| Apocalypse Expliquée 504. Jusqu'ici il a été montré ce qui est signifié par la Grêle, il reste encore à montrer ce qui est signifié par le feu : Par le Feu dans la Parole est signifié le bien de l'amour céleste, et par la flamme le bien de l'amour spirituel ; mais dans le sens opposé par le feu est signifié le mal dont l'origine est dans l'amour de soi, et par la flamme le mal dont l'origine est dans l'amour du monde; il faut qu'on sache que tous les biens, quels qu'ils soient, tirent leur existence de l'amour céleste et de l'amour spirituel, et que tous les maux, quels qu'ils soient, tirent leur existence de l'amour de soi et de l'amour du monde; et comme le feu dans la Parole signifie l'amour dans l'un et l'autre sens, c'est pour cela même qu'il signifie tout bien et tout mal, qui existent d'après ces deux amours. Puisque dans la Parole le Feu se dit et du Ciel et de l'Enfer, et qu'on a ignoré jusqu'à présent que l'amour y est signifié par le feu, je vais rapporter plusieurs passages de la Parole pour mettre en lumière que par le feu il y est entendu dans le sens bon l'amour céleste, et dans le sens mauvais l'amour infernal. Que par le Feu dans la Parole il soit signifié l'amour céleste, on le voit d'abord par la signification du Feu de l'Autel, en ce qu'il est l'amour céleste ou l'amour envers le Seigneur, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, N° 496 ; qu'il en soit de même du Feu qui n'appartenait pas à l'Autel, on peut le voir par les passages suivants, dans Ézéchiel : « Je vis, et voici, un vent de tempête vint du septentrion, une nuée grande, et un feu se recueillant en soi-même avec splendeur alentour, et comme une apparence de charbon ardent dans le milieu du feu ; et de son milieu une ressemblance de quatre animaux; l'aspect des animaux, comme des charbons de feu ardents, comme l'aspect de flambeaux; il s'avançait entre les animaux, en sorte que de la splendeur (il y avait) dans le feu, et de ce feu sortait de l'éclair. Au-dessus de l'Étendue, qui (était) sur leur Tête, une ressemblance de trône, et au-dessus l'aspect d'un homme, et je vis comme une apparence de charbon ardent, comme une apparence de feu au dedans, de toute part, depuis l'aspect de ses reins et au-dessus, et depuis l'aspect de ses reins et au-dessous je vis comme un aspect de feu avec splendeur alentour. » — I. 4, 13, 26, 27. III. 2; —par les Chérubins, qui furent vus comme Animaux, il est entendu le Seigneur quant à la Divine Providence, et quant à la Garde afin qu'on ne l'approche que par le bien de l'amour; et comme la Garde même est dans les Cieux, et principalement dans le Ciel intime ou troisième Ciel, c'est pour cela aussi que ce Ciel est signifié par les Chérubins; voir ci-dessus, Nos 152, 277, 313, 322, 362, 462 : et comme c'est principalement le Troisième Ciel qui est signifié par eux, et que le Seigneur est au-dessus des Cieux, c'est pour cela aussi que le Seigneur fut vu sur un trône au-dessus des Chérubins : que le Feu donc qui fut vu au milieu des Chérubins, avec splendeur alentour et d'où sortait de l'éclair, et aussi autour du trône, et depuis les reins de celui qui était assis dessus en haut et en bas, signifie le Divin amour céleste, cela est évident, car le Seigneur Lui-Même est le Divin Amour; et tout ce qui procède du Seigneur procède de son Divin amour, ici donc, c'est le Feu avec splendeur alentour. Pareillement dans Daniel : « Il vint vers l'Ancien des jours; son vêtement comme de la neige (était) blanc, et la chevelure de sa tête comme de la laine d'une pure blancheur ; son trône, des flammes de feu ; ses roues, un feu ardent; un fleuve.de feu coûtait et sortait de Lui. » — VII. 9,10; — par l'Ancien des jours il est aussi entendu le Seigneur ; là, par le Fils de l'homme le Seigneur quant au Divin Vrai, et par l'Ancien des jours le Seigneur quant au Divin Bien ou au Divin Amour, qui est dit l'Ancien des jours d'après le temps Très-Ancien, quand existait l'Église céleste qui fut dans l'amour envers le Seigneur : cette Église et le Ciel composé de ceux qui ont été de cette Église sont entendus par le trône qui était comme des flammes de feu; et par les roues, qui étaient comme un feu ardent, est signifiée la doctrine de l'amour céleste; le Divin Amour procédant du Seigneur est signifié par le feu qui coulait et sortait de devant Lui. Il est aussi rapporté par Daniel « qu'il vit un homme vêtu de lin, dont les reins étaient ceints d'or d'Uphaz ; son corps était comme de la Tharschisch, et sa face comme l'aspect de l'éclair, et ses yeux comme des flambeaux de feu, et ses bras et ses pieds comme la splendeur de l'airain poli. » —X. 5, 6; — que ce soit le Seigneur qui ait été ainsi vu par Daniel, cela devient évident d'après l'Apocalypse, où le Seigneur a été représenté d'une manière presque semblable devant Jean ; il est parlé de Lui ainsi : « Dans le milieu des sept Chandeliers, un semblable au Fils de l'homme, ceint vers les mamelles d'une ceinture d'or; sa tête et ses cheveux, blancs comme de la laine blanche, comme de la neige; et