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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 403. 

Comme un figuier jette ses figues vertes, par un grand vent secoué, signifie que l'homme naturel les avait ravagées par les raisonnements : on le voit par la signification du figuier, en ce qu'il est l'homme naturel, ainsi qu'il sera expliqué ; par la signification des figues vertes, en ce qu'elles sont les choses qui sont dans l'homme naturel, principalement les connaissances implantées dès l'enfance dans l'homme naturel, et non encore en maturité, parce qu'elles ont seulement été entendues et par suite reçues; et par la signification de par un grand vent secoué, en que c'est que l'homme naturel les avait ravagées par des raisonnements; être secoué par un grand vent signifie ici les raisonnements d'après les faux du mal, car grand dans la Parole se dit du bien et du mal, le vent se dit du vrai et du faux, et être secoué par vent se dit du raisonnement qui en provient : si de telles choses, sont signifiées par ces paroles, quoiqu'elles soient dites comparativement, c'est parce que dans la Parole les comparaisons ont, comme tout le reste, une signification, car elles sont également des correspondances. Sur ce sujet, voici ce qui a lieu : Tout homme naît naturel par ses parents, mais il devient spirituel par le Seigneur, ce qui est appelé naître de nouveau ou être régénéré; et comme il naît naturel, c'est pour cela que les connaissances qu'il puise dès l'enfance, avant de devenir spirituel, sont implantées dans sa mémoire naturelle; mais quand il avance en âge et commence à considérer rationnellement les connaissances du bien et du vrai qu'il a puisées dans la Parole ou dans les prédications, s'il mène alors une vie mauvaise, il saisit les faux qui sont opposés et contraires à ces connaissances, et il s'en pénètre, et comme il jouit alors de la faculté de raisonner, il raisonne d'après les faux contre les connaissances du premier et du second âge de son enfance; quand cela arrive, ces connaissances sont rejetées, et remplacées par des faux : c'est donc là ce qui est signifié par « les étoiles tombèrent sur la terre, comme un figuier jette ses figues vertes, par un grand vent secoué. » Si le figuier signifie l'homme naturel, c'est d'après la correspondance; en effet, dans le Ciel, il apparaît des jardins et des paradis, où il y a des arbres de tout genre, et chaque arbre signifie quelque chose du Divin, qui est communiqué aux anges par le Seigneur; en général, l'olivier signifie le céleste qui appartient au bien de l'amour, le cep le spirituel qui appartient au vrai d'après ce bien, et le figuier le naturel qui est dérivé du spirituel ou du céleste; et comme ces arbres signifient ces choses, c'est pour cela qu'ils signifient aussi l'Ange ou l'homme chez lesquels elles sont; mais dans le commun sens ils signifient une société toute entière, parce que chaque société dans les Cieux est, formée de manière qu'elle présente l'image d'un seul homme ; dans le sens spirituel ces arbres signifient l'Église, l'olivier l'Église céleste, le cep l'Église spirituelle, et le figuier l'Église naturelle, qui est l'Église externe correspondant à l'Église interne; d'après cela on peut voir pourquoi il est dit que le figuier signifie l'homme naturel, c'est-à-dire, le naturel chez l'homme ; que le figuier signifie le naturel, et dans le commun l'Eglise externe, on le voit aussi par les autres passages de la Parole, où le figuier est nommé, par exemple, par les passages suivants; dans Ésaïe : « Elle se fondra toute l'armée des cieux, et seront roulés comme un livre les cieux; et toute leur armée tombera comme tombe la feuille du cep, et comme ce qui tombe du figuier. » — XXXIV. 