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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 710. 

Et étant enceinte, signifie la doctrine qui naît du bien de l'amour céleste : on le voit par la signification d'être enceinte, quand il s'agit de l'Église qui est signifiée par la Femme, en ce que c'est la doctrine du vrai, laquelle naît du bien de l'amour céleste; car par l'utérus il est signifié l'amour conjugal intime, et par suite l'amour céleste dans tout le complexe, et par l'embryon qui est dans l'utérus le vrai de la doctrine d'après le bien de l'amour céleste, car par lui il est signifié la même chose que par le fils mâle qu'elle enfanta, Vers. 5, par lequel est signifiée la doctrine du vrai d'après le bien de l'amour, avec la différence, que l'embryon, parce qu'il est encore dans l'utérus, tient davantage du bien de l'innocence qu'après qu'il est né; de là, par lui est signifiée également la doctrine du vrai de même que par le fils, mais par celui-ci est signifiée la doctrine elle-même, et par celui-là la doctrine naissante : d'après ces explications, il est évident que par être enceinte, il est signifié la doctrine du vrai, laquelle naît du bien de l'amour céleste. Si l'Utérus signifie le bien intime de l'amour, c'est parce que tous les membres destinés à la génération, tant chez les mâles que chez les femelles, signifient l'amour conjugal, et l'utérus en signifie l'intime, parce que le fœtus y est conçu, et y prend de l'accroissement jusqu'à ce qu'il naisse; il est aussi l'intime des membres génitaux, de lui aussi est dérivé l'Amour maternel, qui est appelé storge. Comme l'homme, qui est régénéré, est aussi conçu et pour ainsi dire porté dans un utérus et naît, et comme la régénération se fait par les vrais d'après le bien de l'amour, il s'ensuit que par être porté dans l'utérus il est signifié, dans le sens spirituel, la doctrine du vrai d'après le bien de l'amour; il y a aussi correspondance de l'utérus avec le bien intime de l'amour; en effet, le Ciel tout entier correspond à toutes les choses de l'homme; sur cette correspondance, voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N°s 87 à 102; de même aussi les membres destinés à la génération, ceux-ci y correspondent à l'amour céleste; cet amour influe même du Ciel chez les mères qui sont enceintes, et aussi chez les embryons; par suite chez les mères existe l'amour de l'enfant, et chez les enfants l'innocence. D'après ces considérations, on peut voir d'où vient que l'utérus signifie le bien intime de l'amour, et qu'être enceinte (ou porter dans l'utérus) signifie la doctrine du vrai, laquelle naît du bien de l'amour. Que de telles choses soient signifiées par l'utérus et par porter dans l'utérus, on peut le voir par les passages suivants dans la Parole; dans Ésaïe : « Écoutez-Moi, maison de Jacob, et vous tous les restes de la maison d'Israël, portés dès l'utérus, soutenus dès la matrice; jusqu'à la vieillesse, Moi, le même; et jusqu'à la blanche vieillesse, Moi, je porterai. Moi, j'ai fait, Moi je porterai, et Moi je supporterai et délivrerai. » — XLVI. 3,4; — ces choses concernent la Réformation de l'Église, et la régénération des hommes de l'Église par le Seigneur; l'Église est signifiée par la maison de Jacob et par la maison d'Israël, l'externe par la maison de Jacob, et l'interne par la maison d'Israël ; par « portés dès l'utérus » sont signifiés ceux qui sont régénérés par le Seigneur, et par « soutenus dès la matrice » sont signifiés ceux qui ont été régénérés : comme l'homme qui est régénéré est d'abord conçu par le Seigneur, et ensuite naît, et enfin est élevé et perfectionné, et comme la régénération est semblable en cela à la génération naturelle de l'homme, c'est pour cela que par « portés dès l'utérus, » il est signifié l'état de l'homme à régénérer, depuis la conception jusqu'à la naissance; la naissance elle-même, et ensuite l'éducation et le perfectionnement, sont signifiés par « soutenus dès la matrice; jusqu'à la vieillesse, Moi, le même; et jusqu'à la blanche vieillesse, Moi, je porterai : »des choses semblables sont signifiées par « Moi, j'ai fait, Moi je porterai, et Moi je supporterai et délivrerai; » mais par les premières expressions, il est entendu la régénération par les biens de l'amour et de la charité, et par les dernières, il est entendu la régénération par les vrais d'après ces biens; par délivrer, il est entendu enlever et éloigner les maux et les faux qui viennent de l'Enfer. Dans Hosée : « Ephraïm, comme un oiseau s'envolera sa gloire, dès l'enfantement, et dès le centre, et dès la conception : lors même qu'ils élèveraient leurs fils, encore les en priverai-je avant qu'ils soient hommes. Donne-leur, Jéhovah, une matrice qui avorte, et des mamelles desséchées. Frappé a été Éphraïm, leur racine s'est desséchée; de fruit ils ne porteront point: même quand ils engendreraient, je tuerai les désirs de leur ventre. » — IX. 11, 12, 14, 16; — par Éphraïm, il est entendu l'Église quant à l'entendement du vrai et du bien; qu'il n'y aura plus aucun entendement du Divin Vrai dans l'Église, cela est signifié par « Éphraïm, comme un oiseau s'envolera sa gloire; » par la gloire est signifié le Divin Vrai; par s'envoler, il est signifié être dissipé; il est dit s'envoler, parce qu'il est parlé d'oiseau, et il est parlé d'oiseau, parce que par l'oiseau sont signifiées des choses qui