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| Doctrine du Seigneur 18 Dans l'Eglise, on croit que le Seigneur a été envoyé par le Père, afin de faire expiation pour le Genre humain; que cette expiation a été faite par l'accomplissement de la Loi et par la Passion de la croix; que c'est ainsi qu'il a enlevé la damnation et donné satisfaction; et que, sans cette Expiation, cette Satisfaction et cette Propitiation, le Genre humain aurait péri de mort éternelle; cela, d'après la Justice, que quelques-uns nomment même Justice vengeresse. Il est vrai que, sans l'Avènement du Seigneur dans le monde, tous les hommes eussent péri; mais on a vu plus haut comment il doit être entendu que le Seigneur a accompli toutes les choses de la Loi; et, aussi plus haut, pourquoi il a souffert le supplice de la croix; on peut donc voir par là que ce n'a été aucunement d'après une Justice vengeresse, parce qu'une telle justice n'est pas un Attribut Divin; les Attributs Divins sont la Justice, l'Amour, la Miséricorde et le Bien; et Dieu est la Justice même, l'Amour même, la Miséricorde même, et le Bien même; et où se trouvent ces attributs, il n'y a rien de la vengeance, par conséquent point de Justice vengeresse. Comme beaucoup de personnes n'ont jusqu'à présent compris l'Accomplissement de la Loi et la Passion de la croix que dans ce sens que le Seigneur aurait, par ces deux actes, satisfait pour le Genre Humain, et l'aurait soustrait à une damnation prévue ou résolue; par enchainement et d'après ce principe que l’homme est sauvé d'après la seule foi que la chose est ainsi, il est résulté le dogme de l'Imputation du mérite du Seigneur, en prenant pour satisfaction ces deux actes qui ont constitué le Mérite du Seigneur. Mais d'après ce qui a été dit sur l’Accomplissement de la Loi par le Seigneur, et sur la Passion de la Croix, ce dogme tombe de lui-même; et en même temps on peut voir que l'imputation du mérite est une expression de nulle valeur, à moins que par elle il ne soit entendu la Rémission des péchés après la répentance; car rien de ce qui appartient au Seigneur ne peut être imputé à l’homme; mais le salut peut être accordé par le Seigneur après que l’homme s'est repenti, c'est-à-dire après qu'il a vu et reconnu ses péchés, et qu'ensuite il s'en désiste, et cela par le Seigneur; alors le salut lui est accordé, de manière que l’homme est sauvé, non par son propre mérite, ni par sa propre justice, mais par le Seigneur qui seul a combattu et vaincu les enfers, et qui ensuite combat aussi seul pour l’homme, et surmonté pour lui les enfers. Tels sont le Mérite et la Justice du Seigneur; et ils ne peuvent jamais être imputés à l'homme, car s'ils lui étaient imputés, ce seraient le Mérite et la Justice du Seigneur appropriés à l'homme comme lui appartenant, et cela n'arrive jamais et ne peut jamais arriver. Si l'Imputation était possible, l'homme impénitent et impie pourrait s'imputer le Mérite du Seigneur, et se croire justifier par ce mérite, ce qui cependant serait souiller ce qui est saint par les choses profanes, et profaner le Nom du Seigneur; car ce serait tenir sa pensée dans le Seigneur, et sa volonté dans l'Enfer; et cependant la volonté est le tout de l'homme. Il y a la foi de dieu, et il y a la foi de l'homme; ceux qui se repentent ont la foi de dieu; mais ceux qui ne se repentent pas, et qui toutefois pensent à l’imputation, ont la foi de l'homme; or, la foi de Dieu est une foi vivante, mais la foi de l’homme est une foi morte. Que le Seigneur Lui-Même et ses disciples aient prêché la Repentance et la Rémission des péchés, on le voit par les passages suivants: «Jésus commença à prêcher et à dire: repentez-vous, car le Royaume des cieux s'est approché» — Matth. IV. 17. — «Jean dit: Faites des fruits dignes de la repentance: déjà la cognée est mise à la racine des arbres. Tout arbre donc qui ne produit pas du bon fruit est coupé et jeté au feu.» — Luc III. 8. 9. — «Jésus dit: Si vous ne vous repentez, vous périrez tous.» — Luc, XIII-3, 5. — «Jésus vint, prêchant la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, et disant: Le temps est accompli et le Royaume de Dieu s'est approché. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle,» — Marc, 1. 14, 15. — «Jésus envoya ses Disciples, qui, étant partis, prêchèrent la repentance.» — Marc, 7, 12. — Jésus dit à ses Apôtres qu'il fallait «qu'on prêchât en son nom la repentance, et la rémission des péchés parmi toutes les nations en commençant par Jérusalem.» — Luc, XXIV. 47. — «Jean prêcha le Baptême de repentance pour la rémission des péchés.» — Luc. III. 3. Marc, 1. 4. Par Baptême, il est entendu la purification spirituelle, qui est celle des péchés et est appelée Régénération. La Repentance et la Remission des péchés sont ainsi décrites par le Seigneur dans Jean: «Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont point reçu: mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom: qui ne sont pas nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.» — 1,11,12,13. Par les siens sont entendus ceux qui étaient alors de l’Eglise, où était la Parole: par les enfants de Dieu, et par ceux qui croient en son Nom, sont entendus ceux qui croient au Seigneur et ceux qui croient à la Parole: par le sang sont entendues les falsifications de la Parole et les confirmtions du faux par la Parole: la volonté de la chair est le propre volontaire de l'homme, qui en soi est le mal: la volonté de l’homme est le propre intellectuel de l'homme, qui en soi est le faux: ceux qui sont nés de Dieu sont ceux qui ont été régénérés par le Seigneur. D'après cela, il est évident que ceux qui sont par le Seigneur dans le bien de l'amour et dans les vrais de la foi sont sauvés, et non pas ceux qui sont dans leur propre. le seigneur, quant au divin humain, est appele fils de dieu; et, quant a la parole, il est appele pils de l'homme. |
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