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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 817. 

Et elle parlait comme le dragon, signifie d'une affection, d'une pensée, d'une doctrine et d'une prédication semblables avec ceux qui séparent la foi d'avec la vie de la foi, qui est la charité : on le voit par la signification de parler, en ce que c'est l'affection, la pensée, la doctrine et la prédication; que parler ait ces significations, c'est parce que tout langage de l'homme vient de l'affection, et par suite vient de la pensée; l'affection elle-même est exprimée par le son du langage, et la pensée par les mots ; que l'une et l'autre, tant l'affection que la pensée, soient dans le langage, quiconque réfléchit peut le voir; l'affection seule ne peut elle-même parler, elle ne peut que rendre un son et chanter, et la pensée seule ne peut non plus elle-même parler que comme un automate sans vie, car l'affection vivifie chaque mot du langage; c'est même pour cela que l'homme est considéré par les autres selon l'affection de son langage, et non selon les mots du langage : si parler signifie aussi la prédication d'après la doctrine, ainsi la doctrine, et par suite la prédication, c'est parce qu'il est dit que la bête parla comme le dragon, et par le dragon sont entendus ceux qui sont, et par la doctrine et par la vie, dans la foi séparée d'avec la charité; voir ci-dessus, N° 714 ; et par cette bête sont entendues les confirmations d'après le sens de la lettre de la Parole pour la séparation de la foi d'avec la vie, et par suite les falsifications de la Parole; c'est pourquoi, cette religiosité, quant à la doctrine et quant à la prédication, est signifiée par parler comme le dragon. Puisque par le dragon et par ses bêtes est décrite la foi séparée d'avec la charité, et par suite la falsification de la Parole, je vais dans cet Article montrer que la même hérésie est décrite dans la Parole par Caïn, par Ruben et par les Philistins, et que la même chose est entendue par le bouc dans Daniel : en effet, il y a eu sur cette terre plusieurs Églises, à savoir, la Très-Ancienne, qui existait avant le déluge; l'Ancienne, qui exista après le déluge; la Juive, qui succéda à l'Ancienne, et en dernier lieu l'Église Chrétienne; toutes ces Églises, par le laps du temps, dégénérèrent dans deux énormes erreurs, l'une qui adultéra tous les biens de l'Église, et l'autre qui en falsifia tous les vrais; l'Église qui adultérait tous les biens de l'Église est décrite dans la Parole par les Babyloniens et par les Chaldéens, et l'Église qui falsifiait tous les vrais de l'Église est décrite par Caïn, par Ruben et par les Philistins, et dans Daniel, par le bouc qui combattit contre le bélier, et le vainquit ; quant à l'adultération du bien de l'Église qui est décrite par les Babyloniens et par les Chaldéens, il en sera parlé dans la suite, où dans l'Apocalypse il s'agit de la Babylonie; mais maintenant il s'agit de la falsification du vrai, qui est décrite ici dans l'Apocalypse par le dragon et par ses deux bêtes; que cela aussi soit décrit par Caïn et par les autres ci-dessus nommés, c'est ce qui va être montré. Que par Caïn aient été représentés ceux qui séparent les connaissances du vrai et du bien d'avec la vie selon ces connaissances, et qui ont cru que par elles seules ils étaient sauvés, cela a été montré en peu de mots dans les ARCANES CELESTES, où il a été question de Caïn et d'Abel; je vais y ajouter les explications qui suivent : on lit au su­jet de Caïn, « qu'il fut te premier-né d'Adam, qu'il cultivait l'humus, et offrit du fruit de l'humus en présent à Jéhovah, et qu'Abel fut pasteur de troupeau, et offrit des premiers-nés de son troupeau, et de leur graisse; que Jéhovah regarda vers le présent d'Abel, et non vers le présent de Caïn, et que c'est pour cela que fut excitée une colère dans Caïn, et qu'il tua son frère; que Caïn en conséquence fut maudit et chassé de dessus l'humus, et devint errant et fugitif sur la terre; et que Jéhovah