|
|
| Apocalypse Expliquée 783. 783. Et lui donna le dragon sa puissance, et son trône, et un pouvoir grand, signifie que ceux qui séparent la foi d'avec la vie soutiennent leurs doctrinaux et les corroborent par des ratiocinations provenant d'illusions, et ainsi séduisent puissamment : on le voit par la signification de la bête à qui le dragon donna ses forces, en ce que ce sont les raisonnements d'après l'homme naturel, qui confirment la séparation de la foi d'avec la vie, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, N° 774; que ces raisonnements proviennent des illusions des sens, c'est parce que cette bête fut vue semblable à un léopard, et ses pieds comme d'ours, et que par les pieds de l'ours sont signifiées les illusions, ainsi qu'il a aussi été montré ci-dessus, N° 781 ; et par la signification de donner sa puissance, son trône et un pouvoir grand, en ce que c'est affermir les doctrinaux, et ainsi les corroborer; la puissance signifie la valeur, le trône signifie l'Église quant à la doctrine qui provient des faux, et un pouvoir grand signifie l'affermissement et la corroboration qui en résulte; que ces choses se joignent aux raisonnements et à leurs illusions, cela a été montré ci-dessus. Si ceux qui séparent la foi d'avec la vie, c'est-à-dire, d'avec les bonnes œuvres, ont puissance, trône et pouvoir, ce n'est pas que les faux, dans lesquels ils sont, aient en eux-mêmes de la puissance, car les faux d'après le mal n'ont absolument aucune puissance, parce que toute puissance appartient aux vrais d'après le bien; mais les faux ont de la puissance sur les faux, parce que les semblables en ont sur les semblables; on peut manifestement le voir par la puissance des esprits infernaux entre eux, car ils l'exercent par des choses imaginatives et des simulacres de correspondances, par lesquels ils veulent se montrer très-puissants et très-forts; mais néanmoins ils n'ont absolument aucune puissance contre les vrais, et elle est tellement nulle que ce n'est rien : je pourrais le confirmer d'après de nombreuses expériences, si c'était le lieu de s'étendre jusqu'à ce point dans ces Explications sur l'Apocalypse : on peut seulement le voir en ce que les Enfers, dans lesquels il y a des myriades de myriades d'esprits, sont tenus liés par le Divin Vrai procédant du Seigneur, au point qu'aucun d'eux n'ose lever un doigt de la main; puis aussi, en ce que des milliers de cohortes de mauvais esprits peuvent, au moyen des vrais procédant du Seigneur, être conduits, contraints, liés et dispersés par un seul Ange, et cela seulement par la vue d'après l'intention de la volonté : un tel pouvoir m'a même été donné quelquefois par le Seigneur. Que l'Église à sa fin soit dans les faux et par suite dans les maux, et dans les maux et par suite dans les faux, —et cependant tout pouvoir appartient aux vrais d'après le bien, lesquels paraissent pouvoir être donnés par le Seigneur au moyen des vrais puisés dans la Parole, — c'est ce qui peut paraître étonnant; mais la raison de cela, c'est que les faux ont du pouvoir sur ceux qui sont dans les faux d'après le mal, et à la fin de l'Église ces faux règnent, et quand ils règnent, les vrais ne sont point reçus; les faux ne peuvent donc pas être dissipés par les vrais; c'est de là que le diable est dit alors puissant et délivré de ses liens. De là vient que le faux infernal dans la Parole est appelé lion, ours, loup, bête et animal fort et ravisseur. De là vient aussi que ceux qui sont dans les faux sont appelés, dans la Parole, puissants, vigoureux, robustes, forts, héros, gouverneurs, terribles, formidables et dévastateurs, comme on peut.l'y voir par plusieurs passages, par exemple, par ceux-ci; dans Jérémie : « Voici, j'amène sur vous une nation de loin, maison d'Israël; nation puissante, tous forts. »— V. 15, 16. — Dans le Même : « Montez, chevaux ; agitez-vous, chariots ; qu'ils sortent, les forts. » — XLVI. 9. —Dans le Même : « Épée ! contre ses forts, pour qu'ils soient abattus. » — L. 36. —Dans Ézéchiel : « Je livrerai Pharaon en la main d'un fort des nations. » — XXXI. 11, 12. —Dans Hosée : « Tu t'es confié en ton chemin, en la multitude de tes forts. » — X. 13 — Dans Joël : « Un peuple grand et vigoureux; comme des héros ils courent, ils montent sur la muraille. » —II. 2, 7. —Dans Amos : « Détruit est le refuge pour le prompt à la course, et le fort n'affermira point sa force, et le puissant ne délivrera point son âme; et le fort en son cœur parmi les héros s'enfuira nu, en ce jour-là. » — II. 14, 16. —Dans David : « Réprime la bête sauvage du roseau, l'assemblée des forts. — Ps. LXVIII. 