| Apocalypse Expliquée 815. 815. Et je vis une autre Bête qui montait de la Terre, signifie les confirmations d'après le sens de la lettre de la Parole pour la foi séparée d'avec la vie, et par suite les falsifications du vrai de l'Église : on le voit par la signification des deux bêtes dont il est parlé dans ce Chapitre, en ce que ce sont les choses qui confirment celles qui sont signifiées par le dragon; car par le dragon est signifiée principalement la foi seule; voir ci-dessus, N° 714 ; et par la bête qui montait de la mer sont signifiés les raisonnements d'après l'homme naturel qui confirment la séparation de la foi d'avec la vie ; voir aussi ci-dessus, N° 774 ; donc par cette bête-ci sont signifiées les confirmations d'après le sens de la lettre de la Parole pour la foi séparée d'avec la vie, et par suite les falsifications du vrai de l'Église : que le dragon soit ultérieurement décrit par ces deux bêtes, cela est évident par les Versets 2, 4, 11 de ce Chapitre. Il y a aussi deux choses par lesquelles un dogme hérétique peut être confirmé, à savoir, les raisonnements d'après l'homme naturel, et les confirmations d'après le sens de la lettre de la Parole; ces deux choses donc sont signifiées par ces deux bêtes. Si par la première bête sont signifiés les raisonnements d'après l'homme naturel, c'est parce que par la mer, d'où cette bête montait, il est signifié le naturel de l'homme; et si par cette bête-ci sont signifiées les confirmations d'après le sens de la lettre de la Parole, c'est parce que par la terre, d'où elle montait, il est signifié l'Église où est la Parole : si les falsifications de la Parole sont aussi signifiées par cette bête, c'est parce que la Parole ne peut jamais confirmer un dogme faux, à moins qu'elle ne soit falsifiée; car toutes les choses de la Parole sont des vrais; c'est pourquoi tous les vrais peuvent être confirmés par la Parole, et nullement les faux, comme on peut le voir clairement par ce qui a été dit ci-dessus, et aussi par ce qui suivra dans ce Chapitre. Puisque ci-dessus, N° 785, il a été rapporté de la Parole des passages où il est dit Œuvres, Faits, Opérer et Faire, je vais rapporter ici des passages où la Foi et Croire sont nommés, mais seulement des passages des Évangélistes, et non des passages des Épîtres des Apôtres ; si c'est seulement des Évangélistes, c'est parce que dans l'Evangile sont les paroles du Seigneur Lui-Même, qui toutes renferment en elles un sens spirituel, par lequel il y a une communication immédiate avec le Ciel; mais dans les écrits des Apôtres il n'y a pas un tel sens; ces écrits sont néanmoins des livres utiles à l'Eglise. Les passages où il est dit dans la Parole la foi et croire sont les suivants; dans Matthieu : « Le centurion vint vers le Seigneur, disant : Seigneur, je ne suis pas digne que sous mon toit tu entres; mais seulement dis une parole, et sera guéri mon serviteur. Jésus, ayant entendu cela, fut dans l'admiration; et il dit à ceux qui le suivaient : En vérité, Je vous dis: Même en Israël une si grande foi je n'ai point trouvé. Et il dit au centurion : Va, et selon que tu as cru, qu'il te soit fait. Et fut guéri son serviteur à cette heure-là. » — VIII. 8, 10, 13; — si le Seigneur a guéri celui-ci et les autres selon leur foi, c'est parce que le premier et le principal pour l'Église, qui allait être instaurée, c'était que l'on crût que le Seigneur était le Dieu tout-puissant, car sans cette foi aucune Église ne pouvait être instaurée; en effet, le Seigneur était le Dieu du Ciel et le Dieu de la terre, avec lequel il n'y a de conjonction que par la reconnaissance de sa Divinité, reconnaissance qui est la foi : que le centurion ait reconnu le Seigneur comme Dieu Tout-Puissant, cela est évident, car