mit sur Caïn un signe pour qu'il ne fut point tué, avec ce statut, que celui qui le tuerait serait puni sept fois autant; » voir le Chap. IV de la Genèse. — II faut qu'on sache que par tous les noms de personnes et de lieux dans la Parole, est signifié des choses et des états de l'Église, et principalement par les noms dans les premiers Chapitres de la Genèse, parce que les Historiques y sont des Historiques factices, contenant de très-grands Arcanes du Ciel, mais néanmoins des choses très-saintes dans le sens de la lettre, parce que là dans chaque mot il y a un sens spirituel qui conjoint les Cieux avec les hommes de l'Église : ce que ces Historiques enveloppent dans le sens spirituel, et ce que les noms de personnes y signifient a été expliqué dans les ARCANES CELESTES; par Caïn sont signifiées les connaissances du vrai et du bien séparées de la vie selon ces connaissances, ainsi séparées de l'amour céleste, et par Abel est signifié l'amour céleste; ou, ce qui est la même chose, par Caïn est signifié le vrai séparé d'avec le bien, et par Abel le bien conjoint au vrai : et comme le vrai est le premier de l'Église, car toute Église est formée par les vrais, puisque toute Église commence par des vrais, ou par des connaissances du vrai et du bien, c'est pour cela que Caïn fut le premier-né, et fut nommé homme (vir) de Jéhovah, car par homme de Jéhovah dans la Parole il est signifié le vrai du Ciel et de l'Église; et par l'humus, que Caïn cultiva, est signifiée l'Église; la séparation du vrai d’avec le bien est signifiée par le meurtre d'Abel par Caïn ; car lorsque le tout de l'Église est placé dans les vrais ou dans les connaissances, et non dans les biens ou dans les affections de vivre selon les vrais, alors le bien est tué avec ses affections : et comme le tout de l'Eglise périt quand le vrai est séparé d'avec le bien, c'est pour cela que Caïn fut chassé de dessus l'humus, par lequel, comme il a été dit, est signifiée l'Église. Mais comme les vrais sont les premières choses de l'Église, car les vrais enseigneront comment il faut vivre, c'est pour cela qu'un signe fut mis sur Caïn pour que personne ne le tuât, et qu'il fut statué que si quelqu'un le tuait, il serait puni sept fois autant. Et comme le vrai sans le bien est porté ça et là, car il n'y a rien qui le conduise, et qu'en conséquence il tombe successivement dans des faux, et s'échappe du chemin qui conduit au Ciel, c'est pour cela que Caïn fut chassé de devant la face de Jéhovah, et devint errant et fugitif. Il en est de même de la foi et de la charité, parce que la foi appartient au vrai, et que la charité appartient au bien ; ainsi à la foi séparée de la charité s'appliquent les choses qui sont dites de Caïn, à savoir, qu'il tua Abel, son frère, qui est la charité, et que par suite périt l'Église, ce qui est signifié par être chassé de dessus l'humus et devenir errant et fugitif, car lorsque la foi est séparée de la charité, le vrai est successivement changé en faux, et il tombe en lambeaux. Que Ruben, le premier-né de Jacob, ait signifié la lumière du vrai, et par suite l'entendement de la Parole, et ainsi le vrai d'après le bien, ou la foi d'après la charité, la même chose que Pierre l'apôtre ; et que, vice versâ, il ait aussi représenté le vrai séparé d'avec le bien, ou la foi séparée d'avec la charité, et que cette foi soit signifiée par son adultère avec Bilhah, femme de son père, et que ce soit pour cela que la primogéniture lui a été ôtée, et a été donnée à Joseph, on le voit ci-dessus, N° 434. Il faut ajouter à cela que toutes les hérésies, en tant qu'elles sont des adultérations et des falsifications de la Parole, correspondent à des adultères et à des prostitutions de divers genres, et, parce qu'elles correspondent, elles sont même aperçues en actualité d'après ceux qui sont dans les hérésies dans le Monde spirituel : la raison de cela, c'est que les mariages, tels qu'ils sont dans les Cieux, tirent leur origine spirituelle de la conjonction du bien et du