ses yeux, comme une flamme de feu ; ses pieds, semblables à de l'airain fin, comme embrasés dans une fournaise; son aspect comme le soleil. »— I. 13, 14, 15,16. II. 18; —d'après la description presque semblable du Fils de l'homme vu par Jean dans le milieu des sept chandeliers, et de l'Homme vêtu de lin, et de l'Ancien des jours, vus par Daniel, il est bien évident que c'est le Seigneur qui fut vu par l'un et par l'autre; « sa face vue comme l'aspect de l'éclair, et ses yeux comme des flambeaux de feu, » signifie le Divin Amour du Seigneur, car la face chez l'homme est l'image représentative de l'affection qui appartient à son amour, et les yeux principalement, car par eux l'amour brille ; en effet, ils lancent par suite comme des étincelles de feu. Il est dit aussi de Celui qui était monté sur le Cheval blanc, « que ses yeux furent vus comme une flamme de feu. » — Apoc. XIX. 12; — que ce soit le Seigneur quant à la Parole, qui ait été représenté là monté sur un Cheval blanc, cela est évident, car il est dit que Celui qui était monté sur le Cheval blanc s'appelle la Parole de Dieu, et qu'il est Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Comme par le feu est signifié le Divin Amour, voilà pourquoi « le Seigneur fut vu par Moïse sur la Montagne de Choreb dans un buisson en feu. » — Exod. III. 1, 2, 3 ; — et aussi pourquoi le Seigneur fut vu sur la montagne de Sinaï, dans le Feu, par Moïse et par tout le peuple Israélite ; il en est parlé ainsi dans Moïse : « La montagne de Sinaï fumait tout entière, parce que Jéhovah y était descendu dans le Feu, tellement que montait sa fumée comme la fumée d'une fournaise. »—Exod. XIX. 18. Deutér. IV. 36; — par le Feu qui y fut vu était représenté aussi le Divin Amour, Comme le Feu dans le sens suprême signifie le Divin Amour du Seigneur, c'est pour cela qu'il fut ordonné que le Feu brûlerait continuellement sur l'autel, et qu'il serait pris de ce feu pour les fumigations : c'était de là que, chez les Grecs et chez les Romains, il y avait au nombre de leurs rites religieux le Feu perpétuel, auquel veillaient les Vierges Vestales ; si ces peuples ont adoré le Feu comme saint, ils tenaient cela des Églises Anciennes, qui avaient existé dans l'Asie, et dont toutes les choses du culte étaient représentatives. Comme le Feu dans le sens suprême signifie le Divin Amour, voilà aussi pourquoi il avait été placé dans la Tente de Convention un Chandelier sur lequel il y avait sept Lampes, qui étaient continuellement allumées ; il en est parlé ainsi dans Moïse : « Ordonne aux fils d'Israël qu'ils t'apportent de l'huile d'olives broyées pour le Chandelier, pour faire monter les lampes continuellement. Aharon le mettra en ordre depuis le soir jusqu'au matin devant Jéhovah continuellement : sur le Chandelier pur il mettra en ordre les lampes devant Jéhovah continuellement. » — Lévit. XXIV. 2, 3, 4 : — et du Chandelier lui-même, — Exod. XXV. 31 à 40. XXXVII. 17 à 24. XL. 24, 25. Nomb. VIII. 2, 3, 4 ; - pareille chose est signifiée par « les sept lampes de Feu ardentes devant le trône de Dieu. » — Apoc. IV. 5; — mais par le Feu de l'Autel était signifié le Divin Amour céleste, et par le Feu du Chandelier, qui était une flamme, était signifié le Divin Amour spirituel : de là aussi résulte que par l'huile, d'où provenait le feu de la flamme dans les lampes du Chandelier, il est signifié le Divin Amour, ainsi par l'huile que les cinq vierges prudentes avaient dans leurs lampes et que les cinq vierges insensées n'avaient pas, — Matth. XXV. 1 à 12. — Par le Feu est aussi signifié le Divin Amour du Seigneur dans les Évangélistes : « Jean dit : Moi je baptise d'eau, mais Lui (Jésus) vous baptisera d'esprit saint et de Feu. » — Matth. III. 11. Luc, 111. 16 ;—baptiser d'esprit saint et de Feu signifie régénérer l'homme par le Divin Vrai et par le Divin Bien de l'amour procédant du Seigneur, l'esprit saint est le Divin Vrai procédant du Seigneur, et le Feu est le Divin Amour d'après lequel procède le Divin Vrai. Ce qui est signifié par le Feu est aussi signifié par le foyer dans Ésaïe : « Jéhovah de Qui le foyer est dans Sion, et le four dans Jérusalem. » — XXXI. 9; — il est dit « de Qui le foyer est dans Sion, » parce que par Sion est signifiée l'Église dans laquelle est l'amour céleste, et « de Qui le four est dans Jérusalem, » parce que par Jérusalem est signifiée l'Église dans laquelle est le Vrai de la doctrine; l'amour céleste est respectivement un foyer, et le vrai de la doctrine est comme un four, dans lequel on apprête les pains. Comme le bien de l'amour est signifié par le Feu, et que le culte procédant du bien de l'amour a été représenté par les holocaustes, voilà pourquoi le Feu du Ciel est parfois descendu et a consumé l'holocauste; par exemple, tandis qu'on faisait l'holocauste pour l'expiation du peuple; il en est parlé ainsi dans Moïse : « Après que cela fut fait, un Feu sortit de devant Jéhovah, et consuma sur l'Autel l'holocauste et les graisses ; et tout le peuple le vit, et ils applaudirent, et tombèrent sur leurs faces. » — Lévit. IX. 24. — Il est dit pareillement « que le Feu du Ciel consuma l'holocauste d'Élie, et le bois et les pierres et la poussière, et qu'il lécha les eaux qui étaient autour dans l'aqueduc. » — I Rois, XVIII. 