il a dit « je ne suis pas digne que sous mon toit tu entres; mais seulement dis une parole, et sera guéri mon serviteur. » Dans le Même : « Une femme, qui souffrait d'une perte de sang, toucha le bord du vêtement de Jésus, car elle disait en elle-même : Si seulement je touche son vêtement, je serai guérie. Jésus, s'étant retourné et la voyant, dit : Fille, aie confiance, ta foi t'a sauvée. Et elle fut guérie à cette heure-là. » — IX. 20, 21, 22. — Dans le Même : « On lui présenta un paralytique couché sur un lit; Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : Aie confiance, tes péchés te sont remis; lève-toi, emporte ton lit, et va dans ta maison. » — IX. 2 à 7. Luc, V. 19 à 25. — Dans le Même : « Deux aveugles criaient et disaient : Aie pitié de nous, Fils de David. Jésus leur dit : Croyez-vous que je puisse faire cela? Ils lui dirent : Oui, Seigneur. Alors il toucha leurs yeux en disant : Que selon votre foi il vous soit fait. Et furent ouverts leurs yeux. » — IX. 27, 28, 29; — par cette foi, par laquelle ont été guéris les malades, il n'est pas entendu d'autre foi que celle qui est appelée historique, laquelle aussi dans ce temps là a été miraculeuse; c'est pourquoi beaucoup par cette foi ont fait des miracles dans ce temps ; c'était la foi que le Seigneur était Tout-Puissant, parce qu'il pouvait par lui-même faire des miracles; c'est pourquoi il a aussi admis les adorations qu'on lui a faites, tout autrement que les Prophètes de l'Ancien Testament, qui n'ont point été adorés : mais cette foi historique précède en général avant que la même foi devienne salvifique, car la foi historique devient salvifique chez l'homme alors que l'homme apprend les vrais d'après la Parole et vit selon ces vrais. Dans le Même : « Une femme cananéenne, dont la fille était tourmentée par un démon, vint et adora Jésus, en disant : Seigneur, viens à mon secours. Jésus lui dit : Grande est ta foi; qu'il te soit fait comme tu veux. Et fut guérie sa fille. » — XV. 22 à 28. — Dans Jean : « Un officier royal, dont le fils était malade, pria Jésus de guérir son fils, qui allait mourir; Jésus lui dit : Va, ton fils vit. Et l'homme crut à la parole que lui avait dite Jésus; et ses serviteurs vinrent au devant de lui, en disant : Ton fils vit; c'est pourquoi il crut, lui et toute sa maison. » — IV. 46 à 53. — Dans le Même : « Jésus trouvant l'aveugle-né, qu'il avait guéri, lui dit : Toi, crois-tu au Fils de Dieu ? Il répondit, lui, et dit : Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui? Jésus lui dit : Et tu l'as vu, et celui qui te parle, c'est Lui. Il dit, lui : Je crois, Seigneur; et il l'adora. — IX. 35 à 38. — Dans Luc : « Jésus dit au chef de la synagogue, dont la fille était morte : Ne crains point, crois seulement, et elle sera sauvée. Et sa fille fut ressuscitée. » —VIII. 50, 55. — Dans le Même : « Un des dix lépreux, que le Seigneur avait guéris, revint; il était Samaritain; et il tomba sur sa face aux pieds de Jésus. Et Jésus lui dit : Lève-toi, va, ta foi t'a sauvé. » — XVII. 19. — Dans le Même : « Jésus dit à un aveugle : Ta foi t'a sauvé. Et à l'instant il put voir. » — XVIII. 42, 43. — Dans Marc : « Jésus dit au père du fils qui avait un esprit muet que les disciples n'avaient pu chasser : Si tu peux croire, toutes choses sont possibles pour celui qui croit. Le père de l'enfant, s'écriant avec larmes, dit : Je crois, Seigneur, subviens à mon incrédulité. Et l'enfant fut guéri. » — IX. 17, 23, 24; — si la foi au Seigneur les a guéris, il y avait pour cela trois causes; la première, c'est qu'ils reconnaissaient sa Toute-Puissance Divine, et qu'il était Dieu : la seconde, c'est parce que la foi est une reconnaissance, et d'après la reconnaissance une intuition, et que toute