vrai, et que, vice versâ, les adultères tirent leur origine de la conjonction du mal et du faux; c'est pour cela que le Ciel dans la Parole est comparé à un mariage, et l'enfer à un adultère: et comme dans les enfers il y a la conjonction du mal et du faux, voilà pourquoi il s'en exhale continuellement une sphère d'adultère : c'est pour cette raison que dans la Parole, par les adultères et par les scortations sont signifiées les adultérations du bien de l'Église et les falsifications de son vrai; voir ci-dessus,  Nos141, 161. Quant à ce qui concerne la foi séparée d'avec la charité, elle est perçue dans le Monde spirituel comme l'adultère du fils avec la mère, et aussi avec la belle-mère, et cela, parce que cette foi exclut le bien de la charité, lequel étant exclu, au lieu du bien de la charité succède le mal de l'amour de soi et du monde, amour avec lequel cette foi se conjoint; car toute foi doit nécessairement se conjoindre avec quelque amour; quand donc l'amour spirituel, qui est la charité, est séparé, la foi se conjoint alors avec l'amour de soi ou avec l'amour du monde, amours qui sont les amours dominants dans l'homme naturel; de là vient qu'un adultère si abominable résulte de la foi séparée d'avec la charité; d'après cela, maintenant, on voit clairement ce que signifie l'adultère de Ruben avec Bilhah, femme de son père, et pourquoi, en raison de cet adultère, il fut privé du droit de primogéniture : cela aussi est entendu par le prophétique d'Israël le père sur Ruben ; le voici : « Ruben, mon premier-né, toi, ma vigueur, et le commencement de mes forces, excellent en éminence et excellent en valeur, léger comme l'eau, n'excelle point, car tu es monté sur la couche de ton père; alors tu as profané; sur mon lit il est monté! » Gen. XLIX. 3, 4; — ces paroles ont été expliquées dans les ARCANES CELESTES ; voir Nos 6341 à 6350. Qu'un tel adultère soit perçu dans le Monde spirituel d'après la foi séparée de la charité, c'est ce qui est devenu évident pour moi par les correspondances dans le Monde spirituel; toutes les fois que j'ai perçu de loin la sphère de l'adultère avec la mère ou avec la belle-mère, j'ai aussitôt connu que là se trouvaient ceux qui s'étaient confirmés dans la foi seule et par la doctrine et par la vie, lesquels étaient même alors découverts, et lorsqu'ils étaient examinés, on trouvait qu'ils avaient été tels dans le monde; voilà pour ce qui concerne Ruben. Maintenant, il sera parlé des Philistins : Eux aussi dans la Parole ont représenté la foi séparée de l'amour; c'est de là qu'ils ont été appelés incirconcis, car par l'incirconcis est signifié ce qui est sans l'amour spirituel, et ce qui est seulement dans l'amour naturel, amour avec lequel seul aucune religiosité ne peut être conjointe, ni à plus forte raison aucune chose de l'Église, car toute religiosité et le tout de l'Église regarde le Divin et regarde le Ciel et la vie spirituelle, et ces choses-ci ne peuvent être conjointes qu'avec l'amour spirituel, et ne peuvent pas l'être avec l'amour naturel séparé de l'amour spirituel, car l'amour naturel séparé de l'amour spirituel est le propre de l'homme, qui, considéré en lui-même, n'est autre que le mal. Toutes les guerres que les fils d'Israël firent contre les Philistins représentaient les combats de l'homme spirituel contre l'homme naturel, et par suite aussi les combats du vrai conjoint au bien contre le vrai séparé du bien, qui en soi est non pas le vrai mais le faux ; car le vrai séparé du bien est falsifié dans l'idée de la pensée sur lui, et cela, parce que dans la pensée il n'y a aucun spirituel qui illustre; c'est même pour cette raison que ceux qui sont dans la foi séparée de la charité n'ont aucun vrai, si ce n'est seulement quant au langage ou à la prédication d'après la Parole; l'idée du vrai périt sur-le-champ, dès l'instant qu'ils pensent à ce vrai. Comme cette religion est dans les Églises chez tous ceux qui aiment vivre la vie naturelle, c'est pour cela que dans la terre de Canaan les