| Apocalypse Expliquée 622. Et quand je l'eus dévoré, amer fut rendu mon ventre, signifie qu'il fut perçu et examiné que la Parole était intérieurement désagréable d'après le vrai adultéré du sens de sa lettre : on le voit d'après les explications données ci-dessus, N03 617, 618, où sont des paroles semblables. Si le ventre signifie ici les intérieurs de la Parole, qui sont nommés les spirituels, c'est parce que l'examen a été représenté par l'action de dévorer ou de manger le petit livre par lequel est entendue la Parole, et par la saveur de ce petit livre par laquelle est entendue la .perception ; par suite la première perception, est signifiée par la saveur dans la bouche où le petit livre était doux comme du miel; la première perception de la Parole est telle qu'est la perception du sens de sa lettre, ainsi telle qu'est la Parole extérieurement; mais la seconde perception est signifiée par la saveur du petit livre lorsqu'il vint dans le ventre, saveur qui est dite amère, cette seconde perception de la Parole est telle qu'est la perception de son sens spirituel, ou telle qu'est la Parole intérieurement; de là vient que, puisque par la bouche il est signifié extérieurement, par le ventre, ici, il est signifié intérieurement, parce qu'il y a intérieurement réception et examen. Si le ventre signifie les intérieurs, c'est parce que le ventre renferme intérieurement la nourriture, et que par la nourriture est signifié tout ce qui nourrit l'âme; et comme le ventre, de même que tous les autres viscères, est en dedans ou au milieu du corps, de là vient que dans la Parole les intérieurs sont signifiés par le ventre et aussi par les viscères; que les intérieurs soient signifiés par le ventre et par les viscères, on peut le voir par les passages suivants; dans Ezéchiel : « Fils de l'homme, nourris ton rentre, et remplis tes entrailles de ce rouleau. » —III. 3; — ces paroles ont la même signification que celles de l'Apocalypse qui sont maintenant expliquées, et qui consistent à prendre et à dévorer le petit livre; car par le rouleau il est signifié la même chose que par le petit livre, à savoir, la Parole, et par nourrir le ventre et remplir les entrailles avec le rouleau, il est signifié examiner comment la Parole est entendue dans l'Église, ce qui se fait par la lecture et par la perception de la Parole. Dans David : « De ton trésor remplis leur ventre, rassasiés sont les fils, et ils laissent leur reste à leurs petits enfants. » Ps. XVII. 14 ; — par le trésor est signifié le vrai de la Parole, et par le ventre l'entendement intérieur; de là, par remplir du trésor leur ventre, il est signifié instruire des vrais de la Parole l'entendement intérieur chez-eux; par «rassasiés sont les fils, fil est signifié que par suite ceux qui sont affectés des vrais sont pleinement instruits, les fils signifient ceux qui sont dans l'affection du vrai, et les petits enfants des fils signifient les vrais qui naissent, de ceux-là il est dit qu'ils laissent le reste à leurs petits enfants : il est dit l'entendement intérieur, car chez l'homme il y a un entendement extérieur et un entendement intérieur, l'entendement extérieur appartient au mental naturel, et l'entendement intérieur appartient au mental spirituel; l'entendement intérieur est signifié par le ventre. Dans Jean : « Jésus dit : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi et qu'il boive; quiconque croit en Moi, comme dit l'Écriture, des fleuves de son ventre couleront d'eau vive; il disait cela de l'esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. »—VII 37, 38, 39; —le Seigneur décrit ainsi le Divin Vrai perçu intérieurement par ceux qui sont dans l'affection spirituelle du vrai, ceux-ci sont entendus par ceux qui ont soif et qui viennent au Seigneur et boivent; par« des fleuves de son ventre couleront d'eau vive, » il est signifié qu'ils ont l'entendement du Divin Vrai, les fleuves coulant du ventre signifient l'entendement intérieur ou l'intelligence intérieure, et l'eau vive est le Divin Vrai procédant du Seigneur; et comme le Divin Vrai procédant du Seigneur est entendu par l'Esprit Saint, il est ajouté qu'il disait cela de l'esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. Dans Marc : « Rien du dehors entrant dans l'homme ne peut te souiller, parce que cela