intuition d'après la reconnaissance met un autre en présence de soi, ce qui est commun dans le Monde Spirituel, ici donc l'intuition d'après la reconnaissance de la toute-puissance du Seigneur; et c'était d'après elle qu'ils devaient d'abord considérer le Seigneur, lorsqu'une nouvelle Église allait être instaurée par Lui, d'où l'on peut voir ce qui est entendu là par la foi: la troisième cause, c'est que toutes les maladies, que le Seigneur a guéries, représentaient et par suite signifiaient des maladies spirituelles correspondantes à ces maladies naturelles, et que les maladies spirituelles ne peuvent être guéries que par le Seigneur, et même par une intuition en sa Divine Toute-Puissance, et par une pénitence de la vie; c'est même pour cela qu'il a dit quelquefois « tes péchés te sont remis, va et ne pèche plus; » cette foi aussi était représentée et signifiée par cette foi miraculeuse; mais foi par laquelle les maladies spirituelles sont guéries par le Seigneur n'est donnée qu'au moyen des vrais d'après la Parole et de vie selon ces vrais; les vrais eux-mêmes et la vie selon ces vrais font la qualité de la foi; mais il en sera dit davantage sur cette foi dans ce qui suit. Dans Jean : « La sœur de Lazare qui venait mourir dit : Seigneur, il sent déjà. Jésus lui dit : Ne t'ai-je point dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu? » --- XI. 39, 40. — Dans Luc : « Jésus dit à la femme pécheresse, qui arrosait de larmes ses pieds, et des cheveux de sa tête les essuyait, et baisait ses pieds, et les oignait d'huile : Tes péchés te sont remis; ta foi t'a sauvée, va-t'en en paix. » VII. 38, 48, 50 ; — par ces passages il est encore évident que la foi à la Toute-Puissance du Seigneur les a guéris, et aussi que la même foi a remis, c'est-à-dire, a éloigné les péchés; la raison de cela, c'est que, non-seulement cette femme a eu foi à la Divine Toute-Puissance du Seigneur, mais encore elle l'a aimé, car elle baisait ses pieds; c'est pourquoi le Seigneur a dit : Tes péchés te sont remis, ta foi t'a sauvée; car la foi place le Divin du Seigneur en présence de soi, et l'amour conjoint; en effet, le Seigneur peut être mis en présence, mais non être conjoint ; de là il est évident que d'après l'amour la foi sauve. « Jésus dit aux disciples dans la barque : Pourquoi êtes-vous timides, gens de petite foi? Alors, s'étant levé, il réprimanda le vent et la mer, et il se fit un grand calme.» — Matth. VIII. 26. Marc, IV. 39, 40, 41. Luc, VIII. 24, 25. — « Pierre par l'ordre du Seigneur descendit de la barque et marcha sur les eaux; mais, voyant le vent fort, il eut peur; et, commençant à enfoncer, il cria, disant : Seigneur, sauve-moi. Aussitôt Jésus, lui saisissant la main, dit : Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté? » Matth. XIV. 28 à 31. — « Les disciples n'ayant pas pu guérir le lunatique, Jésus leur dit : O génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous? Et Jésus le guérit; et il dit aux disciples, qu'ils n'avaient pas pu le guérir à cause de leur incrédulité. » — Matth. XVII. 14 et suiv. — « Jésus vint dans sa patrie, et là ils eurent en Lui un sujet de chute; et Jésus dit : Un prophète n'est sans honneur que dans sa patrie et dans sa maison; c'est pourquoi il ne fit pas là beaucoup d'actes de puissance à cause de leur incrédulité.» Matth. XIII. 57, 58; — si le Seigneur a appelé les disciples hommes de petite foi, quand ils ne pouvaient pas faire des miracles en son Nom, et si Lui-Même n'a pas pu faire des miracles dans sa patrie à cause de leur incrédulité, c'était parce que les disciples croyaient, il est vrai, que le Seigneur était le Messie ou le Christ, puis aussi le Fils de Dieu et le Prophète, de qui il était écrit dans la Parole, mais néanmoins ils