Philistins n'ont point été subjugués comme toutes les autres nations de cette terre, et que par suite il y eut contre eux un grand nombre de combats ; car les Historiques de la Parole sont tous des représentatifs de choses qui appartiennent à l'Église, et toutes les nations de la terre de Canaan ont représenté des dogmes hérétiques confirmant ou des faux de la foi ou des maux de l'amour, et les fils d'Israël ont représenté les vrais de la foi et les biens de l'amour, par conséquent l'Église; mais ce qu'ont représenté les guerres que les habitants de la terre de Canaan ont faites, cela sera dit en temps et lieu convenables; ici, il sera seulement dit que les Philistins ont représenté la religiosité séparée du bien spirituel, telle qu'est aussi la religiosité sur la foi seule séparée de la vie de la foi, qui est la charité : de là venait que toutes les fois que les fils d'Israël abandonnaient le culte de Jéhovah pour le culte des autres dieux, ils étaient livrés à leurs ennemis ou vaincus par eux; par exemple, ils ont été livrés aux Philistins, et ils les ont servi dix-huit ans, et ensuite quarante ans, --- Jug. X, XIII, — ce qui représentait qu'ils avaient abandonné le culte provenant du bien de l'amour et des vrais de la foi pour le culte provenant du mal de l'amour et des faux de la foi; pareillement les fils d'Israël ont été vaincus et resserrés par les Philistins, --- I Sam. IV, XIII, XXVIII, XXIX, XXXI : — au contraire, quand les fils d'Israël revenaient au culte de Jéhovah, qui était le culte d'après le bien de l'amour et les vrais de la foi, les Philistins étaient vaincus; par exemple, - I Sam. VII, XIV. II Sam. V, VIII, XXI, XXIII. II Rois, XVIII : — que ces Historiques enveloppent de telles significations, c'est ce qui ne peut être vu que d'après la série des choses qui y sont décrites dans le sens interne, lorsqu'elle est examinée, mais ce n'est pas ici le lieu; c'est pourquoi je vais rapporter seulement un seul passage des Prophétiques de la Parole, d'après lequel il deviendra évident que de telles choses de l'Église ont été représentées dans ces Historiques par les Philistins; ainsi, dans Ésaïe : « Ne te réjouis pas, Philistée tout entière, de ce qu'a été brisée la verge qui te frappait, car de la racine du serpent sortira un basilic, dont le fruit sera un serpent volant. Alors paîtront les premiers-nés des pauvres, et les indigents avec confiance se coucheront : et je tuerai par la faim ta racine, et tes résidus elle tuera. Gémis, porte; crie, ville; fondue (tu es), Philistée, toi, tout entière; parce que du septentrion une fumée vient, et pas un solitaire dans tes conventions. Alors que répondra-t-on, envoyés de la nation? Que Jéhovah a fondé Sion, et qu'en elle espéreront les malheureux de son peuple. » XIV. 29 à 32; — là est décrite la Philistée, qui signifie l'Église ou ceux qui sont dans l'Église, lesquels, à la vérité, sont dans les vrais d'après le sens de la lettre de la Parole, ou d'après une autre révélation, et néanmoins dans d'impurs amours; de là leurs vrais ne vivent pas, et les vrais qui ne vivent pas sont changés en faux, lorsque de la pensée extérieure, qui est la pensée la plus proche du langage, ils sont mis dans la pensée intérieure qui appartient à l'entendement, et quand l'entendement examine dans leur origine les vrais, que ceux qui sont entendus par les Philistins ne voient pas : s'ils ne voient pas, c'est parce que chaque homme, même le méchant, a la faculté de comprendre, mais n'a pas le bien de la volonté, qui est le bien de la vie, car ce bien tire son origine de l'amour envers Dieu et de l'amour à l'égard du prochain, amours qui font que cette faculté communique avec le Ciel, et par suite reçoit l'illustration. Dans ce Chapitre, dans Ésaïe, sont décrits ceux qui sont dans les vrais sans le bien, et il est décrit que chez eux tous les vrais sont changés en faux. Voici donc le sens spirituel de ces paroles : « Ne te réjouis pas, Philistée tout entière, de ce qu'a été brisée la verge qui te