entre, non dans son cœur, mais dans son ventre, et dans les latrines est jeté, en purifiant tous les aliments; mais ce qui de l'homme sort, cela souille l'homme, car du dedans, du cœur des hommes, cela sort. » — VII 18,19, 20. Matth. XV. 17, 18, 19, 20; — ces paroles doivent être ainsi entendues, à savoir, que toutes choses, tant les faux que les maux, qui, soit d'après la vue, soit d'après l'ouïe., influent dans la pensée de l'entendement et non" dans l'affection de la volonté, n'affectent pas et n'infectent pas l'homme, parce que la pensée de l'entendement de l'homme, en tant qu'elle ne procède pas de l'affection de sa volonté, n'est pas dans l'homme, mais est hors de lui, c'est pourquoi elle ne lui est pas appropriée; il en est de même du vrai et du bien : le Seigneur enseigne cela par des correspondances, en disant que ce qui entre par la bouche dans le ventre ne souille pas l'homme, parce que cela n'entre pas dans le cœur, car ce qui entre dans le ventre est jeté dans les latrines, par quoi il est entendu que ce qui du dehors ou de l'extérieur, soit d'après les objets de la vue, ou d'après les objets du langage, ou d'après les objets de la mémoire, entre dans la pensée de l'entendement de l'homme, ne le souille pas, mais cela, en tant que n'appartenant pas à son affection ou à sa volonté, est séparé et rejeté, comme ce qui a été pris par le ventre et jeté dam» les latrines : le Seigneur a exposé ces spirituels par les naturels, puisque les aliments qui s'ont pris par la bouche et envoyés dans le ventre signifient les choses que l'homme puise spirituellement, et dont il nourrit son âme; c'est de là que le ventre correspond à la pensée de l'entende ment, et aussi la signifie; que le cœur signifie l'affection de la volonté de l'homme, cela a été montré ci-dessus; il a aussi été montré qu'il n'y a d'approprié à l'homme que ce qui devient chose de son affection ou de sa volonté : que ce soient des spirituels, et non des naturels, qui sont entendus, cela est évident, car le Seigneur dit que « du cœur les pensées .mauvaises sortent : Meurtres, adultères, scortations, vols, faux témoignages, blasphèmes. » Comme les faux et les maux, qui de dehors entrent dans les pensées, viennent des enfers, et que s'ils ne sont pas reçu par l'homme dans l'affection de la volonté, ils sont rejetés dans les enfers, c'est pour cela qu'il est dit qu'ils sont jetés dans les latrines ; car par les latrines est signifié l'enfer, et cela, parce que dans les enfers tout est immonde, et que ceux qui y sont ont été rejetés du Ciel qui, dans sa forme, est comme un homme, et est par suite appelé le Très-Grand Homme, et aussi correspond à toutes les choses de l'homme, tandis que les enfers correspondent par suite aux déjections du ventre du Très-Grand Homme ou du Ciel, ce qui fait que l'Enfer est entendu dans le sens spirituel par les latrines. S'il est difr que le ventre purifie tous les aliments, c'est parce que par le ventre est signifiée la pensée de l'entendement, comme il vient d'être dit, et que par les aliments sont signifiées toutes les nourritures spirituelles, et c'est la pensée de l'entendement qui sépare les choses impures des choses pures et ainsi purifie. Dans Jérémie : « Nébuchadnessar, Roi de Babel, m'a troublée, il m'a rendue vase vide, il m'a engloutie comme une baleine, il a rempli son ventre de mes délices, il m'a chassée. » — LI. 34;—par Nébuchadnessar, Roi de Babel, est signifiée la profanation du Divin Vrai, et comme ceux qui le profanent le puisent plus que les autres, et l'appliquent aux amours corrompus, surtout à l'amour de dominer, tellement qu'ils ont transféré en eux tout pouvoir Divin, cela est signifié par « il m'a engloutie comme une baleine, il a rempli son ventre de mes délices; » la baleine signifie le dernier naturel, dans lequel se trouvent ceux qui sont dans l'amour de soi, les délices sont les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole, et remplir le ventre de ces délices, c'est puiser ces connaissances et les profaner. Dans David : « Aie pitié de Moi, Jehovah! car dans l'angoisse je suis; en langueur sont tombés à cause de l'indignité mon œil, mon âme et mon ventre. » — Ps. XXXI. 1 0 ; — ici, par l'œil, l'âme et le ventre, il est signifié l'entendement, jet par suite la pensée extérieure du vrai et