4; — ces choses ont été dites du jour du Jugement dernier qui devait venir, et qui même est venu, car le Jugement dernier prédit par les Prophètes de l'Ancien Testament a été accompli par le Seigneur quand il était dans monde ; et comme alors il a été fait des choses semblables à celles qui eurent lieu pour le Jugement dernier prédit dans l'Apocalypse et aujourd'hui accompli par le Seigneur, c'est pour cela qu'ici des paroles presque semblables sont employées; par exemple, dans le Prophète Ésaïe, que toute l'armée des cieux tombera comme tombe la feuille du cep, et comme ce qui tombe du figuier, et que comme un livre seront roulés les cieux; dans l'Apocalypse, que les étoiles tomberont sur la terre, comme un figuier jette ses figues vertes et que le ciel se retirera comme un livre roulé; « elle se fondra toute l'armée des cieux, » signifie que tous les biens et tous les vrais, qui appartiennent à l'amour et à la foi, ont été corrompus; en effet, par l'armée des cieux sont entendus tous les biens tous les vrais qui appartiennent à l'amour et à la foi, car le soleil, la lune et les étoiles, par lesquels ces biens et ces vrais sont signifiés, étaient appelés l'armée des cieux; « seront roulés comme un livre les cieux, » signifie la dissipation des biens et des vrais ; « toute l'armée tombera comme tombe la feuille du cep, et comme ce qui tombe du figuier, » signifie le ravage d'après les maux du faux. Dans Jérémie : « En consumant je les consumerai ; point de raisins au cep, point de figues au figuier, et la feuille tombera. » — VIII. 13; — point de raisins au cep, signifie qu'il n’y a pas le bien spirituel, car le cep signifie l'homme spirituel, et raisin, étant le fruit du cep, en signifie le bien, qui est appelé bien spirituel; point de figues au figuier, signifie qu'il n'y a pas le bien naturel, car le figuier signifie l'homme naturel, et la figue cela signifie le bien, qui est appelé bien naturel ; que le cep ne signifie point un cep, ni le figuier un figuier, cela est évident, car il est dit, « en consumant je les consumerai ; point de raisins au cep, point de figues au figuier, » ce n'est pas, en effet, pour cela qu'ils seront consumés; il s'agit aussi de la vastation de l'Église, comme on le voit clairement par les paroles qui précèdent ce passage et par celles qui le suivent. Dans Hosée : « Je ferai cesser pour elle toute joie, fête, nouvelle lune, sabbath; et je dévasterai son cep et son figuier desquels elle a dit : C'est là mon salaire de prostitution; et je les réduirai en forêt, et les dévorera la bête sauvage du champ. » — II 11, 12; — là, il s'agit de l'Église et de la falsification du vrai dans l'Église ; qu'il s'agisse de l'Église, on le voit clairement par le Vers. 2 de ce Chapitre, où il est dit : « Plaidez contre votre mère, car elle n'est point mon épouse, et Moi je ne suis point son Mari, » par la mère et par l'épouse il est entendu l'Église; et même les choses saintes de l'Église, d'après lesquelles se faisait le culte, et le culte lui-même, sont signifiés par la fête, la nouvelle lune et le sabbath, qui cesseront; c'est pourquoi, par « je dévasterai son cep et son figuier, » il est signifié que le bien, tant le spirituel que le naturel, doit périr; « ils seront réduits en forêt, et la bête sauvage du champ les dévorera, « signifie que l'un et l'autre sera purement naturel, et que le spirituel sera consumé par les faussetés et par les cupidités, la forêt signifie le purement naturel, et la bête sauvage du champ les faussetés et les cupidités; et comme les faussetés dans l’Eglise sont principalement des vrais falsifiés, et qu'il s'agit de ces vrais dans ce Chapitre, c'est pour cela qu'il est ajouté « desquels elle a dit : C'est là mon salaire de prostitution; » le salaire de prostitution signifie la falsification. Dans Joël : « Une nation montera sur ma terre; robuste et innombrable; ses dents, dents de lion, et elle a les molaires féroces d'un lion; elle a réduit mon cep en dévastation et mon figuier en écume, en dépouillant elle l'a dépouillé, et elle l'a renversé; ses branches ont été mises à blanc; le cep a séché et le figuier languit; grenadier, puis palmier, et pommier, tous les arbres du champ ont été desséchés. » — I. 6, 7, 12; — dans tout ce Chapitre il s'agit de l'Église dévastée; et par la nation qui monte sur la terre, et qui est robuste et innombrable, dont les dents sont des dents de lion, et qui a les molaires féroces d'un lion, il est signifié non pas une nation qui soit telle, mais un