frappait, » signifie qu'ils ne se réjouissent pas de ce qu'il leur est permis de demeurer dans leur hérésie à cause du petit nombre de ceux qui sont dans les vrais d'après le bien ; « car de la racine du serpent sortira un basilic, » signifie que de l'homme sensuel surgira un dogme détruisant tout vrai; la racine du serpent est le sensuel, qui est le dernier de la vie de l'homme, et le basilic est la destruction de tout vrai ; « dont le fruit sera un serpent volant, » signifie d'où naîtra la foi séparée de la charité; cette foi est entendue par le serpent volant, et cela, parce que par les raisonnements et par les confirmations d'après les choses révélées non comprises elle vole en haut, et ainsi tue ce qui vit; il est donc signifié par le basilic la même chose que par le dragon, qui est aussi appelé serpent, et par le serpent volant la même chose que par la bête qui montait de la mer et par celle qui montait de la terre, dans ce Chapitre de l'Apocalypse; « alors paîtront les premiers-nés des pauvres, et les indigents avec confiance se coucheront, «signifie que quand ce dogme aura été reçu par ceux qui sont hommes naturels et sensuels, et qui croient être plus sages que les autres, alors les vrais d'après le bien chez ceux qui désirent les vrais et veulent les biens, auront la vie; les premiers-nés dans la Parole signifient les vrais nés d'après le bien, les pauvres signifient ceux qui ne sont pas dans les vrais, mais cependant les désirent, et les indigents signifient ceux qui ne sont pas dans les biens, mais cependant les veulent de cœur; « et je tuerai par la faim ta racine, et tes résidus elle tuera, » signifie que tous les vrais, depuis leurs premiers jusqu'à leurs derniers, périront par les faux ; « gémis, porte; crie, ville, » signifie qu'il ne sera pas donné entrée vers quelque vrai, et que la doctrine sera composée de purs faux; la porte signifie l'entrée vers les vrais de la doctrine, et la ville la doctrine; « fondue tu es, Philistée, toi, tout entière, » signifie la destruction de cette Église par de purs faux ; « parce que du septentrion une fumée vient, » signifie que tout faux du mal fera irruption de l'enfer; le septentrion est l'enfer, et la fumée est le faux du mal ; « pas un solitaire dans tes conventions, » signifie qu'il n'y aura pas un seul vrai de reste parmi les connaissances; « alors que répondra-t-on, envoyés de la nation? » signifie l'illustration de ceux qui sont dans le bien de la vie d'après l'amour envers le Seigneur; « que Jéhovah a fondé Sion, » signifie que l'Église sera instaurée par eux; « et en elle espéreront les malheureux de son peuple, » signifie que pour ceux qui ne sont pas sages d'après eux-mêmes et qui sont vainqueurs dans les tentations contre ces faux, il y aura intelligence et salut. La vastation du vrai par les faux chez ceux qui sont entendus par les Philistins, est aussi décrite par Jérémie, — XLVII. 1 à 7; — pareillement dans Ezéchiel, — XXV. 15, 16; — dans Joël, — IV. 4, 5, 6;— dans Amos, — I. 8 : — que les mêmes falsifient les vrais, cela est entendu dans Ézéchiel, —XVI. 27,57. II Sam. I. 20, — par les filles des Philistins, car là les filles des Philistins sont les affections du faux. Leur religiosité était aussi représentée par leur idole, qui était appelée Dagon, et placée à Aschdod, laquelle, selon leur description, était faite comme un homme de la tête à l'ombilic, et comme un poisson de l'ombilic jusqu'en bas; comme homme de la tête à l'ombilic, elle représentait l'entendement d'après les vrais, et comme poisson de l'ombilic jusqu'en bas, elle représentait le naturel sans le bien de l'amour; car la partie inférieure jusqu'aux genoux correspond à l'amour céleste, et le poisson signifie l'homme naturel, qui est sans le bien spirituel; que l'homme signifie l'affection du vrai, on le voit ci-dessus, N° 280; voir aussi que la tête de l'homme signifie l'entendement du vrai, et par suite l'intelligence, N° 553; que le poisson signifie l'homme naturel, N° 513, et que les parties génitales d'après la correspondance signifient l'amour céleste, dans les AR­CANES CELESTES, Nos 5050 à 5062. Les hémorroïdes, dont furent aussi frappés les Philislins, quand l'arche de Dieu était tenue captive par eux, signifiaient les vrais souillés par les maux de la vie; mais ces choses et plusieurs autres, qui sont rapportées sur les Philistins dans le Livre I de Samuel, Chap. V, ont été expliquées ci-dessus ; voir N° 700. Le vrai souillé par le mal de la vie est signifié aussi par l'incirconcis, — II Sam. I. 20. Ézéch. XXVIII. 