appartiennent à l'entendement et par suite à la pensée; « dès l'enfantement, et dès le ventre, et dès la conception, » signifie la dissipation de tout vrai depuis ses derniers jusqu’a ses premiers ; l'enfantement signifie ses derniers, parce que c'est ce qui est né; dès le ventre et dès la conception signifie ce qui est avant la naissance, ainsi toutes choses depuis les derniers jusqu’'aux premiers, car lorsque les derniers périssent, les antérieurs successivement sont aussi dispersés; « lors même qu'ils élèveraient leurs fils, encore les en priverai-je avant qu'ils soient hommes, » signifie quand bien même ils s'acquerraient des vrais, ils seront cependant sans intelligence; par les fils sont signifiés les vrais de l'Église, par les hommes l'intelligence; de, là, par les en priver avant qu'ils soient hommes, c'est qu'ils seront cependant sans intelligence; «donne-leur, Jéhovah, une matrice qui avorte, et des mamelles desséchées, » signifie qu'ils n'ont plus les vrais d'après aucun bien, mais qu'ils ont les faux d'après le mal; la matrice qui avorte signifie le faux d'après le mal au lieu du vrai d'après le bien, pareillement les mamelles desséchées, mais la matrice signifie les vrais d'après le bien de l'amour, et les mamelles les vrais d'après le bien de la charité, ici les faux d'après le mal opposés à ces vrais; « frappé a été Éphraïm, leur racine s'est desséchée, » signifie qu'il n'y a plus aucun entendement du vrai à partir des premiers, Éphraïm, ici comme ci-dessus, est l'entendement du vrai de l'Église, et la racine en est le premier; « de fruit ils ne porteront point, » signifie aucun bien, car où ne sont pas les vrais, là n'est pas le bien; « même quand ils engendreraient, je tuerai les désirs de leur ventre, » signifie que s'ils s'acquerraient des vrais, néanmoins ces vrais périraient, les désirs du ventre signifient les vrais acquis; il est dit le ventre au lieu de l'utérus, d'après l'apparence du ventre qui se gonfle chez les femmes enceintes, mais toutefois il est dit le ventre quand il s'agit des vrais, et l'utérus quand il s'agit du bien. Dans David : « Car c'est Toi qui m'as tiré de l'utérus, qui fais mon assurance dès les mamelles de ma mère; sur Toi j'ai été jeté dès l'utérus, dès le ventre de ma mère, mon Dieu, Toi. » — ps. XXII. 10,11; — là aussi la régénération spirituelle, de l'homme est décrite par des choses qui appartiennent à la génération naturelle de la part de la mère; ainsi, par « c'est Toi qui m'as tiré de l'utérus, » il est signifié que par le Seigneur il a été régénéré et est devenu homme de l'Église; par« qui fais mon assurance dès les mamelles de ma mère, » il est signifié qu'il a été conduit ensuite, et spirituellement élevé, les mamelles de la mère signifient la nutrition spirituelle dans les choses qui sont de l'Église, la mère est l'Église; par « sur Toi j'ai été jeté dès l'utérus, » il est signifié que le Seigneur a tout fait d'après le bien de l'amour; et par « dès le ventre de ma-mère, mon Dieu, Toi, » il est signifié qu'il a tout fait par les vrais; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il est dit l'utérus quand il s'agit du bien de l'amour, et le ventre quand il s'agit des vrais d'après ce bien; de là, il est dit « mon Dieu, Toi, » car lorsqu'il s'agit du bien de l'amour, le Seigneur est appelé Jéhovah, et lorsqu'il s'agit des vrais, il est appelé Dieu. Dans les Évangélistes : « Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! » — Matth. XXIV. 19. Marc, XIII. 17. Luc, XXI. 23; — dans ces Chapitres, il s'agit de la consommation du siècle, par laquelle est entendue la fin de l'Église, quand il y a Jugement Dernier; de là, par celles qui sont enceintes et par celles qui allaitent en ces jours-là, au sujet desquelles il y a lamentation, il est entendu ceux qui alors reçoivent le bien de l'amour et les vrais de ce bien; celles qui sont enceintes signifient ceux qui reçoivent le bien de l'amour, et celles qui allaitent signifient ceux qui reçoivent les vrais de ce bien, car le lait qui allaite signifie le vrai d'après le bien de l'amour; s'il est dit « malheur à elles! » c'est parce que ceux qui reçoivent ne peuvent garder les biens et les vrais, car alors l'enfer prévaut et les enlève, de là résulte la profanation; si alors l'enfer prévaut, c'est parce qu'à la fin de l'Église les faux du mal règnent et enlèvent les vrais du bien ; en effet, l'homme est tenu dans un milieu entre le Ciel et l'Enfer, et avant le Jugement Dernier ce qui s'élève de l'Enfer prévaut sur ce qui descend du Ciel; sur ce sujet, voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L’ENFER, Nos 538, 540, 541, 546, 589 à 596, et dans l'Opuscule DU JUGEMENT DERNIER, Nos 73, 74. Dans Luc : « Voici, viendront les jours où l'on dira : Heureuses les stériles, et les ventres qui n'ont point enfanté, et les mamelles qui n'ont point allaité!» — XXIII.29; — ces paroles signifient des choses semblables, parce qu'elles ont aussi été dites du dernier temps de l'Église, et par les stériles et les ventres qui n'ont point enfanté sont signifiés ceux qui n'ont pas reçu les vrais réels, c'est-à-dire, les vrais d'après le bien de l'amour, et par les mamelles qui n'ont point allaité sont signifiés ceux qui n'ont pas reçu les vrais réels d'après le bien de la charité; en effet, tous les vrais viennent du bien, et les biens sont de deux genres, le bien