| Apocalypse Expliquée 520. Et devint la troisième partie des eaux absinthe, signifie que tel devint tout vrai dans l'entendement et dans la doctrine : on le voit par la signification de la troisième partie, en ce que c'est tout, ici tout vrai dans l'entendement et dans la doctrine, parce que cela est dit des fleuves et des fontaines des eaux, par lesquels sont signifiés l'entendement du vrai et de la doctrine d'après la Parole ; que la troisième partie signifie tout, voir ci-dessus, N° 506 ; et par la signification de l'absinthe, en ce que c'est le vrai mêlé au faux du mal, comme il a été montré dans l'Article précédent; d'après cela, on peut voir que par « et devint la troisième partie des eaux absinthe, » il est signifié que dans l'entendement et dans la doctrine tout vrai fut mêlé au faux du mal. Le vrai est mêlé au faux du mal, alors que les maux de la vie, qui sont les adultères, les scortations, les meurtres, les haines de tout genre, les inimitiés, les injustices pour le gain, les vols et les larcins astucieux et clandestins, les ruses, les fourberies, et autres actions semblables, sont confirmés par le sens de la lettre de la Parole; pareillement les faux de la religion par ceux qui sont dans l'amour de soi et par suite dans le faste de la propre intelligence : qu'alors les vrais soient mêlés aux faux du mal, c'est parce que toutes les choses de la Parole sont des vrais, mais que, quand elles sont appliquées et dirigées pour confirmer les maux de la vie et les principes faux de la religion, les vrais de la Parole sont mêlés aux faux du mal, en ce que les vrais eux-mêmes ne sont plus des vrais, mais deviennent des vrais falsifiés, qui en eux-mêmes sont des faux ; les vrais du sens de la lettre de la Parole, pour qu'ils demeurent des vrais, doivent être appliqués à confirmer les biens de la vie, et à confirmer les principes vrais de la religion ; s'ils sont éloignés et détournés de cette application comme fin, ils ne sont plus des vrais, parce qu'il n'y a en eux aucune perception du vrai : la perception du vrai vient du bien, mais non du mal; en effet, dans chacune des choses de la Parole il y a le mariage du vrai et du bien, si donc dans les vrais de la Parole il n'y a pas le bien par celui qui perçoit, les vrais sont sans leur conjoint, et peuvent être appliqués à toutes les cupidités mauvaises et à tous les principes faux, quels qu'ils soient, et par conséquent devenir des faux du mal : ainsi sont falsifiés les vrais de la Parole par tous ceux qui sont dans le faste de la propre intelligence d'après l'amour de soi ; car à l'intérieur règnent les maux de tout genre d'après l'amour de soi, et les faux de tout genre d'après le faste de la propre intelligence, mais à l'extérieur dans le langage et dans la prédication il y a les vrais d'après la Parole, qui retentissent comme vrais devant ceux qui sont dans le simple bien, mais intérieurement chez celui qui parle ou qui prêche ils jaillissent des faux de tout genre; le vrai de la Parole chez ceux-ci est comme un vase pur et net, dans lequel sont des eaux corrompues, qui ne sont point vues à travers le vase par ceux qui sont dans le simple bien, mais elles sont manifestement vues par les Anges du Ciel.
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