mal effroyable et le faux de ce mal; par la terre sur laquelle elle monte, est signifiée l'Église; par les dents de lion sont signifiés les faux de ce mal, et comme ces faux détruisent tous les vrais et tous les biens de l'Église, ils sont appelés dents de lion et molaires féroces d'un lion, par le lion est signifié ce qui détruit; de là, par « elle a réduit mon cep en dévastation et mon figuier en écume, » il est signifié que l'Église interne et externe en a été dévastée; car le cep signifie l'Église interne, et le figuier l'Église externe; l’écume signifie où le vrai n'est pas intérieurement; et par « en dépouillant elle l'a dépouillé, et elle l'a renversé, » il est signifié qu’il n'y a plus ni bien ni vrai qui n'ait été détruit; dépouiller, à savoir de fruits et de feuilles, c'est dépouiller de biens et de vrais; et renverser, c'est détruire entièrement; par « ses branches ont été mises à blanc, » il est signifié qu'il n'y a plus aucun spirituel; par le grenadier, le palmier, le pommier et tous les arbres du champ, qui ont été desséchés, il est signifié des espèces de biens et de vrais l'Église, et des connaissances, qui ont été consumées par les maux et par les faux; les arbres du champ, en général, signifient les connaissances du bien et du vrai. Dans le Même : « Ne craignez point, bêtes de mes champs, car herbeuses sont devenues les demeures du désert, parce que l'arbre fait son fruit, le figuier et le cep donneront leur force. » — II. 22 ; — là, il s'agit de l'instauration de l'Église; c'est pourquoi, par les bêtes du champ il est entendu non pas les bêtes du champ mais les affections du bien dans l'homme naturel, et par suite ceux chez qui sont ces affections; qui est-ce qui ne voit que ce n'est pas à des bêtes qu'il est dit, « ne craignez point, bêtes de mes champs ? » par « herbeuses sont devenues les demeures du désert, » il est signifié que chez eux il y aura les connaissances du vrai où elles n'étaient pas auparavant, les demeures du désert sont les intérieurs de leur mental dans lesquels elles n'étaient pas auparavant, ce qui est herbeux signifie la croissance et la multiplication de ces connaissances; « parce que l'arbre fait son fruit, le figuier et le cep donneront leur force, » signifie qu'ils auront le bien naturel et le bien spirituel, car là la force est la production du fruit. Dans Amos : « La plupart de vos jardins, et de vos vignes, et de vos figuiers, et de vos oliviers, la chenille a dévoré; et cependant vous ne vous êtes point retournés vers Moi. » — IV. 9; — par les jardins il est signifié toutes les choses de l'Église qui font l'intelligence et la sagesse; par les vignes, les biens et les vrais spirituels; par les figuiers, les biens et les vrais naturels; par les oliviers, les biens et les vrais célestes; la chenille est le faux qui détruit; le figuier, le cep et l'olivier, signifient proprement l'Église et l'homme de 1'Eglise, mais parce que l'Eglise est Église et que l'homme est homme d'après les biens et les vrais, c'est pour cela que les biens et les vrais sont aussi signifiés par ces arbres, les biens par leurs fruits, et les vrais par leurs branches et par leurs feuilles. Dans Aggée : « Appliquez votre cœur depuis ce jour et après; n'y a-t-il pas encore la semence dans le grenier ? et jusqu'au cep et au figuier, et au grenadier et à l'arbre à olive ? » --- II. 18, 19; — par ces paroles, dans le sens spirituel, il est entendu qu'il y a encore de reste les biens et les vrais; tous les biens et tous les vrais depuis les premiers jusqu'aux derniers sont entendus par le cep, le figuier, le grenadier et l'arbre à olive, par le cep le bien et le vrai spirituels, par le figuier le bien et le vrai naturels, par le grenadier en général le cognitif et le perceptif, et en particulier les connaissances et les perceptions du bien et du vrai, et par l'arbre à olive la perception du bien et du vrai célestes; le grenier signifie où sont ces choses, soit l'Église, soit l'homme dans lequel est l'Église, soit le mental de l'homme, mental qui est le sujet. Dans Habakuk : « Le figuier ne fleurira pas, et point de produit dans les