| Ciel et Enfer 465. Un esprit était indigné car il était incapable de se souvenir de plusieurs choses qu'il avait connues dans la vie terrestre, regrettant la perte d'un plaisir qui avait été très grand pour lui. Il lui fut dit qu'il n'avait absolument rien perdu, et que ce qu'il avait su tant en général qu'en particulier, il le savait encore; mais que dans le monde où il était maintenant, il ne lui était pas permis de tirer de sa mémoire de telles connaissances, et qu'il lui suffisait de pouvoir maintenant penser et parler beaucoup mieux, plus parfaitement, sans plonger comme précédemment son rationnel dans les épaisses obscurités, matérielles et corporelles, qui ne sont d'aucun usage dans le royaume où il est parvenu. Il possède à présent tout ce qui peut lui servir pour la vie éternelle, et c'est ainsi et non autrement qu'il peut parvenir à la béatitude et à la félicité. Il fut ajouté que c'est une grande erreur de croire que dans ce royaume, avec l'éloignement et le repos des choses matérielles dans la mémoire, l'intelligence perit, alors qu'au contraire plus le mental est détourné des choses sensuelles qui appartiennent à l'homme externe ou au corps, plus il est élevé vers les choses spirituelles et célestes.
|