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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 388. 

388. Et par les bêtes de la terre, signifie les maux de la vie, qui sont les cupidités et par suite les faussetés dont l'origine est dans les amours de soi et du monde, lesquels maux dévastent toutes les choses de l'Église chez l’homme : on le voit par la signification des bêtes (ferœ), en qu'elles sont les cupidités et les faussetés qui ont pour origine les amours de soi et du monde ; et comme ce sont là les maux mêmes de la vie, car la vie mauvaise est la vie des cupidités et des faussetés, c'est pour cela que ces maux sont entendus ici par les bêtes de la terre ; que les bêtes aient cette signification, on le verra dans ce qui suit ; et par la signification de la terre, en ce qu'elle est l'Église, ci-dessus, Nos 29, 304 ; et puisque par les bêtes sont signifiés les maux de la vie et que ces maux dévastent l'Église chez l'homme, et que par la terre est signifiée l'Église, c'est pour cela que par les bêtes de la terre sont signifiés les maux de la vie qui dévastent l'Église chez l'homme : il est dit l'Église chez l'homme, parce que l'Église est dans l'homme ; car l'Église est Église d'après la charité et la foi, et celles-ci sont dans l'homme, et si elles n'y sont point, il n'y à point chez lui l'Église : on croit que l'Église est où il y a la Parole et où le Seigneur est connu, mais toujours est-il que l'Église ne se compose que de ceux qui reconnaissent de cœur le Divin du Seigneur, et qui par la Parole apprennent les vrais d'après le Seigneur, et les font ; les autres ne constituent point l'Église. Qu'ici par les bêtes de la terre il soit signifié spécialement les maux de la vie, on peut le voir par la série des choses dans le sens interne ; il est dit qu'il leur fut donné pouvoir de tuer sur la quatrième partie de la terre par épée, par famine, par mort, et par les bêtes de la terre ; par l'épée il est signifié le faux qui détruit le vrai, par la famine la privation de connaissances du vrai et du bien, par la mort l'extinction de la vie spirituelle, d'où il résulte que par les bêtes de la terre sont signifiés les maux de la vie, puisque ces maux règnent quand la vie spirituelle a été éteinte ; en effet, là où il n'y à point la vie spirituelle, il y a la vie purement naturelle, et cette vie sans la vie spirituelle est remplie par les cupidités provenant de l'amour de soi et du monde, ainsi elle est infernale ; c'est pourquoi cette vie est celle qui est entendue par la bête mauvaise. De plus, quant à ce qui concerne cette vie mauvaise, qui est signifiée par la bête mauvaise, elle existe également chez ceux qui ont une vie morale bonne, s'il n'y a pas en eux la vie spirituelle ; car ils font le bien et disent le vrai, et ils exercent la sincérité et la justice, mais seulement à cause de la réputation, des honneurs, des profits et des lois, ainsi à cause de l'apparence afin d'imiter les spirituels ; mais intérieurement ils ne veulent rien du bien et ne pensent rien du vrai, et ils rient de la sincérité et de la justice à moins que leurs intérêts ne soient en cause, ils sont donc intérieurement infernaux ; c'est même ce qui est manifesté chez eux quand ils deviennent esprits, ce qui arrive aussitôt après la mort; alors, quand ces liens externes, dont il vient d'être parlé, leur sont ôtés, ils se précipitent sans frein dans les maux de tout genre ; il en est autrement de ceux qui ont eu une vie morale bonne provenant d'une origine spirituelle ; mais sur ce sujet on peut voir plus de détails dans 1e Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 484, 529, 530, 531, 534 ; et ci-dessus, N° 182 : ces choses ont été dites, afin qu'on sache ce qui est entendu par vie mauvaise, à savoir, que c'est non pas la vie externe, qui concerne le corps et est pour le monde où sont les hommes, monde appelé naturel, mais la vie interne qui concerne l'esprit et est pour le monde où sont les anges, monde appelé spirituel ; en effet, quant au corps, aux gestes et au langage l'homme est dans le monde naturel, mais quant à l'esprit, à savoir, quant à la pensée et à l'affection il est dans le monde spirituel ; car de même que la vue du corps a une extension dans le monde naturel et s'y porte de tous côtés, de même la vue de l'esprit, qui est la pensée d'après l'affection, a une extension dans le monde spirituel et s'y porte de tous côtés : que cela soit ainsi, peu de personnes le savent, et par suite on s'imagine que penser mal et vouloir mal ne fait rien, pourvu qu'on ne fasse pas mal et qu'on ne dise pas mal ; mais toujours est-il que toute pensée et toute volonté affectent l'esprit de l'homme et constituent sa vie après la mort. Que les bêtes mauvaises signifient les cupidités et par suite les faussetés qui ont pour origine les amours de soi et du monde, lesquelles dévastent toutes les choses de l'Église chez l'homme, et qu'aussi dans le sens opposé les bêtes signifient les affections du vrai qui vivifient toutes les choses de l'Eglise, on peut le voir par les passages suivants dans la Parole ; dans Jérémie : « Allez, assemblez toute bête du champ, venez pour manger ; plusieurs bergers ont détruit ma vigne » ils ont foulé mon champ, ils ont réduit le champ de mon désir en désert de solitude. » — XII. 9,10 ; — là, il s'agit de la vastation de l'Église quant à ses vrais et quant à ses biens, la vastation est décrite en ce que les bergers ont détruit la vigne du Seigneur et ont foulé son champ ; par les bergers sont entendus ceux