| Apocalypse Expliquée 876. Et adorez Celui qui a fait le Ciel, et la terre, et la mer, et les sources des eaux, signifie la reconnaissance et la confession du Seigneur, de qui procède le tout du Ciel et de l'Eglise, et de qui procède le Divin Vrai ou la Parole : on le voit par la signification d'adorer, en ce que c'est reconnaître de cœur, ainsi confesser et rendre un culte, comme ci-dessus, N°s 790, 805, 821; par la signification du Ciel et de la terre, en ce que c'est l'interne et l'externe de l'Église, comme aussi ci-dessus, N°304, 752; si c'est le Ciel et l'Église qui sont signifiés, c'est parce l'interne de l'Église chez l'homme est le Ciel; en effet, cet interne est en conjonction avec les Anges, au point qu'il fait un avec eux ; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, l'interne de l'homme est formé au modèle et à l'image du Ciel, et l'externe au modèle et à l'image du Monde; or, l'Église chez l'homme, lorsqu'il vit dans le Monde, est dans son naturel, qui est son externe, mais il y a Église chez l'homme dans son naturel ou externe, alors que l'interne a été ouvert, car il n'y a pas Église chez quelqu'un, à moins qu'au dedans de lui il n'y ait le Ciel, d'où il y a par le Seigneur illustration et influx dans le naturel ou externe qui est au-dessous; et par la signification de la mer, en ce que c'est le Divin Vrai dans les derniers, ainsi la Parole. Dans la lettre, car c'est là le Divin Vrai dans les derniers; si la mer a cette signification, c'est parce que dans les derniers du Ciel il apparaît comme des mers, car c'est le Divin Vrai procédant du Seigneur qui forme les Cieux et toutes les choses qui y sont; les Cieux supérieurs apparaissent comme s'ils étaient dans une atmosphère éthérée, les Cieux inférieurs comme s'ils étaient dans une atmosphère aérienne, et les Cieux infimes comme dans une atmosphère aqueuse; cette atmosphère-ci, aux yeux de ceux qui se tiennent au loin, apparaît comme une mer, mais non à ceux qui y habitent; ceux qui y habitent sont dans les derniers du Divin Vrai ; ce Divin Vrai est tel qu'est la Parole dans le sens de la lettre, de là vient qu'il est signifié par la mer ; mais, sur ce sujet, voir ci-dessus, N°275, 342, 511, 600. Si la mer signifie ici la Parole dans la lettre, c'est parce qu'il est dit « la mer et les sources des eaux, » et que les sources des eaux signifient le Divin Vrai intérieur, tel qu'est la Parole dans le sens spirituel ; que la source des eaux signifie ce Vrai, on peut le voir par des passages de la Parole, et par l'explication qui eu a été donnée ci-dessus, N° 483; que les sources des eaux ici signifient les Divins Vrais qui sont extraits de la Parole, on peut le voir en ce que par le Ciel et la terre il est signifié l'interne et l'externe de l'Église, et que l'un et l'autre a été formé par le Divin Vrai ou la Parole, comme il est dit dans Jean, — I. 1, 2, 14, — l'interne de l'Église par le Divin Vrai spirituel, et l'externe par le Divin Vrai naturel; c'est pour cela qu'au nombre des choses faites par le Seigneur, il est aussi fait mention ici des sources des eaux. D'après ces considérations et plusieurs autres, on peut voir comment les idées spirituelles, qui appartiennent aux Anges, diffèrent des idées naturelles qui appartiennent aux hommes; par adorer Celui qui a fait le Ciel et la terre, et la mer et les sources des eaux, les Anges, qui ont des idées spirituelles, n'entendent autre chose que la reconnaissance et la confession du Seigneur, de qui procède le tout du Ciel et de l'Église, et de qui procède le Divin Vrai ou la Parole dans le sens naturel et dans le sens spirituel ; la raison pour laquelle les Anges comprennent ainsi ces paroles, c'est que les Cieux dans lesquels ils sont, qui à la vue apparaissent absolument semblables à nos terres, mais pleins de paradis, de parterres émaillés de fleurs, et de lieux de verdure, ne sont pas permanents comme les terres de notre globe, mais en un instant ils existent absolument selon la réception du Divin Vrai par les Anges; c'est pourquoi les faces de toutes choses y sont aussi changées, de même qu'est changé l'état de réception, et par suite l'état de leur intelligence et de leur sagesse, ainsi selon les états de l'Église chez eux, tellement que, de même que pour eux est l'Église, de même aussi existent d'une manière correspondante toutes choses devant leur vue; lors donc que les Cieux et la terre sont nommés, ils ne peuvent avoir d'autre idée que l'idée de l'Église, parce que pour eux toutes choses viennent de là : les hommes, au contraire, lorsque le Ciel et la terre sont nommés, ne peuvent pas avoir cette idée spirituelle, parce qu'ils ignorent ces choses, mais ils ont l'idée naturelle, qui est selon leur vue; car ils voient le Ciel et la terre, qui sont permanents et ne changent pas, comme dans les Cieux angéliques, selon la réception du. Divin Vrai et de l'Église; c'est pourquoi par le Ciel ils n'entendent pas autre chose que le Ciel visible, ni par la terre autre chose que la terre habitée par les hommes. L'état du Ciel et de la terre selon l'état de l'Église était représenté chez les fils d'Israël, en ce que les faces de la terre de Canaan, où ils habitaient, étaient changées selon les états de l'Eglise chez eux, mais seulement quant aux productions, à savoir, de la moisson, de l'olivier, du cep, des fruits, et quant aux pluies; mais cela arrivait, parce que toutes choses chez eux étaient représentatives des célestes : de là vient qu'il est dit si souvent dans la Parole que la terre donnera ses produits, s'ils gardent les statuts et s'ils les font; mais aujourd'hui il en est autrement, parce que les intérieurs de l'Église ont été ouverts par le Seigneur, et que les externes, qui étaient représentatifs des intérieurs, ont cessé. D'après ces considérations, on voit encore clairement quelle différence il y a entre les idées des Anges et les idées des hommes sur le nouveau Ciel et sur la nouvelle terre, car les Anges d'après leurs idées perçoivent la destruction des Cieux et des terres dans le Monde spirituel, et les hommes la destruction des Cieux et des terres dans le Monde naturel; et même dans le Monde spirituel, selon les prédictions, ont péri les Cieux et les terres sur lesquels étaient ceux qui avaient vécu une vie morale dans les externes, et non en même temps spirituelle d'après les internes; mais, sur ce sujet, voir plusieurs choses dans l'Opuscule du jugement dernier.
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