ne croyaient pas encore qu'il fût Dieu Tout-Puissant, ni que Jéhovah, le Père, fût en Lui; et cependant en tant qu'ils le croyaient homme, et non en même temps Dieu, son Divin, auquel appartient la Toute-Puissance, ne pouvait pas se montrer présent aux disciples par la foi, car la foi montre le Seigneur présent, comme il a été dit ci-dessus, mais la foi au Seigneur comme homme seulement ne montre pas présente sa Toute-Puissance Divine; cette cause est aussi celle pour laquelle ne peuvent pas être sauvés ceux qui, aujourd'hui dans le monde, portent seulement leurs regards vers son Humain, et non en même temps vers son Divin, comme font les Sociniens et les Ariens. Ce fut par une cause semblable que le Seigneur ne put pas faire de miracles dans sa patrie, parce que là ils l'avaient vu dès son enfance comme un autre homme; c'est pourquoi à cette idée ils ne pouvaient joindre l'idée de Divinité, et quand celle-ci ne se présente pas, le Seigneur est présent, il est vrai, mais non avec sa Divine Toute Puissance dans l'homme, car la foi montre le Seigneur présent dans l'homme selon la qualité de la perception qu'on a de Lui; les autres choses, l'homme ne les reconnaît pas, et ainsi les rejette; en effet, pour que le Seigneur opère quelque chose par la foi chez l'homme, il faut qu'il y ait la présence du Divin du Seigneur dans l'homme, et non hors de lui. Dans Jean : « Beaucoup d'entre la foule crurent en Jésus, et disaient : le Christ, quand il viendra, fera-t-il plus de signes que celui-ci n'en a faits? » Vil. ai. — Dans Marc : « Ces signes suivront ceux qui croiront : En mon Nom des démons ils chasseront, des langues nouvelles ils parleront, des serpents ils saisiront, quand même quelque chose de mortel ils auraient bu, cela ne leur nuira point, à des malades ils imposeront les mains, et bien ils se porteront. Eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant et confirmant la parole par les signes qui s'ensuivaient. » — XVI. 17 à 20; — que ce soit la foi miraculeuse et non la foi salvifique qui soit entendue là, on peut encore le voir en ce que la nation juive croyait seulement en Jéhovah à cause des miracles; en effet, les Juifs étaient des hommes externes, et ceux-ci sont seulement portés au culte Divin par des externes, qui frappent le mental (animus), tels que sont les miracles ; la foi miraculeuse était aussi la foi première chez ceux chez qui la nouvelle Église allait être instaurée; cette foi est aussi la foi première chez tous dans le Monde Chrétien aujourd'hui; c'est pourquoi les miracles faits par le Seigneur ont été décrits, et aussi sont prêches; car la foi première chez tous est la foi historique, qui ensuite devient salvifique, quand l'homme par la vie devient spirituel; car avant tout il faut croire que le. Seigneur est le Dieu du Ciel et de la terre, et qu'il est Tout-Puissant, Tout-Présent, Tout-Sachant, Infini, et un avec le Père; il faut qu'on sache ces choses, et en tant que seulement on les sait, elles sont historiques, et la foi historique fait que le Seigneur est présent, car cette foi est une intuition du Seigneur d'après la qualité de sa Divinité; mais néanmoins cette foi ne sauve pas, avant que l'homme vive la vie de la foi, qui est la charité, car alors il veut et fait ce qu'il croit, et vouloir et faire appartient à l'amour, et l'amour conjoint celui que la foi fait être présent. Ce qu'ont signifié ces miracles que les disciples devaient faire, et ceux qui ont été faits par eux au commencement de l'Eglise chrétienne, comme de chasser les démons, de parler de nouvelles langues, etc., on le voit ci-dessus, N° 706. Dans Matthieu : « Jésus dit : En vérité, je vous dis : Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait, et rien ne vous serait