ceps; elle mentira l'œuvre de l'olivier, et les champs ne produiront pas de nourriture. » — III.17 ; -- le figuier ne fleurira pas, signifie qu'il n'y aura pas le bien naturel ; point de produits dans les ceps, signifie qu'il n'y aura pas le bien spirituel; l'œuvre de l'oli­vier mentira, signifie qu'il n'y aura pas le bien céleste; les champs ne produiront pas de nourriture, signifie qu'il n'y aura aucune nutrition spirituelle. Dans Moïse ; « Jéhovah Dieu te conduira vers une terre bonne, terre de torrents d'eau, de fontaines et d'abîmes qui sortent de la vallée et de la montagne, terre de froment et d’orge, et de cep et de figuier et de grenadier, terre d’olivier d'huile et de miel. » — Deutér. VIII. 7, 8 ; — par la terre bonne, vers laquelle ils seront conduits, il est entendu la terre de Canaan par laquelle est signifiée l'Église, c'est pourquoi ici par le cep, le figuier, le grenadier et l'olivier, il est signifié les mêmes choses que ci-dessus; le reste a été expliqué précédemment; voir N° 374. Comme par la terre de Canaan il est signifié l'Église, et par le cep, le figuier et le grenadier les internes et les externes de l'Église, c'est pour cela qu'il arriva que ceux qui explorèrent cette terre en rapportèrent des fruits de ces arbres; il en est parlé ainsi dans Moïse : « Ceux qui exploraient la terre de Canaan vinrent jusqu'au torrent d'Eskol, et ils coupèrent de là un sarment et une seule grappe de raisins, qu'ils portèrent sur un levier à deux, et des grenades et des figues. » — Nomb. XIII. 23 ; — comme le cep et le figuier ont ces significations, c'est pour cela que dans la Parole il est dit de ceux qui sont dans les biens et dans les vrais de l'Église, et par suite en sûreté contre les maux et les faux, qu'ils sont assis en sécurité sous leur cep et sous leur figuier, et que personne ne les épouvante; par exemple, dans le Livre I des Rois : « Jehudah et Israël habitèrent en sécurité, chacun sous son cep et sous son figuier, depuis Dan jusqu'à Béerschébah pendant tous les jours de Salomon. » — V. 5; — dans Zacharie : « J'ôterai l'iniquité de cette terre en un seul jour; en ce jour-là vous crierez, l’homme à son compagnon, sous le cep et sous le figuier. » — III. 9,10; — et dans Michée : « Dans l'extrémité des jours, il arrivera que la Montagne de la maison de Jéhovah sera établie en tête des montagnes; on ne lèvera point l’épée nation contre nation, et l'on n'apprendra plus la guerre, mais on sera assis, chacun sous son cep et sous son figuier, et personne qui les épouvante. » — IV. 1, 3, 4; — ces choses ont été dites du Royaume du Seigneur, lequel est chez ceux qui, dans les Cieux et dans les terres, sont dans l'amour envers Lui; le Royaume du Seigneur est signifié par la Montagne de Jéhovah qui sera établie en tête des montagnes, car la montagne de Jéhovah signifie le Royaume du Seigneur composé de ceux qui sont dans l'amour envers Lui ; et comme ceux-là habitent au-dessus de tous les autres dans les Cieux, il est dit de cette montagne qu'elle sera établie en tête des montagnes; voir dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 188 ; comme ils ont les vrais inscrits dans leur cœur, et qu'ils ne les mettent pas en discussion, il est dit qu'on ne lèvera point l'épée nation contre nation, et qu'on n'apprendra plus la guerre, ce qui signifie que dans ce Royaume il n'y aura au­cune discussion sur les vrais, voir dans le même Traité, Nos 25, 26, 270, 271 ; par « on sera assis, chacun sous son cep et sous son figuier, et personne qui les épouvante, » il est signifié que par les vrais et les biens, dans lesquels ils sont, ils seront en sûreté contre les maux et contre les faux. Dans Jérémie : « Voici, Moi, j'amènerai sur vous une nation de loin, qui mangera ta moisson et ton pain, mangera tes fils et tes filles, mangera ton troupeau et ton gros bétail, mangera ton cep et ton figuier. » — V. 15, 17 ; — par une nation de loin est signifié le mal opposé au bien céleste, par de loin est signifié ce qui est distant et éloigné des biens et des vrais, et opposé; qui mangera ta moisson et ton pain, signifie qui détruira tous les vrais et