| Apocalypse Expliquée 693. 693. Et les nations se sont irritées, signifie le mépris, l'inimitié et la haine des méchants contre le Seigneur, et contre les Divins qui procèdent de Lui et qui sont les choses saintes du Ciel et de l'Église: on le voit par la signification des nations, en ce que ce sont ceux qui sont dans les biens de l'Église, et dans le sens opposé ceux qui sont dans les maux, ici ceux qui sont dans les maux, puisqu'il est dit qu'elles se sont irritées; que les nations signifient ceux qui sont dans les biens et ceux qui sont dans les maux, et abstractivement les biens et les maux de l'Église, et que les peuples signifient ceux qui sont dans les vrais et ceux qui sont dans les faux, et abstractivement les vrais et les faux de l'Église, on le voit ci-dessus, Nos 175, 331, 625; et par la signification de s'irriter, quand il s'agit des méchants qui sont signifiés par les nations, en ce que c'est avoir du mépris, de l'inimitié et de la haine contre le Seigneur, et contre les Divins qui procèdent de Lui et qui sont les choses saintes du Ciel et de l'Église; que ces choses et plusieurs autres semblables soient signifiées par s'irriter, c'est parce que chacun s'emporte et s'irrite quand son amour et le plaisir de son amour sont combattus.; tout emportement et toute colère viennent de là, et cela, parce que l'amour de chacun est sa vie; c'est pourquoi, blesser l'amour, c'est blesser la vie, et quand celle-ci est blessée, il y a commotion du mental (animus), et par suite colère et emportement : semblable chose arrive chez les bons, quand leur amour est combattu, mais avec cette différence, que chez eux ce n'est ni emportement ni colère, mais zèle; ce zèle, il est vrai, est appelé colère dans la Parole, mais néanmoins ce n'est pas de la colère; il est appelé colère,- parce que dans la forme externe il se montre semblable à de la colère, mais intérieurement ce n'est que charité, bonté et clémence; c'est pourquoi, le zèle comme colère ne dure que jusqu'à ce que celui contre lequel il s'est enflammé soit venu à résipiscence et se soit détourné du mal: il en est autrement de la colère chez les méchants ; comme la haine et la vengeance, qu'ils aiment, sont intérieurement cachées en eux, la colère persiste et est rarement éteinte. De là vient qu'il y a colère chez ceux qui sont dans les amours de soi et du monde, car ceux-là sont aussi dans les maux de tout genre; mais il y a zèle chez ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur et dans l'amour à l'égard du prochain; c'est pourquoi, le zèle concerne la salvation de l'homme, tandis que la colère concerne sa damnation ; le méchant qui est dans la colère tend à la damnation, et le bon qui est dans le zèle tend à la salvation. Si les nations irritées signifient ici le mépris, l'inimitié et la haine des méchants contre le Seigneur, et contre les Divins qui procèdent de Lui, par conséquent contre les choses saintes du Ciel et de l'Église, c'est parce que, à la fin de l'Église, peu avant le Jugement Dernier, dont il s'agit ici, l'état de ceux qui sont dans le précédent Ciel et dans la précédente Terre est changé, ce qui se fait par la séparation des bons d'avec les méchants; la séparation faite, alors chez les méchants sont fermés les externes, par lesquels et d'après lesquels ils prononçaient les vrais et faisaient les biens avec dissimulation et hypocrisie, et sont ouverts les internes qui chez eux sont infernaux; et, après qu'ils ont été ouverts, le mépris, l'hostilité et la haine s'en échappent manifestement avec des outrages contre le Seigneur et contre les choses saintes du Ciel et de l'Église; car chez eux ces passions étaient intérieurement cachées, mais voilées par les amours de soi et du monde, qui sont tels, qu'ils font le bien et prononcent les vrais pour eux-mêmes et pour le monde, parce que les choses saintes du Ciel et de l'Église leur servent de moyens pour les tins qui sont la réputation, la gloire, l'honneur, le lucre, en un mot, eux-mêmes et le monde, et les moyens sont aimés pour les fins; mais comme la fin, qui appartient à l'amour de l'homme, et par suite à son intention et à sa volonté, est corporelle et mondaine, par conséquent infernale, c'est pour cela que les biens et les vrais, qui appartiennent au Ciel et à l'Église, restent seulement attachés aux externes chez eux, et ne sont nullement dans les internes, parce que là sont les maux et les faux ; car les biens et les vrais du Ciel pénètrent dans les internes seulement chez ceux qui font que les choses saintes du Ciel et de l'Église sont les fins, c'est-à-dire, qui font qu'elles appartiennent à l'amour, et par suite à l'intention et à la volonté, et quand elles sont les fins, alors le mental spirituel est ouvert, et au moyen de ce mental l'Homme est conduit par le Seigneur : mais c'est le contraire, quand les biens et les vrais du Ciel et de l'Église ne sont pas les fins, mais sont les moyens; car, ainsi qu'il vient d'être dit, les fins sont les choses qui appartiennent à l'amour dominant de l'homme, et quand cet amour est l'amour de soi, il est aussi l'amour de son propre, qui, considéré en soi, n'est absolument que mal ; et autant l'homme agit d'après ce propre, autant il agit d'après l'enfer, par conséquent aussi contre le Divin. En outre, il faut qu'on sache que dans tout mal il y a de la colère contre le Seigneur et contre