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| AC 984. La crainte de vous et la terreur de vous signifient la domination de l'homme interne; la crainte se rapporte aux mots et la terreur aux faussetés: ces significations deviennnent évidentes par l'état de l'homme régénéré. L'état de l'homme avant qu'il soit régénéré consiste en ce que les cupidités et les faussetés, qui sont propres à l'homme externe, prédominent continuellement; de là le combat; mais auand il a été régénéré, l'homme interne domine sur l'homme externe, c'est-à-dire sur ses cupidités et sur ses faussetés, Lorsque l'homme interne domine, l’homme éprouve de la crainte pour les maux et de la terreur pour les faussetés, car et les maux et les faussetés sont contre la conscience, et il en a horreur d'agir centre la conscience. Toutefois l’homme interne ne craint pas les maux et n'a pas de terreur pour les faussetés, mais c'est l'homme externe qui éprouve de la crainte et de la terreur, aussi est-il dit ici: que la crainte de vous et la terreur de vous soit sur toute bête de la terre et sur tout oiseau du ciel, c'est-à-dire sur toutes les cupidités qui sont signifiés par la bête, et sur toutes les faussetés qui sont signifiées par l’oiseau du ciel. Cette crainte et celle terreur semblent être le fait de l'homme; mais voici ce qui se passe: Il y a chez chaque homme, comme on l'a déjà dit, au moins deux anges par lesquels il lui est donné communication avec le Ciel, et deux mauvais esprits par lesquels il a communication avec l'Enfer. Lorsque les anges dominent, comme il arrive chez l'homme régénéré, les mauvais esprits qui sont présents n'osent rien faire contre le bien ni contre le vrai parce qu'ils sont alors enchainés; et quand ils essaient de faire quelque mal ou de prononcer quelque faux, c'est-à-dire d'exciter l'homme à faire quelque mal ou à prononcer quelque faux, ils sont aussitôt saisis d'une certaine crainte et d'une certaine terreur infernale. C'est cette crainte et cette terreur que l'homme perçoit pour les choses qui sont contre la conscience; c'est pourquoi, dès qu'il agit ou parle contre sa conscience, il entre en tentation et sent un remords de conscience, c'est-à-dire qu'il éprouve un certain tourment qui est comme infernal. Si la crainte se rapporte aux maux et la terreur aux faussetés, en voici la raison: Les esprits, chez l'homme, craignent moins de faire des maux que de dire des faussetés; car c'est par les vérités de la foi que l'homme renaît et reçoit la conscience; c'est pourquoi il n'est pas permis aux esprits d'exciter les faussetés: il n'y a que mal chez chacun des esprits, de sorte qu'ils sont dans le mal; leur nature elle-même est le mal, et de tout ce qu!ils s'efforcent de faire est le mal; et comme ils sont dans le mal, et que leur vie propre consiste dans le mal, il leur est pardonné lorsqu'ils font le mal, quand ils sont dans quelque usage; mais il ne leur est pas permis de dire le faux, et cela, pour qu'ils apprennent ce que c'est que le vrai, et que par là ils s'amendent, autant qu'il leur est possible, afin de servir à quelque usage. Mais, dans la suite, par la Divine Miséricorde du Seigneur, j'en dirai davantage sur ce sujet. Il en est de même chez l'homme régénéré; car sa conscience est formée par les vérités de la foi; de là sa conscience est la conscience de ce qui est droit; le mal même de la vie est pour lui le faux, parce qu'il est contre le vrai de la foi. Il en était autrement chez l’homme de la Très-Ancienne Eglise, qui avait la perception; celui-ci percevait le mal de la vie comme mal et le faux de la foi comme faux. |
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