31. — Dans le Livre I de Samuel : « Les arcs des forts ont été brisés. » — II. 4. — Dans l'Apocalypse : « Tous les rois de la terre, les grands, les riches, les kiliarques et les puissants, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers. » — VI. 15, — Dans Matthieu : « Les princes des nations les dominent, et les grands ont pouvoir sur elles. » — XX. 25. — Dans Luc : « C'est ici votre heure, et le pouvoir des ténèbres, » —XXII. 53; — et ailleurs en beaucoup d'endroits. A ce qui a été dit il faut ajouter que les esprits infernaux se croient forts et puissants plus que tous les autres, mais cela vient de ce qu'ils ont de la force contre ceux qui sont dans les maux et par suite dans les faux, ainsi un esprit infernal contre un esprit infernal, ou un mal par le faux contre un mal par le faux ; c'est d'après cette apparence qu'ils se croient puissants : mais cette puissance peut être comparée à une mite contre une mite, à une puce contre une puce, à un grain de poussière contre un grain de poussière, et à une paille contre une paille, dont la puissance est relative à leurs forces mutuelles : qu'on ajoute à cela, que les esprits infernaux sont orgueilleux, et que pour la cause la plus légère ils veulent s'entendre appeler robustes, forts et héros. Comme ici il s'agit de la puissance et du pouvoir grand, que le dragon de lui-même a donnés à la bête qui montait de la mer, et par conséquent de la puissance des esprits infernaux entre eux, je vais dévoiler quelques arcanes concernant leurs artifices pour s'acquérir des puissances dans le Monde spirituel : Quelques-uns s'acquièrent de la puissance par la Parole, car ils en connaissent certains passages, qu'ils prononcent, d'après lesquels il se fait pour eux une communication avec des simples bons, et par suite ils ont avec eux une conjonction quant aux externes, et autant ils sont dans cette conjonction, autant ils ont de la force sur les autres; cela vient de ce que toutes les choses de la Parole sont des vrais, et que toute puissance est aux vrais; or, les simples bons sont dans les vrais, de là d'après la conjonction avec eux ils ont la puissance, mais en tant qu'ils sont dans cette conjonction, qui cependant ne dure pas longtemps, car peu après ils sont séparés les uns d'avec les autres par le Seigneur. D'autres s'acquièrent de la puissance par de feintes affections du bien et du vrai, et par des affections qui appartiennent à l'amour du sincère et du juste, par lesquelles aussi ils attirent et attachent les simples bons à penser favorablement d'eux et à leur vouloir du bien, et aussi longtemps que cette bienveillance intervient comme si elle était mutuelle, aussi longtemps ils sont puissants en comparaison des autres. D'autres s'acquièrent de la puissance par des représentatifs de divers genres, qui sont des abus des correspondances ; d'autres, autrement ; et comme toute puissance est aux vrais qui procèdent du bien, et que ces vrais résident chez les Anges, de là rien n'est plus désirable pour les mauvais esprits que d'attirer les bons esprits dans leur parti, parce qu'ainsi les mauvais prévalent; mais dès qu'ils sont séparés d'avec eux, ils sont dans les faux de leur mal, et quand ils sont dans ces faux, alors ils sont privés de toute puissance. C'est aussi pour cette raison que tous les méchants, qui viennent en foule du monde, sont d'abord séparés des biens et des vrais, qu'ils ont sus seulement de mémoire, et ont par suite proférés de bouche; et, quand ils en ont été séparés, alors apparaissent leurs intérieurs, qui ne consistent qu'en des amas de faux provenant des maux, et lorsqu'ils sont dans ces faux, comme ils n'ont plus aucune puissance, ils tombent la tête en bas dans l'enfer, comme des poids en .l'air tombent sur la terre : que les biens et les vrais soient ôtés aux méchants, cela est connu d'après la Parole, car le Seigneur dit : « Ôtez-lui le talent, et donnez-(le) à celui qui a les dix talents ; car à chacun qui a il sera donné, et il aura abondamment; mais à celui qui n'a pas, même ce qu'il a sera ôté : et jetez le serviteur inutile dans les ténèbres de dehors ; là seront les pleurs et le grincement de dents. » — Matth. XXV. 28, 29, 30. Marc, IV. 25. Luc, VIII. 18. XIX. 26.
|
|
||||||||