38; — par ce Feu il était aussi signifié le Divin Amour, et par suite l'acceptation du culte d'après le bien de l'amour. Pareillement par le Feu « qui monta du rocher et dévora la chair et les azymes que Guidéon avait apportés à l'Ange de Dieu. » —Jug. VI. 21. — Le Divin Amour était encore signifié en ce que « la bête du troupeau était rôtie au Feu, et non, pas cuite dans les eaux, et que ce qui en restait jusqu'au matin était brûlé au Feu. » —Exod. XII. 8, 9, 10; —voir l'explication de ces Versets dans les ARCANES CELESTES, Nos 7852 à 7861. Le Divin Amour du Seigneur était encore signifié par le Feu dans lequel le Seigneur marchait devant les fils d'Israël dans le désert, quand ils partaient; puis aussi, par le Feu sur la Tente de Convention pendant la nuit; il en est parlé ainsi dans Moïse : « Jéhovah allait devant eux, de jour dans une colonne de nuée pour les conduire par le chemin, et de nuit dans une colonne de Feu pour les éclairer; et ne se retirait point la colonne de nuée de jour, ni la colonne de Feu de nuit, devant le peuple. » — Exod. XIII. 21, 22. Nomb. IX. 15 à 23. Deutér, I. 33 ; — et ailleurs : « Une nuée de Jéhovah (était) sur l'Habitacle de jour, et un Feu était de nuit en lui, aux yeux de toute la maison d'Israël, dans toutes leurs traites. » —Exod. XL. 38. Ps. CV. 32, 39; — la nuée qui se montrait pendant le jour, et le Feu pendant la nuit, représentaient la garde du Ciel et de l'Église par le Seigneur ; en effet, par le Tabernacle il était représenté le Ciel et l'Église, par la Nuée et le Feu, la garde; car le jour, quand il y avait la nuée, signifiait le Divin Vrai dans la lumière, et la nuit le Divin Vrai dans l'ombre; pour qu'ils n'eussent pas à souffrir d'une trop grande lumière ils étaient gardés par la nuée, et pour qu'ils n'eussent pas à souffrir d'une trop grande ombre ils étaient gardés par le Feu qui brillait ; que ce soit là ce qui a été représenté, on peut le voir dans Ésaïe : « Jéhovah créera sur tout habitacle de la montagne de Sion et sur ses convocations une nuée pendant le jour, et une fumée et une splendeur de Feu de flamme pendant la nuit; car sur toute gloire une couverture; et un Tabernacle il y aura pour l'ombre pendant le jour à cause de l'ardeur, et pour refuge et retraite contre l'inondation et la pluie, » — IV. 5, 6 ; — par l'habitacle de la montagne de Sion est signifié le bien de l'Église céleste, et par ses convocations sont signifiés les vrais de ce bien ; par la nuée pendant le jour, et par la fumée et la splendeur de Feu de flamme pendant la nuit, est signifiée la garde pour qu'on n'ait pas à souffrir d'une trop grande lumière ni d'une trop grande ombre, c'est pourquoi il est dit que sur toute gloire il y aura une couverture, et qu'il y aura un tabernacle pour l'ombre pendant le jour à cause de l'ardeur; par « un tabernacle il y aura pour refuge et retraite contre l'inondation et la pluie, » il est signifié afin que les faux ne fassent point irruption d'après la trop grande lumière et la trop grande ombre ; l'inondation et la pluie, c'est l'irruption des faux. Dans Zacharie : « Je serai pour Jérusalem une muraille de Feu à l'entour, et pour gloire je serai au milieu d'elle. »—II. 9 ;— la muraille de Feu signifie la protection par le Divin Amour, car les Enfers ne peuvent point l'attaquer ; la gloire au milieu d'elle, c'est par suite le Divin Vrai dans la lumière de tout côté. Comme le Feu signifiait le Divin Amour, c'est pour cela aussi que « les Holocaustes étaient appelés Ignitions à Jéhovah, et Ignitions d'odeur de repos à Jéhovah. » -Exod. XXIX. 18. Lévit. I. 9, 13, 17. IL 2, 9, 10, 11. III. 5, 16. IV. 35. V. 12. VI. 30. XXI. 6. Nomb. XXVIII. 2. Deutér. XVIII. 1 ; — ce qui signifiait qu'ils étaient acceptés à cause de la représentation du culte d'après le bien de l'amour ; les holocaustes représentaient ce culte, parce que des bêtes sans défaut y étaient brûlées et consumées par le Feu. Puisque la Parole est le Divin Vrai même uni au Divin Bien, car en elle il y a partout le mariage du Bien et du Vrai, voilà pourquoi «Élie fut vu monter dans le Ciel sur un char de Feu et des chevaux de Feu. » — II Rois, II. 11 ; — voilà aussi pourquoi « autour d'Elisée fut vue une montagne pleine de chevaux et de chars de Feu. » - II Rois, VI. 17; — car par Élie et par Elisée était représenté le Seigneur quant à la Parole; de là, par le char il était signifié la doctrine d'après la Parole, et par les chevaux l'entendement de la Parole. Que le Feu signifie l'Amour, on le voit aussi dans David : « Jéhovah fait de ses Anges des souffles, de ses ministres un Feu flamboyant. » — Ps. CIV. 4 ; — il fait de ses Anges des souffles, signifie des récipients du Divin Vrai, par conséquent des Divins Vrais ; et il fait de ses ministres un Feu flamboyant, signifie des récipients du Divin