| Ciel et Enfer 354. Il m'a été donné de parler avec plusieurs érudits après leur sortie du monde, certains avaient été très renommés et célébrés dans le monde savant par leurs écrits, et d'autres moins célébrés, mais tous sans distinction, avaient acquis une certaine sagesse. Ces érudits qui avaient nie intérieurement le Divin, mais L'avaient confessé extérieurement, étaient devenus stupides au point de ne pouvoir comprendre quelque vrai civil, et bien moins encore quelque vrai spirituel. Je perçus et vis même que leurs intérieurs qui appar-tiennent au mental, avaient été tellement fermés, qu'ils apparaissaient comme noirs, — de pareilles choses se présentent, à la vue dans le monde spirituel, — et qu'ainsi ils ne pouvaient supporter aucune lumière Céleste, ni par conséquent admettre aucun influx du Ciel. Cette noirceur, dans laquelle leurs intérieurs apparurent était plus intense et plus étendue chez ceux qui se sont confirmés contre le Divin, par les scientifiques de leur érudition. De tels hommes, dans l’autre vie, reçoivent avec plaisir tout faux dont ils se pénètrent comme une éponge imbibe l'eau, et ils rejettent tout vrai comme une surface élastique rejette ce qui tombe sur elle. Il est dit aussi que les intérieurs de ceux qui se sont confirmés pour la nature contre le Divin, ont été ossifiés; leur tête apparaît calleuse, comme d'ébène jusqu'au nez, indice qu'ils n'ont plus aucune perception. Ils sont plongés dans des gouffres qui apparaissent comme des marais, où ils sont agités par les fantaisies qui proviennent de leurs faux. Leur feu infernal est une cupidité de gloire et de renommée qui les déchaînent l'un contre l'autre, et ils se tourmentent alternativement avec une ardeur infernale pour qu'un culte leur soit rendu comme à des divinités. Toute l'érudition du monde se retrouve dans de tels états quand elle n'a pas reçu en soi la Lumière du Ciel par la reconnaissance du Divin.
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