10. XXXI. 18. XXXII. 18,19. XLIV. 9; — car le prépuce correspond à l'amour corporel, parce que le membre que couvre le prépuce correspond à l'amour spirituel et céleste, et comme les Philistins représentaient ceux qui sont dans la science et dans les connaissances du vrai sans aucun bien spirituel et céleste, c'est pour cela qu'ils étaient appelés incirconcis : et comme les fils d'Israël étaient aussi tels en actualité, il leur fut commandé de se circoncire, afin qu'ils représentassent l'Église qui est dans le bien spirituel et céleste, et par suite dans les vrais. D'après ces considérations, on peut voir que celte religiosité, aujourd'hui, qui sépare la charité d'avec la foi, est dans un sens représentatif la Philistée. Jusqu'ici il s'est agi des Philistins; maintenant, il sera dit quelque chose des boucs et des brebis, sur lesquels se fera le jugement, selon les paroles du Seigneur dans Matthieu, — XXV. 31 à 46. — La commune opinion est que là par les boucs sont entendus tous les méchants, et jusqu'à présent on a ignoré que par les boucs, là, il est entendu ceux qui sont dans la foi séparée de la charité, et par les brebis ceux qui sont dans la foi d'après la charité. Par les boucs dans le sens bon sont entendus ceux qui sont dans le bien naturel, et par suite dans les vrais, lesquels vrais sont appelés connaissances du vrai et du bien d'après le sens naturel de la Parole; ceux-ci, ou ce bien et par suite ce vrai, sont signifiés par les boucs qui étaient sacrifiés; que les sacrifices aient aussi été faits avec des boucs, on le voit par le Lévitique, — IV. 23. IX. 2, 3, 4, 8 à 23. XVI. 2 à 20. XXIII. 18, 19. Nombres, XV. 22 à 29. XXVIII. 11 à 15, 18 à 31. XXIX, et ailleurs; — car toutes les bêtes avec lesquelles se faisaient les sacrifices signifiaient des choses qui appartiennent à l'Église, lesquelles se réfèrent toutes à des biens et à des vrais; les biens célestes et par suite les vrais célestes, dans lesquels sont les Anges dans le troisième Ciel, étaient signifiés par les Agneaux ; les biens spirituels, et par suite les vrais spirituels, dans lesquels sont les Anges dans le Ciel moyen, étaient signifiés par les béliers, et les biens naturels, et par suite les vrais naturels, dans lesquels sont les Anges dans le dernier Ciel, étaient signifiés par les boucs : les biens et les vrais célestes sont chez ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur; les biens et les vrais spirituels sont chez ceux qui sont dans l'amour à l'égard du prochain, et les biens et les vrais naturels sont chez ceux qui vivent bien selon les vrais d'après l'affection naturelle; ces biens et ces vrais sont signifiés par ces trois espèces de bêtes dans divers passages de la Parole; par exemple, dans Ézéchiel, — XXVII. 21; — et dans le Deutéronome, — XXXII. 14. — Mais comme dans la Parole la plupart des choses ont aussi le sens opposé, il en est de même des boucs, qui dans ce sens signifient ceux qui sont dans la foi séparée de la charité, et cela, parce qu'ils sont plus lascifs que les autres, et parce que par eux dans le sens réel sont signifiés ceux qui sont dans le bien naturel et par suite dans le vrai naturel; et tous ceux qui sont dans la foi séparée de la charité, tant par la doctrine que par la vie, sont purement naturels : que ceux-là soient entendus par les boucs dans la Parole, c'est ce qui m'a été montré au vif dans le Monde spirituel; là apparaissent diverses bêtes, mais ce ne sont pas des bêtes telles que