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Apocalypse Révélé 611 

611. J'ajouterai ici ce mémorable. Tous ceux qui ont été préparés pour le Ciel, ce qui se fait dans le Monde des esprits, situé dans le milieu entre le Ciel et l'Enfer, désirent avec soupir le Ciel après qu'un certain temps est écoulé, et incontinent leurs yeux sont ouverts, et ils voient un chemin qui conduit à une société dans le Ciel; ils entrent dans ce chemin, et ils montent; et dans la moulée il y a une porte, à laquelle est placé un gardien; ce gardien ouvre la porte, et ils entrent; alors au-devant d'eux vient un Examinateur qui leur dit, de la part du Modérateur, d'entrer plus avant, et de chercher s'il y a quelque part des maisons qu'ils reconnaissent comme étant à eux, car pour chaque Ange novice il y a une maison nouvelle; et s'ils en trouvent, ils le déclarent et ils y demeurent; mais s'ils n'en trouvent pas, ils reviennent et disent qu'ils n'en ont pas vu ; et alors il est examiné par un Sage si la lumière qui est en eux concorde avec la lumière qui est dans la société, et principalement s'il y a concordance de chaleur; car la Lumière du Ciel dans son essence est le Divin Vrai, et la Chaleur du Ciel dans son essence est le Divin Bien, l'un et l'autre procédant du Seigneur comme Soleil du Ciel; s'il y a en eux une autre lumière et une autre chaleur que la lumière et la chaleur de cette Société, c'est-à-dire, s'il y a un autre Vrai et un autre Bien, ils ne sont pas reçus; en conséquence, ils se retirent, et vont par des chemins ouverts dans le Ciel entre les Sociétés; et cela, jusqu'à ce qu'ils trouvent une Société absolument conforme à leurs affections, et ils y font leur habitation pour l'éternité; car ils sont là au milieu des leurs comme au milieu d'alliés et d'amis qu'ils aiment de tout cœur, parce qu'ils sont dans une semblable affection; et là, ils sont dans le bonheur de leur vie, et dans le délice de toute leur poitrine par la paix de l'âme, car il y a dans la Chaleur et la Lumière du Ciel un délice ineffable qui est communiqué; voilà ce qui arrive à ceux qui deviennent Anges. Quant à ceux qui sont dans les maux et dans les faux, ils peuvent par permission monter dans le Ciel; mais dès qu'ils y entrent, ils commencent à haleter ou à respirer péniblement, et peu après leur vue s'obscurcit, leur entendement se trouble, leur pensée cesse, une sorte de mort se présente à leurs yeux, et ainsi ils restent debout comme des souches; et alors le cœur commence à battre, la poitrine à se serrer, et le mental à être saisi d'angoisse et de plus en plus torturé, et dans cet état ils se tordent comme des serpents mis près d'un foyer, aussi s'éloignent-ils de là en se roulant, et s'élancent-ils en bas par un précipice qui alors devient visible pour eux ; et ils n'ont du repos que lorsqu'ils sont avec leurs semblables dans l'Enfer, où ils peuvent respirer, et où leur cœur bat librement. Ensuite, ils ont en haine le Ciel et rejettent le vrai, et dans leur cœur ils blasphèment le Seigneur, croyant que leurs tourments et leurs tortures dans le Ciel venaient de Lui. Par ce court exposé, on peut voir quel est le sort de ceux qui ne font aucun cas des vrais appartenant à la foi, quoique ces vrais fassent la lumière dans laquelle sont les anges du Ciel, et qui ne font aucun cas des Biens appartenant à l'Amour et à la Charité, quoique ces biens fassent la chaleur de la vie dans laquelle sont les anges du Ciel : on peut encore voir par là dans quelle erreur sont ceux qui croient que chacun peut jouir de la béatitude céleste, pourvu qu'il soit admis dans le Ciel; car la foi aujourd'hui, c'est qu'on est reçu dans le Ciel d'après la Miséricorde seule, et que la réception dans le Ciel est comme celle d'un homme qui, dans le Monde, est invité dans une maison de noces, et qui s'y livre alors à la joie et à l'allégresse; mais qu'on sache que dans le Monde spirituel il y a communication des affections, car l'homme alors est un esprit, et la vie de l'esprit est l'affection, et de cette affection et selon cetteaffection résulte la pensée; et que l'affection homogène conjoint, et l'affection hétérogène sépare, et que ce qui est hétérogène cause des tourments, au diable dans le Ciel, et à l'ange dans l'Enfer; c'est pour cela qu'ils ont été soigneusement séparés selon les diversités, les variétés et les différences des affections qui appartiennent à l'amour.

