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| AC 10252. 10252. De la myrrhe excellente, signifie la perception du vrai sensuel : on le voit par la signification de la myrrhe odoriférante, en ce que c'est la perception du vrai sensuel ; car l'odeur est le perceptif, comme ci-dessus, et la myrrhe est le vrai sensuel. Dans ce qui suit maintenant, il s'agit de l'Huile d'onction, par laquelle est signifié le Bien céleste, qui est le Divin Bien du Divin Amour du Seigneur dans le Ciel intime ; la qualité de ce Bien est décrite par les choses odoriférantes dont cette huile était composée, et qui étaient de la Myrrhe excellente, du Cinnamome aromatique, du Roseau aromatique, de la Casse, et de l'Huile d'olive, par lesquels sont signifiés les vrais et les biens célestes dans leur ordre, à savoir, depuis les derniers jusqu'aux premiers, ou depuis les extrêmes jusqu'aux intimes ; les derniers ou les extrêmes sont signifiés par la Myrrhe : si le Bien céleste ou le Bien du Ciel intime est ainsi décrit, c'est parce que ce Bien existe par ces vrais qui sont signifiés, et subsiste aussi par eux. Mais comme cet arcane est d'une recherche plus profonde, je vais exposer plus au long ce qui en est : Pour que le Bien céleste, qui est le Bien intime, naisse chez l'homme, ce qui est fait par le Seigneur au moyen de la régénération, il faut qu'on acquière les Vrais d'après la Parole, ou d'après la Doctrine de l'Église qui est tirée de la Parole ; ces vrais établissent d'abord leur siège dans la Mémoire de l'homme Naturel ou Externe ; de là ils sont évoqués dans l'homme Interne par le Seigneur, ce qui arrive quand l'homme vit selon ces vrais ; et autant l'homme en est affecté, ou les aime, autant ils sont élevés encore plus haut, ou intérieurement par le Seigneur, et deviennent là le Bien céleste : le Bien céleste est le bien de l'amour de faire les vrais d'après la Parole pour le bien, ainsi pour le Seigneur, car le Seigneur est celui de qui procède le bien, ainsi il est le Bien ; c'est là la génération de ce bien ; il est donc évident que ce bien existe par les vrais d'après la Parole, d'abord dans l'homme extrêmement Externe ou Sensuel, ensuite par leur élévation dans l'Interne, et enfin dans l'Intime même, où ils deviennent le bien céleste ; et parce qu'ainsi ce bien existe par les vrais dans leur ordre, de même ensuite il subsiste dans un ordre semblable par les mêmes vrais, car la subsistance est une perpétuelle existence ; et lorsqu'il subsiste de la même manière qu'il avait existé, il est complet, car alors les supérieurs subsistent, se reposent et s'appuient en ordre sur les inférieurs comme sur leurs plans, et sur les extrêmes ou derniers, qui sont les vrais scientifiques sensuels, comme sur leur fondement. Ces vrais sont décrits dans Jean, dans l'Apocalypse, par les pierres précieuses dont était composé le fondement de la muraille de la Sainte Jérusalem descendant du ciel, Chap., XXI. 19, 20 ; par les Pierres précieuses sont signifiés les Vrais Divins reçus dans le bien ; voir Nos 9476, 9863, 9873, 9905. Que la Myrrhe odoriférante soit le vrai sensuel, on le voit aussi dans David : « Tu as aimé la justice, c'est pourquoi Dieu t'a oint, ton Dieu, d'une huile d'allégresse plus que tes compagnons ; de Myrrhe, d'aloës et de Kesia tous tes vêtements. » — Ps. , XLV. 8, 9 ; — ceci est dit du Seigneur qui seul est l'Oint de Jéhovah, puisque le Divin Bien du Divin Amour, qui est signifié par l'Huile d'Onction, a été en Lui, N° 9954 ; par ses Vêtements, qui sont dits oints de Myrrhe, d'Aloës et de Kesia, sont signifiés les Divins Vrais d'après son