céleste, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur, et le bien spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain ; par les mamelles, il est signifié la même chose que par le lait, à savoir le vrai d'après le bien. Dans le Même : « Une femme d'entre le peuple, élevant la voix, dit à Jésus : Heureux le ventre qui t'a porté, et les mamelles que tu as sucées! Mais Jésus dit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu, et qui la gardent! » — XI. 27, 28; — puisque porter dans le ventre et sucer les mamelles signifie la régénération de l'homme, comme il a été dit ci-dessus, c'est pour cela que le Seigneur répondit : Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu, et qui la gardent! Paroles par lesquelles est décrite la régénération qui se fait par les vrais d'après la Parole et par la vie selon ces vrais; par écouter la Parole de pieu, il est signifié apprendre les vrais d'après la Parole, et par la garder, il est signifié vivre selon ces vrais. Dans Jean : « Nicodème dit : Comment un homme peut-il être engendré étant vieux? peut-il dans l'utérus de sa mère une seconde fois entrer? Jésus répondit : En vérité, je te dis : Si quelqu'un n'est engendré d'eau et d'esprit, il ne peut entrer dans le Royaume des Cieux. Ce qui est né de la chair est chair, mais ce qui a été engendré de l'esprit est esprit. » —III .4,5,6;—que Nicodème au lieu de la génération spirituelle dont le Seigneur parlait, ait entendu la génération naturelle, cela est évident; c'est pourquoi le Seigneur lui enseigne, au sujet de la régénération, qu'elle se fait par les vrais d'après la Parole, et par la vie selon ces vrais, ce qui est signifié par être engendré d'eau et d'esprit, car dans le sens spirituel l'eau est le vrai d'après la Parole, et l'esprit est la vie selon les vrais; que l'homme naisse naturel, et devienne spirituel par la vie selon les vrais d'après la Parole, cela est signifié par « ce qui est né de la chair est chair, mais ce qui est engendré de l'esprit est esprit ; » que l'homme naturel, à moins qu'il ne devienne spirituel, ne puisse être sauvé, cela est entendu par « si quelqu'un n'est engendré d'eau et d'esprit, il ne peut entrer dans le Royaume des Cieux. » Comme le Seigneur Seul réforme et régénère l'homme, c'est pour cela que dans la Parole il est appelé Formateur dès l'utérus, comme dans Ésaïe : « Jéhovah, ton Facteur et ton Formateur dès l'utérus, qui t'aide. » — XLIV. 2, 24. — Dans le Même : « Jéhovah dès l'utérus m'a appelé, dès les entrailles de ma mère il n'est souvenu de mon nom. Jéhovah, qui m'a Formé dès l'utérus, pour (être) son serviteur, pour ramener Jacob à Lui, et pour qu'Israël soit rassemblé auprès de Lui.» — XLIX. 1,5; — dans beaucoup de passages de la Parole, Jéhovah est appelé Créateur, Facteur et Formateur dès l'utérus, et aussi Rédempteur, parce que de nouveau il crée l'homme, le réforme, le régénère et le rachète; on peut croire que le Seigneur est appelé ainsi, parce qu'il a créé l'homme, et qu'il le forme dans l'utérus, mais néanmoins c'est la création et la formation spirituelles qui y sont entendues, car la Parole est non-seulement naturelle, mais aussi spirituelle, naturelle pour les hommes qui sont naturels, mais spirituelle pour les Anges qui sont spirituels, comme on peut aussi le voir en ce que ces choses qui ont été dites ont été dites d'Israël, et, dans le sens suprême, du Seigneur; par Israël, il est entendu l'Église, ainsi tout homme de l'Eglise ; et comme le Seigneur connaît la qualité de chacun quant au bien de l'amour et au vrai de la foi, c'est pour cela qu'il est dit «Jéhovah dès l'utérus m'a appelé, dès les entrailles de ma mère il s'est souvenu de mon nom; » par appeler quelqu'un et savoir son nom, il est signifié connaître quel il est; quant au bien de l'amour, c'est « dès l'utérus, » et quant aux vrais de ce bien, c'est « dès les entrailles de ma mère; » par Jacob qui sera ramené à Lui, et par Israël qui sera rassemblé auprès de Lui, il est signifié l'Église, par Jacob l'Église externe, et par Israël l'Église interne ; celle-ci est dans l'homme spirituel, et celle-là dans l'homme naturel. Dans Jérémie : « Avant que je te formasse dans l'utérus, je te connaissais; et avant que tu sortisses de l'utérus, je te sanctifiais; pour prophète aux nations je te donnais. » — I. 5; — ces paroles, il est vrai, ont été dites du Prophète Jérémie, mais toujours est-il que par le prophète, dans le sens spirituel, il est entendu celui qui enseigne le vrai, et dans le sens abstrait la doctrine du vrai ; de là, par former dans l'utérus, et connaître avant qu'il sortît de l'utérus, il est signifié la Prévoyance que par la régénération il peut être dans les vrais d'après le bien, qu'ainsi il peut recevoir et enseigner la Parole; cela aussi est sanctifier et donner pour prophète aux nations, les nations sont ceux qui sont dans le bien et qui d'après le bien reçoivent les vrais. Dans David : « Sur Toi j'ai été appuyé dès l'utérus; des entrailles de ma mère, Toi, tu m'as retiré. » — ps. LXXI. 6; — par ces paroles, il est signifié des choses semblables. Dans le Même : « Voici, héritage de Jéhovah, les fils; récompense les fruits du ventre. » — ps. CXXVII. 