qui enseignent les vrais et par eux conduisent au bien de la vie, ici ceux qui enseignent les faux et par eux conduisent au mal de la vie ; par la vigne est entendue l'Église quant au vrai, et par le champ l'Église quant au bien ; la vastation de l'Église est entendue en ce qu'ils ont détruit et foulé, et en ce qu'ils ont réduit le champ en désert de solitude ; et comme les cupidités et les faussetés, qui ont pour origine l'amour de soi et du monde, la dévastent, il est dit, « allez, assemblez toute bête du champ, venez pour manger ; » toute bête du champ signifie les faussetés et les cupidités qui ont cette origine, et manger signifie dévaster et consumer ; que par la bête du champ il ne soit pas entendu une bête du champ, cela est évident, car il est dit que des bergers ont détruit la vigne et foulé le champ, et par les bergers sont entendus les bergers de l'Église, et non des bergers de troupeau. Dans David : « C'est pourquoi le sanglier de la forêt foule ton cep, et la bête des champs le broute. » — Ps. LXXX. 14 ; — par le cep ici il est signifié la même chose que par la vigne ci-dessus, à savoir, l'Église quant au vrai, laquelle est appelée l'Eglise spirituelle ; sa vastation par les cupidités et par les faussetés de l'homme naturel séparé de l'homme spirituel, est entendue par « le sanglier de la forêt le foule ; » le sanglier de la forêt signifie les cupidités mauvaises de l'homme naturel, et la bête des champs les faussetés. Dans Hosée : « Je dévasterai son cep et son figuier, et je les réduirai en forêt, et les dévorera la bête du champ. » --- II. 12 ; — par le cep et le figuier est signifiée l'Église, par le cep l'Église interne qui appartient à l'homme spirituel, et par le figuier l'Église externe qui appartient à l'homme naturel ; la vastation de l'une et de l'autre est signifiée par « je les dévasterai, et je les réduirai en forêt, et les dévorera la bête du champ ; » la forêt signifie l'homme sensuel qui est dans de pures illusions et par suite dans les faux, et la bête du champ signifie les faussetés qui en proviennent et les cupidités mauvaises ; car lorsque l'Église est dévastée chez l'homme, c'est-à-dire, lorsqu'il ne croit plus le vrai de l'Église, il devient un homme sensuel qui ne croit que ce qu'il voit des yeux et touche des mains, et un tel homme se livre tout entier à l'amour de soi et à l'amour du monde, par conséquent aux cupidités : que l'Église soit entendue dans ce passage par le cep et par le figuier, on le voit par le Verset 2 de ce Chapitre, où il est dit: « Plaidez contre votre mère, car elle n'est point mon épouse, et moi je ne suis point son mari, » et par la mère et l'épouse dans la Parole il est signifié l'Église. Dans Moïse : «  Peu à peu je chasserai les nations, de peur que ne devienne la terre une solitude, et que ne soit multipliée contre toi la bête du champ. » --- Exod. XXIII. 29. Deutér. VII. 22 ; — ce que ces paroles signifient, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 9333 à 9338, à savoir, que par les nations sont signifiés les maux qui sont à l'homme, même ceux qui proviennent de l'héréditaire, et que ces maux chez l'homme sont éloignés peu à peu, parce que s'ils l'étaient à la hâte, avant que chez lui le bien ait été formé par les vrais, il entrerait des faussetés qui détruiraient ; les bêtes du champ signifient les faussetés qui ont leur origine dans les plaisirs des amours naturels. Dans le Même : « Si dans mes statuts vous marchez et mes préceptes vous observez et les faites, je donnerai la paix dans la terre, et en sécurité vous vous coucherez, et personne ne vous épouvantera ; et je ferai disparaître la bête mauvaise hors de la terre, et l’épée ne passera point par votre terre : mais si vous ne M’obéissez pas et ne faites pas tous mes préceptes, j'enverrai contre vous la bête du champ, qui vous privera d’enfants, et détruira votre bête, et vous diminuera (en nombre), de telle sorte que soient déserts vos chemins. » — Lévit. XXVI. 3, 6, 14, 22 ; — là est décrit l'état de la vie de ceux qui sont dans la charité, et de ceux qui ne sont pas dans la charité ; la vie de la charité est entendue par marcher dans les statuts, observer les préceptes et les faire, car c'est là la charité ; l’état de la vie de ceux qui sont dans la charité est décrit par la paix, et par « en sécurité vous vous coucherez, et personne ne vous épouvantera, » ce qui signifie la béatitude du cœur et de l'âme, ayant pour origine la conjonction du bien et du vrai, d'où il résulte qu'il n'y a plus de combat du mal et du faux contre le bien et le vrai ; puis il est décrit par « je ferai disparaître la bête mauvaise hors de la terre, et l'épée ne passera point par votre terre, » ce qui signifie qu'il n'y aura plus les cupidités ni les faussetés qui ont pour origine les amours de soi et du monde ; la bête mauvaise signifie les cupidités qui détruisent les affections bonnes, et l'épée signifie les faussetés qui détruisent les vérités : que l'état contraire soit chez ceux qui ne sont pas dans la charité, cela est décrit par « si vous ne M'obéissez pas et ne faites pas tous ces préceptes, j'enverrai contre vous la bête du champ, qui vous privera d'enfants, et détruira votre bête, et vous diminuera en nombre, de telle sorte que soient déserts vos chemins, » ce qui signifie que par les cupidités et par les faussetés ils sont privés de tout bien et de tout vrai ; les cupidités et par suite les faussetés qui les en priveront sont signifiées par la bête du champ qui les privera d'enfants, les bonnes affections dont ils seront privés sont signifiées par la bête qui sera détruite, et les vrais eux-mêmes sont signifiés par les chemins qui seront déserts ; les chemins sont les vrais qui conduisent au bien. Dans Ézéchiel : « Alors je contracterai avec eux une alliance de paix, et je ferai disparaître la bête mauvaise hors de la terre, afin qu'ils habitent dans le désert en sécurité, et qu'ils dorment dans les forêts ; ils ne seront plus en proie aux nations, et la bête du champ ne les dévorera point, mais ils habiteront en sécurité, et personne qui les effraie. » — XXXIV. 