| Expériences Spirituelles 220. REPRÉSENTATION D'UNE IMAGE DU JUGEMENT DERNIER. CONCERNANT LE TOURMENT DES MALHEUREUX, ET FINALEMENT LEUR LIBÉRATION. UNE DISPUTE CONCERNANT LA MISÉRICORDE
Cette nuit, ayant été réveillé du sommeil, beaucoup de choses me furent montrées que je ne peux pas bien décrire. Il y eut une certaine forme de rotation des esprits, avec la perception manifeste que beaucoup de ceux qui étaient dans le ciel ultime étaient poussés vers le bas, et que beaucoup de ceux qui étaient en captivité montaient. De plus, il me fut donné de percevoir plus clairement que les malheureux, qui avaient été si longtemps dans une dure captivité, se disputaient plusieurs fois en rêve avec ceux qui étaient en liberté dans le ciel ultime ; et ces derniers voulaient les priver de la miséricorde, donc de tout espoir de salut. Cette dispute dura longtemps. Lorsque je me suis réveillé, ils se sont plaints avec beaucoup d'anxiété, et même à plusieurs reprises, que les autres voulaient les priver de la miséricorde, et qu'ainsi tout serait fini pour eux ; car ils subissaient un châtiment douloureux, de sorte qu'ils ne souhaitaient rien de plus que de perdre leur vie entièrement. Le seul espoir que leur offrait le Dieu Messie était qu'ils pouvaient penser qu'il y avait encore de la miséricorde. Lorsque les méchants, dans la liberté qui leur était accordée, voulaient leur ôter cette espérance, leur angoisse redoublait, de sorte qu'ils tombaient dans le désespoir. En ce qui concerne la contestation elle-même, la manière dont elle s'est déroulée au sujet de la miséricorde n'est pas très facile à décrire, car de telles représentations d'esprits ne se laissent pas décrire facilement. Quand donc ils se plaignaient si amèrement de cette injure, que leur seule consolation - qu'il y aurait de la miséricorde - leur était enlevée, l'espoir qu'ils ne perdraient pas la miséricorde qui leur avait été promise brillait enfin. Il m'arrivait aussi de percevoir en moi-même l'agitation de la miséricorde, non comme mienne, mais comme appartenant aux cieux, et donc au Dieu Messie. Ces esprits qui avaient été placés dans une telle anxiété furent finalement libérés d'une manière merveilleuse, qui me fut manifestée par une sorte d'ascension, qu'on ne peut pas non plus bien décrire. J'ai ensuite parlé avec eux, et ils sont très modestes : ils sont donc maintenant parmi les heureux. 1747, la nuit entre le 27 et le 28 octobre, o.s.
Il m'a été montré quelquefois alors que la miséricorde leur était presque retirée, de sorte qu'il n'y avait guère de peine qu'ils fussent réduits à la dernière extrémité de la rigueur et à la mort éternelle avant d'être libérés : mais on m'a dit qu'ils avaient mené une mauvaise vie.
|