3; — ici, parles fils sont entendus ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, comme aussi ailleurs dans la Parole; et par les fruits du ventre sont entendus ceux qui par les vrais sont dans le bien, auxquels, appartient le Ciel, qui est l'héritage et aussi la récompense. Dans Esaïe : « Est-ce qu'une femme oublie son enfant, tellement qu'elle n'ait pas pitié du fruit de son ventre? Quand bien même celles-ci oublieraient, Moi cependant je ne t'oublierai point. »— XLIX. 15; —cela est dit, parce que dans le sens spirituel il est entendu la régénération, c'est pourquoi la comparaison est faite avec une femme, et avec son amour pour son enfant; la même chose arrive avec celui qui a été régénéré par le Seigneur. Dans David : « Jéhovah a juré à David une vérité : Du fruit de ton ventre je placerai sur ton trône. » — ps. CXXXII. 11 ;- par David, ici comme ailleurs, il est entendu le Seigneur quant au Royaume spirituel, qui est sa Royauté; c'est pourquoi, par placer sur le trône du fruit de son ventre, il est entendu celui qui est régénéré par Lui, celui-là est appelé fruit de son ventre, parce qu'il est dans les vrais et dans la vie selon les vrais; par le trône qui sera à lui, il est entendu le Ciel : ce sont là les choses qui sont signifiées dans le sens spirituel par ces paroles, mais dans le sens suprême, par elles il est entendu le Seigneur et sa glorification. Dans le Même : « Toi, tu possèdes mes reins; tu m'as enveloppé dans le ventre de ma mère. » — ps. CXXXIX. 13; — par posséder les reins, il est signifié purifier de faux les vrais; voir ci-dessus, N° 167; et par envelopper dans le ventre de la mère, il est signifié protéger contre les faux du mal qui proviennent de l'enfer, et cela, depuis le commencement de la régénération, et ensuite continuellement. Dans le Même : « Les impies se sont détournés dès l'utérus, ils se fourvoient dès le rentre, proférant le mensonge. »- ps. LVIII. 4 ; — ici, il n'est pas entendu que les impies se sont détournés dès l'utérus, ni qu'ils se fourvoient dès le ventre, c'est-à-dire, dès la première naissance, car personne à cette époque ne se détourne de Dieu ni ne se fourvoie; mais se détourner dès l'utérus signifie qu'ils se sont retirés du bien pour le mal dès le premier
jour quand ils pouvaient être réformés; et se fourvoyer dès le ventre signifie qu'ils se sont pareillement retirés des vrais pour les faux ; proférer le mensonge signifie aussi croire des faux : qu'ils se soient retirés dès le premier jour, quand ils pouvaient être réformés, c'est parce que le Seigneur s'efforce de réformer tous les hommes, quels qu'ils soient, en commençant depuis l'enfance et en continuant à travers l'adolescence dans la jeunesse, mais qu'eux se sont aussitôt retirés, ne se laissant pas réformer. Dans Hosée : « Liée a été l'iniquité d'Éphraïm, caché a été son péché; les douleurs de celle qui enfante viendront sur lui; lui, fils non sage, parce que le temps (prescrit) il ne se tient pas dans l'u­térus des fils. » — XIII. 12,13 ; — par Éphraïm est signifié l'entendement du vrai, ici l'entendement perverti, c'est-à-dire, du faux au lieu du vrai; son faux est signifié par l'iniquité, et le mal du faux par son péché; de là, il est appelé fils non sage; par « les douleurs de celle qui enfante viendront sur lui, » il est signifié qu'il ne reçoit pas la réformation; et par « le temps prescrit il ne se lient pas dans l'utérus des fils, » il est signifié qu'il ne reste pas dans l'état de réformation. Dans Ésaïe : « J'ai connu que perfidement agissant, perfidement tu agirais, et du nom de prévaricateur dès l'utérus tu as été appelé. » — XLVIII. 8 ; — ces choses ont été dites de la maison de Jacob, par laquelle est entendue l'Église pervertie; perfidement agir signifie contre les vrais révélés, et être appelé dès l'utérus du nom de prévaricateur, signifie se retirer des vrais dès le premier temps qu'on pouvait être réformé; par être appelé du nom, il est signifié sa qualité quant à ces choses. Dans Hosée : « Jacob dans l'utérus a supplanté son frère, et dans sa force puissamment il a combattu contre Dieu. » — XII. 4 ; — ce qui est signifié par ces paroles dans le sens interne, personne ne le peut savoir, si ce n'est celui qui sait que Jacob et ses descendants, à partir de leurs pères, ont été entièrement naturels, ainsi contre le bien du Ciel et de l'Église, car celui qui est naturel, et non en même temps spirituel, est contre ce bien; en effet, ce bien n'est acquis que par la conjonction du vrai et du bien d'abord dans l'homme spirituel, et ensuite dans l'homme naturel; or, par Ésaü est signifié le bien naturel dans le spirituel; maintenant, comme Jacob et ses descendants ont été tels, et comme ils ont rejeté tout bien qui est tel, et cela, dès le premier temps, voilà pourquoi il est dit de Jacob que dans l'utérus il a supplanté son frère : en outre, par la lutte de Jacob avec l'Ange, — Gen. XXXII. 25 à 32, - est décrite l'opiniâtreté avec laquelle ils insistèrent pour posséder la terre de Canaan, ce par quoi il est entendu « afin que l'Église fût instituée chez eux ; » cette opiniâtreté est décrite par cette lutte, et aussi par les choses qui sont dites dans le Verset suivant, dans Hosée, à savoir, « et puissamment il a combattu contre l'Ange, et il a pleuré et il l'a imploré; » mais que néanmoins ils seraient sans aucun bien de l'amour céleste et spirituel, cela est entendu en ce que l'Ange toucha l'emboîture de la cuisse de Jacob, et que l'emboîture de sa cuisse fut luxée pendant qu'il luttait avec l'Ange,— Gen. XXXII. 