25, 28 ; — ces paroles concernent l'avènement du Seigneur, et son Royaume alors ; ce qu'elles signifient dans le sens interne, on peut le voir d'après celles qui viennent d'être expliquées, car elles sont pour la plupart semblables ; par la bête mauvaise dans la terre sont signifiées les cupidités, et par la bête du champ les faussetés. Dans Hosée : « J'accourrai sur eux comme un ours privé de ses petits, et je déchirerai l’enveloppe de leur cœur, et je les dévorerai comme un cruel lion ; la bête du champ les déchirera, » — XIII. 8 ; — il s'agit là de la vastation du bien par le faux ; l'ours privé de ces petits signifie la puissance du mal d'après le faux, et le cruel lion la puissance du faux d'après le mal, et la bête du champ les cupidités et les faussetés ; cette bête les déchirera signifie qu'elles le perdront ; la séparation du vrai d'avec le bien par le faux et par le mal est signifiée par déchirer l'enveloppe de leur cœur. Dans Ésaïe : « Il n'y aura point là de lion, et le ravisseur d'entre les bêtes n'y montera point. » — XXXV. 9 ; — dans ce Chapitre, il s'agit de l'avènement du Seigneur, et de l'état de ceux qui seront dans son Royaume ; il n'y aura point là de lion, signifie qu'il n'y aura point le faux qui détruit le vrai ; le ravisseur d'entre les bêtes n'y montera point, signifie qu'il n'y aura aucune cupidité de détruire ; comme cette cupidité vient de l'enfer, il est dit, « n'y montera point. » Dans Séphanie : « Jéhovah étendra sa main sur le septentrion, et il détruira Aschur, afin que dans son milieu reposent les troupeaux ; toute bête de nation, tant le pélican que le canard, dans ses grenades passeront la nuit ; la voilà, la ville qui habitait en sécurité, qui disait en son cœur : Moi, et excepté moi il n'y en a plus ; comment est-elle devenue en désolation, repaire pour la bête? » — II. 13, 14, 15 ; — là, il s'agit de l'intelligence propre, qui confirme les faux et les maux par des raisonnements d'après les scientifiques, et par des applications d'après le sens de la lettre de la Parole ; par le septentrion il est signifié l'homme naturel et sensuel, et le scientifique qui est dans cet homme ; et par Aschur, le raisonnement d'après ce scientifique ; par « dire en son cœur : Moi, et excepté moi il n'y en a plus, » il est signifié l'intelligence propre ; d'après cela on voit ce qu'enveloppe là chacune de ces choses dans la série, à savoir, que par « Jéhovah étendra sa main sur le septentrion, et il détruira Aschur, » il est signifié qu'il privera de toute perception du bien et de tout entendement du vrai un tel homme naturel et intellectuel on raisonnant ainsi ; par « dans son milieu reposeront les troupeaux ; toute bête de nation, tant le pélican que le canard, dans ses grenades passeront la nuit, » il est signifié que là de tous côtés il y aura les faux du mal, et dans les connaissances tirées de la Parole les faux de la pensée et de la perception ; la bête de nation est le faux du mal, le pélican et le canard sont le faux de la pensée et de la perception, et les grenades sont les connaissances tirées de la Parole ; par « la voilà, la ville qui habitait en sécurité, qui disait en son cœur : Moi, et excepté moi il n'y en a plus, » il est signifié qu'une telle intelligence se confie en elle-même et tient du propre, la ville signifie la doctrine d'après une telle intelligence ; par « comment est-elle devenue en désolation, repaire pour la bête? » il est signifié que là il n'y a rien du vrai et que tout est plein de faux. Dans Ézéchiel : « Dis à Pharaon roi à Egypte, et à sa multitude : Aschur (était) un cèdre dans le Liban, haut il était devenu plus que tous les arbres du champ : mais parce qu'il s'est élevé en hauteur, et qu'il a poussé sa cime parmi le touffu, c'est pourquoi le couperont des étrangers, les violents d'entre les nations, et le renverseront ; sur sa ruine habiteront tout oiseau des cieux, et sur ses rameaux seront toute bête du champ. » — XXXI. 2, 3, 5, 10, 12, 13 ; — par ces paroles sont signifiées les mêmes choses que par celles qui précèdent ; par Pharaon roi d'Egypte, la même chose que ci-dessus par le septentrion, à savoir, l'homme naturel et le scientifique qui est en lui ; par Aschur, le raisonnement d'après ce scientifique ; et par s'être élevé en hauteur, et avoir poussé sa cime parmi le touffu, est signifiée la vanité provenant de là, ainsi provenant de l'intelligence propre ; d'après cette commune notion sur le contenu, on peut voir ce qu'enveloppe chacune des choses de ce passage, à savoir, que « dis à Pharaon roi d'Egypte, et à sa multitude, » signifie au sujet de l'homme naturel et des scientifiques qui sont là ; Pharaon roi d'Egypte est l'homme naturel, et sa multitude est le scientifique là ; que « haut était devenu Aschur, cèdre dans le Liban, plus que tous les arbres du champ, » signifie le rationnel s'accroissant par les scientifiques, Aschur est le rationnel, et le cèdre est l'intellectuel, devenir