Il me fut donné de voir plus de trois cents Ecclésiastiques du Monde Réformé, tous érudits, parce qu'ils avaient su confirmer la Foi seule jusqu'à la justification, et quelques-uns avaient même été au-delà; et comme chez eux il y avait aussi la foi, que le Ciel est seulement une admission par grâce, il leur fut accordé de monter dans une Société du Ciel, qui cependant n'était pas une des sociétés supérieures; et pendant qu'ils montaient, ils étaient vus clé loin comme des Veaux ; et quand ils entrèrent dans le Ciel, ils furent reçus avec civilité par les Anges, mais tandis qu'ils conversaient, un tremblement s'empara d'eux, puis un frisson, et enfin une torture comme celle de la mort, et alors ils s'élancèrent précipitamment en bas, et dans leur chute ils furent vus comme des Chevaux morts. Si en montant ils apparurent comme des Veaux, c'est parce que l'affection naturelle de voir et de savoir se manifestant avec joie apparaît d'après la correspondance comme un Veau; et si dans leur chute ils apparurent comme des Chevaux morts, c'est parce que l'entendement du vrai dans la Parole apparaît d'après la correspondance comme un Cheval, et que l'entendement nul du vrai dans la Parole apparaît comme un Cheval mort.

Au-dessous d'eux il y avait des enfants qui les virent descendre, et auxquels ils apparurent, en descendant, comme des Chevaux morts; et alors ces enfants détournèrent leurs faces, et ils dirent à leur Maître qui était avec eux :« Qu'est-ce que ce prodige? Nous avons vu des hommes, et maintenant au lieu d'hommes ce sont des Chevaux morts; comme nous ne pouvions pas les regarder, nous avons détourné nos faces; Maître, ne restons pas dans ce lieu, mais allons nous-en. » Et ils s'en allèrent. Et alors le Maître, dans le chemin, les instruisit de ce que c'est qu'un Cheval mort, en leur disant : « Le Cheval signifie l'Entendement de la Parole ; tous les Chevaux que vous avez vus ont signifié cet entendement; en effet, quand l'homme va méditant d'après la Parole, sa Méditation apparaît de loin comme un Cheval vigoureux et vivant, selon qu'il médite spirituellement la Parole, et au contraire chétif et mort, selon qu'il la médite matériellement. » Alors les enfants demandèrent ce que c'était que méditer spirituellement et méditer matériellement d'après la Parole; et le Maître répondit :« Je vais illustrer cela par des exemples : Qui est-ce qui, pendant qu'il lit la Parole, ne pense pas à Dieu, au Prochain et au Ciel? Qui conque pense à Dieu seulement d'après la Personne, et non d'après l'Essence, pense matériellement; celui qui pense au Prochain seulement d'après la forme externe, et non d'après la qualité, pense matériellement; et celui qui pense au Ciel seulement d'a près le lieu, et non d'après l'amour et lasagesse par lesquels existe le Ciel, pense encore matériellement. » Mais les enfants dirent : « Nous, nous avons pensé à Dieu d'après la Personne, au prochain d'après la forme, en ce qu'il est homme, et au Ciel d'après le lieu, est-ce que pour cela, quand nous avons lu la Parole, nous avons alors apparu à quelqu'un comme des Chevaux morts? » Le Maître leur dit : « Non ; vous êtes encore des enfants, et vous n'avez pas pu penser autrement; mais j'ai perçu chez vous l'affection de savoir et de comprendre, et celle afl'eclion élanl spirituelle, vous avez aussi pensé spiriluellemenl. Mais je reviens à ce que précédemment je disais, que celui qui pense matériellement, pendant qu'il lit la Parole, ou qu'il médite d'après la Parole, ap-paraîl de loin comme un Cheval mort, tandis que celui qui pense spirituellement apparaît comme un Cheval vivant; et que celui qui pense sur Dieu et sur la Trinité de Dieu seulement d'après la Personne, et non d'après l'Essence, y pense matériellement; car il y a plusieurs Attributs de la Divine Essence, comme la Toute-Puissance, la Toute-Science, la