Bien, par conséquent des Divins Biens; que par les Anges dans la Parole il soit entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, et dans le sens respectif les récipients du Divin Vrai procédant du Seigneur, on le voit ci-dessus, Nos 130, 200, 302 ; et que par les ministres soient signifiés les récipients du Divin Bien qui appartient au Divin Amour, on le voit aussi ci-dessus, N° 155 ; de là, il est bien évident que par le Feu flamboyant est signifié le bien de l'amour. Si le Feu signifie l'amour, c'est parce que le Seigneur apparaît dans le Ciel Angélique d'après le Divin Amour comme un Soleil, soleil d'où procèdent Chaleur et Lumière, et que dans les Cieux la Chaleur procédant du Seigneur comme Soleil est le Divin Bien de l'amour, et que la Lumière procédant du Seigneur comme Soleil est le Divin Vrai ; de là vient que dans la Parole le, Feu signifie le bien de l'amour, et la Lumière le vrai d'après ce bien : que le Seigneur apparaisse dans le Ciel Angélique comme Soleil d'après le Divin Amour, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 116 à 125 ; et que la Lumière procédant de ce Soleil soit le Divin Vrai, et la Chaleur procédant de ce Soleil le Divin Bien, on le voit dans le même Traité, Nos 126 à 140; puis Nos 567, 568. C'est d'après la correspondance du Feu et de l'Amour que dans le langage ordinaire on dit s'échauffer, être enflammé, brûler, bouillonner, prendre feu, et autres expressions semblables, quand on parle des affections qui appartiennent à l'amour : et même l'homme d'après un amour quelconque s'échauffe selon le degré de cet amour. Ce qui précède concerne la signification du Feu dans la Parole, lorsqu'il est attribué au Seigneur, et lorsqu'il se dit du Ciel et de l'Église : mais lorsque dans la Parole le Feu se dit des méchants et des Enfers, il signifie l'amour de soi et du monde, et par suite toute affection mauvaise et toute cupidité, qui tourmente après la mort les impies dans les enfers. Ce qui fait que le Feu signifie ces opposés, c'est que le Divin Amour, quand il descend du Ciel et tombe dans les sociétés où sont les méchants, est changé en un amour opposé au Divin Amour, et par suite en diverses ardeurs de cupidités et de convoitises, et ainsi en maux de tout genre ; et comme les maux portent avec eux les peines du mal, il est même changé en tourments : d'après ce changement du Divin Amour en amour Infernal chez les méchants, les Enfers où sont les amours de soi et du monde, et où règnent les haines et les vengeances, apparaissent comme dans un incendie, tant en dedans que tout autour, quoique la tourbe diabolique qui y demeure ne perçoive rien qui soit en feu; bien plus, d'après ces amours la tourbe qui est dans de tels enfers apparaît la face enflammée et rouge comme de feu : ce sont par conséquent ces choses qui sont signifiées par le Feu dans les passages suivants; dans Ésaïe: « Elle brûlera comme un Feu, la malice ; ronce et épine elle dévorera, et elle incendiera les fourrés de la forêt, en sorte qu'ils s'élèvent en bouffée de fumée : et est devenu le peuple un aliment du Feu; l'homme son frère ils n'épargneront point. » —IX. 17, 18. — Dans le Même : « Tout le peuple sera en combustion, un aliment du Feu. » —IX. 4. —Dans le Même : « Assyriens, concevez de la balle, enfantez du chaume, quant à votre esprit, le Feu vous dévorera : ainsi seront les peuples brilles en chaux, épines coupées qui par le Feu sont embrasées : qui de nous demeurera au Feu dévorant? qui de nous demeurera aux foyers d'éternité? » — XXXIII. 11, 12, 14; —par les Assyriens sont entendus ceux qui d'après des faux et des illusions raisonnent contre les vrais et les biens de l'Église par la propre intelligence, ainsi par l'amour de soi ; ce sont ceux-là qui sont décrits ici. Dans le Même : « Au jour de la vengeance de Jéhovah, les torrents de la terre seront changés en poix, et sa poussière en soufre; et sera sa terre en poix ardente, nuit ni jour elle ne sera point éteinte; à éternité montera sa fumée. » — XXXIV. 8, 9, 10. — Dans le Même : « Ils sont devenus comme de la paille, le Feu les a brûlés; ils n'arrachent point leur âme de la main de la flamme. » — XLVII. 14. — Dans le Même : « Voici, vous tous, vous allumez le Feu, vous vous entourez d'étincelles; allez dans le foyer de votre, Feu, et dans les étincelles que vous avez enflammées. » —L. 11.- Dans le Même : « Leur ver ne mourra point, et leur Feu ne s'éteindra point. » - LXVI. 24. — Dans Ézéchiel : « Je te livrerai en la main d'hommes brûlants; pour le Feu tu seras un aliment. » — XXI. 36, 37. — Dans David : « Tu les réduiras comme un four de Feu au temps de ta colère, et le Feu les consumera. » — Ps. XXI. 10. — Dans le Même : « Que des charbons embrasés les accablent, que par le Feu il les précipite dans des fosses d'où ils ne se relèvent point. »—Ps. CXL. 11. — Dans Matthieu : « Tout Arbre qui ne fait pas de bon fruit sera coupé et jeté au Feu. Il nettoiera son aire, et amassera son froment dans le grenier, mais il brûlera la paille par un Feu qui ne s'éteint point. »—III. 10, 12. Luc, III. 9, 16. — Dans le Même : « De même qu'on brûle l'ivraie au Feu, de même il en sera à la consommation du siècle. » — Xlll. 40. — Dans le Même : « Le Fils de l'homme enverra ses Anges, qui recueilleront hors de son Royaume tous les sujets de chute, et ceux qui font l'iniquité; et ils les jetteront dans la fournaise du Feu. »— XIII. 41, 42, 50. —Dans le Même : « Il dira à ceux de gauche : Allez loin de Moi, maudits, dans le Feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges. » — XXV. 41. —Dans le Même : « Quiconque aura dit à son frère, fou, sera sujet à la géhenne du Feu. »—V. 22; pareillement, XVIII. 