25, 32; — car, par la cuisse, il est signifié la conjonction du bien et du vrai, et par la luxation de la cuisse, il est signifié qu'il n'y aurait aucune conjonction du vrai avec le bien pour Jacob ni pour ses descendants; c'est là ce qui est entendu en ce que Jacob a combattu puissamment contre Dieu ; mais, sur ce sujet, voir les ARCANES CELESTES, N° 4281, où cela a été expliqué : que la Nation Israélite et Juive n'ait point été choisie, mais qu'elle ait été admise pour représenter l'Église, à cause de l'opiniâtreté avec laquelle leurs pères et Moïse ont insisté, on le voit là, Nos 4290, 4293, 7051, 7439, 10430, 10535, 10632. Dans Moïse : « Les fils s'entreheurtaient dans, le ventre de Rébecca; et Jéhovah dit : Deux nations dans ton utérus, et deux peuples de tes entrailles seront séparés, et un peuple sur l'autre peuple prévaudra, et le plus grand servira le moindre. Et furent remplis ses jours pour enfanter; et voici, des jumeaux dans son utérus, et le premier sortit tout roux, comme une tunique de poil, et ils appelèrent son nom Ésaü : et après cela sortit son frère, et sa main tenait le talon d'Ésaü, et il appela son nom Jacob. » — Gen. XXV. 20 à 26; — ces Historiques enveloppent les choses qui viennent d'être dites de Jacob et de ses descendants, à savoir, qu'ils étaient purement naturels, et par suite sans aucun bien naturel d'après le spirituel, lequel bien est signifié par Ésaü; que les descendants de Jacob fussent sans ce bien, cela est signifié en ce que Jacob en sortant de l'utérus de sa mère tenait le talon d'Ésaü; par le talon est signifié, le dernier naturel; mais ces choses aussi ont été expliquées dans les ARCANES CELESTES. Dans le Même : « Par le Dieu de ton père, et il t'aidera, et avec Schaddaï, et il te bénira des bénédictions du ciel en haut, des bénédictions de l'abîme qui gît en bas, des bénédictions des mamelles et de l'utérus. » — Gen. XLIX. 25; —cette bénédiction est celle de Joseph par son père Israël; elle a aussi été expliquée dans les ARCANES CELESTES, N°s 6428 à 6434 ; et il y a été montré que les bénédictions des mamelles signifient les affections du bien et du vrai, et les bénédictions de l'utérus la conjonction du bien et du vrai, par conséquent la régénération. Dans le Même : « Jéhovah t'aimera, et il te bénira, et il te multipliera; il bénira le fruit de ton ventre, et le fruit de ta terre, ton froment et ton moût, ton huile, le produit de tes bœufs et des bêtes de ton menu bétail. » — Deutér. VII. 13 : — et ailleurs : « Béni (sera) le fruit de ton ventre, et le fruit de ta terre, le produit de tes bœufs et des bêtes de ton menu bétail. » — Deutér. XXVIII. 4; — ces choses ont été dites aux fils de Jacob, qui ne les ont pas entendues autrement que naturellement, c'est-à-dire, selon le sens de la lettre, parce qu'ils étaient entièrement naturels et nullement spirituels; mais par ces bénédictions sont signifiées des bénédictions spirituelles, parce qu'elles appartiennent au Ciel et par suite à la vie éternelle; car par le fruit du ventre, il est signifié le bien de l'amour et le vrai de ce bien ; par le fruit de la terre, le tout de l'Église; par le froment et le moût, tout bien et tout vrai dans l'homme naturel ; par le produit des bœufs et des bêtes du menu bétail, leurs affections extérieures et leurs affections intérieures; en général, par toutes ces choses, leur fructification et leur multiplication. Dans Ésaie : « Voici, je vais exciter contre eux les Mèdes, qui de l'argent ne feront aucune estime, et de l'or ne se réjouiront point, dont les arcs les jeunes gens briseront, et du fruit du ventre ils n'auront point pitié; les fils n'épargnera point leur œil. »— XIII. 17, 18; — par les Mèdes sont entendus ceux qui regardent comme rien le vrai et le bien de l'Eglise, et détruisent les choses qui par suite appartiennent à l'entendement et à l'amour; par l'argent dont ils ne feront aucune estime, et par l'or dont ils ne se réjouiront point, il est signifié le vrai et le bien du Ciel et de l'Église, par l'argent le vrai, et par l'or le bien; « leurs arcs les jeunes gens briseront, et du fruit du ventre ils n'auront point pitié, » signifie que les faux de la doctrine détruiront tout entendement du vrai et tout bien de l'amour; par l'arc, il est signifié le faux de la doctrine, par les jeunes gens l'intelligence du vrai, et par le fruit du ventre le bien de l'amour; « les fils n'épargnera point leur œil, » signifie que leur entendement perverti et leur folie dévasteront tout vrai de l'Église, les fils sont les vrais, et l'œil est l'entendement perverti qui est une folie : il faut qu'on sache que par les Mèdes il est entendu, non les Mèdes, mais de tels hommes et de telles choses dans l'Église, qui la dévastent. Dans Matthieu : « Les Pharisiens disaient : Est-il permis à un homme de répudier son épouse pour quelque sujet que ce soit? Jésus, répondant, leur dit : N'avez-vous pas lu que Celui qui a fait au commencement mâle et femelle les fit, et dit : A cause de cela l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à son épouse, et les deux seront en une seule chair? C'est pourquoi ils ne sont plus deux, mais une seule chair; ce donc que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare point. Moïse à cause de votre dureté de cœur vous a permis de répudier vos épouses; au commencement il n'en était point ainsi. Je vous dis que quiconque répudie son épouse, si ce n'est pour cause de fornication, et se