Toute-Présence, la Miséricorde, la Grâce, l'Éternité et d'autres; et il y a des Attributs procédant de la Divine Essence, qui sont la Création et la Conservation, la Rédemption et la Salvation, l'Illustration et l'Instruction. Quiconque pense à Dieu seulement d'après la Personne fait trois Dieux, en disant, qu'il y a un Dieu qui est Créateur et Conservateur, un autre qui est Rédempteur et Sauveur, et un Troisième qui est Illustrateur et Instructeur; mais quiconque pense à Dieu d'après l'Essence fait un Seul Dieu, en disant : Dieu nous a créés et nous conserve, il nous a rachetés et nous sauve, et il nous illustre et nous instruit; de là vient que ceux qui pensent à la Trinité de Dieu d'après la Personne, et ainsi matériellement, ne peuvent, d'après les idées de leur pensée qui est matérielle, que faire d'un Seul Dieu Trois Dieux ; mais néanmoins ils sont tenus, contre leur pensée, de dire que dans chacun il y a communauté de tous lesattributs, et cela uniquement parce qu'ils ont, comme à travers un treillis, pensé aussi à Dieu d'après l'Essence; c'est pourquoi, mes Élèves, pensez à Dieu d'après l'Essence, et d'après elle à la Personne, et ne pensez pas à Dieu d'après la Personne, ni d'après celle-ci à l'Essence; car penser d'après la Personne a l'Essence, c'est penser matériellement aussi à l'Essence, tandis que penser d'après l'Essence à la Personne, c'esl penser spirituellement aussi à la Personne : les Gentils anciens, parce qu'ils ont pensé matériellement sur Dieu, et par conséquent aussi sur les Attributs de Dieu, ont fait, non-seulement trois Dieux, mais une multitude de Dieux jusqu'à plus de cent : sachez que le matériel n'influe pas dans le spirituel, mais que le spirituel influe dans le matériel. Il en est de même de la pensée sur le Prochain d'après sa forme, et non d'après sa qualité; et de même aussi de la pensée sur le Ciel d'après le lieu, et non .d'après l'amour et la sagesse qui constituent le Ciel. Il en est de même de toutes et de chacune des choses qui sont dans la Parole; c'est pourquoi, celui qui entretient une idée matérielle sur Dieu, et aussi sur le Prochain et sur le Ciel, ne peut rien comprendre dans la Parole; la Parole est pour lui une lettre morte, et lui-même, quand il la lit, ou qu'il médite d'après elle, apparaît de loin comme un Cheval mort : ceux que vous avez vus descendre du Ciel, et qui sont devenus devant vos yeux comme des Chevaux morts, étaient des hommes qui ont bouché chez eux et chez les autres la vue rationnelle par ce dogme particulier, que l'Entendement doit être mis sous l'obéissance de leur foi, sans penser que l'Entendement fermé par la religion est aveugle comme unetaupe, et qu'il y a en lui une complète obscurité, et une telle obscurité, qu'elle rejette loin de soi toute lumière spirituelle, en abaisse l'influx qui vient du Seigneur et du Ciel, et pose devant cet influx une barre dans le sensuel corporel, biçji au-dessous du rationnel, dans les choses de la foi, c'est-à-dire qu'elle la pose près du nez, et la fixe dans son cartilage, de sorte qu'ensuite il ne peut pas même sentir les choses spirituelles; de là quelques-uns sont devenus tels, que, quand ils sentent l'odeur provenant des choses spirituelles, ils tombent en défaillance; par l'odeur, j'entends la perception. Ce sont ceux-là qui font Dieu Trois; ils disent, à la vérité, d'après l'Essence, que Dieu est Un, mais néanmoins quand ils prient d'après leur Foi, laquelle est que Dieu le Père a compassion à cause du Fils et envoie l'Esprit Saint, ils font manifestement trois Dieux; ils ne peuvent faire autrement, car ils prient l'Un d'avoir compassion à cause de l'Autre, et d'envoyer le Troisième. » Et alors leur Maître leur enseigna au sujet du Seigneur, qu'il est le Dieu Unique en Qui est la Divine Trinité.


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