la pensée intérieure du vrai, ainsi par le ventre sont signifiés les intérieurs de l'entendement, qui sont dits tomber en langueur à cause de l'indignité, quand ils périssent par les faux. Dans le Même : « Courbée jusqu'à la poussière a été notre âme, attaché à la terre a été notre ventre. » — Ps. XLIV. 26; — là aussi, dans le sens spirituel, par l'âme et le ventre est signifiée la pensée de l'entendement; par courbée jusqu'à la poussière et attaché à la terre, il est signifié imbue de faux, car par la poussière et par la terre il est signifié l'infernal et le damné ; l'infernal et le damné sont aussi signifiés par marcher sur le ventre, et par manger la poussière, ainsi qu'il a été dit au serpent : « Sois maudit plus que toutes les bêtes et plus que tous les animaux du champ ; sur ton ventre tu marcheras, et poussière tu mangeras tous les jours de ta vie. »— Gen. III. là. — C'était aussi pour cela qu'il avait été absolument défendu « de manger de tout ce qui marche sur le ventre, parce que cela était abomination. » — Lévit. XL 42; — si par la poussière et par le ventre attaché à la terre il est signifié le faux infernal et ce qui a été damné, c'est parce que sous les terres dans le Monde spirituel sont les enfers, et que là les faux du mal s'exhalent des enfers à travers les terres; et parce que le ventre d'après la correspondance signifie les intérieurs de l'entendement et de la pensée, lesquels sont infectés et imbus de faux du mal s'ils s'attachent à ces terres; c'est pourquoi, dans le Monde spirituel, personne ne couche le ventre sur la terre ; mais là marcher sur la terre avec les pieds, c'est toucher et puiser ce qui s'exhale des enfers par le corporel-naturel, qui correspond aux plantes des pieds, et ce naturel n'a de communication avec les pensées de l'entendement que chez ceux qui sont dans les maux quant à la vie et dans les faux quant à la doctrine. Dans Job : « Leur ventre enfante, la fourberie. »—XV. 35. — Et ailleurs : « Je suis plein de paroles, l'esprit de mon rentre me cause de l'angoisse; et mon ventre (est) comme du vin qui n'a point d'ouverture. » — XXXII. 18, 19; —par là, il est entendu qu'il ne peut ouvrir les pensées de son entendement. Dans Jérémie : « Nettoie de la malice ton cœur, Jérusalem, afin que tu sois sauvée; combien de temps demeureront dans ton ventre les pensées de ton iniquité? » — IV. 14 ; — ici, les pensées sont manifestement attribuées au ventre, car il est dit « combien de temps demeureront dans ton ventre les pensées de ton iniquité? » et la malice est attribuée au cœur, parce que le cœur correspond à la volonté dans laquelle la malice réside. Dans David : « Dans leur bouche rien d'assuré; leur ventre, perditions; sépulcre ouvert, leur gosier; de leur langue ils flattent. » — Ps. V. 10; ici aussi, au ventre sont attribuées les perditions, c'est-à-dire,
les pensées mauvaises. Dans le Même : « Le ventre de l'homme et le cœur profond. » —Ps. LXIV. 7 ; —par le ventre de l'homme sont signifiées les pensées du faux, et par le cœur les affections du mal; celles-ci appartiennent à la volonté, et celles-là à l'entendement. Dans Habakuk : « Ému a été mon ventre, à (ta) voix ont tremblé mes lèvres. » — III. 16; — «ému a été mon ventre, » Signifie la douleur de la pensée, c'est pourquoi il est dit aussi « à ta voix ont tremblé mes lèvres, » ce qui signifie que par suite le langage était embarrassé. Par « les entrailles du poisson, dans lesquelles Jonas fut trois jours et trois nuits, » — Jonas, II. 1, sont signifiés les enfers où sont les faux les plus affreux par lesquels il fut enveloppé, par conséquent des tentations atroces, comme on peut le voir par le prophétique de Jonas dans ce Chapitre,