impossible. » — XVII. 14 à 20. — Dans Marc : « Ayez la foi de Dieu; en vérité, je vous dis que quiconque dira à cette montagne : Ote-toi, jette-toi dans la mer, et ne doutera pas en son cœur, mais croira que ce qu'il dit arrivera, il lui sera fait ce qu'il aura dit. C'est pourquoi je vous dis : Toutes les choses qu'en priant vous demanderez, croyez que vous les recevrez, alors cela vous sera fait. » — XI. 22, 23, 24. — Dans Matthieu : « Jésus dit aux disciples : Si vous aviez de la foi, et que vous ne doutassiez point, non-seulement vous feriez ce qui a été fait au figuier, mais même si à cette montagne vous disiez : Ote-toi, et jette-toi dans la mer, cela se ferait. Et même tout ce que vous demanderez en croyant en Moi, vous le recevrez. » — XXI. 21, 22. — Dans Luc : « Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à ce sycomore : Déracine-toi, et plante-toi dans la mer; et il vous obéirait. » — XVII. 6; — que ces choses doivent être entendues autrement que selon les paroles, on peut le voir en ce qu'il a été dit aux disciples, que s'ils avaient de la foi comme un grain de sénevé, ils pourraient arracher de leur place une montagne et un sycomore, et les jeter dans la mer; puis aussi, que toutes les choses qu'ils demanderaient ils les recevraient, lorsque cependant il n'est pas de l'Ordre Divin que chacun reçoive ce qu'il demande pourvu qu'il ait la foi, ni qu'on puisse arracher de leur place une montagne et un arbre, et les jeter dans la mer; mais ici par la foi il est entendu la foi par le Seigneur; c'est même pour cela qu'elle est appelée la foi de Dieu, et celui qui est dans la foi par le Seigneur ne demande pas autre chose que ce qui est avantageux au royaume du Seigneur et à lui-même pour le salut; les autres choses, il ne les veut pas, car il dit en son cœur : Pourquoi demander des choses qui ne sont pas d'un tel usage? c'est pourquoi il ne peut avoir aucune foi de Dieu ou aucune foi par le Seigneur, en demandant ce que le Seigneur ne lui accorde pas de demander; et même il est impossible aux Anges du Ciel de vouloir autre chose, par conséquent de demander autre chose ; si c'est une autre chose, ils ne peuvent avoir la foi qu'ils la recevront. Si le Seigneur a comparé une telle foi à la force et à la puissance de jeter une montagne ou un sycomore dans la mer, c'est parce que le Seigneur, ici comme ailleurs, a parlé par des correspondances ; c'est pourquoi ces paroles aussi doivent être entendues spirituellement; en effet, par la montagne est signifié l'amour de soi et du monde, ainsi l'amour du mal; et par le sycomore est signifiée la foi de cet amour, qui est la foi du faux d'après le mal; et par la mer est signifié l'enfer; c'est pourquoi par arracher une montagne et la jeter dans la mer par la foi de Dieu, il est signifié jeter dans l'enfer ces amours qui en eux-mêmes sont diaboliques, pareillement la foi du faux d'après le mal; cela est fait par la foi qui vient du Seigneur : si la comparaison de la force et de la puissance de la foi qui vient du Seigneur a été faite avec une montagne et un sycomore arrachés et jetés dans la mer, c'est aussi parce dans le Monde Spirituel cela a réellement lieu ainsi ; ces amours mauvais y apparaissent parfois comme des montagnes, et la foi du faux d'après le mal comme un sycomore, et par la foi qui vient du Seigneur ces montagnes et ce sycomore peuvent être arrachés et jetés dans l'enfer par un Ange; que par la montagne il soit signifié l'amour envers le Seigneur, et dans le sens opposé l'amour de soi, on le voit ci-dessus, Nos 405, 510; et que le figuier ou le sycomore signifie l'homme naturel quant aux biens et aux vrais qui sont là, et dans le sens opposé l'homme naturel quant aux maux et aux faux, on le voit ci-dessus, N°403. Tout