Divin Bien, dans le Naturel, Nos 5954, 9212, 9216, 9814, ainsi par la Myrrhe est signifié le Divin Vrai dans le sensuel, parce qu'elle est nommée en premier lieu. Dans Matthieu : « Des sages de l'Orient ouvrant leurs trésors offrirent au Seigneur nouvellement né des présents, de l'Or, de l'Encens et de la Myrrhe, » — II. 11 ; dans ce passage, l'Or est le bien, l'Encens est le vrai interne, et la Myrrhe est le vrai externe, l'un et l'autre d'après le bien ; si ici l'Or est nommé en premier lieu, c'est parce que l'Or signifie le bien, qui est l'intime ; l'Encens est nommé en second lieu, parce qu'il signifie le vrai interne d'après le bien ; et la Myrrhe est nommée en troisième ou dernier lieu, parce qu'elle signifie le vrai externe d'après le bien ; que l'Or soit le bien, on le voit dans les articles cités, Nos 9874, 9881 ; et que l'Encens soit le vrai interne d'après le bien, on le verra dans ce qui suit, au Vers. 34 de ce Chapitre. Si des sages de l'Orient ont offert ces présents au Seigneur nouvellement né, c'était pour signifier son Divin dans l'Humain ; en effet, ils savaient ce qui était signifié par l'Or, par l'Encens et par la Myrrhe, car ils étaient dans la science des correspondances et des représentations ; cette science était la principale science dans ces temps-là chez les Arabes, les Éthiopiens, et chez d'autres dans l'Orient ; c'est même pour cela que, dans la Parole, par l'Arabie, l'Ethiopie, et par les fils de l'Orient, dans le sens interne, il est entendu ceux qui sont dans les connaissances des célestes, Nos 1171, 3240, 3242, 3762 ; mais cette science a péri par le temps, parce que, quand le bien de la vie eut cessé, elle fut changée en magie ; et elle fut d'abord oblitérée chez la nation Israélite, et ensuite chez les autres ; aujourd'hui elle est tellement oblitérée, qu'on ne sait pas même qu'elle existe ; et, dans le Monde Chrétien, c'est au point que, si l'on dit que toutes et chacune des choses de la Parole, dans le sens de la lettre, signifient des célestes d'après la correspondance, et que c'est de là que la Parole a un sens interne, on ne sait pas ce que cela veut dire. Comme la Myrrhe signifiait le Vrai le plus externe, qui est le vrai sensuel, et la perception de ce vrai, c'est pour cela que les corps des morts étaient oints autrefois de Myrrhe et d'Aloës, onction qui signifiait la conservation de tous les vrais et de tous les biens chez l'homme ; et aussi la résurrection ; c'est aussi pour cela qu'on employait ce mode d'embaumement, qui signifiait le dernier de la vie chez l'homme, dernier qui est nommé vie sensuelle : que le Corps du Seigneur ait été oint avec de tels aromates, et en même temps enveloppé dans un linge, et que cette coutume ait existé chez les Juifs, on le voit dans Jean, XIX. 39, 40 ; puis dans Luc, XXIII. 55, 56 : mais il faut qu'on sache que ce qui est dit du Seigneur Lui-Même dans la Parole doit être entendu dans un sens suréminent, c'est pourquoi ce qui est dit dans ces passages signifie sa Vie Divine dans le Sensuel, c'est-à-dire, la vie propre du Corps, et aussi sa résurrection : que le Seigneur ait ressuscité avec tout le corps qu'il avait dans le monde, autrement en cela que les autres hommes, c'est ce qui est notoire, car il n'a rien laissé dans le sépulcre ; c'est même pour cela qu'il a dit aux disciples qui, en Le voyant, s'imaginaient voir un esprit : « Pourquoi êtes-vous troublés ? Voyez mes mains et mes pieds, touchez-Moi, et voyez, car un esprit chair et os n'a point, comme vous Me voyez avoir. » — Luc, XXIV. 38, 39. |
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