haut plus que tous les arbres du champ, c'est s'accroître immensément d'après les connaissances du vrai et du bien ; que « mais parce qu'il s'est élevé en hauteur, et qu'il a poussé sa cime parmi le touffu, » signifie qu'il a tiré vanité de l'intelligence et de la science qui appartiennent à l'homme naturel ; cette vanité, qui est une élévation du mental (animus) d'après l'amour de soi, vient du propre, car l'homme naturel séparé du spirituel s'élève, parce que séparé du spirituel il est dans le propre, et il attribue toutes choses à lui-même et n'attribue rien à Dieu ; pousser sa cime, c'est s'élever ; et le touffu, ce sont les scientifiques qui appartiennent à l'homme naturel, voir Nos 2831, 8133 ; que « le couperont des étrangers, les violents d'entre les nations, et le renverseront, » signifie que les faux et les maux qui en proviennent détruiront le rationnel, les étrangers sont les faux, et les violents d'entre les nations sont les maux qui en proviennent ; par suite « sur sa ruine habiteront tout oiseau des cieux, et sur ses rameaux seront toute bête du champ, » signifie qu'alors il y aura les faux de la pensée et les maux de l'affection, car les oiseaux signifient les pensées tant du vrai que du faux, la bête (fera) signifie les maux de l'affection qui en proviennent, et le champ signifie l'Eglise ; en effet, il n'est pas entendu d'antres faux ni d'autres maux que ceux qui sont dans l'Église : que les oiseaux signifient les pensées, les idées et les raisonnements dans l'un et l'autre sens avec variété selon les genres et les espèces, on le voit, Nos 776, 778, 866, 988, 991, 3219, 5149, 7441. Dans le Même : « Je te laisserai dans le désert, toi et tout poisson de tes fleuves ; sur les faces du champ tu tomberas, tu ne seras point recueilli et tu ne seras point rassemblé ; à la bête de la terre et à l’oiseau du ciel je t'ai donné en pâture. » — XXIX. 5. XXXII. 4 ; — ces paroles aussi ont été dites de Pharaon et de l'Egypte, par lesquels est signifié l'homme naturel séparé de l'homme spirituel ; cet homme, ainsi séparé, est dans de purs faux et de purs maux, car alors il est sans la lumière du Ciel, de laquelle provient toute intelligence ; c'est pourquoi par « je te laisserai dans le désert, » il est signifié sans les vrais et sans les biens ; par le poisson de ses fleuves, il est signifié le scientifique sensuel, voir ci-dessus, N° 342 ; par « sur les faces du champ tu tomberas, » il est signifié que tout ce qui appartient à l'Église doit périr pour lui ; par « tu ne seras point recueilli et tu ne seras point rassemblé, » il est signifié que le bien et le vrai ne seront pas vus ; en effet, l'homme spirituel les voit dans l'homme naturel, car il recueille et rassemble les scientifiques et conclut ; par « à la bête de la terre et à l'oiseau du ciel je t'ai donné en pâture, » il est signifié, ici comme ci-dessus, qu'il doit périr par les faux de la pensée et par suite par les maux de l'affection. Puisque l'homme naturel séparé de l'homme spirituel est porté dans les faux de tout genre et est préjudiciable, c'est pour cela que l'Egypte est appelée « bête du roseau. » — Ps. LXVIII. 31. — Dans Ézéchiel : « Sur les montagnes d'Israël tu tomberas, toi et tous tes bataillons, et les peuples qui (seront) avec toi ; à l’oiseau d'entre le volatile de toute aile, et à la bête du champ, je t'ai donné en pâture. » — XXXIX. 4 ; — il s'agit de Gog, par lequel est signifié le culte externe séparé de l'interne, qui en soi est un culte nul, car c'est le culte de l'homme naturel séparé de l'homme spirituel ; « sur les montagnes d'Israël tu tomberas, » signifie que ceux-là n'ont aucune chose du bien de la charité, les montagnes d'Israël signifient les biens de la charité, et tomber là signifie périr ; « toi et tous tes bataillons, et les peuples qui seront avec toi, » signifie que ce culte avec ses doctrinaux et ses faux doit périr ; « à l'oiseau d'entre le volatile de toute aile, et à la bête du champ, je t'ai donné en pâture, » signifie l'extinction du vrai et du bien par les faux de tout genre et par les maux ; les maux qui sont signifiés par la bête du champ sont les maux de la vie, qui sont les cupidités ayant pour origine les amours de soi et du monde. Dans David : « Dieu! des nations sont venues dans ton héritage ; elles ont souillé le Temple de ta sainteté, elles ont réduit Jérusalem en monceaux ; elles ont livré le cadavre de tes serviteurs en pâture à l'oiseau des cieux, la chair de tes saints à la bête de la terre. » — Ps. LXXIX. 1, 2 ; — ici par les nations il est entendu non des nations mais les maux de la vie et les faux de la doctrine, car par l'héritage de Dieu est signifiée l'Église dans laquelle le Seigneur est tout bien et tout vrai, parce que le bien et le vrai viennent de Lui ; par souiller le Temple de sainteté, et réduire Jérusalem en monceaux, il est signifié profaner le culte et pervertir la doctrine de l'Église, le Temple de sainteté signifie le culte parce que là est le culte, et Jérusalem signifie l'Église quant à la doctrine, par conséquent aussi la doctrine de l'Église ; et par livrer le cadavre de tes serviteurs en pâture à l'oiseau des cieux, et la chair de tes saints à la bête de la terre, il est signifié détruire tous les vrais par les faux et tous les biens par les maux ; l'oiseau des cieux, ici aussi, ce sont les pensées du faux, et les bêtes de la terre sont les affections du mal qui en proviennent. Dans le Même : « Ne donne pas à la bête l’âme de ta tourterelle ; la vie de tes malheureux n'oublie pas pour toujours. » — Ps. LXXIV. 