il regarde la contrainte comme son ennemie; car l'amour, qui fait la vie de l'homme, s'irrite, et fait que l'homme pense que de cette manière il ne s'appartient point, qu'ainsi il ne vit point pour lui. Si l'interne de l'homme est tel, c'est d'après une loi de la Divine Providence du Seigneur, afin que l'homme agisse d'après le libre selon la raison. D'après cela, il est Evident qu'il est dangereux de contraindre les hommes au culte Divin par des menaces et par des chatiments. Mais il y en a qui se laissent contraindre à la religion, et il y en a qui ne se laissent pas contraindre; ceux qui se laissent contraindre à la religion sont, en grand nombre, des catholiques-romains; mais cela a lieu chez ceux chez qui il n'y a rien d'interne dans le culte, mais où tout est externe: ceux qui ne se laissent pas contraindre sont, en grand nombre, de la nation anglaise, d'où il arrive que l’interne est dans leur culte, et que ce qui est dans l’externe vient de l’interne: les intérieurs de ceux-ci, quant à la religion, apparaissent dans la lumière spirituelle comme des nuées blanches; mais les intérieurs des précédents, quant à la religion, apparaissent dans la lumière du ciel comme des nuées sombres: dans le monde spirituel l’un et l’autre phénomène peut être vu, et qui le veut peut le voir, dès qu'il vient dans ce monde après la mort: en outre, le culte contraint renferme les maux, qui alors sont cachés comme le feu dans du bois sous la cendre, feu qui s'entretient et s'étend continuellement jusqu'à ce qu'il éclate en incendie; au contraire, le culte non contraint mais spontané ne renferme point les maux, c'est pourquoi les maux sont comme des feux qui aussitôt s'enflamment et se dissipent. D'après cela, il est évident que l'interne refuse la contrainte à un tel point qu'il se détourne. Que l'interne puisse contraindre l'externe, c'est parce que l'interne est comme un maître, et que l'externe est comme un serviteur. Troisièmement. Les plaisirs externes attirent l'interne au consentement et aussi à l'amour. Il y a des plaisirs de deux genres, les plaisirs de l'entendement et les plaisirs de la volonté; les plaisirs de l'entendement sont aussi les plaisirs de la sagesse, et les plaisirs de la volonté sont aussi les plaisirs de l’amour, car la sagesse appartient à l'entendement, et l'amour appartient à la volonté: maintenant, puisque les plaisirs du corps et de ses sens, qui sont les plaisirs externes, font un avec les plaisirs internes qui appartiennent à l'entendement et à la volonté, il s'ensuit que, de même que l'interne refuse la contrainte de la part de l'externe, à un tel point qu'il se détourne, de même il regarde avec gratitude le plaisir dans l'externe, au point qu'il se tourne vers lui; ainsi il y a consentement de la part de l'entendement, et amour de la part de la volonté. Tous les petits enfants dans le monde spirituel sont introduits par le Seigneur dans la sagesse angélique, et par elle dans l'amour céleste par les plaisirs et par les charmes; d'abord, par de beaux objets dans les maisons et par des objets charmants dans les jardins, puis par les représentatifs de spirituels qui affectent de volupté les intérieurs de leur mental, et enfin par les vrais de la sagesse et de même par les biens de l'amour; ainsi, continuellement par les plaisirs dans leur ordre, d'abord par les plaisirs de l'amour de l'entendement et de sa sagesse, et enfin par les plaisirs de l'amour de la volonté, qui devient l'amour de leur vie, sous lequel sont tenues subordonnées toutes les autres choses qui sont entrées par les plaisirs. Cela a lieu, parce que tout ce qui appartient à l'entendement et à la volonté doit être formé par l'externe avant d'être formé par l'interne; car tout ce qui appartient à l'entendement et à la volonté est d'abord forme par les choses qui entrent par les sens du corps, surtout par la vue et par l'ouïe: mais quand le premier entendement et la première volonté ont été formés, l'interne de la pensée regarde ces choses comme des externes de sa pensée, et alors ou il se conjoint avec elles, ou il s'en sépare; il se conjoint avec elles si ce sont des plaisirs, et il s'en sépare si ce ne sont pas des plaisirs. Toutefois, il faut qu'on sache bien que l'interne de l'entendement ne se conjoint pas avec l'interne de la volonté, mais que l'interne de la volonté se conjoint avec l'interne de l'entendement, et fait qu'il y a une conjonction réciproque, laquelle, cependant, est formée par l'interne de la volonté, et nullement par l'interne de l'entendement. De là vient que l'homme ne peut pas être reformé par la foi seule, mais qu'il peut l'être par l'amour de la volonté, lequel forme pour lui la foi. Quatrièmement. Il y a un interne contraint et un interne libre. Il y a interne contraint chez ceux qui sont dans le seul culte externe, sans qu'il y ait aucun culte interne; car leur interne consiste à penser et à vouloir ce à quoi l'externe est contraint; ceux-ci sont ceux qui sont dans le culte des hommes vivants et des hommes morts, et par suite dans le culte des idoles, et dans la foi des miracles; chez eux il n'y a d'autre interne que ce qui est en même temps externe. Mais chez ceux qui sont dans l'interne du culte, il y a un interne contraint, soit par la crainte, soit par l'amour; l'interne contraint par la crainte est chez ceux qui sont dans le culte par crainte du tourment de l'enfer et de son feu; mais cet interne n'est point l'interne de la pensée, dont il vient d'être parlé, c'est l'externe de la pensée qui ici est appelé interne parce qu'il appartient à la pensée; l'interne de la pensée, dont il vient d'être parlé, ne peut être contraint par aucune crainte; mais il peut être contraint par l'amour et par crainte de perdre l'amour; la crainte de Dieu, dans le sens réel, n'est point autre chose; être contraint par l'amour et par crainte de perdre l'amour, c'est se contraindre soi-même; que se contraindre soi-même ce ne soit ni contre la liberté ni contre la rationalité, c'est ce qu'on verra dans la suite.

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