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| AC 10786. 10786. Ils ajoutèrent qu'ils les troublent aussi, en ce qu'ils prétendent qu'ils faut avoir la foi et croire ce qu'ils disent ; mais qu'ils leur répondent qu'ils ne savent point ce que c'est que la foi, ou ce que c'est que croire, puisqu'ils perçoivent en eux-mêmes que telle chose est de telle manière ; en effet, ceux qui nous parlaient étaient du Royaume Céleste du Seigneur, où tous d'après une perception intérieure sa vent les vrais qui chez nous sont appelés vrais de la foi, car ils sont par le Seigneur dans l'illustration; il n'en est pas de même de ceux qui sont dans le Royaume spirituel du Seigneur : que ces Eprits fussent du Royaume Céleste, c'est aussi ce qui m'a été donné de voir par l'enflammé d'où procédaient leurs idées : quand ceux qui sont du Royaume Céleste du Seigneur parlent des vrais, ils disent seulement: Oui, oui; ou : Non, non; et jamais ils ne raisonnent pour savoir si la chose est ainsi ou n'est pas ainsi ; c'est en parlant d'eux que le Seigneur dit : « Que votre discours soit oui, oui; non, non; ce qui est en sus de cela vient du mal; » c'est pour cela que ces Esprits dirent qu'ils ne savaient pas ce que c'était qu'avoir la foi ou croire ; ils considèrent cela comme si quelqu'un disait à son compagnon, qui voit de ses yeux des maisons ou des arbres, qu'il doit avoir la foi ou croire que ce sont des maisons et des arbres, lorsqu'il voit clairement que cela est ainsi ; tels sont ceux du Royaume céleste du Seigneur, et tels étaient ces Esprits angéliques. Nous leur dîmes que sur notre Terre il y en a bien peu qui aient une perception intérieure; et cela, parée que dans leur jeunesse ils apprennent les vrais, et ne les font point; car il y a dans l'homme deux facultés, qui sont appelées Entendement et Volonté ; ceux qui n'admettent pas les vrais plus loin que dans la mémoire, et qui par suite ne les admettent qu'un peu dans l'Entendement, et non dans la vie, c'est-à-dire, dans la Volonté, ne pouvant être dans aucune illustration ou aucune vue intérieure par le Seigneur, disent qu'il faut croire les vrais ou avoir la foi, et raisonnent aussi sur les vrais pour savoir s'ils sont ou ne sont point des vrais ; bien plus, ils ne veulent même pas qu'on les perçoive d'après quelque vue intérieure ou par l'entendement ; ils parlent ainsi, parce que chez eux les vrais sont sans la lumière provenant du ciel, et chez ceux qui voient sans la lumière du ciel, les faux peuvent apparaître comme des vrais, et les vrais comme des faux : de là plusieurs y ont été saisis d'un si grand aveuglement, que, quoique l'homme ne fasse point les vrais ou ne vive point selon les vrais, ils disent qu'il peut néanmoins être sauvé par la foi seule. |
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