cela concerne la foi miraculeuse; suivent maintenant les passages des Évangélistes sur la foi salvifique, qui est la foi du vrai d'après l'amour envers le Seigneur; dans Jean : « De même que Moïse éleva le serpent dans le désert, de même il faut que soit élevé le Fils de l'homme, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle; car Dieu a tellement aimé le monde, que son Fils unique- engendré il a donné, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas; mais qu'il ait la vie éternelle. Qui croit en lui n'est point jugé, mais qui ne croit point a déjà été jugé, parce qu'il n'a point cru au nom de l'unique-engendré Fils de Dieu. » — III. 14 à 19. — Dans le Même : « Le Père aime le Fils, et a donné toutes choses en sa main. Qui croit au Fils a la vie éternelle, mais qui ne croit point au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » — III. 35, 36. — Dans le Même : « Si vous ne croyez pas que Moi je suis, vous mourrez dans vos péchés. » — VIII. 24. — Dans le Même : « Ils dirent à Jésus : Que ferons-nous pour travailler aux œuvres de Dieu? Jésus répondit et dit : Ceci est l'œuvre de Dieu que vous croyiez en Celui que le Père a envoyé. Moi, je suis le pain de vie; qui vient à moi n'aura point faim, et qui croit en Moi n'aura jamais soif. C'est la volonté de Celui qui M'a envoyé, que quiconque voit le Fils et croit en Lui ait la vie éternelle et que je le ressuscite au dernier jour. Non pas que personne ait vu le Père, si ce n'est Celui qui est chez le Père, Celui-ci a vu le Père. En vérité, je vous dis : Qui croit en Moi a la vie éternelle; Moi, je suis le pain de vie. » — VI. 29, 33,35, 36, 40, 47, 48. — Dans le Même : « Jésus dit : Quiconque entend ma parole et croit en Celui qui M'a envoyé a la vie éternelle, et en jugement il ne viendra point, mais il passera de la mort à la vie. En vérité, je vous dis qu'il viendra une heure où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'entendront vivront. Comme le Père a la vie en Lui-Même, pareillement il a donné au Fils d'avoir la vie en Lui-Même. » — V. 24, 25, 26. — Dans le Même : « Jésus cria, disant : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi et qu'il boive; qui croit en Moi, comme a dit l'Écriture, de son ventre couleront des fleuves d'eau vive. Il disait cela de l'esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui, » — VII. 37, 38, 39. — Dans le Même : « Jésus dit : Moi, je suis la résurrection et la vie; celui qui croit en Moi, bien qu'il meure, vivra. Et quiconque vit et croit en Moi ne mourra point durant l'éternité. » — XI. 25, 26, 27. — Dans le Même : « Jésus cria et dit : Qui croit en Moi, croit non pas en Moi mais en Celui qui M'a envoyé. Moi, lumière, dans le monde je suis venu, afin que quiconque croit en Moi ne demeure point dans les ténèbres. Et si quelqu’un entend mes paroles, et ne croit pas, Moi, je ne le juge point ; qui Me méprise et ne reçoit pas mes paroles, il a qui le juge; la parole, que j'ai prononcée, le jugera au dernier jour. » — XII. 44 à 48. — Dans le Même : « Tandis que la lumière vous avez, croyez en la lumière, afin que des fils de lumière vous soyez. » — XII. 36. — Dans le Même : « Que ne se trouble point votre cœur, croyez en Dieu, et en Moi croyez. » — XIV. 1. — Dans le Même : « A tous ceux qui ont reçu Jésus, il leur a donné pouvoir de devenir des enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom. » — I. 12. — Dans le Même : « Beaucoup crurent en son Nom, voyant les signes qu'il faisait. » — II. 23. — Dans le Même : « Ces signes sont écrits, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et afin qu'en croyant vous ayez vie en son Nom. » — XX. 31. — Dans Marc : « Jésus dit aux disciples : En allant par le monde entier, prêchez la bonne