tous les biens par lesquels il y a nutrition spirituelle; qui mangera tes fils et tes filles, signifie toutes affections spirituelles du vrai et du bien ; qui mangera ton troupeau et ton gros bétail, signifie les vrais et les biens internes et externes; qui mangera ton cep et ton figuier, signifie par conséquent l'interne et l'externe de l'Église. Dans Hosée : « Comme des raisins dans le désert j'ai trouvé Israël, comme une primeur dans un figuier en son commencement j'ai vu vos pères. » — IX. 10; — là, par Israël et par les pères il est entendu, non pas les pères des tribus des fils de Jacob, mais ceux qui avaient été de l'Ancienne Église, parce que ceux-ci étaient dans le bien; voir dans les ARCANES CELESTES, Nos 6050, 6075, 6846, 6876, 6884, 7649, 8055; comme ceux-ci avaient été dans le bien, mais au commencement dans l'ignorance du vrai par lequel cependant existe le bien, il est dit « comme des raisins dans le désert j'ai trouvé Israël, comme une primeur dans un figuier en son commencement j'ai vu vos pères, » les raisins signifient le bien spirituel, le désert signifie l'ignorance du vrai, la primeur dans le figuier signifie le bien naturel d'après le bien spirituel dans l'enfance. Dans Luc : « Quand toutes ces choses commenceront d’arriver, regardez en haut et levez vos têtes. Et il leur dit parabole : Voyez le figuier et tous les arbres, quand déjà ils poussent; à cette vue, de vous-mêmes vous connaissez que déjà proche est l’été; de même aussi vous, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que proche est le Royaume de Dieu. » — XXI. 28, 29, 30, 31. Matth. XXIV. 22. Marc, XIII. 28, 29; — là, il s'agit de la consommation du siècle, qui est le Jugement dernier, et il est fait une énumération des signes qui précèdent, lesquels sont entendus par « quand toutes ces choses commenceront d'arriver; » par « voyez le figuier et tous les arbres, quand déjà ils poussent, » il est signifié qu'alors commencera la nouvelle Église, qui dans le commencement sera externe; cette parabole ou similitude a été dite, parce que le figuier signifie l'Eglise externe, et que les arbres signifient les connaissances du vrai et du bien ; le Royaume de Dieu, qui alors est proche, signifie la nouvelle Église du Seigneur; en effet, au temps du Jugement Dernier la vieille Église périt, et la nouvelle Église commence. Dans Luc : « Tout arbre par son propre fruit est connu, car sur des épines on ne cueille pas des figues, et sur un buisson on ne vendange pas du raisin. » --- VI. 44. Matth. VII. 16 ; — puisque par le fruit est signifié le bien de la vie, et que le bien de la vie est le bien externe provenant de l'interne, ou le bien naturel d'après le spirituel, et comme l'homme est connu d'après ce bien, c'est pour cela que le Seigneur dit « tout arbre par son propre fruit est connu, sur des épines on ne cueille pas des figues, et sur un buisson on ne vendange pas du raisin; » le figuier est ici le bien de l'homme externe ou naturel, et le raisin est le bien de l'homme interne ou spirituel ; les épines et le buisson sont les maux opposés à ces biens. Comme les Rois de Jehudah et d'Israël représentaient le Seigneur quant au Divin Vrai, et que le Divin Vrai est, pour ainsi dire, dans l'angoisse et souffre chez l'homme, quand on n'y conforme pas sa vie, et qu'il ne devient pas le bien de la vie, mais que, quand il devient le bien de la vie, il vit, c'est là ce qui a été signifié en ce que, « d'après l'ordre de Jéhovah, on apporta à Hizkias Roi de Jéhudah, qui était malade, une pâtée de figues, et on l'écrasa sur l’ulcère, et ainsi il vécut. » — II Rois XX. 7. Ésaïe, XXXVIII. 