8, 9. Marc, IX. 45, 47. — Dans Luc : « Le Riche dans l'Enfer dit : Père Abraham, envoie Lazare afin qu'il trempe d'eau le bout de son doigt, et qu'il rafraîchisse ma langue, parce que je suis grièvement tourmenté dans cette flamme.»- XVI. 24. — Dans le Même : « Lorsque Loth sortit de Sodome, il plut du Feu et du soufre du Ciel, et (cela) les détruisit ; selon ces choses il en sera au jour que le Fils de l'homme sera révélé. » — XVII. 29, 30. — Dans l'Apocalypse : « Si quelqu'un adore la bête, il boira du vin de la colère de Dieu, et il sera tourmenté de Feu et de soufre. » —XIV. 10. — Ailleurs : « La Bête et le Faux-Prophète furent jetés vivants dans l'étang de Feu, ardent par le soufre. » -Ailleurs : « Le Diable fut jeté dans l'étang de Feu et de soufre. » — XX. 10. — Ailleurs : « La Mort et l'Enfer furent jetés dans l'étang de Feu; et quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le Livre de vie fut jeté dans l'étang de Feu. » - XX.14,15. — Et ailleurs : « Pour les infidèles, les meurtriers, les scortateurs, les enchanteurs, les idolâtres et les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de Feu et de soufre. » —XXI. 8 ; — dans ces passages, par le Feu il est signifié toute cupidité qui appartient à l'amour du mal, et la peine du mal, laquelle est le tourment : à ces passages on peut ajouter ceux qui ont été rapportés dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 566 à 575, où il a été montré ce que c'est que le Feu infernal, et ce que c'est que le grincement de dents. Dans l'Article précédent, où il a été traité de la Grêle, il a été dit que le Divin, en descendant du Ciel dans la sphère inférieure où sont les méchants, présente un effet opposé à celui qu'il a dans le Ciel même, à savoir, que dans le Ciel il vivifie et conjoint, mais que dans les lieux inférieurs, où sont les méchants, il donne la mort et disjoint ; cela vient de ce que l'Influx Divin descendant du Ciel chez les bons ouvre le mental spirituel et dispose à recevoir, tandis que chez les méchants, pour qui il n'y a aucun mental spirituel, il ouvre les intérieurs de leur mental naturel, où résident les maux et les faux ; de là, chez eux, aversion alors pour tout bien du Ciel, haine contre les vrais, et convoitise pour tout acte criminel, d'où il résulte qu'ils sont séparés des bons, et bientôt après damnés : chez les bons cet Influx, dont il vient d'être parlé, apparaît dans les Cieux comme un Feu qui vivifie, recrée et conjoint ; mais en bas chez les méchants il apparaît comme un Feu qui consume et dévaste. Comme tel est l'effet du Divin Amour qui découle du Ciel, c'est pour cela que, dans la Parole, la colère et l'emportement sont si souvent attribués à Jéhovah, c'est-à-dire, au Seigneur, la colère d'après le Feu, et l'emportement d'après la chaleur du Feu, et qu'aussi, il est dit le Feu de sa colère, et qu'il est un Feu dévorant, outre plusieurs autres expressions semblables, qui sont employées, non pas parce que le Feu qui procède du Seigneur est tel, car il est dans son origine le Divin Amour, mais parce qu'il devient tel chez les méchants qui d'après son influx s'irritent et s'emportent : qu'il en soit ainsi, on peut le voir par le Feu qui apparut sur la Montagne de Sinaï, quand le Seigneur y descendit et promulgua la Loi; quoique dans son origine ce Feu fût le Divin Amour, d'où procède le Divin Vrai, toujours est-il qu'il apparut au peuple Israélite comme un Feu dévorant devant lequel' ils tremblaient beaucoup, — Exod. XIX. 18. XX. 15. Deutér. IV. 11, 12, 15, 32, 36. V. 5, 19, 20, 21, 23; —et cela, parce que chez le peuple Israélite il n'y avait aucun interne spirituel, mais il y avait l'interne naturel qui est une source de maux et de faux de tout genre, et le Seigneur apparaît à chacun selon la qualité que chacun a : que les fils de Jacob aient été tels, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 248 : de là vient que, dans la Parole, Jéhovah, c'est-à-dire, le Seigneur, est appelé Feu dévorant, comme dans ces passages : « Jéhovah Dieu est un Feu dévorant. »— Deutér. IV. 24. —Dans Ésaïe : « Voici, Jéhovah dans le Feu viendra, et comme la tempête (seront) ses chars en flammes de Feu ; car dans le Feu Jéhovah contestera, et par son épée avec toute chair, et en grand nombre seront les transpercés de Jéhovah. » — LXVI. 15,16.