nouvelle à toute créature. Celui qui aura cru, et aura été baptisé, sera sauvé; mais celui qui n'aura pas cru sera condamné. » — XVI. 15, 16 ; — dans ces passages et dans d'autres est décrite la foi salvifique, en ce qu'il faut croire au Seigneur, et en ce que croire en Lui c'est aussi croire au Père, parce que Lui et le Père sont un. Par croire au Seigneur, il est signifié, non-seulement l'adorer et lui rendre un culte, mais encore vivre par Lui; et l'on vit par Lui lorsqu'on vit selon la Parole, parce que la Parole vient de Lui; c'est pourquoi croire en Lui, c'est croire qu'il régénère l'homme et qu'il donne la vie éternelle à ceux qui ont été régénérés par Lui. La même chose que par croire en Lui est signifiée par croire en son Nom ; car le Nom du Seigneur signifie toute qualité de la foi et de l'amour, par laquelle Lui-Même doit être adoré, et par laquelle l'homme est sauvé par Lui; si cela est signifié par son Nom, c'est parce que dans le Monde Spirituel il n'est donné aux personnes d'autres Noms que selon la qualité de leur affection et de leur vie; de là chacun est connu, tel qu'il est, d'après son Nom seul; ainsi, quand le nom de quelqu'un est énoncé par un autre, et que la qualité qui est entendue par le nom est aimée par cet autre, alors celui-là se trouve présent, et ils sont conjoints comme compagnons ou comme frères : or, la qualité du Seigneur est le tout de la foi et de l'amour, par quoi l'homme est sauvé par Lui, car cette qualité est l'essence qui procède de Lui ; c'est pourquoi, quand l'homme pense à cette qualité, le Seigneur se trouve présent chez lui et quand l'homme aime cette qualité, le Seigneur est conjoint à lui; de là vient que ceux qui croient en son Nom ont la vie éternelle; par là on voit clairement combien il est nécessaire que l'homme sache la qualité de la foi et de l'amour, laquelle est le Nom du Seigneur, et qu'il aime cette qualité, ce qui a lieu quand il fait les choses qui ont été commandées par le Seigneur. Les Noms de Jésus et de Christ enveloppent aussi cette qualité, car Jésus signifie la salvation, et Christ ou Messie signifie le Divin Vrai, qui est le tout de la foi et de l'amour quant aux connaissances, à la doctrine et à la vie ; lors donc que ces noms sont nommés, il faut penser à cette qualité, et vivre selon cette qualité; cela est entendu par les paroles du Seigneur dans Matthieu : « Jésus dit : Si deux d'entre vous s'accordent en mon Nom sur la terre pour quelque chose que ce soit qu'ils demanderont, cela leur sera fait par mon Père qui est dans les Cieux; car où sont deux ou trois, assemblés en mon Nom, là je suis au milieu d'eux, » — XVIII. 19, 20; — il y a, il est vrai, présence du Seigneur chez tous, et aussi amour à l'égard de tous, mais néanmoins l'homme ne peut être conduit et sauvé par le Seigneur que selon la réception du Seigneur dans l'homme par la foi et l'amour envers Lui. D'après ces considérations, on voit clairement combien il est nécessaire pour l'homme qu'il sache la qualité de la foi et de l'amour, laquelle est le Nom du Seigneur; puis aussi, qu'il aime cette qualité, car le Seigneur n'est aimé que par sa qualité. Qu'il faille s'adresser au Seigneur et non au Père, et qu'il faille l'adorer selon la qualité de la foi et de l'amour, laquelle est prescrite dans la Parole, et non le Père, le Seigneur Lui-Même l'enseigne, en disant que personne ne vit jamais le Père, mais que le Fils l'expose; que personne ne vient au Père que par Lui; comme aussi, parce que le Père et Lui sont un ; c'est pourquoi, s'adresser au Père et non à Lui, c’est d'un seul faire deux, et ainsi adorer hors du Seigneur ce Divin qui est en Lui; par là aussi périt chez l'homme l'idée de la Divinité au sujet du Seigneur ; d'après ces considérations, on