19 ; — par la tourterelle il est signifié le bien spirituel, par conséquent aussi ceux qui sont dans ce bien, et par la bête il est signifié le faux du mal désirant détruire, par conséquent aussi ceux qui sont dans le faux du mal et désirent détruire ; par là on voit clairement ce qui est signifié par « ne donne pas à la bête l'âme de ta tourterelle ; » par les malheureux sont entendus ceux qui sont infestés par les faux, et qui par suite sont dans l'anxiété et attendent la délivrance. Dans Ézéchiel : « Les brebis ont été dispersées sans berger, et elles sont devenues la pâture de toute bête du champ, et elles ont été dispersées. » — XXXIV. 5, 8 ; — par ces paroles il est signifié que les biens de la charité ont été détruits par les faux, et entièrement consumés par les maux de tout genre dérivés de ces faux ; la bête du champ, ce sont les maux de la vie qui ont pour origine les faux de la doctrine ; par les brebis, dans la Parole, sont entendus ceux qui sont dans le bien de la charité, mais comme le sens spirituel réel est abstrait des personnes, par les brebis sont signifiés les biens de la charité ; par les bergers sont signifiés ceux qui par les vrais conduisent au bien, et par abstraction les vrais mêmes par lesquels il y a le bien c'est pourquoi « sans berger » signifie non le vrai par lequel il y a le bien, par conséquent le faux ; par devenir la pâture il est signifié être consumé, de même que par être dévoré quand il s'agit des bêtes ; par la bête du champ sont signifiés les maux d'après les faux. Dans Job : « Heureux l’homme que Dieu châtie ! dans la famine il te rachètera de la mort, et dans la guerre, des mains de l'épée ; de la dévastation et de la famine tu te riras, et de la bête de la terre tu n'auras pas crainte. » — V. 17, 20, 22 ; — ces choses ont été dites des tentations ; « heureux l'homme que Dieu châtie, » signifie qui est tenté ; « dans la famine il te rachètera de la mort, » signifie la délivrance des maux quand il est tenté par le manque et la non-perception du bien ; « dans la guerre, des mains de l'épée, » signifie la délivrance des faux quand il est tenté par le manque et le non- entendement du vrai, la guerre est la tentation ; « de la dévastation et de la famine tu te riras, » signifie qu'il n'y aura pas pour lui manque de bien ; « et de la bête de la terre tu n'auras pas crainte, » signifie que pour lui il n'y aura pas le faux. Dans Ézéchiel : « Ainsi tu leur diras : Ceux qui (sont) dans les lieux dévastés, par l'épée mourront ; et celui qui (est) sur les faces du champ » à la bête je le donnerai à dévorer ; et ceux qui (sont) dans les forteresses et dans les cavernes, par la peste mourront ; car je réduirai la terre en désolation et en dévastation. » — XXXIII. 27, 28 ; — ici, il s'agit de la désolation de tout vrai et de la dé­vastation de tout bien dans l'Église, ainsi qu'il est même dit, « je réduirai la terre en désolation et en dévastation, » la terre signifie l'Église ; « ceux qui sont dans les lieux dévastés, par l'épée mourront, » signifie que ceux qui sont dans les scientifiques périront par les faux, car les scientifiques de l'homme naturel sans la lumière procédant de l'homme spirituel sont entendus ici par les lieux dévastés ; « celui qui est sur les faces du champ, à la bête je le donnerai à dévorer, » signifie que ceux qui sont dans les connaissances d'après la Parole périront par les maux du faux, les faces du champ sont les choses qui appartiennent à l'Église, ici les connaissances d'après la Parole, la bête est le mal du faux ; « ceux qui sont dans les forteresses et dans les cavernes, par la peste mourront, » signifie que ceux qui se sont confirmés dans les faux et dans les maux d'après la Parole, et ceux qui s'y sont confirmés d'après les scientifiques, périront absolument d'après les maux et les faux ; les forteresses sont les confirmations d'après la Parole, et les cavernes les confirmations d'après les scientifiques : que ces choses soient signifiées par ces paroles, on ne peut le voir que d'après la série dans le sens interne ; car, ainsi qu'il a été dit, il s'agit de la complète vastation de l'Église. Dans le Même : « J'enverrai sur vous famine et bête mauvaise, et je te priverai d’enfants, et la peste et le sang passeront au travers de toi, et l’épée j'amènerai sur toi. » — V. 17 ; — dans le Même : « Quand j'aurai envoyé sur la terre la famine, et j'en retrancherai homme et bête ; quand j'aurai fait passer la bête mauvaise par la terre, et qu'elle l'aura privée d'enfants, pour qu'elle devienne une désolation, au point que personne n'y passe à cause de la bête ; et quand j'aurai amené l’épée et envoyé la peste ; ainsi quand mes quatre jugements mauvais, épée, famine, bête mauvaise et peste, j’aurai envoyé sur Jérusalem pour en retrancher homme et bête. » — XIV. 13, 15, 17, 19, 21 ; — dans le sens interne, par retrancher homme et bête il est signifié priver entièrement de toute affection du bien et du vrai, tant de l'affection interne ou spirituelle que de l'affection externe ou naturelle ; que cela soit signifié dans la Parole par l'homme et la bête, on le voit, Nos 7424, 7523, 7872 ; par la famine il est signifié privation du bien de l'amour ; par l'épée, privation du vrai de la foi, l'un et l'autre par le faux ; par la bête (fera) mauvaise, privation de l'un et de l'autre par les maux de l'amour de soi et du monde ; et par la peste, privation de la vie spirituelle : ces choses sont appelées ici les quatre jugements, parce que c'est