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| AC 545. . Pour que je pusse savoir ce que c'est que le Ciel et quel est le Ciel, et ce que c'est que la joie céleste, il m'a été souvent et longtemps donné par le Seigneur de percevoir les charmes des joies célestes; je peux donc les connaître, puisque c'est par vive expérience, mais je ne saurais jamais les décrire; cependant, pour qu'on en ait seulement une idée, je dirai que c'est une Affection de plaisirs et de joies innombrables, présentant une sorte de commun simultané, dans lequel commun, ou dans laquelle commune affection, il y a des harmonies d'affections innombrables qui parviennent à la perception, non distinctement, mais obscurément, parce que la perception est très-commune; toutefois, il m'a été donné de percevoir qu'elles renferment des choses innombrables, placées dans un tel ordre qu'on ne saurait jamais les décrire; ces choses innombrables découlent, telles qu'elles sont, de l'ordre du Ciel: il y a un ordre semblable dans chaque partie d'une affection et dans ses plus petites parties, qui ne se présentent que comme une unité très-commune, et sont perçues selon la capacité de celui qui en est l'objet; en un mot, il y a des choses en nombre indéfini dans la forme la mieux ordonnée dans chaque commun; et il n'y a rien qui ne vive, qui n'affecte, même les intimes, car les joies célestes découlent des intimes. J'ai perçu aussi que la joie et le délice partaient comme du coeur pour se répandre avec la plus grande suavité dans toutes les fibres intimes, et de là dans les faisceaux de fibres, avec un tel sens intime de plaisir, qu'il semble que chaque fibre ne soit autre chose qu'une joie et qu'un délice, et pareillement chaque perceptif et chaque sensitif; tout vit de félicités; la joie des voluptés du corps, comparée à ces joies, est comme un brouillard épais et piquant comparé à un air pur et très-doux. |
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