voit clairement de nouveau cette vérité, que celui qui croit au Fils a la vie éternelle. Que croire au Seigneur, ce soit croire au Père, le Seigneur l'enseigne aussi Lui-Même dans Jean : « Qui croit en Moi, ne croit pas en Moi, mais en Celui qui M'a envoyé; et qui Me voit, voit Celui qui M'a envoyé. » — XII. 44, 45; — par ces paroles il est entendu que celui qui croit au Seigneur, ne croit pas en Lui séparé du Père, mais aussi au Père, c'est pourquoi il est ajouté : « Qui Me voit, voit Celui qui M'a envoyé. » Puis aussi ailleurs, dans Jean : « Croyez en Dieu, et en Moi croyez. » — XIV. 1. — Dans le Même : « Philippe, ne crois-tu pas que Moi (je suis) dans le Père, et que le Père (est) en Moi; croyez-Moi, que Moi (je suis) dans le Père, et que le Père (est) en Moi. En vérité, je vous dis : Celui qui croit en Moi, les œuvres que Moi je fais, lui aussi il les fera, parce que Moi vers mon Père je vais. » — XIV. 10,11,12. — Dans le Même : « En ce jour-là, en mon Nom vous demanderez, et je ne vous dis pas que Moi je prierai le Père pour vous; le Père Lui-Même vous aime, parce que, vous, vous M'avez aimé, et que vous avez cru que de Dieu je suis sorti; je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde, et je m'en vais au Père. Les disciples dirent : En ceci nous croyons que de Dieu tu es sorti. » — XVI. 26, 27, 28, 30 ; — sortir du Père signifie avoir été conçu de Lui; et s'en aller au Père signifie être pleinement uni à Lui; que sortir du Père, ce soit avoir été conçu de Lui, on le voit clairement d'après la conception du Seigneur, dans Matthieu, — I. 18 à 25, — et dans Luc, — I. 34, 35; et que s'en aller au Père ce soit être pleinement uni à Lui, cela est évident d'après la glorification de son Humain par la Passion de la croix, dont il a été parlé précédemment; c'est pourquoi il dit : « En ce jour-là, en mon Nom vous demanderez, et non plus au Nom du Père. » Dans le Même : « Jésus dit à Thomas : Parce que tu M'as vu, Thomas, tu as cru; heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru ! Et Thomas dit : Mon Seigneur et mon Dieu ! » — XX. 28, 29; — comme le Seigneur était alors pleinement uni au Divin Même, qui est appelé le Père, c'est pour cela que Thomas l'appelle son Seigneur et son Dieu. Pareillement ailleurs, dans le Même : «Vous, à Celui que le Père a sanctifié et qu'il a envoyé dans le monde, vous dites : Tu blasphèmes, parce que j'ai dit : Fils de Dieu je suis! Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne Me croyez pas; si je (les) fais, bien que vous ne Me croyiez pas, croyez aux œuvres, afin que vous connaissiez et que vous croyiez que le Père (est) en Moi, et Moi en Lui. » — X. 36, 37, 38; — que les Juifs n'aient pas cru, cela est évident dans Jean, — V. 14 à 47. X. 24, 25, 26. XII. 37 à 49. Matth. XXI. 31, 32; — la cause de leur incrédulité, c'est qu'ils voulaient un Messie, qui les élevât en gloire au-dessus de toutes les nations du monde, et parce qu'ils étaient entièrement naturels et non spirituels, et qu'ils avaient falsifié la Parole, principalement lorsqu'il s'agit du Seigneur et aussi d'eux-mêmes; que ce soit à cause de cela qu'ils n'ont pas cru, on le voit clairement par la foi des Juifs encore aujourd'hui ; ceux qui sont entièrement naturels savent à peine quelque chose du royaume du Seigneur dans les Cieux, et veulent à peine en savoir quelque chose. Qu'aujourd'hui dans le Monde Chrétien on ne croira pas non plus que le Seigneur est un avec le Père, et par conséquent Dieu du Ciel et Dieu de la terre, cela est entendu par les paroles du Seigneur dans Luc : « Quand le Fils de l'homme viendra, est-ce qu'il trouvera la foi sur la terre? » — XVIII. 8; — mais sur ce sujet, le Seigneur le voulant, il sera dit plusieurs choses ailleurs.
|