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| Expériences Spirituelles 6065. 6065. CEUX QUI SONT DANS LA FOI SE SÉPARENT : ET AUSSI, CE QU'EST LA FOI. MELANCTHON, ET LES DIX COMMANDEMENTS. {1} On fit sortir Melanchthon de sa cellule, et on l'incita à rassembler les esprits qui, dans le monde, confessaient la foi seule, et chez qui c'était la principale chose de la religion. Ils furent rassemblés au nombre de plusieurs milliers, puis envoyés de là dans un champ où ils pourraient être séparés, chacun selon sa vie. Quand ils furent rassemblés, il leur fut communiqué du ciel que cette foi ne sauve personne, parce qu'il n'y a en elle ni vie ni vérité. C'est pourquoi ils demandèrent ce qu'est la vérité et ce qu'est la vie. [2] On a alors répondu que la vérité et la vie consistent à vivre selon les commandements du décalogue : par exemple, ne pas voler, ou agir sans sincérité et injustement, ce qui est le 7e commandement. La vérité, dans ce cas, c'est qu'agir sans sincérité est un péché ; que vivre injustement est aussi un péché, que vivre sincèrement et agir avec justice est la vérité : ainsi, la vérité et la vie ne font qu'un. La vérité, c'est connaître le mal et c'est connaître le bien ;{3} et la vérité appartient à l'homme quand il fuit le mal et aime le bien. De même, en ce qui concerne le sixième commandement, fuir les adultères, aimer la chasteté du mariage : la vérité est de savoir que les adultères sont des péchés et la vérité est que la chasteté est céleste. Ainsi, la vie fait que la vérité est ; et la vérité est quand il y a aussi la vie. Il en va de même pour le fait de ne pas tuer, de ne pas nourrir de haine et de ne pas se venger. Si cela est évité, un homme en vient à avoir la charité. De même, en ce qui concerne le huitième commandement, Ne pas témoigner faussement, etc. D'après ces choses, il est évident que la vie et la vérité ne font qu'un, et que tant que l'homme commet des faussetés, qui consistent à croire et à faire ces maux, tant que la vérité n'est pas en lui. De même, dans la mesure où il vit selon ces commandements, il est dans la vérité, et dans la mesure où il aime la vérité, et désire savoir ce que sont la sincérité, la justice, la chasteté, la charité et la vérité ; et, dans la mesure où il est alors conduit par le Seigneur, il lui est accordé de savoir ce que sont le mal et le bien, et ce que sont ces maux et biens spécifiques. [4] Ces choses sont donc la vérité, qui est la foi. La foi, en dehors de cela, est un mot qui résonne, et n'a rien d'articulé, ou de vocal, dans le son {3}. C'est un son inarticulé, et par conséquent, ce n'est pas un mot. C'est de cette manière, et d'aucune autre, qu'il peut croire que Dieu est, que le Seigneur est le Sauveur du monde, pourquoi il est venu dans le monde, pourquoi il a souffert la croix, ce qu'il faut entendre par le fait qu'il a porté les péchés du monde, et bien d'autres choses encore ; car, dans la mesure où l'homme pratique ces préceptes qui appartiennent à la seconde table, qui était l'alliance de l'homme, dans la mesure où le Seigneur lui accorde de croire que Dieu est, ce qui est l'alliance de la première table, qui est de la part de Dieu. Il est donc évident que le décalogue est le complexe de toutes les choses de la vérité et du bien, et aussi par le fait qu'il a été promulgué avec un tel miracle et avec une telle solennité, que les dix commandements ont été écrits par le doigt de Dieu, qu'ils sont appelés dix du fait qu'ils sont tous, et qu'ils ont été placés dans l'arche, sur laquelle était le propitiatoire, et au-dessus, les chérubins. Le propitiatoire est le Seigneur ; et les chérubins étaient la Parole dans la lettre, aussi le voile placé devant et il était appelé le Saint des Saints. A l'extérieur, se trouvaient toutes les choses du ciel et l'Eglise dans une image représentative. Là, il y avait la table avec les pains de proposition ; là, il y avait l'autel d'encens en or ; là, il y avait le chandelier avec les lampes : par tout cela étaient représentées toutes les choses appartenant au ciel.
Cette Église était également représentative et, dans la mesure où elle contenait la Loi divine dans toute sa complexité, il y avait là un feu la nuit et une nuée le jour. Le feu représentait l'amour, et la nuée la vérité. C'est pourquoi tous les Lévites, avec Aaron, dressèrent leurs tentes autour de l'arche, et Aaron y exerça son ministère ; de même, l'arche leur montrait le chemin lorsqu'ils avançaient {3}, car la vérité même de la foi, lorsqu'elle est vivante, conduit. Ensuite, cette arche a traversé le Jourdain, ce qui signifie l'entrée dans l'Église : le pays de Canaan signifie l'Église. Ensuite aussi, elle fit des miracles et fut introduite dans la ville de David, ce qui signifie l'Église dans laquelle règne la Vérité divine. Le modèle en fut vu et exposé dans le ciel, et le Seigneur y parla, entre les Chérubins, avec Moïse et Aaron.
[6] Quand je sais ces choses, alors je sais ce qu'est la foi, ce qu'est l'amour, ce qu'est la religion, et ce qu'est l'Église et le ciel dans l'homme. Sinon, non. C'est donc penser à Dieu dans la vie, puisque personne n'est capable de penser à Dieu dans la vie d'une autre manière ; et c'est aussi aimer Dieu. Ceci aussi, c'est partir de la vie et recevoir ainsi la foi ; et ainsi la foi est de la vie et selon elle. Ceci, de même, est l'amour envers Dieu et l'amour envers le prochain. On voit donc ce qu'est la conjonction de l'amour et de la foi.
{1}. Dans la marge : "Ce qu'est le propitiatoire, et ce que sont les chérubins." {2}. L'édition latine du Dr Immanuel Tafel lit ici "le 5" ; mais, comme le 5, selon la division luthérienne, qui était celle que Swedenborg employait uniformément, est "Tu ne commettras pas de meurtre", et qu'il y est d'ailleurs fait référence plus loin dans ce même paragraphe, tandis que celui dont il est question ici est "Tu ne voleras pas", qui est le 7 dans l'énumération luthérienne, nous avons substitué 7 à 5 dans le texte. Il n'y a aucun doute que le 7 - qui est le 8 dans la division de l'Eglise d'Angleterre - est celui dont il est question. {3}. Dans la marge : "N.B." {4}. L'éditeur du latin lit fugit, à cet endroit, et insère (non) pour fournir le sens manifeste du passage. Nous préférons lire facit ; ce qui donne parfaitement le sens sans aucune addition. -TR. |
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