- Dans le Même ; « Tu seras visitée avec la flamme d'un Feu dévorant. » — XXIX. 6. — Dans le Même : « Dans une indignation de colère de Jéhovah et une flamme de Feu dévorant, dispersion, et inondation, et pierre de grêle.»—XXX. 30. — Dans David : « Il monta une fumée de son nez, et un Feu de sa bouche dévorait, des charbons s'embrasèrent par Lui; par la splendeur devant Lui ses nuées passèrent avec grêle et charbons de Feu; Jéhovah tonna des Cieux, et le Très-Haut donna de sa voix, de la grêle et des charbons de Feu. » — Ps. XVIII. 9, 13,14. — Dans le Même : « Il viendra, notre Dieu, et il ne se taira pas, le Feu devant Lui dévorera.»- Ps. L. 3. — Dans le Même : « Jéhovah fera pleuvoir sur les impies des pièges, du Feu et du soufre. » — Ps. XI. 6. — Dans Ézéchiel : « Je mettrai mes faces contre eux, de sorte que, quoiqu'il soient sortis du Feu, le Feu cependant les dévorera; et je réduirai la terre en dévastation, parce qu'ils ont prévariqué de prévarications. » — XV. 4, 6, 7, 8, — Dans Moïse : « Un Feu s'est embrasé dans ma colère, et il brûlera jusqu'à l'Enfer le plus profond, et il dévorera la terre et son produit, et enflammera les fondements des montagnes. » -Deut. XXXII. 22; — de telles choses apparaissent dans le Monde spirituel, quand le Divin Bien et le Divin Vrai descendent du Ciel vers les lieux inférieurs de ce Monde, où sont les méchants qui doivent être séparés d'avec les bons et être dispersés ; ces choses ont été dites d'après ces apparences; et comme le Feu descendant des Cieux, qui dans son origine est le Divin Amour, reçu par les méchants y devient un Feu dévorant, voilà pourquoi un tel Feu dans la Parole est attribué à Jéhovah : le Feu infernal ne vient pas non plus d'autre part que du changement du Divin Amour en amours mauvais et en affreuses cupidités de malfaire et de nuire. Cela a aussi été représenté en ce que « le Feu tombé du Ciel a consumé Sodome et Gomorrhe. » — Gen. XIX. 24 ; — et en ce que « le Feu a consumé Nadab et Abihu, fils d'Aharon, parce qu'ils avaient fait des fumigations avec un Feu étranger. » —Lévit. X. 1, et suiv. ; — par les fumigations faites avec un Feu étranger est signifié le culte d'après un amour autre que celui du Seigneur; puis, en ce que « le Feu dévora l'extrémité du camp des fils d'Israël à cause de leur convoitise. » — Nomb. XI. 1, 2, 3.— La même chose a été représentée en ce que « les Égyptiens périrent dans la Mer de Suph, quand Jéhovah regarda de la colonne de Feu et de la nuée vers leur camp. » — Exod. XIV. 24, 25, 26, 27; — que ce Feu dans son origine ait été le Divin Amour brillant devant les fils d'Israël dans leurs marches, et sur le Tabernacle pendant la nuit, c'est ce qui a été montré dans l'Article précédent; mais néanmoins l'aspect de ce Feu procédant de Jéhovah a entièrement jeté le trouble dans le camp des Égyptiens et l'a détruit. Qu'un Feu descendant du Ciel ait apparu consumer les méchants dans le Monde spirituel, c'est constant d'après l'Apocalypse, où cela fut vu par Jean ; en effet, il dit « qu'un Feu descendit du Ciel, et consuma Gog et Magog, et leur troupe. » — XX. 9. Ézéch. XXXVIII. 22; —là, consumer signifie disperser et jeter dans l'Enfer. De là aussi, il est dit dans Ésaïe : « La Lumière d'Israël deviendra un Feu, et son Saint une flamme qui embrasera et dévorera ses ronces et ses épines en un seul jour. » — X. 17 ; — par les ronces et les épines sont signifiés les maux et les faux de la doctrine de l'Église ; leur destruction par le Divin Vrai descendant du Ciel est signifiée en ce que la Lumière d'Israël deviendra un Feu, et son Saint une flamme. Comme par le Feu dans le sens opposé, ou respectivement aux méchants, il est particulièrement signifié l'amour de soi, et par la flamme l'amour du monde, c'est aussi pour cela que par le Feu il est signifié tout mal, comme l'inimitié, la haine, la vengeance, et plusieurs autres maux, car tous les maux jaillissent de ces deux origines; voir la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 75; conséquemment aussi par le Feu il est signifié la destruction de l'homme quant à la vie spirituelle, et ainsi la damnation et l'enfer ; toutes ces choses sont signifiées par le Feu, parce que par le Feu est signifié l'amour, comme on peut encore le voir par les passages suivants ; dans Ésaïe : « Ils (le) verront et se dessécheront dans la haine du peuple; même un Feu tes ennemis dévorera. » — XXVI. 11 ; — la ruine des méchants, qui sont entendus ici par les peuples et par les ennemis, est décrite par la haine et par le Feu. Dans le Même : « Quand tu passeras par les eaux, avec toi je serai; et par les fleuves, ils ne te submergeront pas ; quand tu iras à travers le Feu, tu ne seras point brûlé, et la flamme ne t'embrasera point. » — XLIII. 