21. — D'après ces considérations on peut voir que le figuier dans le sens réel signifie l'homme naturel quant au bien et au vrai, l'arbre lui-même l'homme naturel, le fruit le bien de l'homme naturel, et la feuille le vrai de ce bien. Que dans le sens opposé le figuier signifie l'homme naturel quant au mal et au faux, l'arbre lui-même cet homme naturel, le fruit le mal de cet homme naturel, et la feuille le faux de ce mal, on le voit par les passages suivants ; dans Jérémie : « Jéhovah me fit voir, et voici, deux paniers de figues, placés devant le Temple de Jéhovah ; l’un des paniers, figues très-bonnes, comme les figues qui viennent les premières; et l’autre panier, figues très-mauvaises, qui ne pouvaient être mangées à cause de la mauvaise qualité; Jé­hovah me dit : De même que ces figues sont bonnes, ainsi je reconnaitrai la transmigration de Jehudah dans la terre des Chaldéens en bien, et je placerai mon œil sur eux en bien, et je les ramènerai sur cette terre, et je les bâtirai et je les planterai : et, de même que ces figues (sont) mauvaises, ainsi je livrerai ceux qui seront restés dans cette terre en commotion et en mal à toutes les nations, et j'enverrai contre eux l'épée, famine et la peste, jusqu'à ce qu'ils soient consommés. » --- XXIV. 1 à 10 ; — par la captivité des Juifs dans la terre des Chaldéens est signifiée la même chose que par la captivité spirituelle ou l'éloignement des bons par les méchants dans le Monde spirituel, selon ce qui a été rapporté ci-dessus, Nos 391, 392, 394, 397, à savoir, que les méchants intérieurement, qui toutefois avaient pu dans les externes avoir une vie morale semblable à la vie spirituelle, étaient restés dans le Monde spirituel sur la terre, et s'y étaient fait des habitations sur des lieux élevés; et que les bons intérieurement avaient été éloignés par eux, et cachés par le Seigneur dans la terre inférieure; cela a été représenté par la transmigration des Juifs dans la terre des Chaldéens, et par la persistance des autres à rester dans la terre de Canaan; c'est pourquoi il est dit de ceux qui se sont laissé transporter dans la terre des Chaldéens : « Je reconnaîtrai, la transmigration de Jehudah dans la terre des Chaldéens en bien, et je placerai mon œil sur eux en bien, et je les ramènerai sur cette terre, et je les bâtirai, et je les planterai ; » au contraire, il est dit de ceux qui sont restés : « Je livrerai ceux qui seront restés dans cette terre en commotion et en mal à toutes les nations, et j'enverrai contre eux l'épée, la famine et la peste, afin ils soient consommés ; » que ce soit là ce qui a été représenté, on voit encore en ce que le Temple de Salomon a été détruit avant la déportation, et que le nouveau a été bâti lorsqu'ils furent revenus; le Temple est signifié le culte Divin, et par le nouveau Temple ce culte restauré : d'après ces explications on peut voir ce qui est signifié par les deux paniers de figues, placés devant le Temple de Jéhovah, dans l'un desquels il y avait des figues très-bonnes, comme les figues qui viennent les premières, et dans l'autre des figues très-mauvaises, qui ne pouvaient être mangées à cause de la mauvaise qualité, à savoir, que ceux qui sont intérieurement bons, par lesquels doit être formé le nouveau Ciel, sont entendus par le panier de figues bonnes, et que ceux qui sont intérieurement méchants, et qui doivent être jetés dans l'enfer, sont entendus par le panier de figues mauvaises ; aussi est-il dit de ces figues qu'elles ne pouvaient être mangées à cause de la mauvaise qualité, ce qui signifie qu'ils sont intérieurement méchants, tandis qu'il est dit des autres figues qu'elles étaient comme les figues qui viennent les premières, ce qui signifie que ceux-là sont intérieurement bons, de sorte que le nouveau Ciel est formé par eux ; en effet, la figue signifie le bien de la vie dans la forme interne et en même temps dans la forme externe, et dans le sens opposé elle signifie le bien de la vie seulement dans la forme externe, ce qui est le mal de la vie, parce que le mal est à l'intérieur, car l'externe tire toute sa qualité de l'interne, parce qu'il est l'effet, de l'interne ; si chez eux le mal se montre dans les externes comme bien, c'est parce qu'ils feignent le bien à cause du mal qui est à l'intérieur, pour obtenir la fin, à laquelle le bien apparent sert de moyen. Ailleurs, dans le même Prophète, il est dit la même chose de ceux qui sont restés dans la terre de Canaan : « Ainsi a dit Jéhovah, à l'égard du Roi et de tout le peuple habitant dans cette ville, qui ne sont point sortis avec vous en captivité ; voici, je vais envoyer