où il est même dit : « Du ventre de l'enfer j'ai crié, et tu as entendu ma voix. » — Vers. 3. — Les mêmes choses que par le ventre sont aussi signifiées par les entrailles, comme on peut le voir par les passages suivants; dans Ésaïe : « Mes entrailles à cause de Moab comme une harpe retentissent, et mes Intestins à cause de Kir-cheresh. » — XVI. 11. — Dans David : « Bénis, mon âme, Jéhovah, et toutes mes entrailles (bénissez) le Nom de sa Sainteté. » — Ps. CIII. 1. — Dans le Même : « Faire ta volonté, ô mon Dieu, j'ai désiré; et ta loi (est) dans mes Entrailles. » —Ps. XL. 9. — Dans Ézéchiel : « Leur argent ni leur or ne pourront les délivrer au jour de la colère de Jéhovah; leur âme Ils ne rassasieront point, et leurs entrailles ils ne rempliront point. »—VII. 19 ; — par leur argent et leur or sont signifiés les faux et les maux de religion qui proviennent de la propre intelligence et de la propre volonté; qu'ils n'en retirent aucune nourriture spirituelle, ou point d'intelligence ni d'affection du bien, cela est signifié en ce qu'ils ne rassasieront point leur âme, et ne rempliront point leurs entrailles. Comme par les entrailles il est signifié les intérieurs de la pensée, et que ce sont ces intérieurs qui sont affectés de douleur, c'est pour cela que cette douleur est exprimée, dans la Parole, par être ému dans les entrailles; par exemple, — Ésaïe, LXIII. 15. Jérém. XXXI. 20. Lament. 1.20. Malin. IX. 30. Marc, VI. 34. VIII. 2. Luc, I. 78. VII. 12, 13. X. 33, 34. XV. 20. — Comme par le ventre sont signifiés les intérieurs de la pensée ou de l'entendement, c'est pour cela que par le fruit du ventre dans le sens spirituel il est signifié les biens de l'entendement, et par tes fils les vrais de l'entendement; par exemple, dans David : « Voici, héritage de Jéhovah, les fils; récompense, les fruits du ventre. » Ps. CXXVII. 3. — Dans Ësaïe : « Du fruit du ventre ils n'auront point pitié, aux fils ne pardonnera point leur œil. »— XIII. 18. — Dans Job : « Je pleure avec commisération les fils de mon ventre. » — XIX. 17.— Dans Moïse : « Bénis seront le fruit de ton ventre et le fruit de ta terre. » — Deutér. VII. 13.—Dans Hosée : « Même quand ils engendrer aient, je tuerai les désirs de leur ventre. » — IX. 11, 16; — le fruit du ventre et les désirs du ventre signifient dans le sens de la lettre la progéniture naturelle, mais dans le sens spirituel la progéniture spirituelle, qui est la science, l'intelligence et la sagesse, car l'homme renaît en elles quand il est régénéré; c'est de là que par les enfantements, par les fils et les filles, et par tous les autres noms qui concernent la naissance, il est signifié des choses qui appartiennent à la naissance spirituelle, c'est-à-dire, à la régénération ; car les Anges, qui perçoivent spirituellement la Parole, ne connaissent pas d'autre enfantement ni d'autre fruit du ventre; c'est aussi de là que de semblables choses sont signifiées par l'utérus et par le ventre dans les passages suivants ; dans Ésaïe : « Oh! si tu eusses écouté mes préceptes, ta semence aurait été comme le sable de la mer, et ceux qui sont nés de tes entrailles, comme son gravier. » -XL VIII. 18, 19. — Dans David : « Sur Toi j'ai été jeté du ventre de ma mère; mon Dieu, Toi. » — Ps. XXII. 11. — Dans le Même : « Toi; tu possèdes mes reins, tu m'as enveloppé dans le ventre de ma mère. » — Ps. CXXXIX. 13. —Dans le Même : Les impies se sont détournés dès l'utérus, ils se' fourvoient dès le ventre, proférant le mensonge. » — Ps. LVIII. A ; — et ailleurs. Si le Ventre ou les Entrailles signifient les intérieurs de la pensée ou de l'entendement, "c'est parce qu'il y a chez l'homme deux vies, à savoir, la vie de l'entendement et la vie de la volonté; à ces deux sources de vie correspondent toutes les choses du corps, aussi ces choses sont-elles mises en action et agissent-elles au gré de ces deux vies, au point que la partie du corps qui ne se laisse pas mettre en action par elles n'est pas vivante ; c'est de là que le corps entier est soumis aux empires de ces deux vies ; en effet, toutes les choses qui dans le corps sont mises en mouvement, et en tant qu'elles sont mises en mouvement par la respiration des poumons, sont soumises à l'empire de la vie de l'entendement, et toutes les choses qui dans le corps sont mises en action, et en tant qu'elles sont mises en action par le-pouls du cœur, Sont soumises à l'empire de la vie de la volonté ; de là vient que dans la Parole il est dit très-souvent l'Ame et le Cœur, et que l'âme signifie la vie de l'entendement et aussi la vie de la foi, car l'âme se dit de la respiration, et que le cœur signifie la vie de la volonté et aussi la vie de l'amour; c'est encore d'après cela que le ventre et les entrailles se disent de la pensée qui appartient à l'entendement, et que le cœur se dit de l'affection qui appartient à la volonté.
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