2; — passer par les eaux et par les fleuves, et ne pas être submergé, signifie que les faux et les raisonnements d'après les faux contre les vrais n'entreront pas et ne corrompront pas, les eaux ici sont les faux, et les fleuves sont les raisonnements d'après les faux contre les vrais; aller à travers le Feu, et ne pas être brûlé, et par la flamme ne pas être embrasé, signifie que les maux et les cupidités qui en proviennent ne nuiront pas, le Feu signifie les maux, et la flamme les cupidités qui en proviennent. Dans le Même : « Notre maison de sainteté et notre ornement, où T'ont loué nos pères, a été consumée par le Feu, et toutes nos choses désirables ont été dévastées. » — LX1V. 10; — la maison de sainteté et l'ornement signifient l'Église céleste et l'Église spirituelle, la maison de sainteté l'Église céleste, et l'ornement l'Église spirituelle ; « où T'ont loué nos fières, » signifie le culte de l'Ancienne Église, louer signifie rendre un culte, et les pères ceux qui étaient de l'Ancienne Église; « a été consumée par le Feu, » signifie que tous les biens de cette Église ont été changés en maux, par lesquels les biens ont été consumés et ont péri; « et toutes nos choses désirables ont été dévastées, » signifie qu'il en a été de même de tous les vrais; les choses désirables, dans la Parole, signifient les vrais de l'Église. Dans le Même : « Vous serez comme un chêne qui jette ses feuilles, et comme un jardin qui n'a point d'eau; et deviendra le robuste étoupe, et son œuvre étincelle, en sorte qu'embrasés ils seront tous deux ensemble, et personne qui éteigne. » — 1. 30, 31 ; — par le chêne il est signifié l'homme naturel; par les feuilles, les scientifiques et les connaissances du vrai dans l'homme naturel, et par le jardin, l'homme rationnel ; de là, par « vous serez comme un chêne qui jette ses feuilles, et comme un jardin qui n'a point d'eau, » il est signifié qu'il n'y à plus le vrai scientifique ni le vrai rationnel; par le robuste et son œuvre, il est signifié ce qui est tiré de la propre intelligence, le robuste dans la Parole se dit souvent de celui qui a confiance en soi-même et en son intelligence, car il se croit robuste lui et l'œuvre qu'il fait d'après son intelligence; et comme le propre de l'homme puise tout mal et tout faux, et détruit par eux tout bien et tout vrai, c'est pour cela qu'il est dit « le robuste deviendra étoupe, et son œuvre étincelle, en sorte qu'embrasés ils seront tous deux ensemble; » périr d'après les faux du mal est signifié par être embrasé. Dans Ézéchiel : « Ta mère (était) comme un cep; maintenant il a été planté dans le désert, dans une terre d'aridité et de soif; un Feu est sorti d'une verge de ses rameaux, il les a dévorés et aussi son fruit. » — XIX. 10, 12, 13, 14; —par la mère, qui était comme un cep, est signifiée l'Église Ancienne qui était dans le bien de la vie et par suite dans les vrais; par « maintenant il a été planté dans le désert, dans une terre d'aridité et de soif, » il est signifié que l'Église maintenant est sans biens et sans vrais, la terre d'aridité est l'Église où il n'y a point le bien, et la terre de soif l'Église où il n'y a point le vrai ; « un Feu est sorti d'une verge de ses rameaux, il les a dévorés et aussi son fruit, » signifie que le mal du faux a détruit tout vrai et tout bien, le Feu est le mal, la verge des rameaux est le faux de la doctrine dans lequel est le mal, les dévorer et aussi son fruit, c'est détruire le vrai et le bien; le mal du faux est le mal qui provient du faux de la doctrine. Dans Zacharie : « Le Seigneur appauvrira Tyr, et il renversera dans la mer ses richesses, et elle-même par le Feu sera dévorée. » — IX. ‘ ; — par Tyr est signifiée l'Église quant aux connaissances du vrai et du bien, et de là par Tyr sont signifiées les connaissances du vrai et du bien qui appartiennent à l'Église; par « le Seigneur renversera dans la mer ses richesses, et elle-même par le Feu sera dévorée, » il est signifié sa vastation par les faux et par les maux. Dans David : « Tes ennemis ont mis en Feu ton Sanctuaire, jusqu'à terre ils ont profané l'Habitacle de ton nom; ils ont brûlé tous les lieux de fêtes de Dieu jusqu'à terre; il n'y a plus de prophète, ni personne avec nous qui sache jusques à quand. » — ps. LXXIV. 7, 8, 9; — par « tes ennemis ont mis en Feu le sanctuaire et ont profané l'habitacle du nom de Jéhovah,» il est signifié que les cupidités, qui ont leur origine dans les amours mauvais, ont détruit les vrais et les biens de l'Église ; par « ils ont brûlé tous les lieux de fêtes de Dieu jusqu'à terre, » il est signifié qu'elles ont entièrement détruit toutes les choses du culte Divin ; par « il n'y a plus de prophète, ni personne avec nous qui sache, » il est signifié qu'il n'y a plus de doctrine du vrai ni d'entendement du vrai. Dans Moïse : « Si des hommes de Bélial ont poussé les habitants de leur ville à servir d'autres dieux, ils seront tous frappés au fil de l’épée, et la ville avec tout son butin sera brûlée au Feu. » — Deutér. XIII. 14 à 17; — par ces paroles dans le sens spirituel il est signifié que la doctrine dont le culte est dérivé, laquelle reconnaît un autre Dieu que le Seigneur, doit être abolie, parce qu'il n'y a en elle que des faux d'après de mauvaises cupidités; c'est ce qui dans le sens spirituel est signifié par ces paroles, parce que dans la Parole par la ville est signifiée la doctrine, et que