sur eux l’épée, la famine et la peste, et je les rendrai comme des figues âcres, qu'on ne peut manger à cause de la mauvaise qualité. » — XXIX. 16,17; — que le figuier, dans le sens opposé, signifie l'homme purement naturel, et l'Église composée de tels hommes, on chez lesquels il n'y a pas le bien naturel parce que le bien n'est pas à l'intérieur, on le voit dans Luc : « Jésus dit cette Parabole : Quelqu'un avait un figuier planté dans sa vigne ; il vint donc y chercher du fruit, mais il n'en trouva point; il dit au vigneron : Voici, depuis trois ans je viens chercher du fruit dans ce figuier, mais je n'en trouve point ; coupe-le, pourquoi aussi rend-il la terre inutile? Mais celui-ci, répondant, lui dit : Seigneur, laisse-le encore cette année, jusqu'à ce que je l'aie déchaussé, et que j'aie fouillé autour de lui; et peut-être portera-t-il du fruit? et si non, à l'avenir tu le couperas. » — XIII. 6 à 9 ; — par la vigne, dans laquelle était le figuier, est signifiée l'Église où sont aussi ceux qui sont dans les externes; car dans l'Église du Seigneur il a l'interne et il y a l'externe, l'interne de l'Église est la charité et par suite la foi, et l'externe de l'Église est le bien de la vie; comme les œuvres de la charité et de la foi, qui sont le bien de la vie, appartiennent à l'homme naturel, et que la charité elle-même et la foi de la charité appartiennent à l'homme spirituel, par la vigne il est donc signifié l'interne de l'Église, et par le figuier, l'externe de l'Église ; chez la Nation Juive il y avait seulement l'externe de l'Église, parce qu'elle était dans le culte externe représentatif, c’est pourquoi par le figuier il est entendu l'Église chez cette nation ; mais comme les Juifs étaient dans le culte externe et n'avaient aucun culte interne, car ils étaient intérieurement méchants, et comme le culte externe sans l'interne est un culte nul, et chez les méchants un culte mauvais, c'est pour cela que chez eux il n'y avait aucun bien naturel, aussi est-il dit que pendant trois ans il n'a point trouvé de fruit dans le figuier, et qu'il dit au vigneron de le couper, ce qui signifie que depuis le commencement jusqu'à la fin il n'y a pas eu le bien naturel chez cette nation ; en effet, par trois ans il est signifié une période entière, ou un temps depuis le commencement jusqu'à la fin, et par le fruit du figuier le bien naturel ; par le bien naturel il est entendu le bien naturel-spirituel, ou le bien dans le naturel d'après le spirituel ; et comme une Église composée d'hommes qui ne sont point dans le bien naturel, comme était la nation Juive, n’est point une Église, c'est pour cela aussi qu'il est dit, « pourquoi aussi rend-il la terre inutile? » la terre est l'Église ; si le vigneron a dit de le laisser encore, et qu'il fouillera autour de lui, cela signifie qu'il en restera et qu'ils seront instruits dans la suite par chrétiens, au milieu desquels ils seront; mais comme le vigneron ne reçut aucune réponse, il est entendu que le figuier néanmoins ne produira aucun fruit, c'est-à-dire que cette Nation ne fera aucun bien qui procède de quelque spirituel. Cela est signifié par le Figuier qui devint sec, parce que le Seigneur n'y avait trouvé aucun fruit, dans Matthieu : « Le matin Jésus, retournant à la ville, eut faim, et voyant un figuier sur le chemin, il s'en approcha, mais il n'y trouva que des feuilles ; c'est pourquoi il lui dit : Que désormais de toi il ne naisse point de fruit à éternité, et incontinent le figuier sécha. » — XXI. 18, 19. Marc, XI. 12,13; — là aussi par le figuier est entendue l'Église chez la Nation Juive; par « le Seigneur s'approcha du figuier, mais il n'y trouva que des feuilles, » il est signifié que chez cette nation il n'y avait aucun bien naturel, mais seulement le vrai falsifié qui en soi est le faux; le fruit qu'il ne trouva pas signifie le bien naturel, tel qu'il a été décrit ci-dessus, et la feuille signifie le vrai falsifié qui en soi est le faux, car la feuille dans la Parole signifie le vrai, et la feuille de l'arbre qui est sans fruit signifie le faux, mais chez cette nation le vrai falsifié, parce