marie à une autre, commet adultère, et que celui qui se marie à une répudiée commet adultère. Les disciples dirent : Si telle est la condition de l'homme avec son épouse, il ne convient pas de se marier; mais Jésus dit : Non pas tous comprennent cette parole, mais seulement ceux à qui il a été donné; car il y a des eunuques qui de l'utérus de la mère sont nés tels; et il y a des eunuques qui eunuques ont été faits par les hommes; et il y a des eunuques qui eunuques se sont faits eux-mêmes pour le royaume de Dieu. Qui peut comprendre, qu'il comprenne. » —XIX. 3 à 12;—qu'il y ait là des arcanes intérieurs, on peut le voir par ces expressions du Seigneur, « non pas tous comprennent cette parole, mais seulement ceux à qui il a été donné : » l'arcane intérieur renfermé dans ces choses dites par le Seigneur, les hommes le comprennent peu, mais tous les anges dans le Ciel le comprennent, et cela, parce qu'eux perçoivent spirituellement ces paroles du Seigneur, et que les arcanes qu'elles renferment sont des spirituels; voici ces spirituels : Dans les Cieux, il y a des mariages de même que dans les terres, mais dans les Cieux, mariages de semblables avec semblables, car l'homme est né pour agir d'après l'entendement, mais la femme pour agir d'après l'affection, et l'entendement chez les hommes est l'entendement du vrai et du bien, et l'affection chez les femmes est l'affection du vrai et du bien, et comme tout entendement tire sa vie de l'affection, c'est pour cela qu'on y est uni selon que l'affection, qui appartient à la volonté, est unie avec la pensée correspondante qui appartient à l'entendement ; en effet, l'entendement chez chacun est différent, de même que les vrais, dont se compose l'entendement, sont différents; en général, il y a les vrais célestes, il y a les vrais spirituels, il y a les vrais moraux, il y’a les vrais civils, et de plus il y a les vrais naturels, et chaque vrai a des espèces et des variétés innombrables; et comme il résulte de là que jamais l'entendement de l'un n'est semblable à l'entendement de l'autre, ni l'affection de l'une semblable à l'affection de l'autre; c'est pourquoi, afin que cependant l'affection et l'entendement fassent toujours un, ils sont unis dans le Ciel de telle sorte que l'affection correspondante qui appartient à la femme soit conjointe avec l'entendement correspondant qui appartient à l'homme, d'où il résulte que pour l'un et pour l'autre il y a d'après la correspondance une vie pleine d'amour. Or, comme deux affections différentes ne peuvent correspondre à un même entendement, il s'ensuit que dans le Ciel jamais il n'arrive, et Jamais il ne peut arriver que plusieurs épouses soient à un seul mari; d'après ces considérations, on peut voir et conclure ce qui est entendu spirituellement aussi par ces paroles du Seigneur; par exemple, ce qui est entendu par « l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à son épouse, et les deux seront en une seule chair, » à savoir, que l'homme laissera ce mal et ce faux qu'il tient de religion, et qui souille son entendement, ainsi qu'il tient du père et de la mère, et que son entendement séparé de ce mal et de ce faux sera conjoint avec l'affection correspondante qui appartient à l'épouse; de là, les deux deviendront une même affection du vrai et du bien; cela est entendu par une seule chair, dans laquelle seront les deux, car la chair, dans le sens spirituel, signifie le bien qui appartient à l'amour ou à l'affection ; c'est pourquoi ne plus être deux, mais une seule chair, signifie qu'ainsi l'entendement du bien et du vrai et l'affection du bien et du vrai ne sont point deux mais sont un, de même que la volonté et l'entendement sont deux, il est vrai, mais néanmoins sont un, de même que le vrai et le bien, puis aussi la foi et la charité, qui sont deux, il est vrai, mais qui néanmoins sont un, à savoir, quand le vrai appartient au bien et que le bien appartient au vrai, et aussi quand la foi appartient à la charité, et que la charité appartient à la foi; de là aussi vient l'amour conjugal : que Moïse, à cause de la dureté de leur cœur, leur ait permis de répudier leurs épouses, pour quelque sujet que ce fût, c'était parce que les Israélites et les Juifs étaient naturels et non spirituels, et que ceux qui sont purement naturels sont durs aussi de cœur, parce qu'ils ne sont dans aucun amour conjugal, mais ils sont dans un amour lascif tel qu'est celui de l'adultère : que quiconque répudie son épouse, si ce n'est pour cause de fornication, et se marie à une autre, commette adultère, c'est parce que la fornication signifie le faux, et chez la femme l'affection du mal et du faux, ainsi une affection qui ne concorde en aucune manière avec l'entendement du vrai et du bien, et que d'après cette discordance l'amour conjugal, qui est l'amour du vrai et du bien, et par suite le Ciel et l'Église chez l'homme, est entièrement détruit, car lorsque la conjonction intérieure, qui est celle des men­tals (mentes) et des mentals (animi), est nulle, le mariage est dissout : que celui qui se marie à une répudiée commette aussi adultère, c'est parce que par la répudiée pour cause de fornication, il est entendu l'affection du mal et du faux, comme ci-dessus, laquelle ne doit être unie avec aucun entendement du vrai et du bien, car par suite l'entendement est perverti, et même devient l'entendement du faux et du mal, et