| Ciel et Enfer 406. Je me suis quelquefois entretenu de l'état de la vie éternelle, avec des esprits récemment arrivés de notre monde, leur exprimant l'importance de connaître qui est le Seigneur du Royaume et quelle est la forme du gouvernement. Lorsque, dans le monde, on va d'un pays à un autre, on s'empresse de s'informer du caractère de son gouvernement et de ses particularités. A plus forte raison doit-on faire de même dans un Royaume où l’on doit vivre éternellement. Il leur fallait donc savoir que le Seigneur est Celui qui gouverne le Ciel et aussi l'univers, car qui gouverne l'un, gouverne l'autre. Le royaume dans lequel ils se trouvent maintenant est donc le Royaume du Seigneur. Les lois de ce Royaume sont les vérités éternelles, qui toutes sont fondées sur cette loi: On doit aimer le Seigneur par-dessus toutes choses et le prochain comme soi-même. De plus, s'ils voulaient être comme les anges, ils devaient aimer le prochain plus qu'eux-mêmes. Ils ne purent rien répondre à ces déclarations, car sur terre, bien qu'on leur eut enseigné ces choses, ils n'y avaient pas cru. Ils s'étonnaient qu'il y eut un tel amour dans le Ciel, et qu'on put y aimer son prochain plus que soi-même. Ils furent informés que tous les biens croissent immensément dans l'autre vie, tandis que dans la vie terrestre, la progression du bien ne peut aller au-delà d'aimer le prochain comme soi-même, parce qu'on est dans les choses corporelles. Mais quand ces corporels ont été écartés, l'amour s'épure et devient angélique et consiste à aimer le prochain plus que soi-même. Dans les Cieux, on a du plaisir à faire du bien à autrui, et aucun plaisir à se faire du bien à soi-même, si ce n'est pour qu'il en soit fait à autrui, par conséquent pour autrui; c'est là aimer le prochain plus que soi-même. Il fut ajouté que dans le monde on peut reconnaître qu'un tel amour est possible. Certaines personnes, étant dans l'amour conjugal, ont préféré la mort plutôt que de voir blesser leur conjoint. L'amour des parents envers les enfants, pousse une mère à souffrir de la faim plutôt que de voir son enfant manquer d'aliments. L'amitié sincère fait qu'on s'expose à des dangers pour des amis. L'amitié sociale et feinte, imitant l'amitié sincère, offre ce qu'il y a de meilleur à ceux auxquels on dit vouloir du bien, lors même que le cœur n'y est pour rien. Enfin, d'après la nature même de l'amour qui trouve sa joie à s'employer pour les autres, non à son propre profit, mais à l'avantage de l'objet aimé. Ceux qui s'aiment de préférence aux autres, ne purent le comprendre, ni ceux qui, dans le monde, avaient été avides de gain, les avares encore moins que les autres.
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