celles de notre monde, à savoir, qui sont nées bêtes, mais ce sont les correspondances des affections et des pensées des esprits et des Anges; c'est pourquoi, dès que ces affections, et par suite ces pensées, varient et cessent, ces bêtes disparaissent à la vue : afin que je susse que ceux qui sont dans la foi séparée de la charité, ou plutôt leurs affections et par suite leurs pensées d'après leur foi, sont représentées par les boucs, il m'a été donné de voir quelques-uns de ces esprits; et ils apparurent devant mes yeux, et devant les yeux de plusieurs autres, absolument comme des boucs avec des cornes; et il m'a aussi été donné de voir envoyer parmi eux des béliers et des brebis, contre lesquels ces boucs enflammés de colère se jetaient, et ils s'efforçaient de les terrasser, mais en vain; car dans le Monde spirituel les boucs n'ont aucune puissance contre les béliers ou les brebis, c'est pourquoi les boucs étaient renversés à terre : et plus tard il me fut donné de voir les mêmes comme hommes, ce qui me donna la certitude que les boucs étaient les mêmes que ceux qui dans le monde avaient vécu dans la foi séparée d'avec la charité. D'après ces considérations, on peut voir ce qui est signifié par le bélier et par le bouc, et par leur combat dans Daniel, Chap. VIII, à savoir, que par le bélier il y est entendu ceux qui sont dans la foi d'après la charité, et par le bouc ceux qui sont dans la foi séparée d'avec la charité; il y est donc décrit l'état futur de l'Église, à savoir, que la foi séparée dissipera toute charité, qui est le bien de la vie, et que le faux par suite dominera dans le Monde Chrétien : pour illustration, je vais rapporter, en somme, ce qui est dit du bélier et du bouc dans Daniel ; le voici : Daniel en vision vit un bélier qui avait deux cornes, l'une haute plus que l'autre, et la haute montait en arrière, et il se faisait grand; mais alors un bouc de chèvres vint de l'occident sur les faces de toute la terre, et il s'élança sur le bélier, le frappa, et brisa ses deux cornes; et il le jeta à terre et le foula : il avait une corne entre les yeux, et quand elle eut été brisée, il monta quatre cornes à sa place, selon les quatre vents des cieux; et de l'une d'elles sortit une seule corne, qui grandit beaucoup, et jusqu'à l'armée des cieux; et elle jeta à terre (une partie) de l'armée, et des étoiles, et les foula : et même jusqu'au prince de l'armée elle s'éleva, et à lui fut ôté le sacrifice perpétuel, et fut renversé l'habitacle de son sanctuaire; et elle jeta la vérité à terre. » VIII. 1 à 14 et suiv.  ; — que là par le bélier il soit entendu ceux qui sont dans la foi d'après la charité, et par le bouc ceux qui sont dans la foi séparée de la charité, on le voit ci-dessus, Nos 316 et 573, où les mêmes paroles ont été expliquées ; il est donc inutile de les expliquer davantage. Que par les boucs soient entendus ceux qui sont dans la foi séparée d'avec la charité, et par les béliers ceux qui sont dans la foi d'après la charité, on le voit aussi dans Ézéchiel : « Vous, mon troupeau; voici, Moi, je juge entre bête et bête (du menu bétail), entre les béliers et les boucs. » — XXXIV. 17: — puis dans Zacharie : « Contre les pasteurs s'est embrasée ma colère, et sur les boucs je ferai la visite. » X. 3. — D'après cela on peut voir que par les boucs et par les brebis dans Matthieu, — XXV. 31 à 46, — il n'en est pas entendu d'autres ; c'est pourquoi, là, il est seulement fait un recensement des œuvres de la charité que les brebis avaient faites, et que les boucs n'avaient pas faites. Que ceux-ci soient entendus dans ce passage par les boucs, c'est aussi ce qui a été confirmé, lorsque le Jugement Dernier a été fait sur ceux qui étaient de l'Église Chrétienne; alors tous ceux qui avaient été dans la foi séparée d'avec la charité, tant par la doctrine que par la vie, furent jetés dans l'enfer, et tous ceux qui avaient été dans la foi d'après la charité furent conservés.



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