| Ciel et Enfer 312. L'homme de l'Eglise a une telle foi, parce qu'il croit qu'aucun homme ne va au Ciel ou en enfer avant le temps du Jugement dernier. A ce sujet il est d'opinion que toutes les choses qui sont devant les yeux doivent périr, et qu'il en existera de nouvelles, que l'âme doit alors revenir dans son corps et lui permettre de vivre une seconde fois homme. Cette croyance englobe l'autre qui veut que les anges ont été créés au commencement, car on ne peut croire que le Ciel et l'enfer proviennent du genre humain, quand on croit qu'aucun homme n'y peut venir avant la fin du monde. Afin que l'homme n'ait plus cette conviction, il m'a été donné d'être en société avec les anges, et de parler avec les esprits qui sont dans l'enfer. Cela a eu lieu pendant plusieurs années, parfois continuellement, depuis le matin jusqu'au soir, et ainsi j'ai été instruit au sujet du Ciel et de l'enfer. Cela m'a été accordé, afin que l'homme de l'Eglise ne persiste plus dans sa foi erronée sur la résurrection au temps du Jugement, sur l'état de l'âme jusqu'à cette époque, sur les anges et sur les diables. Cette foi, étant une foi du faux, enveloppe des ténèbres, et porte le doute et enfin la négation à ceux qui y pensent d'après la propre intelligence. Ils se disent: Comment un Ciel si grand, avec tant d'astres, et avec le soleil et la lune, peut-il être dissipé et détruit? Comment les étoiles peuvent elles tomber du Ciel sur la terre, puisqu'elles sont plus grandes que celle-ci? Comment des corps rangés par les vers, consumés de pourriture, et dissipés à tous les vents, peuvent-ils être rassemblés vers leur âme? Où est l’âme en attendant ce moment? Quelle est-elle, lorsqu'elle est privée des sens qu'elle avait dans le corps? Et plusieurs autres choses, qui, parce qu'elles sont incompréhensibles, n'entrent pas dans la foi, et détruisent la croyance à la vie de l'âme après la mort, au Ciel et à l'enfer, et en même temps à tous les autres points qui appartiennent à la foi de l'Eglise. On voit que ces croyances ont été ainsi détruites, par ceux qui disent: Qui est revenu vers nous pour raconter que le Ciel existe? Qu'est-ce que l'enfer, existe-t-il? Comment faut-il comprendre que l'homtne sera tourmenté dans le feu à éternité? Qu'est-ce que le jour du Jugement? N'a-t-il pas été attendu en vain pendant des siècles? Et d'autres propos encore qui conduisent à tout nier. Beaucoup d'hommes qui, d'après les connaissances mondaines qu'ils possèdent, passent pour érudits et savants, pensent ainsi. Afin qu'ils ne troublent plus et ne séduisent plus les simples de foi et de coeur, et n'introduisent plus d'infernales ténèbres au sujet de Dieu, du Ciel, de la vie éternelle et d'autres croyances qui en dépendent, le Seigneur a ouvert les intérieurs qui appartiennent à mon esprit. Il m'a ainsi été donné de parler avec tous ceux que j'avais connus dans la vie du corps, avec quelques-uns pendant des jours, avec d'autres pendant des mois, avec d'autres pendant une année, et enfin avec un si grand nombre qui pourrait être évalué à plus de cent mille; certains étaient dans les Cieux et d'autres dans les enfers. A quelques-uns morts depuis deux jours, je racontais qu'à l’instant même on préparait leurs funérailles; ils me répondirent qu'on faisait bien de rejeter ce qui leur avait servi dans le monde pour le corps et ses fonctions. Ils voulaient que je dise qu'ils n'étaient pas morts, mais vivaient hommes tout comme auparavant. Ils avaient seulement passé d'un monde dans un autre, n'ayant rien perdu, puisqu'ils avaient un corps avec tous ses sens comme auparavant. Ils avaient aussi l'entendement et la volonté puisqu'ils avaient des pensées et des affections, des sensations et des désirs semblables à ceux qu'ils avaient eu dans le monde. La plupart de ceux qui étaient morts récemment, voyant qu'ils étaient des hommes comme auparavant et dans un état semblable, étaient tout joyeux de cette nouvelle vie, si contraire à leur croyance. Car après la mort, chacun se retrouve d'abord dans le même état de vie qui était le sien dans le monde, mais cet état est successivement changé chez lui en Ciel ou en enfer. Ils s'étonnaient beaucoup de leur ignorance et de leur aveuglement d'alors sur l'état de leur vie après la mort. Ils s'étonnaient surtout de l'ignorance et de l'aveuglement de l'homme de l'Eglise qui lui, peut plus que les autres, être dans la lumière sur ce sujet (3). Ils voyaient pour la première fois que les externes qui sont les choses mondaines et corporelles, avaient envahi et rempli leurs mentals au point qu'ils ne pouvaient être élevés dans la lumière du Ciel ni considérer les choses de l'Eglise au-delà des doctrinaux. Car d'épaisses ténèbres, influent à mesure qu'on pénètre plus avant dans les choses corporelles et mondaines, quand elles sont aimées autant qu'elles le sont aujourd'hui.
|