la conjonction du faux et du mal est un adultère spirituel, comme la conjonction du vrai et du bien est un mariage spirituel. Si ensuite le Seigneur a parlé des eunuques, c'était parce que les disciples avaient dit « si telle est la condition de l'homme avec son épouse, il ne convient pas de se marier; » et comme les mariages chez la Nation Juive, qui était dure de cœur par la raison que les Juifs étaient dans les faux d'après le mal, n'étaient pas des mariages, mais étaient des adultères entendus dans le sens spirituel, ce qui fit même que cette nation fut appelée par le Seigneur nation adultère, c'est pour cela que le Seigneur parla des eunuques, par lesquels ont été entendus ceux qui ne veulent pas contracter mariage, c'est-à-dire, être conjoints avec l'affection du mal, parce qu'ainsi l'entendement du vrai et du bien serait perverti et dissipé ; ainsi par les eunuques sont entendus, tant ceux qui sont mariés que ceux qui ne sont pas mariés, chez qui l'entendement du vrai et du bien a été conjoint avec l'affection du vrai et du bien; s'ils s'ont dits eunuques, c'est parce que chez eux il n'y a pas le lascif, tel qu'il est chez ceux qui d'après; la dureté de cœur, dans laquelle étaient les Juifs, ont pris plusieurs épouses, et les ont répudiées pour un sujet quelconque : il faut d'abord savoir que le mariage de l'entendement du vrai et du bien avec l'affection du vrai et du bien est en général d'une triple origine, et par suite dans un triple degré; le mariage de ceux qui sont appelés célestes est dans le suprême degré; il est dans un degré inférieur parmi ceux qui sont spirituels, et dans le degré le plus bas parmi ceux qui sont naturels, car il y a tout autant de degrés des intérieurs de l'homme; par suite, il y a trois Cieux; sont appelés célestes ceux qui sont dans le Ciel suprême, spirituels ceux qui sont dans le Ciel inférieur, et naturels ceux qui sont dans le Ciel le plus bas; le mariage de l'entendement du vrai et du bien avec l'affection du vrai et du bien chez les célestes est entendu par les eunuques qui dans l'utérus de la mère sont nés eunuques; et cela, parce que ceux-ci, quand ils sont régénérés, reçoivent à l'instant les vrais dans la vie par l'amour des vrais; c'est de là qu'ils savent les vrais d'après les vrais eux-mêmes ; leur régénération par le Seigneur au moyen de l'amour envers Lui est signifiée par devenir eunuque dans l'utérus, ainsi sans le lascif de l'adultère : le mariage de l'entendement du vrai et du bien avec l'affection du vrai et du bien chez les spirituels est entendu par les eunuques qui ont été faits eunuques par les hommes; car ceux-ci ne sont pas régénérés dans l'utérus, c'est-à-dire, par l'amour, mais ils le sont par les vrais reçus d'abord dans la mémoire, et ensuite intellectuellement dans la pensée, et enfin dans la vie par une certaine affection spirituelle; ils sont dits être faits eunuques par les hommes, parce qu'ils sont réformés par l'entendement d'après la mémoire, et que l'homme signifie cet entendement, comme aussi ci-dessus, où il est dit l'homme et l'épouse : mais le mariage de l'entendement du vrai et du bien avec l'affection du vrai et du bien chez les naturels est entendu par les eunuques qui se sont faits eunuques eux-mêmes; car par les connaissances et par les sciences, les naturels s'acquièrent une lueur naturelle, et par le bien de la vie selon ces connaissances et ces sciences ils s'acquièrent l'affection, et par suite la conscience; et comme ils ne savent autre chose, sinon qu'ils font cela eux-mêmes, car l'homme naturel ne jouit pas de l'intelligence dont jouit l'homme spirituel, ni de la perception dont jouit l'homme céleste, de là vient qu'ils sont ceux qui se font eunuques eux-mêmes ; mais il est dit ainsi d'après l'apparence et d'après la foi obscure chez eux. Ce sont donc là les choses qui sont entendues par être fait eunuque pour le royaume de Dieu : et comme il en est peu qui comprennent ces choses, il est dit par le Seigneur : « Qui peut comprendre, qu'il comprenne. » Mais, pour l'illustration de ce sujet, voir dans le TRAITE DC CIEL ET DE L'ENFER, ce qui a été dit et montré sur les deux Royaumes dans lesquels les Cieux ont été distingués; puis, sur les trois Cieux selon les trois degrés des intérieurs de l'homme, Nos 20 à 40; et sur les mariages dans le Ciel, Nos 366 à 386. Il est dit de Jean-Baptiste, « qu'il fut rempli d'esprit saint dans l'utérus de sa mère, et que l'embryon fondit dans l'utérus à la salutation de Marie, » —Luc, I. 15, 41, 44; —mais parla il était signifié qu'il représenterait le Seigneur quant à la Parole, comme Elle; car dans la Parole, qui est le Divin Vrai, il y a partout le mariage du Divin Bien et du Divin Vrai, et le Divin Bien uni au Divin Vrai est le Divin procédant du Seigneur, qui est appelé Esprit Saint : le bondissement dans l'utérus à la salutation de Marie représentait la joie d'après l'amour de la conjonction du Bien et du Vrai, ainsi la joie de l'amour conjugal céleste, qui est dans chaque chose de la Parole : que Jean-Baptiste, comme Elle, ait représenté le Seigneur quant à la Parole, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 7643, 9372. Ce que signifie le mâle, qui ouvre le premier l'utérus, va aussi être dit : On lit à ce sujet dans Moïse : « Quand t'aura introduit Jéhovah dans la terre du Cananéen, passer tu feras toute ouverture d'utérus à Jéhovah, et toute ouver­ture de portée de la bête, ce que tu auras de mâle, à Jéhovah; mais tout premier-né parmi tes fils tu rachèteras. Que s'il arrive que t'interroge ton fils demain, en disant: Qu'est-ce que ceci? tu lui diras : Par force de main nous a tirés Jéhovah de l'Egypte, de la maison de serfs, quand il tua tout premier-né dans la terre d'Egypte, depuis le premier-né de l'homme jusqu'au premier-né de la bête; c'est pourquoi, moi, je sacrifie à Jéhovah toute ouverture d'utérus, les mâles, et tout premier-né de mes fils je rachète. » — Exod. XIII. 11 à 15. XXXIV. 