d'après elles que l'homme est jugé ; par l'explication de ces paroles et de celles qui les précèdent on peut voir ce qui est entendu par chacune des choses de ce passage dans la série. Par la bête mauvaise il est entendu toutes les bêtes nuisibles qui ravissent, déchirent les animaux bons, comme agneaux, brebis, taureaux, bœufs, etc., ce sont les lions, les ours, les tigres, les panthères, les sangliers, les loups, les dragons, les serpents et plusieurs autres ; si par ces bêtes, et en général par la bête mauvaise, sont signifiées les cupidités qui ont pour origine l'amour de soi et du monde, et dont proviennent tous les maux de la vie et tous les faux de la doctrine, c'est d'après la correspondance, comme on peut le voir d'après les apparences dans le Monde spirituel ; là, toutes les cupidités du mal et du faux apparaissent comme des bêtes de divers genres; et même ceux d'après lesquels ces cupidités apparaissent ainsi sont semblables à des bêtes, car leur plus grand plaisir est d'attaquer et de perdre les bons ; ce plaisir est le plaisir infernal et réside dans les amours de soi et du monde, dans lesquels sont les enfers : d'après ces explications, on peut voir d'où vient que par la bête mauvaise en général sont signifiés les maux de la vie ou les cupidités et par suite les faussetés, qui ont pour origine les amours de soi et du monde, lesquels maux dévastent toutes les choses de l'Église chez l'homme. Jusqu'ici il a été montré, d'après la Parole, que les bêtes, (ferœ) signifient les cupidités mauvaises et les faussetés, spécialement les cupidités de perdre et de détruire les biens et les vrais par les faux, ainsi la vie spirituelle de l'homme ; maintenant il va être aussi montré que les bêtes (ferœ) signifient aussi dans la Parole les affections du vrai et du bien, lesquelles sont opposées aux affections du faux d'après le mal, qui sont nommées cupidités : si les bêtes (ferœ) signifient aussi dans la Parole les affections du vrai et du bien, c'est parce que dans la Langue originale le mot, par lequel elles sont dénommées et appelées, signifie la vie; car la bête (fera) dans cette Langue est nommée Chajah, et Chajah signifie la vie, et dans l'affection du vrai et du bien est la vie même de l'homme spirituel ; c'est pourquoi, quand dans la Parole la bête (fera) est nommée dans un sens bon, il vaut mieux changer l'expression et dire Animal, qui signifie âme vivante ; quand donc la bête (fera) est employée dans ce sens, il faut alors dépouiller entièrement l'idée qui est attachée au mot fera dans la Langue Latine, car au mot fera dans la Langue Latine est attachée l'idée de sauvage et de féroce, ainsi une idée sinistre et mauvaise; il en est autrement dans la Langue Hé­braïque, ou fera signifie vie, et en général âme vivante ou animal ; dans ce sens Chajah, ou fera, ne peut pas être appelé bête, parce que dans la Parole il est dit ça et là fera et bestia, et que par fera il y est signifié l'affection du vrai, et par bestia l'affection du bien. Comme fera ou Chajah, dans ce sens opposé, signifie l'affection du vrai et du bien, c'est pour cela qu'Évah, l'épouse d'Adam, est appelée Chavah d'après ce mot, comme on le voit clairement dans Moïse : « Et l’homme appela le nom de son épouse Chavah, parce qu'elle devait être la mère de tout Chaj, c'est-à-dire, de tout vivant. » — Gen. III. 20 ; — et aussi les quatre Animaux, qui étaient des Chérubins, ont été d'après le même mot appelés Chajah, au pluriel, et comme au mot fera dans le langage Latin est attachée, ainsi qu'il a été dit, l'idée de sauvage et de féroce, c'est pour cela que les interprètes ont dit Animalia (les Animaux) ; que les Chérubins, qui apparurent comme des Animaux, soient appelés de ce mot, on le voit dans Ézéchiel, I. 5, 13, 14, 15, 22. X. 15 ; et ailleurs. Pareillement les Animaux, dont on peut manger, comme les agneaux, les brebis, les chèvres, les béliers, les boucs, les taureaux, les bœufs, les vaches, et aussi les animaux dont on ne doit pas manger, sont appelés du mot commun ferœ, et cependant tous les animaux dont on peut manger signifient les affections bonnes, car ils sont doux et utiles, par conséquent ni sauvages ni féroces ; ainsi dans Moïse : « Voici l'animal (fera) que vous mangerez d'entre toute bête (bestia), parmi tous les animaux (feras) qui marchent à quatre (pieds), afin de distinguer entre l’animal (feram) qu'on peut manger et la bête (feram) qu'on ne doit pat manger. » — Lévit. XI. 2, 27, 47 ; --- et ailleurs : « Celui qui prend à la chasse un animal (feram) et un oiseau qu'on peut manger. » — Lévit. XVII. 13. — Les Animaux, qui étaient sacrifiés, dont il a été parlé ci-dessus, sont aussi appelés ferœ ; comme dans Ésaïe : « Le Liban ne suffit pas pour faire brûler, et son animal (fera) ne suffit pas pour l’holocauste. » --- 9 — XL. 16 ; — et dans David : « Je ne prendrai point de ta maison de jeune taureau, (ni) de tes bergeries des boucs (pour le sacrifice), car à Moi tout animal (fera) de la forêt, des bêtes (bestiæ) dans les montagnes par milliers ; je connais tout oiseau des montagnes, et l'animal (fera) de mes champs (est) avec Moi ; si j'avais faim, je ne te le dirais pas, car à Moi est le globe et sa plénitude ; sacrifie à Dieu la confession. » — Ps. L. 9 à 14. — Que l'animal (fera) signifie l'affection du vrai et du bien, on peut le voir en outre par les passages suivants ; dans Moïse : « La septième année, (qui est l'année Sabbathaire), tu donneras relâche à la terre et tu la laisseras, afin qu'en mangent les indigents de ton peuple, et que leur reste (le) mange l’animal (fera) du champ. » — Exod. XXIII. 