les choses saintes de l'Église; qu'il en soit ainsi, j'ai pu le voir clairement d'après les enfers, où tous sont dans les maux, et d'où dérivent tous les maux, en ce que là, dès qu'ils entendent nommer le Seigneur, ils sont violemment enflammés de colère, non-seulement contre Lui, mais aussi contre tous ceux qui Le confessent; de là vient que l'enfer est diamétralement opposé au Ciel, et dans un perpétuel effort pour le détruire et y éteindre les Divins, qui sont les biens de l'amour et les vrais de la foi; d'après cela, il est évident que les maux s'irritent contre les biens, et les faux du mal contre les vrais : c'est donc de là que par la colère dans la Parole il est signifié le mal dans tout le complexe : pareillement dans les passages qui suivent ; dans Luc : « Jésus dit : Malheur à celles qui seront enceintes et qui allaiteront en ces jours-là! car il y aura grande détresse sur la terre, et colère contre ce peuple, » — XXI. 23 ; — ces choses ont été dites de la consommation du siècle, qui est le dernier temps de l'Église; « malheur à celles qui seront enceintes et qui allaiteront, » signifie qu'alors le bien et le vrai ne peuvent être reçus; u car il y aura grande détresse sur la terre, et, colère contre ce peuple, » signifie que le bien est rejeté à cause du mal qui alors domine dans l'Église, et le vrai aussi à cause du faux ; la détresse ici est le mal qui domine, et la colère est le faux d'après le mal qui domine, car à la fin de l'Église les méchants sont tourmentés à la présence du bien, et sont irrités à la présence du vrai. Dans Ésaïe : « Seulement en Jéhovah justice et force, vers Lui ils viendront, et seront confus tous ceux qui se sont irrités contre Lui, » —XLV. 24; — « seront confus tous ceux qui se sont irrités contre Jéhovah, » signifie que tous ceux qui étaient dans les maux et dans les faux s'en retireront ; s'irriter contre Jéhovah signifie être dans les faux du mal. Dans Moïse : « Schiméon et Lévi, frères; dans leur colère ils ont tué l'homme, et dans leur bon plaisir énervé le bœuf; maudite (soit) leur colère, parce que véhémente (elle est), et leur emportement, parce que dur (il est) ; je les diviserai en Jacob, et je les disperserai en Israël. » — Gen. XLIX. 5, 6, 7; — par Ruben, Schiméon et Lévi sont signifiées la Foi, la Charité et les Œuvres de la charité ; mais là par Ruben est signifiée la foi séparée d'avec la charité, d'où il résulte qu'il n'y a ni charité ni aucune œuvre de la charité; en effet, ces trois sont liés ensemble, car telle est la foi, telle est la charité, et telle est la charité, telle est l'œuvre de la charité; ils sont, en effet, inséparables, et l'un appartient à l'autre, ainsi l'un est de même que l'autre; et comme Ruben a été maudit à cause de l'adultère avec la servante concubine de son père, c'est pour cela que Schiméon et Lévi sont aussi rejetés, leur rejet est signifié par être divisé en Jacob et être dispersé en Israël; maintenant, comme la foi, qui a été représentée par Ruben, ne devait pas être acceptée pour être le premier de l'Église, mais que ce serait le bien spirituel, qui est le vrai par l'entendement et par la volonté, c'est pour cela que Joseph a été reçu pour le premier-né de l'Église à la place de Ruben, car par Joseph était représenté le bien spirituel, qui dans son essence est le vrai par l'entendement et par la volonté ; de là, on peut voir ce qui est signifié par la colère de Schiméon et de Lévi qui est véhémente, et par leur emportement qui est dur, à savoir, l'aversion pour le bien et le vrai, ainsi le mal et le faux dans tout le complexe, car lorsque la charité se retire de la foi, il n'y a plus aucun bien ni aucun vrai : mais ces choses ont été expliquées avec plus de développements dans les arcanes célestes; voir Nos 6351 à 6361. Dans Matthieu : « Jésus dit : II a été dit aux anciens : Quiconque tuera sera sujet au jugement ; mais Moi je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère témérairement sera sujet au jugement. » — V. 21, 22 ; — par se mettre en colère contre son frère témérairement, il est aussi signifié ici l'inimitié et la haine contre le bien et le vrai; ceux aussi qui ont cette inimitié et cette haine tuent continuellement en esprit, en intention et en volonté, car s'il leur était permis, c'est-à-dire, si les lois et par suite la crainte des châtiments et de la vie, ou de perdre réputation, honneur ou profit, ne s'y opposaient, ils tueraient en .actualité; car ce que l'homme a en intention, il le fait, quand il le peut : si celui qui se met en colère témérairement contre son frère est sujet au jugement comme celui qui tue, c'est parce que par se mettre en colère il est signifié penser, avoir pour intention et vouloir du mal à autrui, et tout mal de la volonté est dans la vie de l'esprit de l'homme, et revient après la mort; de là résulte qu'alors il est sujet au jugement; et ce qui appartient à l'intention et à la volonté est jugé comme appartenant au fait. Mais sur la signification de la colère et de l'emportement chez ceux qui sont dans le mal, il est inutile de rapporter davantage de passages, parce qu'il est de soi-même évident que tout mal cache en soi de la colère contre le bien, car il veut l'étouffer, et même il veut tuer celui en qui est le bien, sinon quant au corps, du moins quant à l'âme; cela se fait entièrement par colère et avec colère.
|