| Apocalypse Expliquée 384. Et il leur fut donné pouvoir de tuer sur la quatrième partie de la terre, signifie la privation totale de tout bien et de tout vrai d’après la Parole, et de là dans la doctrine de leur Église, tirée de la Parole : on le voit par la signification du pouvoir, en ce que c'est l'effet, puisque pouvoir c'est effectuer ; par la signification de tuer ou de mettre à mort, en ce que c'est priver entièrement du bien et du vrai, comme ci-dessus, N° 366 ; par la signification de la quatrième partie, en ce que c'est tout bien et par suite tout vrai, ainsi qu'il va être montré ; et par la signification de la terre, en ce qu'elle est l'Église et tout ce qui appartient à l'Église, comme ci-dessus, Nos 29, 304 ; et puisque l'Eglise est Église d'après la doctrine qu'elle possède, et d'après la vie selon cette doctrine, et que toute doctrine de l'Église doit être tirée de la Parole, de là aussi la terre signifie la doctrine de l'Eglise, tirée de la Parole ; d'après ces significations, on peut voir que par « il leur fut donné pouvoir de tuer sur la quatrième partie de la terre, » il est signifié la privation totale de tout bien et de tout vrai d'après la Parole, et de là dans la doctrine de leur Église, tirée de la Parole ; il est dit qu'il leur fut donné pouvoir, mais il est entendu que ce fut aux maux et par suite aux faux, qui aussi sont signifiés par la mort et l'enfer. Que ceux qui sont dans les maux et dans les faux se privent entièrement de toute perception du bien et de tout entendement du vrai d'après la Parole, et de là dans la doctrine de leur Église, tirée de la Parole, cela est bien évident d'après ceux qui sont dans les faux de la doctrine par les maux de la vie ; quoique ceux-là lisent la Parole, toujours est-il que, quant aux vrais qui y sont, ou ils ne les voient pas, ou ils les falsifient en les appliquant aux faux de leur principe et aux maux de leur amour ; en effet, le sens de la lettre de la Parole est tel, que ceux qui sont dans le bien y voient les vrais, et que ceux qui sont dans le mal y voient des faux, car le sens de la lettre est selon la compréhension des petits enfants, des enfants et des simples, et à cause de cela selon l'apparence ; mais toujours est-t-il que dans ce sens sont cachés les vrais, lesquels ne sont vus que par ceux qui sont dans le bien, tandis que ceux qui sont dans le mal ne veulent pas les voir, mais par des interprétations de travers ils les font servir aux maux de leurs amours et aux faux de leurs principes, comme on peut clairement le voir d'après un si grand nombre d'hérésies au dedans de l'Église, surtout d'après l'abominable hérésie Babylonique, et aussi d'après l’hérésie Juive. Si la quatrième partie signifie tout bien et par suite tout vrai, c'est parce que le nombre quatre signifie la conjonction du bien et du vrai, et que par suite la quatrième partie ou le quart signifie tout ce qui appartient à la conjonction : dans la Parole il est souvent dit la troisième partie et aussi la quatrième partie, et celui qui ne sait pas que tous les nombres signifient des choses peut croire que la troisième partie signifie la troisième partie, et que la quatrième partie signifie la quatrième partie, ou qu'elles signifient quelque portion, mais par la troisième partie est signifié tout vrai, et par la quatrième partie tout bien ; et comme tout vrai procède du bien, de là, par la quatrième partie, il est signifié tout bien et par suite tout vrai, ici la privation de tout bien et de tout vrai, parce qu'il est dit, et il leur fut donné pouvoir de tuer sur la quatrième partie de la terre : » que trois et par suite la troisième partie se disent des vrais, on le verra dans la suite, où ce nombre est nommé : mais que quatre et par suite la quatrième partie se disent des biens et des vrais qui en procèdent, c'est parce qu'ils signifient la conjonction du bien et du vrai ; que cela soit ainsi, c'est ce qui est devenu pour moi bien évident d'après de nombreuses expériences dans le monde spirituel, car lorsque les Anges s'y entretiennent de la conjonction du bien et du vrai, ou de l'amour et de la foi, et que leur conversation est fixée dans des nombres alors se produit le nombre quatre, parfois aussi le nombre deux, ou le nombre huit, ou le nombre seize, parce que ces nombres ont la même signification, car les nombres multipliés ou divisés signifient les mêmes choses que les nombres par lesquels ils ont été multipliés ou divisés, voir Nos 5291, 5335, 5708, 7973: que la conversation des Anges tombe aussi dans des nombres, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER N° 263. Si quatre signifie la conjonction du bien et du vrai, c'est en raison des quatre Plages dans le Ciel ; dans deux de ces Plages, à savoir, dans l’Orient et dans l’Occident, habitent ceux qui sont dans le bien de l'amour; et dans les deux autres, à savoir, dans le Midi et dans le Septentrion, habitent ceux qui sont dans les vrais provenant du bien, voir aussi dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 141 à 153 ; de là vient que par les quatre plages, ou par les quatre vents, il est signifié tout bien et par suite tout vrai, et que par quatre est signifiée la conjonction du bien et du vrai. Si la quatrième partie signifie le tout de la conjonction du bien et du vrai, c'est parce que là le quart fait le tout, et que le quart est le significatif de la conjonction ; de là par tuer la quatrième partie il est signifié le tout de la conjonction, par conséquent tout bien et tout vrai, car où il n'y a pas conjonction du bien et du vrai, là il n'y a ni le bien et le vrai ; en effet, il n'y a pas de bien sans le vrai, ni de vrai sans le bien ; ils sont un dans leur essence, parce que le vrai appartient au bien et le bien au vrai, comme on peut le voir d'après ce qui a été dit et rapporté dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, sur le Bien et le Vrai ; voir N°11 à 27.
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