11 ; — et ailleurs : « En l'année du Sabbath tout produit, qui est dans ta terre, sera à ta bête (bestia) et à l'animal (fera) pour manger.» Lévit. XXV. 7 ; — là, par les bêtes et les animaux (per bestias et feras) sont entendus les agneaux, les brebis, les chèvres, les chevreaux, les béliers, les boucs, les taureaux, les bœufs, les vaches, les chevaux et les ânes, mais non les lions, les ours, les sangliers, les loups, ni les autres bêtes féroces semblables ; c'est pourquoi par les animaux il y est entendu les animaux domestiques, qui sont utiles, par lesquels sont signifiées les affections du vrai et du bien. Dans David : « Louez Jéhovah de la terre, baleines et abîmes, animal (fera) et toute bête (bestia), reptile et oiseau ailé, rois de la terre et tous les peuples. » — Ps. GXLVIII. 7, 10,11 ; — par ces choses sont signifiés les biens et les vrais de tout genre qui sont chez l'homme, d'après lesquels l'homme adore Dieu ; et comme l'homme adore Dieu d'après ces biens et ces vrais, et qu'ils appartiennent non à l'homme mais au Seigneur chez l'homme, c'est pour cela qu'il doit être entendu que ces choses adorent Dieu, car personne ne peut par soi-même adorer Dieu convenablement, mais il le peut par Dieu, c'est-à-dire, par les biens et les vrais qui appartiennent à Dieu chez lui ; que personne ne puisse nommer Jésus par soi-même, mais le puisse par Jésus Lui-Même, cela est connu de quelques-uns dans l'Église, et bien connu dans le Ciel ; par louer Jéhovah il est signifié l'adorer ; par les baleines et les abîmes sont signifiés les scientifiques et les connaissances dans le commun ou dans tout le complexe ; par l'animal (fera) et toute bête (bestia) sont signifiées les affections du vrai et du bien ; par le reptile et tout oiseau ailé est signifié le plaisir du bien et du vrai de l'homme naturel et de l'homme spirituel ; c'est même pour cela qu'il est dit, « louez Jéhovah, rois de la terre et tous les peuples ; » par eux sont signifiés les vrais du bien de tout genre : que de telles choses soient signifiées par ces paroles, cela est évident d'après leur signification dans le sens interne, et d'après la Parole dans le Ciel, où la Parole est spirituelle parce qu'elle est pour les Anges qui sont spirituels ; que la Parole soit aussi dans les Cieux, et là selon le sens interne, on le voit dans le Traité du CIEL ET DE L'EN­FER, Nos 259, 260, 261. Dans le Même : « Une pluie de bienveillances tu fais dégoutter, ô Dieu! ton héritage en souffrance tu le raffermiras ; ton animal (fera) y habitera, » — Ps. LXVIII. 10, 11 ; — là aussi la bête ou l'animal (fera) signifie ceux qui sont dans les affections du vrai et du bien, ou par abstraction ces affections elles-mêmes ; car par une pluie de bienveillances, que Dieu fait dégoutter, il est signifié le Divin Vrai procédant du Divin Bien ; par l'héritage en souffrance, que Dieu raffermira, est signifiée l'Église qui est dans le Divin Vrai quant à la Doctrine et quant à la vie ; l'héritage est l'Église où il y a ce vrai et ce bien, il est dit en souffrance, d'après le désir de faire 1e bien ; « l'animal y habitera, » à savoir, dans l'héritage ou l'Église, signifie que les affections du vrai et du bien y seront ; qu'il ne soit pas entendu autre chose ici par l'animal (fera), cela est évident, car la bête féroce, c'est-à-dire, la cupidité du faux et du mal, ne peut pas habiter dans l'héritage, sur lequel Dieu fait dégoutter une pluie de bienveillances. Dans Hosée : « En ce jour-là, je traiterai pour eux alliance avec l’animal (fera) du champ et avec l'oiseau des cieux et le reptile de la terre ; et arc et épée et guerre je briserai de dessus la terre, et je les ferai coucher en sécurité, et je Me fiancerai à toi à éternité. » — II. 18, 19 ; — ces paroles ont été dites de la nouvelle Église établie par le Seigneur ; et par l'animal du champ, l'oiseau des cieux et le reptile de la terre, il est signifié la même chose que par les paroles ci-dessus, dans David, Ps. CXLVIII. 7, 10, 11, qui ont été expliquées ; par l'alliance est signifiée la conjonction, ainsi par traiter alliance il est signifié être conjoint, voir Nos 665, 666, 1023, 1038, 1864, 1996, 2003, 2021, 6804, 8767, 8778, 9396, 10632 ; en effet, Jéhovah ne peut pas traiter alliance ou être conjoint avec les affections du mal et du faux ou avec les cupidités, qui sont signifiées par les bêtes (ferœ) prises dans le sens précédent, ni en général traiter alliance avec l'animal, l'oiseau et le reptile, mais il traite alliance avec les choses qu'ils signifient ; mais ces choses, on les voit expliquées plus amplement ci-dessus, N° 357. Dans Ézéchiel : « Dis à Pha­raon, Roi d'Egypte : Voici, Aschur (était) un cèdre dans le Liban, beau de branchage, et forêt ombreuse, et élevé en hauteur ; les eaux l'ont fait croître ; c'est pourquoi haute était devenue sa hauteur par dessus tous les arbres du champ ; dans ses branches avaient fait leurs nids tous les oiseaux des cieux, et sous ses branches avait engendré toute bête du champ, et dans son ombre avaient habité toutes les nations grandes : aucun arbre dans le jardin de Dieu ne lui fut pareil en beauté. » — XXXI. 2 à 9 ; — ici, par Pharaon et l'Egypte est signifié le scientifique qui appartient à l'homme naturel, et par Aschur le rationnel auquel sert le scientifique ; la croissance du rationnel par les vrais scientifiques et par les connaissances est décrite par le Cèdre dans le Liban, par lequel est signifié aussi le rationnel ; par les eaux qui l'ont fait croître sont signifiés les vrais, et par le branchage est signifiée l'extension, telle qu'est celle de la pensée de l'homme rationnel ; de là on peut voir ce qui est signifié par « dans ses branches avaient fait leurs nids tous les oiseaux des cieux, et sous ses branches avait engendré toute bête du champ, et dans son ombre avaient habité toutes les nations grandes, » à savoir, les vrais rationnels et spirituels de tout genre, les affections du vrai, et les biens ; en effet, par les oiseaux des cieux sont signifiés les vrais rationnels et spirituels de tout genre, par la bête (fera) les affections du vrai, par engendrer il est signifié multiplier, car tout enfantement spirituel ou multiplication se fait d'après les affections du vrai, et par les nations grandes sont signifiés les biens ; que les oiseaux signifient les pensées, les rationnels, les intellectuels et les spirituels, ainsi les vrais, car toutes les choses de la pensée sont ou des vrais ou des faux, on le voit, Nos 745, 776, 866, 988, 991, 3219, 5149, 7441 : voir aussi qu'engendrer signifie multiplier les vrais et les biens, et que c'est là l'enfantement spirituel, Nos 3860, 3868, 9325 ; que les nations signifient ceux qui sont dans les biens, et de là par abstraction les biens, Nos 1059, 1159, 1258, 1260, 1416, 1849, 6005, et ci-dessus, Nos 175, 331 ; que Pharaon et l'Egypte signifient le scientifique dans l'un et l'autre sens, le bon et le mauvais, Nos 1164, 1165, 1186, 1462, 5700, 5702, 6015, 6651, 6679, 6683, 6692, 7296, 9340, 9391 ; et qu'Aschur signifie le rationnel dans l'un et l'autre sens, Nos 119, 1186 : que l'Egypte signifie le vrai scientifique et Aschur le rationnel, et que tout rationnel de l'homme naisse par les scientifiques, ou que les scientifiques servent au rationnel, comme il vient d'être dit, on peut le voir par ces expressions dans Ésaie : « En ce jour-là, il y aura un sentier de l’Egypte vers Aschur, afin que vienne Aschur en Egypte, et l'Egypte en Aschur, et que servent Jéhovah les Égyptiens avec Aschur. En ce jour-là, Israël sera en troisième à l'Egypte et à Aschur ; bénédiction au milieu de la terre ; que bénira Jéhovah Sébaoth, en disant : Béni (soit) mon peuple, l'Egypte ; et l'œuvre de mes mains, Aschur ; et mon héritage, Israël. » — XIX. 23, 24, 25 ; — là, l'Egypte signifie le scientifique, Aschur le rationnel, et Israël le spirituel. D'après les passages qui viennent d'être rapportés, on peut voir ce qui est signifié par l'oiseau et par l'animal du champ, dans Ézéchiel : « Ainsi a dit le Seigneur Jéhovih : Dis à l'oiseau de toute aile et à tout animal du champ : Assemblez-vous et venez, rassemblez-vous d'alentour sur mon sacrifice que Moi je sacrifie pour vous, sacrifice grand sur les montagnes d'Israël, afin que vous mangiez de la chair et que vous buviez du sang ; chair de forts vous mangerez, et sang des princes de la terre vous boirez, et vous mangerez de la graisse à satiété et boirez du sang jusqu'à l’ivresse, de mon sacrifice que je sacrifierai pour vous ; et vous serez rassasiés, sur ma table, de cheval et de char, et de fort et de tout homme de guerre : ainsi je donnerai ma gloire parmi les nations. » — XXXIX. 17, 18, 19, 20, 21 ; — que ces choses aient été dites de l'Église qui devait être instaurée par le Seigneur chez les nations, cela est évident d'après chacune des particularités ; c'est pourquoi par l'oiseau de toute aile et par tout animal du champ, qui doivent s'assembler et être invités au sacrifice, sont signifiés tons ceux qui sont dans l'affection du vrai et du bien ; car par la chair qu'ils doivent manger est signifié le bien de l'amour, et par le sang qu'ils doivent boire est signifié le vrai d'après ce bien, et par le sacrifice le culte même d'après ce bien et ce vrai ; mais ce passage a été expliqué plus amplement ci-dessus, voir N° 329. Parfois dans la Parole il est dit la bête (fera) et la bête (bestia), parfois seulement la bête (fera) ou seulement la bête (bestia), et parfois la bête (fera) de la terre ou la bête (fera) du champ ; et quand il est dit la bête (fera) et la bête (bestia), alors il est signifié l'affection ou l'amour du faux et du mal, par la bête (fera) l'affection ou l'amour du faux, et par la bête (bestia) l'affection ou l'amour du mal, ou bien dans le sens opposé par la bête (fera) l'affection ou l'amour du vrai, et par la bête (bestia) l'affection ou l'amour du bien : quand il est dit seulement la bête (fera) ou seulement la bête (bestia), alors par la bête (fera) est entendue l'affection tant du faux que du mal, et dans le sens opposé l'affection tant du vrai que du bien, et par la bête (bestia) l'affection du mal et du faux provenant du mal, et dans le sens opposé l'affection du bien et du vrai procédant du bien ; mais sur la signification de la bête (bestia), voir plus loin en son lieu : quand il est dit la bête (fera) de la terre, il est entendu la bête qui dévore les animaux et les hommes ; et quand il est dit la bête (fera) du champ, il est entendu la bête qui dévore ce qui a été semé ; ainsi la bête (fera) de la terre signifie les choses qui détruisent les biens de l'Église, et la bête (fera) du champ signifie celles qui détruisent les vrais de l'Eglise, car la terre signifie l'Église, et il en est de même du champ, mais la terre signifie l'Église d'après la nation et le peuple de cette terre, et 1e champ signifie l'Église d'après ce qui a été semé et d'après la réception des semences. 



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