par servir d'autres dieux il est signifié reconnaître et adorer un autre Dieu que le Seigneur; par l'épée est signifiée la destruction du vrai par le faux, et par le Feu la destruction du bien par le mal. Dans Luc : « Le Seigneur dit : Je suis venu jeter le Feu sur la terre, et que veux-je, s'il est déjà allumé? » — XII. 49 ; — par là sont signifiés les hostilités et les combats entre le mal et-Ie bien, et entre le faux et le vrai; car avant que le Seigneur vînt dans le monde, il n'y avait dans l'Église que des faux et des maux, par conséquent point de combat entre ces maux et ces faux et les biens et les vrais ; mais dès que les vrais et les biens eurent été ouverts par le Seigneur, les combats ont pu alors exister, et sans ces combats il n'y a aucune réformation; c'est donc là ce qui est entendu en ce qu'il voulait que le Feu fût déjà allumé : que ce soit là le sens de ces paroles, on le voit clairement par celles qui suivent : « Je suis venu donner la division, car ils seront désormais cinq dans une même maison, divisés ; le père sera en division contre le fils, et le fils contre le père, la mère contre la fille, et la fille contre la mère. » — Vers, 51, 52, 53; — par le père contre le fils et par le fils contre le père, il est entendu le mal contre le vrai et le vrai contre le mal; par la mère contre la fille et par la fille contre la mère, il est entendu la cupidité du faux contre l'affection du vrai et réciproquement ; dans une même maison, c'est chez un môme homme. Comme, dans la Parole, par les fils il est signifié les vrais de l'Église, et par les filles les biens de l'Église, on peut voir ce qui est signifié par brûler les fils et les filles, dans Jérémie : « ils ont bâti les hauts lieux de Topheth dans la vallée de Hin-noni, pour brûler leurs fils et leurs fille » — VII. 31. — Dans le Même : « Je ferai entendre contre Rabbath d'Amman un cri de guerre, et ses filles seront brûlées au Feu. » — XLIX, 2. — Et dans Ézéchiel : « Quand vous offrez vos dons, lorsque vous faites passer vos fils par le Feu. » —XX. 31 ; — par brûler les fils et les filles au Feu, il est signifié détruire les vrais et les biens de l'Eglise par les mauvaises cupidités ou par les amours mauvais; c'est un fait qu'ils ont commis de telles abominations, par elles cependant est signifiée la destruction du vrai et du bien de l'Église par les honteuses et abominables convoitises qu'ils confirmaient par des faux. D'après tout ce qui vient d'être dit, on peut voir maintenant ce qui est signifié par la grêle et le Feu, mêlés de sang, et jetés en la terre, d'où la troisième partie des arbres fut brûlée, et toute herbe verte fut brûlée, à savoir, qu'il est signifié l'influx venant du Ciel, et par suite le premier changement avant le Jugement Dernier : quant à ce qui est signifié par l'arbre et par l'herbe verte, cela sera dit dans ce qui suit : pareille chose a aussi été dite lorsqu'il est parlé des plaies d'Egypte, qui ont précédé leur dernière ruine, qui était la submersion dans la mer de Suph, a savoir : « Jéhovah fit pleuvoir sur la terre d'Egypte une grêle dans laquelle un Feu marchait, et par laquelle fut frappée l'herbe du champ, et fut brisé tout arbre du champ. » — Exod. IX. 18 à 35. — Que des choses semblables dussent arriver avant le jour de Jéhovah, qui est le Jugement Dernier, c'est aussi ce qui est prédit dans les Prophètes; dans Joël : « Le jour de Jéhovah, jour de ténèbres et de brouillard; devant lui un Feu dévorera, et après lui une flamme embrasera. » — II. 2, 3. — Dans le Même : « Je donnerai des prodiges dans le ciel et en la terre, du sang et du Feu et des colonnes de fumée ; le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne le jour de Jéhovah, grand et terrible. » — III. 3, 4. — Dans le Même : « Un Feu a dévoré les habitacles du désert, et une flamme a embrasé tous les arbres du champ, » — I. 19, 20. — Et dans Ézéchiel : « Dis à la forêt du midi : Voici, Moi, j'allume en toi un Feu, qui dévorera en toi tout arbre vert; point ne sera éteinte la flamme de flamboiement, par laquelle seront brûlées en elle toutes les faces depuis le midi jusqu'au septentrion. » —XXI. 2, 3; — par la forêt du midi est signifiée l'Église qui peut être d'après la Parole dans la lumière du vrai, mais qui est maintenant, sans lumière spirituelle, dans les connaissances seules ; par les arbres que le Feu dévorera sont signifiées ces connaissances; par « toutes les faces de la terre seront brûlées depuis le midi jusqu'au septentrion, » il est signifié que les mauvaises cupidités les priveront aussi de toute vie spirituelle, et qu'il ne restera plus aucun vrai dans la clarté ni dans l'obscurité. La signification du Feu dans l'un et l'autre sens étant connue, on peut voir ce qui est signifié aussi dans la Parole par s'échauffer, s'enflammer, être embrasé, bouillonner, être consumé, être brûlé, par l'embrasement, la flamme, l'ardeur, la brûlure, l'incendie, le foyer, les charbons ardents, et plusieurs autres expressions.
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