19, 20. — Que les Lévites aient été acceptés à la place des premiers-nés, on le voit dans le Même : « Voici, j'ai pris les Lévites du milieu des fils d'Israël à la place de tout premier-né, ouverture d'utérus, d'entre les fils d'Israël, afin que soient à Moi les Lévites; parce qu'à Moi tout premier-né; au jour où j'ai frappé tout premier-né dans la terre d'Egypte, j'ai sanctifié pour Moi tout premier-né en Israël, depuis l'homme 'jusqu'à la bête à Moi ils seront.» — Nomb. III. 12, 13. VIII. 16, 17;—le spirituel qui est caché dans ce statut n'est pas évi­dent, à moins qu'on ne sache que les générations et les naissances naturelles signifient des générations et des naissances spirituelles; puis aussi, que tous les membres de la génération correspondent à l'amour céleste et à ses produits, qui sont les usages, lesquels sont appelés les vrais de cet amour : puisqu'il en est ainsi, et puisque le mariage dans le sens spirituel signifie le mariage du bien et du vrai, comme il a été dit ci-dessus, par suite on peut voir ce qui est signifié dans le même sens par l'ouverture d'utérus, ou le premier-né, mâle : par l'ouverture d'utérus, ou par le premier-né, mâle, est signifié ce qui d'abord naît de l'amour céleste et de la perception du bien et du vrai; que ce soit le vrai d'après le bien qui tient la place de principe pour le reste, cela est évident; ce vrai dans son essence est le bien spirituel, car ce bien dans sa forme est le vrai d'après le bien ; ou, ce qui est la même chose, le vrai d'après le bien dans son essence est le bien spirituel ; cela est signifié par l'ouverture d'utérus, le premier-né, mâle, par la raison que l'utérus correspond à l'amour conjugal intime, qui dans son essence est l'amour céleste, et de cet amour est produit le bien spirituel qui dans sa forme est le vrai d'après le bien, et spécialement ce vrai d'après le bien qui tient la place de principe pour le reste; ce qui tient la place de principe est, pour les choses qui viennent à la suite, le tout quant à leur essentiel, parce que c'est ce qui règne en elles : comme cela est signifié par l'ouverture d'utérus ou le premier-né, mâle, c'est pour cela que ce premier-né était sanctifié à Jéhovah, et que par lui aussi étaient sanctifiés tous les produits suivants. Il faut qu'on sache que les biens du Ciel et de l'Église sont de trois degrés, le bien du degré intime, par conséquent aussi du Ciel intime, est appelé bien de l'amour céleste, le bien du degré inférieur, qui est aussi le bien du Ciel moyen, est appelé bien de l'amour spirituel, et le bien du degré le plus bas, qui est aussi le bien du dernier Ciel, est appelé bien naturel ; ces biens, de même qu'ils se suivent en ordre, de même aussi naissent en ordre; le bien de l'amour naturel naît du bien de l'amour spirituel, et le bien de l'amour spirituel naît du bien de l'amour céleste; c'est delà que par l'ouverture d'utérus, le premier-né, mâle, est signifié le bien de l'amour spirituel né du bien de l'amour céleste. Comme par les bêtes il est signifié les affections, par les bêtes de gros bétail les affections extérieures, et par les bêtes du menu bétail les affections intérieures, c'est pour cela, aussi que leurs premiers-nés ont été sanctifiés. Que ce soit ainsi, on peut le voir aussi en ce que les Lévites ont été reçus à la place de tous les premiers-nés, car par Lévi, et par suite par le Lévite, il est signifié le bien spirituel d'après le bien céleste; de là aussi le sacerdoce, par lequel est signifié le bien céleste, a été donné à Aharon et à ses fils, et le ministère de ce sacerdoce, par lequel est signifié le vrai d'après ce bien, a été donné aux Lévites ; que ces choses aient été signifiées par la Tribu de Lévi, on le voit ci-dessus, N° 444. Si le statut sur les premiers-nés a été donné aux fils d'Israël, parce que tous les premiers-nés avaient été tués en Egypte, c'est parce que là par les premiers-nés il est signifié les faux d'après le mal contraires ou opposés aux vrais d'après le bien, ainsi le mal infernal contraire ou opposé au bien spirituel, et parce que quand ces faux d'après le mal sont tués chez l'homme, c'est-à-dire, éloignés, alors pour la première fois les vrais d'après le bien, ou le bien spirituel, influent du Seigneur et sont reçus par l'homme. D'après ces considérations, on peut voir ce qui a été représenté par ce statut, et ce qui a été signifié dans le sens spirituel. Quant à ce qui a été signifié en ce que « Dieu avait fermé tout utérus de la maison d'Abimélech, à cause de Sarah, épouse d'Abraham; et qu'après qu'Abraham eut prié en leur faveur, Dieu, guérit Abimélech, et son épouse, et ses servantes, de sorte qu'ils enfantèrent, » — Gen. XX. 17, 18, — on le voit dans les ARCANES CELESTES, où ces choses ont été expliquées.

 

 

 



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