qu'ils avaient la Parole, dans laquelle sont les vrais, mais ils les falsifièrent en les appliquant à eux-mêmes, ce qui constitua leurs traditions ; par les paroles que le Seigneur a adressées au figuier, « que désormais de toi il ne naisse point de fruit à éternité, et incontinent il sécha, » il est signifié que jamais cette Nation ne ferait aucun bien naturel d'origine spirituelle, bien qui est appelé spirituel-naturel ; par sécher il est signifié ne plus avoir ni bien ni vrai ; si le Seigneur vit ce figuier et s'exprima ainsi, quand il retournait à la ville et avait faim, c'est parce que par la ville de Jérusalem est signifiée l'Église, et que par avoir faim, quand cela est dit du Seigneur, il est signifié désirer le bien dans l'Église, voir ci-dessus, N° 386 : celui qui ne sait pas ce que signifie le figuier, et que par ce figuier il a été entendu l'Église chez cette Nation, ne peut faire autrement que de penser que le Seigneur a agi ainsi par indignation parce qu'il avait faim, toutefois ce n'est pas par ce motif qu'il a agi ainsi, mais c'est pour qu'il fût signifié que la nation Juive était telle; en effet, tous les Miracles du Seigneur enveloppent et signifient des choses qui concernent le Ciel et l'Église, c'est de là que ces Miracles ont été Divins, voir Nos 7337, 8364, 9051 f. L'Église pervertie, ou l'homme de l'Église perverti quant à son homme naturel ou externe, est aussi signifiée par le figuier dans David : « Il donna leurs pluies en grêle, un feu de flammes dans leur terre; et il frappa leur cep et leur figuier, il brisa l'arbre de leur frontière. » — Ps. CV. 32, 33 ; — ces choses ont été dites de l'Egypte, par laquelle est signifié l'homme naturel qui est dans les faux et dans les maux; et par le cep, le figuier et l'arbre de la frontière, sont signifiées toutes les choses de l'Église, par le cep ses internes ou ses spirituels, par le figuier ses externes ou ses naturels, et par l'arbre de la frontière tout cognitif et tout perceptif, par la frontière est signifié le dernier dans lequel se terminent les intérieurs, et dans lequel ces choses sont ensemble, et par les arbres sont signifiées les connaissances et les perceptions; comme toutes ces choses ont été perverties et par conséquent damnées, il est dit que ces arbres ont été frappés et brisés, ce qui signifie la destruction et la damnation ; que ce soit par les faux du mal qui proviennent de l'amour du monde, c'est ce qui est signifié par « leurs pluies en grêle, un feu de flammes dans leur terre ; » les pluies comme de la grêle signifient les faux du mal, et le feu de flammes signifie l'amour du monde. Dans Nahum : « Tous tes retranchements (sont) comme des figuiers avec prémices, lesquelles, si elles sont secouées, tombent sur la bouche du mangeur. » — III. 12; — ces choses sont dites de la ville de sangs, par laquelle est signifiée la doctrine dans laquelle les vrais ont été falsifiés et les biens ont été adultérés ; elle est comparée à des figuiers avec prémices, lesquelles, si elles sont secouées, tombent sur bouche du mangeur, et par là il est signifié que les biens n'y sont point des biens quoiqu'ils se montrent comme des biens, et qu'ils ne sont point reçus, et que, s'ils sont reçus, ils le sont seulement par la mémoire et non par le cœur; a lesquelles tombent si elles sont secouées, » signifie qu'ils ne sont point des biens quoiqu'ils se montrent comme des biens, parce que ce sont des prémices ; et « sur la bouche du mangeur » signifie la non-réception, pas même par la mémoire ; que la bouche du mangeur signifie ne point recevoir, on le voit d'après les apparences dans le Monde spirituel, car ceux qui livrent quelque chose à la mémoire apparaissent recevoir par la bouche, c'est pourquoi tomber sur la bouche signifie ne pas même recevoir par la mémoire, mais seulement entendre; et aussi, que s'ils reçoivent, c'est seulement par la mémoire et non par le cœur ; par les figuiers avec prémices peuvent aussi être entendus les biens réels, avec lesquels la même chose a lieu chez ceux qui sont dans les faux du mal.

 



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